Sténopé

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Résultat d'une captation via un sténopé : c'est la vue « négative » qui est le résultat direct, le positif s'obtient par une nouvelle transformation.

Un sténopé est un dispositif optique très simple permettant d'obtenir un appareil photographique dérivé de la camera obscura. Il s'agit d'un trou de très faible diamètre. Par extension, on appelle ainsi l'appareil photographique utilisant un tel dispositif.

Principe de fonctionnement[modifier | modifier le code]

Un appareil photographique à sténopé se présente sous la forme d’une boîte dont l’une des faces est percée d’un trou minuscule qui laisse entrer la lumière. Sur la surface opposée à cette ouverture vient se former l'image inversée de la réalité extérieure, que l'on peut capturer sur un support photosensible, tel que du papier photographique. Comme l'œil, le sténopé capture des images inversées du visible.

Du fait de la petite taille de l’orifice permettant à la lumière de pénétrer à l’intérieur de l’appareil, le temps nécessaire pour impressionner la surface photosensible est très long. Selon la taille de l’appareil et de l'ouverture, il peut se chiffrer en secondes ou en heures. Le trou minuscule du sténopé permet une très grande profondeur de champ (pratiquement infinie).

Historique[modifier | modifier le code]

On attribue l'invention du sténopé à Ibn al-Haytham, scientifique arabe et père de l'optique moderne. Et bien que cela ne soit pas formellement établi, il est possible que la première photographie (Joseph Nicéphore Niépce) ait été prise avec un sténopé[1].

La première formule pour déterminer le diamètre du trou fut énoncée par l’autrichien Joseph Petzval en 1857[2]. Le futur prix Nobel, John William Strutt Rayleigh établira une formule dans les années 1880 en travaillant sur les télescopes.

Pratique[modifier | modifier le code]

Un sténopé

La construction d'un sténopé est extrêmement simple. Il suffit d’une boîte étanche à la lumière. Son intérieur doit être recouvert d’une substance noire et mate pour éviter la réflexion des rayons lumineux. L’une des faces est percée d’un petit trou, à l’aide d’une aiguille à coudre par exemple. C'est ce petit trou qui est à proprement parler le sténopé, il peut être percé dans un matériau différent de la chambre noire et être monté sur celle-ci comme un objectif photographique classique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D’après Eric Renner, il y a une controverse sur le sujet : E. Renner, Pinhole photography, Rediscovering a Historic Technique, Focal press éditions, 3e édition, 2004, page 19.
  2. « …Cela a été étudié en premier par le prof. Petzval de Vienne et il est arrivé à la formule suivante : 2r2=fl, avec 2r le diamètre du trou, l la longueur d’onde de la lumière et f la longueur focale ou plus simplement la distance entre le trou et l’écran... », John William Strutt Rayleigh cité par Eric Renner op. cité, page 19.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]