St Martin's Lane Academy

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La St Martin's Lane Academy fut, à Londres au XVIIIe siècle, un cercle d'artistes assurant un enseignement des arts visuels, notamment des classes de modèle vivant, et organisant des expositions. Elle fut fondée par le peintre William Hogarth en 1735, sur la rue londonienne appelée St Martin's Lane. Elle fut la préfiguration de la Royal Academy of Arts, fondée en 1768.

Histoire[modifier | modifier le code]

Des institutions telles qu'en France l'Académie royale de peinture et de sculpture (fondée en 1648 sur des modèles italiens) n'existaient pas en Grande-Bretagne jusqu'au début du XVIIIe siècle, même à titre privé. En 1711, une première « académie » fut constituée sur Great Queen Street autour du peintre d'origine allemande Godfrey Kneller, avec déjà des cours de dessin d'après nature. Ce premier regroupement, très cosmopolite, fut marqué par des rivalités de personnes, notamment entre Kneller lui-même, James Thornhill et Louis Laguerre. En 1718, un groupe dissident, mené par Louis Chéron et John Vanderbank, rompit avec l'institution de Great Queen Street ; il créa une académie rivale sur St Martin's Lane en octobre 1720 ; elle fut éphémère puisque Vanderbank, menacé de prison pour dettes, s'enfuit en France en 1724 et Chéron mourut en 1725. Après la mort de Kneller (1723), James Thornhill ouvrit dans son domicile de St James Street une « académie libre », dispensant une formation artistique, qui fonctionna de 1724 à 1731. Après la mort de Thornhill (1734), William Hogarth, qui était son gendre depuis 1729, réunit symboliquement son académie avec l'ancien groupe Chéron-Vanderbank et fonda une nouvelle institution sur St Martin's Lane, y transférant le matériel de St James Street (début 1735). Cette académie assura la formation des jeunes artistes britanniques jusqu'à la fondation de la Royal Academy (1768).

Hogarth s'efforça de donner à la nouvelle institution le fonctionnement démocratique d'un club, avec égale contribution et droit de vote égal, rompant avec les principes hiérarchiques des académies antérieures. Les membres avaient coutume de se réunir près du siège, dans le Slaughter Coffee House (aux n° 74 et 75 de la rue, « Old » Slaughter Coffee House à partir de 1742), foyer d'une vie sociale importante. Tous les artistes qui dispensaient un enseignement dans les locaux n'étaient pas membres de l'Académie (ainsi l'ébéniste Thomas Chippendale, installé dans la rue à partir de 1754). Parmi les membres, on peut citer le graveur et dessinateur Hubert François Gravelot, le peintre Francis Hayman et le disciple des deux précédents Thomas Gainsborough, le sculpteur Louis François Roubillac, les architectes palladiens Isaac Ware et James Paine, l'architecte et archéologue James Stuart, promoteur du néoclassicisme...

À partir de 1760, les artistes de l'Académie organisèrent une exposition annuelle dans une salle donnant sur le Strand. Mais une controverse sur ses modalités (l'entrée devait-elle être payante ou non?) divisa dès l'année suivante la communauté en une Society of Artists of Great Britain (regroupant les figures majeures de l'Académie) et une Free Society of Artists. La première, qui défendait une vision sélective et payante des expositions, entre autres pour assurer l'autonomie des artistes, rechercha une reconnaissance officielle et obtint une charte royale de George III en 1765, devenant l'Incorporated Society of Artists of Great Britain. C'est essentiellement elle qui constitua la Royal Academy trois ans plus tard.