Spinalonga

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35° 16′ 24″ N 25° 44′ 45″ E / 35.273373, 25.745773 ()

Fort de l'île de Kalidonia.
Situation de l'île (dans le cercle rouge).
Carte détaillée de l'île (au nord), face à Plaka, et de la presque-île de Spinalonga.

Spinalonga (Σπιναλόγκα) est un îlot forteresse et une presqu’île situés en Crète à l’entrée ouest du golfe de Mirabello face à la ville d’Elounda, non loin d’Agios Nikolaos dans le district régional du Lassithi.

L'île est également appelée Kalydon, tandis que la presqu'île est appelée presqu'île de Kolokitha.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Spinalonga vient de l’italien spina longa « la longue épine ». Toutefois si les Vénitiens l’ont appelée ainsi, ce n'est pas parce qu'elle ressemble à une longue épine mais parce qu'il s'agit d'une déformation de l'expression grecque « stin Elounda» (στην Ελούντα), « à Elounda ».

Îlot forteresse de Spinalonga (Kalydon)[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

À l’est du village maritime de Plaka, situé à 5 km au nord d’Elounda, juste en face de la pointe nord de la presqu’île, se trouve l’îlot rocheux de Spinalonga appelé également Kalydon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Vénitiens construisirent en 1579, sur les ruines d’une acropole antique, une puissante forteresse destinée à protéger le port d’Elounda. Les hauts murs et les deux bastions circulaires, sur le dessus de la colline, permettaient à l’artillerie de commander l’entrée du port d’Elounda.

Cette forteresse, dont il subsiste d’impressionnants vestiges, était l’une des places fortes les plus importantes et des mieux défendues de la Crète. Elle fut l’une des seules de toute la Crète, avec les forteresses de Souda (près de La Canée) et de Graboussa (au nord-ouest de la Crète et de Kastelli (Kissamou)), à ne pas tomber aux mains des Turcs, quand ceux-ci conquirent la Crète en 1669, après le siège de Candie.

Tout au long du XVIIe siècle, la forteresse est restée dans des mains vénitiennes et était un refuge pour les chrétiens se sauvant des Turcs. Après avoir résisté près d’un demi-siècle à la suprématie turque, et après un ultime siège de trois mois, les Vénitiens, durent finalement céder la place forte aux Turcs en 1715. Les Turcs s’y installèrent donc jusqu’au début du XXe siècle, quant à leur tour, ils furent chassés de Crète. Et là, on décida d’y parquer les personnes atteintes de la lèpre en Crète.

La léproserie, la dernière en Europe, se trouvait dans le fort vénitien, restauré par les lépreux qui y vécurent de 1903 à 1957. Il y en eut jusqu'à 300 à 400 vivant en communauté, avec les corps de métiers qu’on trouve dans n’importe quel village grec, du coiffeur au pope. Le dernier habitant, un prêtre, y aurait vécu jusqu’en 1962.

Aujourd’hui l’île est inhabitée ; elle reste toutefois un site touristique principal de la région. On peut y accéder, très facilement, par bateau à partir d’Agios Nikolaos, en une à deux heures de traversée, d’Elounda, en 15 min et de Plaka, en 5 min.

Le siège de 1715[modifier | modifier le code]

La reddition de Spinalonga aux Turcs, le 4 octobre 1715[modifier | modifier le code]

En juin 1715 les Turcs, assiégèrent la forteresse de Spinalonga. Après un blocus de trois mois pendant lequel tous les approvisionnements alimentaires furent épuisés, le commandant vénitien Zuan Francesco Giustiniani remit la forteresse au Kapudan Pasha (Grand Amiral Ottoman).

En vertu du traité de la reddition, tous les habitants de l'île, étrangers ou Grecs, étaient libres soit de quitter l'île avec leurs affaires, ou de rester là comme sujets du sultan. Des garanties ont été également données concernant le retrait sans encombre de la garde vénitienne, et le droit, en outre, de tous les chrétiens restant dans la forteresse de maintenir une église orthodoxe « afin d'adorer leur foi ».

L'île a été remise au sultan une fois pour toutes aux termes du traité de Passarowitz en 1718.

Le siège[modifier | modifier le code]

Les assiégés de l'île de Spinalonga avaient en face d'eux des forces turques largement supérieures :

  • Une force navale d'environ dix bateaux gardant l'entrée du golfe de Mirabello et canonnant l'île.
  • À la pointe nord de la presqu'île de Kolokytha, au sud de l'îlot à environ 150 mètres, les Turcs, débarquèrent 5 canons de 50 livres, 2 canons de 30 livres, 2 mortiers, et 2 000 soldats.
  • À partir de Pláka et sur la côte, au nord de l'îlot (1 000 à 2 000 mètres) les Turcs, installèrent 5 canons de 50 livres et 4 000 soldats.
  • Il y eut une attaque turque contre l'entrée de l'îlot forteresse qui échoua. Le nombre de victimes fut très lourd chez les Ottomans. On trouvera plus de renseignements dans l'ouvrage de M. Arakadaki, The fortress of Spinalonga, vol. 1, p. 180.
Le destin des réfugiés[modifier | modifier le code]

Le traité de la reddition a été observé en ce qui concerne le retrait des Vénitiens, mais les habitants de l'île, qui étaient des réfugiés de Crète, sous domination ottomane, ont été emprisonnés, puis vendus sur le marché, florissant, des esclaves.

Grâce à la traduction du turcologue N. Stavrinidis, des documents provenant des archives turques d'Héraklion racontent le destin des prisonniers : 120 hommes « se sont adaptés pour ramer » et ont été envoyés à la station navale impériale, alors que 230 hommes, « incapables de ramer », et les 240 femmes et enfants furent vendus comme esclaves.

La léproserie[modifier | modifier le code]

Il y a deux entrées à Spinalonga, d’une part l'entrée des lépreux, tunnel connu sous le nom de porte de Dante, et d’autre part la porte initiale située en face de Pláka[1], celle qui fut attaquée par les Turcs. Cette nouvelle ouverture a été pratiquée parce que les lépreux ne savaient pas ce qui pouvait leur arriver une fois débarqués dans l’îlot. Cependant ils ont reçu de la nourriture, de l'eau, l'attention médicale et les cotisations sociales. Précédemment, de tels agréments avaient été indisponibles aux lépreux de Crète, car ils ont, la plupart du temps, vécu dans les cavernes du secteur, loin de la civilisation.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

La presqu’île de Spinalonga[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La presqu’île de Spinalonga est située en Crète à l’est de la ville d'Elounda, au-delà d’anciens marais salants et d’un étroit chenal artificiel enjambé par un pont. Elle est également appelée péninsule de Spinalonga, presqu'île de Kolokitha (l'île de Kolokitha jouxtant cette presqu’île) et Chersonisos Spinalonga.

Histoire générale[modifier | modifier le code]

Cette longue presqu'île aride et inhabitée était rattachée jadis à la côte par l'isthme de Poros, qui fut percé en 1897 par des marins français, ce qui en fit donc une île. Lors du siège de l’îlot forteresse de Spinalonga, la pointe nord fut utilisée par les Turcs, pour la bombarder.
L'île est une zone protégée.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pláka