Spay (Sarthe)

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Spay
L'église et le presbytère.
L'église et le presbytère.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Sarthe
Arrondissement La Flèche
Canton La Suze-sur-Sarthe
Intercommunalité Communauté de communes du Val de Sarthe
Maire
Mandat
Jean-Yves Avignon
2014-2020
Code postal 72700
Code commune 72344
Démographie
Gentilé Spayens
Population
municipale
2 890 hab. (2011)
Densité 203 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 55′ 24″ N 0° 09′ 03″ E / 47.9233333333, 0.150833333333 ()47° 55′ 24″ Nord 0° 09′ 03″ Est / 47.9233333333, 0.150833333333 ()  
Altitude Min. 37 m – Max. 58 m
Superficie 14,22 km2
Localisation

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Liens
Site web ville-spay.fr

Spay est une commune française située dans le département de la Sarthe en région Pays de la Loire.

Au dernier recensement de 2011, la commune comptait 2 890 habitants, appelés les Spayens. Précédemment rattachée à l'arrondissement du Mans, elle est depuis 2006 intégrée à celui de La Flèche. Elle est également membre de la communauté de communes du Val de Sarthe depuis 2011.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune de Spay se situe à 9 km au sud-ouest du Mans[1].

Carte de Spay

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Spay[2]
Allonnes Allonnes Allonnes,
Arnage
Voivres-lès-le-Mans Spay[2] Arnage
Fillé Guécélard Moncé-en-Belin

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

La superficie de la commune est de 1 422 hectares. Située au coeur de la plaine cénomanienne mancelle[3], son altitude varie entre 37 et 58 mètres[4].

La couche de surface du sous-sol spayen est formée des alluvions déposées au fil du temps par la Sarthe, principalement du sable et du gravier[5].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Spay est bordée à l'est et traversée au sud par la Sarthe, dont une partie est canalisée.

On dénombre plus d'une vingtaine d'étangs sur le territoire communal, signes d'une importante activité passée, et encore présente, d'extraction de sable et de graviers. Ces étangs sont le lieux d'accueil de nombreux animaux, notamment des oiseaux : sur le site des gravières de Spay, juste au nord du lieu-dit des Aulnays, 115 espèces aviaires ont été observées[6].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de Spay est un climat océanique dégradé par l'influence continentale.

Relevé météorologique de la station d'Arnage
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2,1 1,8 3,7 5,6 9,4 12,4 14,2 13,8 11 8,6 4,7 2,5 7,5
Température moyenne (°C) 5 5,5 8,2 10,7 14,5 17,8 19,9 19,6 16,5 12,8 8,1 5,4 12
Température maximale moyenne (°C) 7,9 9,1 12,7 15,7 19,5 23,1 25,5 25,4 21,9 17 11,4 8,2 16,5
Record de froid (°C)
date du record
-18,2
1987
-17
1956
-11,3
1971
-4,9
1956
-3,7
1957
1,6
1975
3,9
1954
3,2
1956
-0,5
1952
-5,4
1997
-12
1956
-21
1964
-21
1964
Record de chaleur (°C)
date du record
17,2
1975
21
1960
24,9
1955
30,3
1949
32,4
1953
37,1
2011
40,4
1952
40,5
2003
34,6
1961
29,7
1985
21,9
1955
18,3
1953
40,5
1952
Nombre de jours avec gel 12,1 10,8 9 3 0,5 0 0 0 0 1 6,9 11,1 54,3
Ensoleillement (h) 66 90 134 171 200 224 227 225 181 119 71 64 1 772
Précipitations (mm) 67 51 54 54 63 47 57 43 53 66 63 70 687,5
Source : infoclimat.fr[7]
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
7.9
2.1
67
 
 
 
9.1
1.8
51
 
 
 
12.7
3.7
54
 
 
 
15.7
5.6
54
 
 
 
19.5
9.4
63
 
 
 
23.1
12.4
47
 
 
 
25.5
14.2
57
 
 
 
25.4
13.8
43
 
 
 
21.9
11
53
 
 
 
17
8.6
66
 
 
 
11.4
4.7
63
 
 
 
