Spiruline (complément alimentaire)

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La spiruline est un aliment bactérien qui est obtenu à partir de cyanobactéries du genre Arthrospira, elle est utilisée comme complément alimentaire.

Il existe près de 2 000 espèces de Cyanobactéries et seulement 36 espèces d'Arthrospira sont comestibles. La principale espèce actuellement offerte sur le marché est Arthrospira platensis, cultivée principalement en Chine (50 % de la production mondiale de 5000 tonnes en 2013), en Californie et à Hawaï, en France (environ 150 producteurs artisanaux), ainsi qu'en Afrique (Adzopé/Côte d'Ivoire, fermes du Mali (Mopti, Ségou,...), Koudougou/Burkina Faso).

La spiruline correspond à de nombreuses espèces de forme spiralée, (d'où son nom), dont les principales sont Arthrospira platensis (anciennement Spirulina platensis), Arthrospira maxima (anciennement Spirulina maxima), Arthrospira pacifica (anciennement Spirulina pacifica). Cette dernière est en réalité une appellation commerciale.

Culture[modifier | modifier le code]

Exemple de production de spiruline en Normandie avec chauffe des bassins à partir de biogaz.

Les lacs saturés de matières organiques et de soude de la ceinture intertropicale sont le milieu naturel de la spiruline. Cette microalgue, de couleur bleu-vert, est celle qui domine principalement dans cet environnement chimique extrêmement contraignant. Elle se multiplie à une très grande vitesse dès que la température dépasse les 30 degrés. Le flamant rose qui s'en nourrit, fournit par ses déjections un peu d'azote à la spiruline. Cependant cet azote organique ne peut être rendu assimilable par la spiruline que par l'intervention d'autres micro-organismes. En effet la spiruline étant un organisme autotrophe, elle ne se nourrit que de minéraux disponibles dans le milieu aqueux dans lequel elle vit.

Chez les Incas la spiruline était extraite des lacs puis séchée à l’air sec et pur de la cordillère des Andes en bénéficiant d’un ensoleillement constant de 12 h à une température douce (40 °C). Cet ensoleillement favorise la photosynthèse qui optimise la concentration et la préservation des vitamines et phytonutriments, qualités premières de la spiruline [réf. nécessaire].

Des essais de cultures autonomes sont mises sur pied en Afrique, Inde, Pérou, au Vietnam et en Chine (produit industriellement dans le nord de la province du Yunnan, vers Dali. La cyanobactérie se multiplie dans de grands bassins en béton dans lesquels sont dissous du bicarbonate de soude, du sel marin, du nitrate de potassium, de l'urée et du sulfate de magnésium[réf. nécessaire]. Un ensoleillement important est nécessaire pour lancer la reproduction accélérée du micro-organisme.

La spiruline permet de produire une grande quantité d'éléments nutritifs essentiels sur un espace très réduit. Dans une ferme, le rendement annuel est en effet de 9 tonnes de protéines à l'hectare, contre 1 tonne pour le blé ou le soja[réf. nécessaire].

La Chine, qui fournit 50 % des 5 000 tonnes de spiruline sèche produites dans le monde en 2013, l’a déclarée aliment d’intérêt national et, malgré l’absence d’étude clinique officielle, les victoires obtenues par les ONG grâce à cette protéine végétale, dans la lutte contre la malnutrition des enfants des pays pauvres, ont convaincu l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) de recommander sa production et son utilisation[1].

150 fermes artisanales produisent de la spiruline en France, principalement dans le sud du pays, car elle exige une eau chauffée à 37 degrés. En 2013, 2 % des Français mangent régulièrement de la spiruline ; avec une centaine de tonnes de spiruline sèche produites par an sur le territoire et de plus en plus de demandes de formation professionnelle, le marché est en expansion[1].

En plus des divers groupes de recherches répartis sur le territoire français, il existe aussi, depuis 2009 un groupe de recherche implanté dans le Var.

Un consortium de recherche, associant l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), le Cernh, la FAO et l’association la Voie bleue engagée dans le développement des microalgues comme aliments pour tous, travaille à sa valorisation auprès du grand public et des collectivités locales. Ce projet est l’un des lauréats du «concours mondial de l’innovation 2030» lancé par le gouvernement en 2013[1].

Composition[modifier | modifier le code]

La spiruline contient des éléments essentiels pour la santé humaine. C'est un aliment non traditionnel.

Elle contient en moyenne 60 % de protéines végétales (51–71 % selon le stade physiologique et la période de récolte) pour une digestibilité de 60 % chez l’homme[2].

La spiruline contient également des vitamines : A, E, D, B1, B2, B3, B6, B7, B8, K et du bêta-carotène.

Comprimés de spiruline.

La spiruline est aussi constituée de minéraux et d’oligo-éléments : calcium, phosphore, magnésium, fer, zinc, cuivre, manganèse, chrome, sodium, potassium et sélénium.

