Spartium junceum

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Le spartier à tiges de jonc ou spartier (Spartium junceum) est une espèce d'arbustes de la famille des Fabaceae. C'est la seule espèce encore acceptée dans le genre Spartium. Il est parfois appelé faux genêt d'Espagne, genêt d'Espagne, geneste, gineste, joncier, spartier faux jonc ou spartion.

Description[modifier | modifier le code]

Aspect général.

Arbuste aux fleurs jaune vif, ses rameaux, souvent sans feuilles, sont flexibles et restent verts une bonne partie de l'année puis virent au gris-brun avec des rayures vertes.

Les feuilles alternes oblongues-lancéolées de 3 à 7 cm de long et 3 millimètres de large tombent tôt mais elles ont peu d'importance pour cette plante car une grande partie de la photosynthèse se produit dans les jeunes pousses vertes qui conservent l'eau (stratégie de climat sec). À la fin du printemps, les rameaux sont couverts de nombreuses fleurs jaunes de 1 à 2 centimètres de diamètre. En fin d'été, les graines noires des gousses atteignant jusqu'à 10 centimètres de long arrivent à maturité. Elles s'ouvrent, souvent de façon sonore, pour propager les semences.

C'est une plante rustique qui peut dépasser 2 m, et qui supporte autant les grandes sécheresses que les grands froids.

On la trouve le plus souvent en plaine et dans les maquis. Cet arbuste pionnier colonise les friches et les espaces ouverts, en particulier le long des routes et autoroutes.

Cette plante peu odorante se trouve à l'état naturel notamment dans la vallée du Rhône (Montélimar).

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Organes reproducteurs
Graine

La dessiccation provoque une torsion de la gousse qui s'ouvre en projetant les graines jusqu'à plusieurs mètres de distance.

Habitat et répartition
  • Habitat type : matorrals mésoméditerranéens, héliophiles, acidoclines
  • Aire de répartition : cosmopolite (thermo)
  • Étude toxicologique : contiendrait de la cytisine ou de la spartéine. La dose toxique est de une à deux poignées chez l'enfant.

Données d'après: Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004. La flore endémique de la Corse EDISUD avril 2003

Utilisation[modifier | modifier le code]

Colline couverte de spartiers.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, le genêt d'Espagne était une plante marginale récoltée par les paysans pour leurs propres besoins en toile domestique. Le rouissage des rameaux s’opérait au bord des cours d’eau, avant le filage et le tissage pratiqués au village, afin d’obtenir des draps et des vêtements, peut-être des cordages. C’est dans l’arrondissement de Lodève seulement que la culture du genêt est suivie. Ces cultures sont appelées des genêtières ou, plus souvent, des ginestières créées dans les lieux les plus arides, sur les coteaux les plus en pente, formés par un sol pierreux et où presque aucune autre plante ne peut végéter[1].

Le genêt textile existait bien avant. Malgré les difficultés de localisation et d’interprétation qu’ils suscitent, Pline l'Ancien et Columelle l’attestent même dès l’Antiquité. Selon le "Dictionnaire des sciences naturelles" de 1820, "la plante attire les abeilles, nourrit les moutons et les chèvres, et donne des toiles". Pour d'autres, le genêt procure du bois pour le chauffage . En effet, dans certaines régions, le genêt d’Espagne constitue la seule nourriture fraîche pour les moutons et les chèvres pendant l’hiver, entre novembre et avril, à condition que sa consommation par les ovins reste modérée afin de ne pas risquer une infection des voies urinaires nommée ginestade. Le genêt, une fois semé, ne demande d’autre précaution que d’être préservé de la dent des troupeaux, pendant les trois premières années tout au plus. Ensuite, on coupe avec une serpe les tronçons qui ont été rongés, et au bout de six ans on est obligé de couper entièrement la souche pour qu’elle pousse de nouveau[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. BROUSSONNET, 1785 ; Arch. nat., F10 413, Administration générale, Commission d’agriculture, Renseignements statistiques sur les chanvres et lins, an III-1811 : Lettre de la sous-préfecture de Lodève au Préfet de l’Hérault, 4 septembre 1811 ; PARIS, 1851, t. II, p. 370-371 ; APPOLIS, 1940 ; ID., 1951.
  2. Le genêt textile (XVIIe-XIXe siècle) - Une dynamique agricole en Lodévois de Sylvain Olivier

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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Spartium junceum[modifier | modifier le code]