8.2
2.5
70
Moyennes : • Temp. maxi et mini °CPrécipitation mm

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Voies de communication[modifier | modifier le code]

Routes[modifier | modifier le code]

L'entrée dans l'agglomération de Spay se fait :

  • par Champ Fleuri depuis Allonnes, traversant une zone d'activité peu accueillante (carrières, entrepôts…) ;
  • par la route de la Vaudelle depuis Allonnes, traversant la zone résidentielle isolée du Tertre ;
  • par la route de Voivres depuis Voivres-lès-le-Mans, traversant une zone naturelle (bois, étangs, champs) ;
  • par la rue de Fillé depuis Fillé-sur-Sarthe, traversant une zone agricole ;
  • par la rue d'Arnage depuis Moncé-en-Belin, traversant la zone résidentielle de Prélandon et les deux ponts sur la Sarthe et le canal.

La commune est également traversée par deux voies rapides :

  • à l'est par la D323, voie traversant le département de la Sarthe du sud-ouest (La Flèche) au nord-est (La Ferté-Bernard), dans sa portion contournant le centre-bourg d'Arnage ;
  • au nord par la D326, voie reliant la D323 à la barrière de péage n°9 Le Mans-Sud Allonnes de l'autoroute A11.
Sarthe et canal[modifier | modifier le code]

Afin de faciliter la navigation sur la Sarthe, de nombreux canaux sont creusés au cours du XIXe siècle[8]. Les travaux du canal de Spay, permettant de contourner par le sud le barrage du moulin, débutent en 1838 et s'achèvent en 1841. Long d'environ 1 200 m, il se termine par une écluse permettant la navigation de gabarres à fond plat et de bateaux à vapeur. Permettant d'assurer les échanges de marchandises entre Le Mans et Angers, cette liaison fluviale laisse rapidement place au transport ferroviaire avec l'ouverture de la ligne Le Mans - Angers en 1863, plus rapide donc plus rentable[9].

Ponts[modifier | modifier le code]

Depuis le Moyen Âge, la traversée de la Sarthe se faisait par un gué au barrage du moulin, accessible uniquement en été, puis, plus tard, par un batelet installé au lieu-dit « le Port ». L'entreprise est parfois périlleuse, si bien qu'en 1872, les curés de Spay et de Fillé - MM Jupin et Girault - se noient en traversant la rivière dont les eaux étaient débordées, le bateau du passeur ayant chaviré. Le batelier s'est quant à lui sauvé en s'accrochant au câble[10].

Afin de sécuriser les déplacements et surtout le commerce avec les villages voisins, le conseil municipal de Spay sollicite, à partir de 1880, le préfet de la Sarthe pour la construction d'un pont enjambant la rivière. Parmi trois propositions des Ponts et Chaussées de la Sarthe, le conseil municipal privilégie, en décembre 1886, un passage au niveau du port afin de limiter la création de voirie supplémentaire[11]. Une demande de construction d'un pont à Arnage, à environ 3 km seulement de celui de Spay, provoque le débat et retarde le projet[12]. En septembre 1887, l’agent voyer d’arrondissement définit les ouvrages d’art. La construction de deux ponts, l'un sur la Sarthe et l'autre sur le canal, est confiée à l’entreprise Fonteix du Mans, les parties métalliques étant sous-traitées à la société Baudet, Donon et Cie de Paris[11]. Les ponts entrent en service en décembre 1889[13]. Le coût total est de 83.900 fr, dont 22.931 fr pris en charge par la commune[14].

En 2011, d'importants travaux ont été réalisés pour les rénover et ajouter une voie piétonne sur et entre les deux ponts[15].

Transports[modifier | modifier le code]

Tramway[modifier | modifier le code]

Dans le cadre du développement du second réseau des Tramways de la Sarthe, le conseil général étudie dès 1888 la mise en œuvre d'une ligne Le Mans - Mayet. La construction démarre en 1893, pour une mise en service le 13 septembre 1897. Entre les stations d'Allonnes et de Fillé, le tramway fait halte deux fois par jour en gare de Spay[16], simple structure légère installée près de l'actuel café de la Gare. Suite à la fermeture de la ligne, déficitaire, en juin 1945, la gare est démantelée[17]. Seule une fresque peinte sur le mur arrière du café de la Gare nous rappelle aujourd'hui cette activité passée. Cette fresque est inspirée d'une photographie prise lors de l'arrivée en tramway, depuis Le Mans, des participants d'une rencontre festive des espérantistes du Maine sur les bords de Sarthe, organisée par Louis Gazon le [18].

