Sphagnum squarrosum

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Sphagnum squarrosum (ou Sphaigne squarreuse) est une bryophyte de la famille des Sphagnacées[1] (spiky bog-moss[2] ou spreading-leaved bog moss[3].

Description[modifier | modifier le code]

Cette mousse a une couleur vert tendre quand elle est normalement humide.

Habitat[modifier | modifier le code]

Cette espèce apprécie les sols et substrats acides, riches en matière organique nutriments et très humides
Ses habitats typiques incluent les bois humides et tourbeux riche en bois-morts, certains fossés et les banquettes de cours d'eau rapides (torrents, cascades…), jusqu'à haute altitude. On la trouve souvent en milieux paratourbeux, associée à des Caricaies, des tapis de joncs ou des étendues ou touradons de molinie bleue (Molinia caerulea)[2].

Une analyse génétique récente (2006) a montré (sur la base des haplotypes chloroplastiques) que cette espèce est plus ubiquiste que S. fimbriatum qui montre elle de fortes affinités biogéographiques[4]. Une hypothèse est que S. fimbriatum a survécu aux dernières glaciations en zone atlantique plutôt littorale en Europe, alors que S squarrosum a bénéficié de nombreux refuges dans toute l'Europe. L'existence d'un haplotype dominant de S. fimbriatum dans presque toute l'Europe suggère une recolonisation rapide de certains milieux par cette espèce à partir de la fin du maximum glaciaire (il y a environ 10 000 ans) ; Une capacité colonisatrice élevé de S. fimbriatum serait alors une caractéristique inhérente et la récente expansion de en Europe pourrait être une réponse au changement climatique.

Services écosystémiques[modifier | modifier le code]

En se décomposant (mal) elle contribue à former la tourbe[5] et joue donc un rôle en matière de puits de carbone et pour la cosnervation de l'eau, les tourbières jouant souvent un rôle tampon important.

écologie[modifier | modifier le code]

  • Cette espèce a une croissance rapide, et comme toutes les espèces des genres Sphagnum et Polytrichum là où elles s'installent tendent à augmenter et entretenir l'acidité du milieu[6]. Elle a une capacité d'acidification particulièrement élevée[7], ce qui est sans doute une manière d'éliminer d'autres plantes ne supportant pas cette acidité. (y compris d'autres mousses telles que Sphagnum scorpioides[8])

État des populations, menaces[modifier | modifier le code]

Comme toutes les plantes de tourbières, cette espèce est menacée par le drainage des zones humides, et pourrait être affectée par les conséquences du réchauffement climatique.

L'eutrophisation générale des milieux et localement leur dystrophisation par la diffusion d'azote (sous forme d'engrais agricoles notamment[10]) est une autre cause de régression[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Sphagnum squarrosum », United States Department of Agriculture (consulté le 16 juin 2012)
  2. a et b (en) Mosses and Liverworts of Britain and Ireland, British Bryological Society,‎ 2010 (ISBN 9780956131010), « Sphagnum squarrosum », p. 281
  3. (en) F. E. Tripp, British Mosses, Their Homes, Aspects, Structure and Uses, George Bell and Sons,‎ 1874, p. 63
  4. P Szövényi, Z Hock, E Urmi, JJ Schneller (2006) Contrasting phylogeographic patterns in Sphagnum fimbriatum and Sphagnum squarrosum (Bryophyta, Sphagnopsida) in Europe ; New phytologist, Volume 172, Issue 4, pages 784–794, décembre 2006
  5. Decomposition of Carex and Sphagnum litter in two mesotrophic fens differing in dominant plant species Oikos Volume 92, Issue 1, January 2001, Pages: 44–54, R. A. Scheffer, R. S. P Van Logtestijn and J. T. A. Verhoeven Article first published online : 15 APR 2003, DOI:10.1034/j.1600-0706.2001.920106.x (résumé)
  6. Kooijman AM. (1993) Changes in the bryophyte layer of rich fens as controlled by acidification and eutrophication. PhD Thesis, Utrecht University, the Netherlands
  7. Kooijman AM, Bakker C. (1995) Species replacement in the bryophyte layer in mires: the role of water type, nutrient supply and interspecific interactions. Journal of Ecology 83: 1–8. (résumé)
  8. Kooijman AM. (1992) The decrease of rich fen bryophytes in the Netherlands. Biological Conservation 35: 139–143.
  9. SA Redhead, KW Spicer (1981) Discinella schimperi, a circumpolar parasite of Sphagnum squarrosum, and notes on Bryophytomyces sphagni- Mycologia, Vol. 73, No. 5 (Sept-Oct 1981), p. 904-913 (résumé/1re page)
  10. Krupa SV. (2003) Effects of atmospheric ammonia (NH3) on terrestrial vegetation: a review. Environmental Pollution 124: 179–221.
  11. Maurice P. C. P. Paulissen, Paul J. M. Van Der Ven, Albert J. Dees and Roland Bobbink (2004) Differential effects of nitrate and ammonium on three fen bryophyte species in relation to pollutant nitrogen input New Phytologist Volume 164, Issue 3, December 2004, Pages: 451–458, en ligne : 2004-09-24 ; DOI: 10.1111/j.1469-8137.2004.01196.x (résumé)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références taxonomiques[modifier | modifier le code]


Bibliographie[modifier | modifier le code]