Stéréotomie

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Stéréotomie du le romain Pont de Pierre à Aoste.

La stéréotomie (du grec : Στερεός : « solide » et Τομή « coupe ») est le nom savant du « trait » (dessin) en taille de pierre et aussi en menuiserie (terme moins souvent utilisé pour ce métier). C'est l'ancêtre du dessin technique (vue de face, vue de dessus, etc.). Ce sont des projections, la vue de dessus projetée se trouve sous la vue de face, sur le calque ; la vue de gauche se trouve à droite. Le mathématicien Gaspard Monge, en codifiant le trait pour en faire la géométrie descriptive, s'est basé sur la stéréotomie de la pierre[1].

La stéréotomie est surtout l'art de découper des volumes en volumes plus petits, formant un ensemble qui « tient debout ». Par exemple, la division d'un arc en plusieurs pierres. Les tracés peuvent en être très complexes. Par exemple, la division d'un arc en anse de panier à 11 points, rampant, de biais dans une trompe conique. Lors de la taille des pierres de ce type de tracé, aucune face ne sera d'équerre avec une autre, et le tailleur de pierre aura besoin de panneaux en vraies grandeurs (surface exacte projetée perpendiculairement) pour toutes les faces de son « caillou », le calepineur préparera les projections de toutes ses faces à une certaine échelle, puis l'appareilleur préparera à l'échelle 1 les panneaux servant à la taille.

Le spécialiste en stéréotomie est avant tout un excellent projeteur. La complexité et la réalisation de certains calepins étant difficilement concevable par d'autres dessinateurs, telle la réalisation de panneaux de têtes et de calibres rallongés servant à la taille de limons d'escalier (projection parallèle de segments d'hélicoïdes sur une surface plane servant à l'édification des panneaux formant la courbe du limon) ou le calepin pour l'appareil d'un escalier en vis de Saint-Gilles.

En général, le trait se pratique avec une règle, une équerre et surtout un compas. Un spécialiste ne se servait principalement que du compas et de la règle, et était capable de diviser un cercle en 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, etc. parties égales en appliquant des règles de géométries descriptives simples, basé sur des rapports reconnus. De même, pour diviser un angle en 2, 3 ou 4 angles égaux, et le raccordement de segments d'arc différents, trouver une perpendiculaire à une droite passant par un point donné, etc.

L'apparition de la CAO et de la DAO bouleverse un peu les habitudes, mais n'empêche pas de gagner du temps en connaissant ces règles.

Sommaire

[modifier] Histoire

Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, les appareilleurs ne se servaient pour l'application du trait sur les matériaux qu'ils employaient que des méthodes isolées particulières à chaque problème et se rattachant à quelques principes généraux et abstraits. Le père jésuite François Derand (1590-1644) avait déjà bien donné en 1643 l'art du trait appliqué à la coupe des pierres et à la charpente lequel reposait sur la théorie des projections[2]. Girard Desargues (1591-1661) aussi avait bien montré l'analogie qui existait entre différent procédés pratiqués. Amédée François Frézier (1682-1773 enfin officier supérieur en génie dans son excellent traité de stéréotomie édite à Strasbourg en 1737 avait bien donné suite aux idées de généralisation de Desargues et avait bien traite géométriquement diverses questions qui devaient se présenter dans plusieurs parties de la coupe des pierres et de la charpente.

Mais tous ces principes qui résumaient une foule de questions pratiques découlaient eux mêmes d' autres principes plus simples qui leur sont communs. Ce sont ces règles élémentaires que le génie de Gaspard Monge a aperçues dans les opérations de la stéréotomie a créées et a réunies en une seule doctrine à laquelle il a donné le nom de géométrie descriptive[3].

[modifier] Métiers afférant à la stéréotomie

[modifier] Ouvrages traitant de la stéréotomie

  • Amédée-François Frézier, La théorie et la pratique de la coupe des pierres et des bois pour la construction des voûtes et autres parties... ou traité de stéréotomie à l'usage de l'architecture, Paris-Strasbourg, 1737-1739, 3 vol.in-4°, fig.
  • J. Chaix, Traité de coupes des pierres, Jean-Cyrille Godefroy, 1970 (ISBN 2-86553-109-0 et 978-2-86553-109-7).
  • Guy Jouberton, Tracés et coupes des pierres, Éditions Vial, 2007 (ISBN 2-85101-095-6 et 978-2-85101-095-7).
  • Les Compagnons du devoir, "L'art de la stéréotomie", Librairie du Compagnonnage, 2005.
  • les compagnons du devoir "encyclopédie de la pierre (en souscription, non terminée).
  • J. Chaix, "Traité de coupe des pierres", édition originale de 1890.
  • Encyclopedie Roret "Manuel de la coupe des pierres", Paris 1877, réédition Léonce Laget, Paris 1981.
  • Philibert de L'Orme "Traités d'architecture" 1561-1567, réédition Léonce Laget, Paris 1988.
  • "Coupe des pierres" par Chavan.
  • "Le tailleur de pierre" par H. Bidaut et H. Torchet, Paris, Librairie de l'enseignement technique, Paris, sans date, vers 1900.
  • "Traité pratique de la coupe des pierres" E. Tachon, Paris, Librairie de construction moderne.
  • "Coupe des pierre" par Aladenise.

[modifier] Notes et références

  1. (fr) Association des historiens modernistes des universités (France), La science à l'époque moderne: actes du colloque de 1996, éd. Presses Paris Sorbonne, 1998, p. 20
  2. L'architecture des voutes ou l'art des traits et coupe des voutes. Paris 1643. Consulter en ligne
  3. Charles Pierre Lefebvre de Laboulaye. Complément de la troisième édition du Dictionnaire des arts et manufactures. Librairie du Ditionnaire des Arts et Manufactures, 1868 (Livre numérique Google)

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