Car[modifier | modifier le code]

À ce jour, Spay est desservie plusieurs fois par jour par les cars de la ligne régulière TIS n°6 reliant La Flèche et le Mans[19].

Toponymie[modifier | modifier le code]

L’origine du nom de la commune de Spay n'est pas clairement déterminée. Selon certains, Spay serait issu du latin Spadonis[20], signifiant « stérile », en raison de l'absence de terre agricole. Pour d'autres, Spay serait dérivé du latin Cepetum[21], désignant à l'époque gallo-romaine un lieu où on cultive des oignons.

Au Moyen Âge, Spay aurait été appelée "Cipidus", de l'expression latine « villa cipeti super fluvium sarthae » (ville installée sur la rivière Sarthe)[20], dont on trouve la référence dans un document mérovingien datant du IXè siècle[21], ou "Cipido"[22] comme dans un texte en latin reportant la restitution de propriétés du belinois et de Spay par Louis 1er, dit le Pieux, fils de Charlemagne et roi des Francs à l'église du Mans en 833.

Au fil des siècles, la désignation latine se francise en "Cepay"[23], avant d'adopter sa forme définitive "Spay" (également écrit Spoy dans certains documents de l'époque féodale).

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Le territoire actuel de Spay se situe au cœur de l'ancestrale forêt du Mans, aujourd'hui quasiment disparue. Théâtre de la 1re crise de démence du roi Charles VI, elle s'étendait au sud du Mans sur un vaste territoire regroupant les communes de Changé, Allonnes, Pruillé-le-Chétif, Louplande, Étival-lès-le-Mans, Spay, Fillé-sur-Sarthe, Voivres-lès-le-Mans, Roézé-sur-Sarthe, Guécélard, La Suze-sur-Sarthe, Saint-Jean-du-Bois, Mézeray, Courcelles-la-Forêt, Parigné-le-Pôlin et La Fontaine-Saint-Martin. Elle se composait à 65 % de chênes, mais également de pins maritimes, pins sylvestres et charmes, essences toujours présentes de nos jours[24],[25].

Antiquité[modifier | modifier le code]

Les plus anciennes traces de vie découvertes sur ce territoire remonte à la période gallo-romaine. À cette époque, la région est occupée par les Aulerques Cénomans, peuple gaulois qui font de Vindunum (l'actuelle Le Mans) leur capitale politique et la toute proche Allonna (l'actuelle Allonnes) leur centre religieux. Il est probable que des Cenomans se soient installés à Spay, des traces de construction en terre cuite ayant été retrouvées près du lieu-dit "la Lande"[26].

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, sous l'impulsion d’Aldric du Mans, la forêt est méthodiquement déboisée pour y installer des cultures. Les premières seigneuries rurales sont établies ; sur le territoire de Spay, on peut identifier au fil des siècles le marquisat de Lavardin, les fiefs de Belleborde, des Bizerays, de Jalesnes et le comté du Maine. Les diverses populations de ces seigneuries se regroupent alors en petite communauté. Une église est bâtie dès le IXe siècle et le premier bourg prend forme[20].

Seigneurie des Bizerais[modifier | modifier le code]

La famille Bellanger, anciennement originaire du Mans, est entrée en possession en 1484 de la terre du Gros-Chesnay, à Fillé[27]. Jean Bellanger (Jehan Bellenger), capitaine pour le roi du navire Saint-Philippe[28], l'échangea la même année avec Alexandre Mainard (Mesnard) contre la terre des Bizerais à Spay[27],[29]. L'un de ces descendants, Nicolas Bellanger, également seigneur du Gué à Spay, obtient le 10 mai 1599 une ordonnance de confirmation de noblesse des commissaires généraux chargés du régalement des tailles[27],[30]; Nicolas Bellanger devient alors Nicolas de Bellanger. La famille de Bellanger conserve le domaine jusqu'au XVIIIè siècle[31].