La spiruline n'est pas une plante. Elle est cependant très riche en chlorophylle et en phycocyanine qui sont des pigments. Ces derniers, par leurs propriétés, vont donner à la spiruline une couleur bleu-vert. Mais ils ont aussi d’autres rôles : la chlorophylle favoriserait notamment l’absorption du fer dans le sang[réf. nécessaire]..

Des enzymes sont contenus dans la spiruline dont le plus important est la superoxyde dismutase (SOD) qui contient du fer.

Pour finir, cette micro-algue contient des acides gras essentiels : oméga 6, acide gamma-linolénique. L’acide gamma-linolénique est contenu en grande quantité et permet une menstruation normale et régulière et permet aussi de réguler le taux de cholestérol à un niveau correct[réf. nécessaire].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Une illustration du Codex de Florence semble montrer comment les Aztèques récoltaient la spiruline hors des lacs par écrémage de la surface avec des cordes, suivi par un séchage des algues pour en faire des gâteaux, consommés ensuite comme condiments nutritionnels.

La spiruline aurait été une source de nourriture pour les Aztèques et autres Méso-Américains jusqu'au XVIe siècle. Elle est découverte par les Européens lors de la conquête de l’Amérique. Son exploitation à partir du lac Texcoco et la vente de gâteaux sont décrites par l'un des soldats de Cortés[3]. Les Aztèques l’appelaient « Tecuitlatl », c’est-à-dire « excrément du rocher ». La spiruline a été trouvée en abondance au bord du lac par des chercheurs français dans les années 1960, mais il n'y a aucune référence à son utilisation comme source de nourriture de façon quotidienne après le XVIe siècle.

Il est possible que la spiruline ait une origine encore plus ancienne au Tchad où elle serait connue dès le IXe siècle sous l’Empire du Kanem. Elle est encore dans l'utilisation quotidienne aujourd'hui, dans des gâteaux secs appelés « Dihé », qui sont utilisés pour faire des bouillons pour les repas, et elle est également vendue dans les marchés. La spiruline est récoltée à partir de petits lacs et dans des étangs autour du lac Tchad[4].

En 2001 en France, le CFPPA, un centre de formation varois du Ministère de l’Agriculture Français, lance une « formation publique mondiale » avec pour objectif de développer une filière artisanale et une filière solidaire internationale de production de spiruline[réf. nécessaire].

Mode d'administration[modifier | modifier le code]

La spiruline est commercialisée sous plusieurs formes :

  • méthodes industrielles : comprimés, poudre et gélules,
  • méthodes artisanales françaises : paillettes et micro-aiguillettes.
  • et parfois sous forme de pâtes artisanales.

Précautions d'emploi[modifier | modifier le code]

Les études cliniques ou en cultures cellulaires[5] sur les effets de la spiruline sont trop peu nombreuses pour prouver des effets positifs ou négatifs chez l'Homme.

Selon les National Institutes of Health (NIH), en juin 2011, il n' y avait pas assez de preuves scientifiques pour recommander une supplémentation en spiruline pour l'Homme et les Instituts demandaient des recherches supplémentaires pour clarifier le rapport bénéfices/risques[6].

Les éventuels et rares effets indésirables qui ont été décrits sont des nausées et des réactions allergiques[7].

« Par mesure de précaution, la spiruline est déconseillée chez les femmes enceintes ou qui allaitent. Elle l'est également chez les personnes sujettes à la goutte, aux calculs rénaux ou ayant un taux sanguin élevé d'acide urique. Enfin, il faut savoir que cette algue, cultivée dans des lacs naturels ou artificiels, accumule les métaux lourds comme le plomb ou le mercure »[8].

« Il est donc important de se renseigner sur son origine et sa qualité »[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Microalgue : La spirale vertueuse, Libération, 14 septembre 2014
  2. Joëlle Fleurence, J.L. Guéant, « Les algues : une nouvelle source de protéines », Biofutur, no 191,‎ 1999, p. 32-36
  3. Diaz Del Castillo, B.La découverte et la conquête du Mexique, 1517-1521. London: Routledge, 1928, p. 300.
  4. Abdulqader, G., Barsanti, L., Tredici, M. M., « Harvest of Arthrospira platensis from Lake Kossorom (Chad) and its household usage among the Kanembu », in Journal of Applied Phychology. 12: 493-498. 2000.
  5. (en) Jeremy Bechelli et al., « Cytotoxicity of Algae Extracts on Normal and Malignant Cells », [Leukemia Research and Treatment], Hindawi Publishing Corporation, vol. 2011, no ID 373519,‎ 5 juin 2011 (lire en ligne)
  6. National Institutes of Health, « Blue-green algae »,‎ 6 juin 2011 (consulté le 11/01/2013)
  7. (en) M. Petrus et al., « First case report of anaphylaxis to spirulin: identification of phycocyanin as responsible allergen », Allergy, Wiley, vol. 65, no 7,‎ juillet 2010, p. 924-925 (ISSN 1398-9995, DOI 10.1111/j.1398-9995.2009.02257.x)
  8. EurekaSanté (Vidal) du 22 août 2011
  9. e-sante.fr du 22 mars 2010

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]