Sphères mégalithiques du Costa Rica

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Sphère de pierre dans la cour du musée national du Costa Rica (en).

Les sphères mégalithiques du Costa Rica sont un ensemble de plusieurs centaines de boules de pierre découvertes dans le sud du Costa Rica. Elles sont communément attribuées à l'ancienne culture Diquis (en).

Nom[modifier | modifier le code]

Localement, les pierres sont connues sous le nom de las Bolas (« les Boules »). Du fait de leurs créateurs supposés, elles sont parfois nommées « sphères diquis » ou « díquis ».

Description[modifier | modifier le code]

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les sphères sont des pétrosphères, principalement de gabbro (une roche plutonique)[1]. Une douzaine environ sont sculptées dans du calcaire, une autre douzaine dans du grès.

Les dimensions des pierres sont très variables : elles s'étalent de quelques centimètres à plus de 2 m de diamètre, la plupart ne dépassant pas toutefois le mètre[2]. La plus grande des pierres connues atteint 2,15 m de diamètre, pour un poids estimé à 16 t[2],[3],[1].

Localisation[modifier | modifier le code]

La plus grande concentration de sphères a été découverte dans la jungle du sud du Costa Rica, dans le delta du Diquis, entre les fleuves Térraba (en) et Sierpe (en). Quelques sphères ont également été découvertes sur l'isla del Caño (es), à une dizaine de km de la péninsule d'Osa.

Quasiment toutes les sphères ont été déplacées depuis leur découverte ; on peut désormais en trouver un peu partout dans le Costa Rica[3]. Deux sphères sont par ailleurs exposées aux États-Unis, l'une au musée de la National Geographic Society à Washington, l'autre près du musée Peabody d'archéologie et d'ethnologie à Cambridge[4].

Sculpture[modifier | modifier le code]

Le gabbro dans lequel sont sculptées la plupart des sphères provient du lit du fleuve Térraba, à moins d'une centaine de km de l'endroit où la majorité des sphères ont été découvertes[2]. À partir de rochers volcaniques déjà quasiment sphériques, une méthode de sculpture consisterait à alterner des épisodes de chauffage et de refroidissement, permettant de détacher de minces pellicules de la pierre. Une fois la forme sphérique obtenue, il serait possible de corriger les imperfections à l'aide d'outils, en martelant et frappant la pierre[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Époque pré-colombienne[modifier | modifier le code]

On suppose que les sphères ont été sculptées entre 200 av. J.-C. et 1500. Cependant, la stratigraphie est la seule méthode disponible pour cette datation et la plupart des pierres ne sont plus situées à leur emplacement d'origine. En outre, la culture des peuples les ayant sculptées a disparu après la conquête espagnole[5].

Les sphères ont été retrouvées avec des morceaux de poterie de la culture d'Aguas Buenas (-200 à 600), ainsi que des sculptures de type polychrome de Buenos Aires (1000 à 1500)[6].

Époque post-contact[modifier | modifier le code]

Sphère de pierre, université du Costa Rica.

Les sphères sont découvertes dans les années 1930 lors de défrichages menés dans la jungle par l'United Fruit Company pour ses plantations de bananes[5]. Les ouvriers les poussent alors sur le côté avec des bulldozers et autres équipements lourds, endommageant quelques sphères. De plus, inspirés par des légendes d'or caché à l'intérieur, certains percent des trous à l'intérieur ou les font exploser à la dynamite. Plusieurs sphères sont détruites avant que les autorités n'interviennent.

La première étude des sphères est entreprise peu après par Doris Stone, fille d'un cadre de l'United Fruit Company. Elles sont publiées en 1943 dans American Antiquity, attirant l'attention du docteur Samuel Lothrop (en) du musée Peabody d'archéologie et d'ethnologie à l'université Harvard[7],[8]. En 1948, il tente avec sa femme de fouiller un site archéologique inconnu dans le Nord du Costa Rica[9]. Ils découvrent d'autres sphères, mais des troubles politiques empêchent la poursuite des fouilles. À San José, Lothrop rencontre Doris Stone, qui dirige un groupe dans la région du delta du Diquís et lui indique des sites importants et des contacts personnels. Lothrop publie ses découvertes dans Archaeology of the Diquís Delta, Costa Rica 1963.

Un dossier est en cours d'étude concernant un possible classement des sphères au patrimoine mondial par l'Unesco[1],[10],[11].

Influences contemporaines[modifier | modifier le code]

Les sphères mégalithiques ont influencé certains artistes costaricains, par exemple Ibo Bonilla (en) et Jiménez Deredia (es)[12].

Mythes[modifier | modifier le code]

Plusieurs mythes entourent les pierres. Le mystère de leur origine (éloignement des pierres dans lesquelles elles sont taillées, difficulté de leur datation, forme, etc.) donne lieu à de nombreuses interprétations ésotériques ou mystérieuses. Cet aspect est notamment exploité dans les livres de l'écrivain suisse Erich von Däniken.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) « The stone spheres of Costa Rica », BBC News,‎ 29 mars 2010
  2. a, b et c [PDF] N. Gaillard, « Les mystérieuses sphères du Costa Rica », Observatoire zététique
  3. a, b et c (en) John Hoopes, « FAQ »
  4. (en) « Inside the Peabody Museum: February 2010 », Musée Peabody d'archéologie et d'ethnologie
  5. a et b (en) B. M. Lynch, « University of Kansas researcher investigates mysterious stone spheres in Costa Rica »,‎ 22 mars 2010
  6. (en) John Hoopes, « The Stone Balls of Costa Rica »
  7. National Academy of Sciences, Biographical memoirs, vol. 48, National Academies Press, 253 p., « Samuel Kirkland Lothrup »
  8. (en) Tim McGuinness, « Costa Rican Diquis Spheres: Sphere history »
  9. (en) Eleanor Lothrop, « Prehistoric Stone Balls—a Mystery », Natural History,‎ septembre 1955
  10. (es) W. Segura, « Un paraíso para la humanidad », Musée national du Costa Rica
  11. (en) « Plenitude under the sky. Park of Pre-Colombian Stone Spheres », Unesco
  12. (en) « Biography », Jiménez Deredia