Seigneurie de Spay[modifier | modifier le code]

La seigneurie de Spay a connu de nombreux propriétaires. Au XIIIe siècle-XIVe siècle, le domaine est au main de la puissante famille de Riboule, qui possède également le domaine de Lavardin[32]. A la fin du XVIe siècle, il est propriété de Pierre Hoyau, gentilhomme du Maine et homme de bien[33] ,[34], qui est également connu pour avoir pratiqué la science cabalistique à l'image de Nicolas Flamel[35]. Puis, entre 1584 et 1609, la seigneurie de Spay passe aux mains de la famille de Jalesnes, notamment Charles, seigneur puis marquis de Jalesnes (érection du marquisat de Jalesnes par lettres patentes en 1634), seigneur de La Beunèche, de Spay et de Vauguion notamment, chevalier de l'ordre du roi, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, conseiller en ses conseils d'état et capitaine de 100 hommes d'armes des ordonnances du roi[36],[37]. Entre 1661 et 1666, la seigneurie est acquise par la famille Le Boindre, qui possède déjà la seigneurie du Gros-Chesnay. Jean Joseph Le Boindre de Vauguion, seigneur de Fillé, Spay, Roizé, Gros-Chesnay, Buffe, etc. et baron de la Beunèche, conseiller en la grande chambre du parlement de Paris, bienfaiteur des églises de Fillé, de Spay et de Roizé, ainsi que des pauvres des 3 paroisses, meurt en 1757 sans successeur[36]. Le domaine de Spay passe alors dans les mains de la famille Daniel de Beauvais. Louis-François Daniel de Beauvais, écuyer et receveur général puis directeur du tabac au Mans, homme très riche, est acquéreur du château du Gros-Chesnay et de ses dépendances vers 1759 et devient seigneur de Fillé, Spay, Roizé etc. À sa mort en 1780, le domaine est divisé entre ses trois enfants [36], [38]. Jusqu'à la Révolution...

Révolution française et Empire[modifier | modifier le code]

Pendant la Révolution, suite à la proclamation du culte de la raison par la Convention, les symboles et biens de l'Église sont vendus ou saccagés. À Spay, le mobilier et le linge de l'église sont vendus le 20 messidor an II. L'église est, quant à elle, louée à Jacques Gazon le 26 floréal an III ; l'église et la sacristie sont déjà fortement détériorées par les révolutionnaires : le sol est partiellement dépavé (sous prétexte de la recherche du salpêtre), des vitraux sont cassés, la voute présente trois grands trous[39]. L'église de Spay est ensuite vendue le 16 fructidor an IV à Pierre Grosbois, qui la cède le 21 floréal an IX à Pierre Lebatteux et Julien Meunier, mandataires de la paroisse qui avait fourni l'argent[40].

Les années qui suivent la chute du royaume sont caractérisées par une insécurité grandissante dans les campagnes sarthoises. Sous couvert du conflit opposant Républicains et Chouans, de nombreuses bandes harcèlent les populations : vandalisme, pillage, agressions… Autour de Spay, on note en l'an VIII la présence du Chouan Branche-d'Or (domestique du Marquis de la Gélinière dont il usurpe le nom) qui se sert d'une ferme locale comme de dépôt[41]. En l'an IX, c'est au tour du Chouan Tape-à-mort (de son vrai nom Michel Gazon) et de sa bande de faire la loi et de tenter de recruter des hommes pour soutenir la Chouannerie[42].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

La séparation du hameau d'Arnage[modifier | modifier le code]

En 1839, 78 habitants de Spay, Pont-Lieue et Moncé-en-Belin demandent l'érection du hameau d'Arnage, situé sur les 3 territoires communaux, en commune propre afin d'en faciliter l'administration. Les 3 Conseils municipaux s'y sont unanimement opposés, suivant ainsi l'avis de 490 de leurs habitants[43]. D'autres pétitions soumises ultérieurement ne rencontrent pas plus de succès[44],[45], jusqu'en 1847 lorsque le Conseil général de la Sarthe adopte, à la demande des habitants de la rive gauche, la division des électeurs de Spay en 2 sections électorales : 1 pour la rive droite (bourg de Spay) et 1 pour la rive gauche (hameau d'Arnage)[46]. Cette même année, une ordonnance royale en date du 7 août crée la paroisse d'Arnage à partir d'une partie de celles de Spay, Moncé-en-Belin et Pontlieue[47]. Finalement, la commune d'Arnage est établie par décret le 4 juin 1853[48] : plus de 300 habitants de Spay deviennent Arnageois.

Le développement des services publics[modifier | modifier le code]

En 1912, à la demande du Conseil municipal et avec l'appui du Conseil général de la Sarthe, le 1er établissement de facteur-receveur de Spay ouvre ses portes le 16 avril[49],[50]. Le bureau de poste actuel est construit en 1920 par l'architecte René Lévesque, spécialiste des bâtiments administratifs[26].

En 1926, Spay intègre, par arrêté préfectoral du 10 juillet, le Syndicat de Mayet et extensions. L'organisme, contrôlé par l'Office départemental d'électrification, est créé 2 ans plus tôt pour coordonner les différents projets d'électrification émanant des communes de Sarthe. Il lance notamment la construction d'une ligne 15 000 volts de 16 km reliant La Suze-sur-Sarthe à la sous-station d'Arnage via Roézé-sur-Sarthe et Spay, et le déploiement d'un réseau basse tension à Spay[51]. En juillet 1927, Spay est électrifié et l'exploitation du réseau est attribuée à la Société de Distribution Maine-Anjou[52]. Les écoles de filles et de garçons reçoivent l'éclairage électrique en 1929[53].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1944, au cœur de la bataille de Normandie, Spay découvre les chars Sherman de la 5e division blindée de l'armée américaine[54]. En cette soirée du 7 août, une tête de colonne de la division, devant normalement traverser la Sarthe à hauteur du village voisin de Fillé pour se positionner au sud-est du Mans, s'égare et entre involontairement dans Spay[54]. L'armée américaine ne possédant pas de carte d'État-Major de la région, les soldats utilisent des cartes routières Michelin non quadrillées qui ne permettent pas une localisation précise[55]. Les chars ne peuvent franchir les ponts et font demi-tour. Alors que des accrochages éclatent au lieu-dit la Belle Étoile et dans le bourg de Fillé[54], position de repli des services administratifs de la Luftwaffe[54], aucun incident n'est signalé dans Spay.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 Alain Monsseaux DVD  
mars 2008 Jean-Yves Avignon    
mars 2014 Marc Gabay SE Médecin
en cours Jean-Yves Avignon[56] DVD Retraité

Le 10 mars 2011, vu l'ancienneté dans sa fonction de maire, Alain Monsseaux est nommé maire honoraire de la commune de Spay par M. Pascal Lelarge, préfet de la Sarthe[57].

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Depuis son intégration dans la communauté de commune du Val-de-Sarthe, Spay a déployé un processus de tri sélectif des déchets ménagés via notamment le développement de points d'apport volontaire. La municipalité s'est également engagée dans une démarche éco-responsable visant à réduire sa consommation d'énergie et à limiter la pollution des ressources en eau[58].

Par ailleurs, la commune est distinguée de deux fleurs au palmarès des Villes et Villages Fleuris[59].

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 890 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

La commune a connu une forte expansion démographique à partir des années 1970, devenant alors une cité-dortoir : en 2008, seuls 13 % des actifs ayant un emploi exercent dans la commune[60].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
588 592 683 739 889 834 965 988 1 090
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
787 833 806 742 748 727 722 727 750
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
753 756 748 720 682 639 618 626 676
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
708 814 1 176 1 848 2 314 2 300 2 501 2 497 2 772
2011 - - - - - - - -
2 890 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[61] puis Insee à partir de 2004[62])
Histogramme de l'évolution démographique

La population de la commune est relativement jeune : le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (16,1 %) est nettement inférieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (23,1 %). Contrairement aux répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est inférieure à la population masculine : le taux (49,7 %) est inférieur au taux national (51,6 %) et au taux départemental (51,2 %).

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges à Spay en 2007 en %[63]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,1 
90  ans ou +
0,3 
3,2 
75 à 89 ans
4,1 
12,8 
60 à 74 ans
11,8 
24,5 
45 à 59 ans
24,9 
22,2 
30 à 44 ans
23,7 
15,3 
15 à 29 ans
14,2 
21,9 
0 à 14 ans
21,0 
Pyramide des âges du département de la Sarthe en 2007 en %[64]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,4 
90  ans ou +
1,4 
7,0 
75 à 89 ans
10,2 
13,0 
60 à 74 ans
14,1 
20,8 
45 à 59 ans
19,9 
20,5 
30 à 44 ans
19,6 
18,5 
15 à 29 ans
16,8 
19,7 
0 à 14 ans
18,1 

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune est dotée de deux structures scolaires :

  • l'école publique maternelle "Les petits pas" composée de 5 classes pour l'année scolaire 2013-2014 ;
  • l'école publique primaire "Albert Grégoire" composée de 8 classes pour l'année scolaire 2013-2014.

Pour faire suite à l'augmentation du nombre d'enfants scolarisés sur Spay, et dans un souci de respect des normes de sécurité en vigueur, un nouveau restaurant scolaire est inauguré en mars 2014. La poursuite de l'enseignement (collège, lycée...) doit s'effectuer hors commune (Allonnes, Le Mans...).

Santé[modifier | modifier le code]

Afin d'assurer une assistance médicale de proximité, de nombreux professionnels de santé officient dans le centre-bourg :

  • deux médecins généralistes ;
  • un chirurgien-dentiste ;
  • deux infirmières ;
  • deux kinésithérapeutes ;
  • un podologue ;
  • une antenne Santé du travail 72.

L'hôpital public le plus proche est le Centre Hospitalier du Mans.

Culte[modifier | modifier le code]

Aucun office régulier n'est tenu en l'église Sainte-Anne.

Économie[modifier | modifier le code]

L'activité économique de Spay est dominée par l'industrie qui génère environ 40 % des emplois de la commune[60]. L'acteur principal se nomme LTR Industries : l'entreprise, spécialisée dans la production de tabac reconstitué, est implantée à Spay depuis 1963 et emploie, en juin 2009, 440 personnes (environ 33 % des emplois), pour un chiffre d'affaires annuel 2008 de 128 M€[65]. Les autres secteurs d'activités majeurs sont le commerce-transport-service (environ 27 % des emplois) puis la construction (environ 27 % des emplois). L'agriculture est quant à elle négligeable puisqu'elle ne représente que 0,4 % des emplois[60].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

Château[modifier | modifier le code]

Un château médiéval dominait autrefois le lieu-dit les Grands Bizerays. Il fut détruit à la fin du XVIe siècle[17].

Moulin[modifier | modifier le code]

Arrosé par la Sarthe, le village de Spay est doté d'un moulin à eau dès le XVIe siècle, destiné à la production de farine. Le moulin, reconstruit après un incendie en 1959[17] est aujourd'hui hors de service. Il est toujours équipé de deux génératrices Citroën alimentant une minoterie industrielle.

Loisirs[modifier | modifier le code]

  • Spaycific'Zoo : jardin des oiseaux de la fourmi au tatou des espèces animales peu communes présentées de façon originale dont la plus grande volière africaine de France 2 500 m2, 12 m de haut.
  • Base de loisirs du domaine du Houssay : baignade, pêche, canoë, pédalo, mini golf, disc golf, skate park, parcours d'orientation, VTT, randonnée, parcours de santé.
  • Mini golf (situé dans la base de loisirs) : parcours de compétition de 18 trous unique en France en filz suédois, théâtre du championnat de France 2008.
  • Camping municipal de Spay (situé dans la base de loisirs) : deux étoiles.
  • Port (situé dans la base de loisirs) : 34 anneaux en bord de Sarthe.
  • Club Maine-Marine : club nautique sur la Sarthe avec mise à l'eau, ski nautique (zone à grande vitesse de 2 km), permis.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Guy Pecate ou Pecatte ou Pacate (?-1580), bénédictin, auteur de poésies latines et françaises non publiées, grand ami de Ronsard qui lui dédia la VIIe pièce du IVe Livre des Odes de 1550. Né à Saint-Rémy-du-Plain, il fait profession à l'abbaye de la Couture le 11 février 1529, est titulaire du prieuré de Sougé de 1542 à 1563, puis curé de Spay avant de devenir sacristain de l'abbaye de la Couture où il meurt le 5 juillet 1580[67],[68].
  • Jacques Aragon, curé de Spay et chanoine de la cathédrale Saint-Julien du Mans, XVIIe[69].
  • Charles Drouet, maître de forges, conseiller général de la Sarthe. En 1840, il testa sur les terres de Castel-Joli, dans le sol sablonneux de Spay, le seigle multicaule, céréale d'origine allemande et tout juste importée en France en 1835 par M. Salomon, directeur de l'École forestière de Nancy[70].
  • Louis Gazon (1870-1910), pharmacien à la villa Beauchêne, conseiller municipal de Spay, pionnier de l'espéranto en Sarthe, membre du Cercle républicain de la Sarthe[18],[71],[72].
  • Albert Grégoire, instituteur chargé d'école à Spay, récompensé d'une mention honorable décernée par le Ministre de l'Instruction Publique par arrêté du 10 juillet 1903[73], puis maire de Spay en 1925[74] et 1929[75].
  • Auguste Langeron, directeur d'école à Spay, récipiendaire de la croix de guerre. Lauréat de la Société des écrivains de province en 1928, des Jeux floraux du Berry, de l'Orientine, etc. Membre de l'Association des écrivains combattants, de la Société des écrivains de province (Bordeaux), de la Société historique et archéologique du Maine (Le Mans à partir de 1921). Membre fondateur et secrétaire du groupe des Trois Compagnons (Saint-Léonard-des-Bois puis Spay). Secrétaire de la rédaction de la Renaissance provinciale, bulletin de la Société des écrivains de province (Bordeaux)[76],[77],[78].
  • Edouard Moriceau, instituteur et fondateur de l'USN Spay en 1938[79].

Héraldique, logotype et devise[modifier | modifier le code]

Blason de Spay Blason Parti : au premier d'azur semé de fleurs de lys d'or, au second mi-parti d'azur à l'église d'or ; le tout sommé d'un comble d'argent chargé de trois roses de gueules boutonnées aussi d'argent ; le tout enfermé dans une bordure de gueules chargée d'un lion d'argent en chef à dextre.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  • Altitudes, superficie : répertoire géographique des communes[80].
  1. http://www.maposmatic.org/
  2. « Géoportail (IGN), couche « Limites Administratives » activée »
  3. http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/atlas4_-_Demarche_analytique_I.pdf
  4. Institut national de l'information géographique et forestière, Répertoire géographique des communes, [lire en ligne]
  5. Bureau de recherches géologiques et minières,"Base de données InfoTerre",[lire en ligne]
  6. http://sarthe.lpo.fr/ressources%20site%20internet/GIFS/lpoinfo04.pdf
  7. « Statistiques météorologiques sur la période 1961-1990 », sur Infoclimat.fr
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  9. http://canton-la-suze-sur-sarthe.over-blog.com/article-difficulte-lors-du-creusement-du-canal-de-fille-1848-45927931.html
  10. Le Petit journal, 7 décembre 1872 - Bibliothèque nationale de France - http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591669s
  11. a et b http://canton-la-suze-sur-sarthe.over-blog.com/article-22693455.html
  12. Rapports et délibérations - Sarthe, Conseil général, 1re session ordinaire de 1886, p. 697 - Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-LK16-343 - http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58287271
  13. Rapports et délibérations - Sarthe, Conseil général, 2e session ordinaire de 1890, p. 274 - Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-LK16-343 - http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58300905
  14. Rapports et délibérations - Sarthe, Conseil général, session ordinaire de 1893, p. 812-814 - Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-LK16-343 - http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5830706n
  15. http://www.cg72.fr/somactu.asp?card=82529
  16. http://filleapreseparation.kazeo.com/la-gare-de-fillé/la-gare-de-fillé,r166911.html
  17. a, b, c et d Site www.ville-spay.fr
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