Spartacus (film, 1960)

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le film de Stanley Kubrick. Pour le film de Riccardo Freda, voir Spartacus.
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Spartacus

alt=Description de l'image Spartacus - 1960 - poster.png.
Réalisation Stanley Kubrick
Scénario Howard Fast
Dalton Trumbo
Acteurs principaux
Sociétés de production Bryna Productions, Inc.
Universal Pictures Company, Inc.
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Péplum
Sortie 1960
Durée 184 min.

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Stanley Kubrick, Tony Curtis et Laurence Olivier sur le tournage du film

Spartacus est un film américain de Stanley Kubrick sorti en 1960 adapté du roman éponyme de Howard Fast.

Synopsis[modifier | modifier le code]

73 av. J.-C. Spartacus est un esclave thrace que l'on fait travailler dans les mines de Libye. Il est remarqué et acheté par Lentulus Batiatus, propriétaire d'une école de gladiateurs à Capoue, où il est pris en charge par l'entraîneur Marcellus qui l'initie au métier de gladiateur. Il fait connaissance avec les autres esclaves, dont Draba le Noir et Crixus. Il est aussi intéressé par Varinia, une des esclaves que Marcellus donne parfois en récompense pour une nuit aux gladiateurs qui l'ont mérité.

Crassus arrive bientôt à l'école de gladiateurs avec trois compagnons, deux femmes et un homme, et demande à Batiatus de faire combattre deux paires de gladiateurs jusqu'à la mort. Spartacus est sélectionné pour se battre contre Draba dans l'arène. Il est vaincu mais Draba refuse de le tuer et lance son trident vers la loge des spectateurs. Il s'élance ensuite pour monter sur l'estrade mais Crassus le tue d'un coup de dague.

Écœurés de la mort de Draba, les gladiateurs égorgent Marcellus et se révoltent. Voyant qu'il ne viendra pas à bout de la rébellion, Batiatus se sauve en emmenant Varinia avec lui.

Au Sénat de Rome, le plébéien Sempronius Gracchus, adversaire déclaré de Crassus, fait voter une motion donnant à Marcus Glabrus, chef de la garnison de Rome et protégé de Crassus, le commandement d'une armée chargée de mater la révolte des esclaves qui se sont réfugiés sur les flancs du Vésuve. En attendant, César, allié de Gracchus, prend le commandement de la garnison de la ville. Au moment du départ de l'armée de Glabrus, Antoninus, un esclave poète de Crassus, s'évade et part rejoindre les révoltés.

Ceux-ci taillent en pièces l'armée de Glabrus. Le but de Spartacus est de faire traverser l'Italie à ses hommes, jusqu'à la mer où il paiera les pirates ciliciens pour les faire embarquer sur leurs bateaux et les transporter le plus loin possible de Rome. Au début du voyage, il est rejoint par Varinia, qui a réussi sans trop de mal à se sortir des griffes de Batiatus. Ils deviennent amants et Varinia tombe bientôt enceinte de lui.

Quand les esclaves arrivent à la côte, le chef cilicien leur apprend qu'il ne pourra pas les embarquer car Crassus a payé leur flotte pour qu'elle appareille. Il offre seulement d'embarquer Spartacus, Varinia et quelques autres de ses officiers sur son bateau personnel mais Spartacus refuse et le fait jeter dehors du camp. Il s'apprête alors à affronter les armées romaines. À Rome, Crassus a promis d'écraser la rébellion à condition qu'il soit nommé dictateur, et le Sénat a accepté malgré les protestations de Gracchus. Les esclaves voient bientôt la menace se préciser. L'armée de Crassus arrive de Rome et elle est épaulée par celle de Pompée, qui arrive de Calabre, et celle de Lucullus, qui vient d'accoster à Brundisium.

L'armée esclave subit une défaite complète et Crixus est tué dans la bataille. Spartacus et Antoninus sont faits prisonniers. Sur le champ de bataille, Crassus trouve Varinia, qui vient d'accoucher, et la fait ramener à Rome. Il la convoitait depuis qu'il l'avait entrevue dans la maison de Batiatus à Capoue. Crassus promet aux captifs qu'ils ne seront pas punis s'ils leur livrent Spartacus. À sa grande surprise, tous déclarent : « Je suis Spartacus ! ». Le vainqueur les condamne à être crucifiés tout le long de la Voie Appienne jusqu'aux portes de Rome. Il ordonne qu'Antoninus et Spartacus, enchaînés l'un à l'autre, soient les derniers à être mis en croix.

Batiatus, ruiné par la révolte de ses gladiateurs, veut prendre sa revanche sur Crassus, qu'il accuse d'être la cause de son malheur. Il retourne à Rome et s'allie à Gracchus, maintenant disgracié. Celui-ci lui donne de l'argent pour enlever Varinia et l'emmener en Gaule où elle trouvera la liberté. Après leur départ, Gracchus se suicide.

Pendant ce temps, Crassus à qui s'est rallié César est aux portes de Rome et ordonne à Spartacus et à Antoninus de se battre en duel jusqu'à la mort. Le vainqueur sera ensuite mis en croix. Spartacus remporte le combat et c'est lui qui est crucifié à proximité des murs de Rome. Le lendemain matin, Batiatus et Varinia sortent de la ville en empruntant la voie Appienne et aperçoivent Spartacus, encore mourant sur sa croix. Varinia lui montre son fils avant de s'éloigner dans le chariot avec son ancien maître.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Acteurs non crédités

Anachronismes[modifier | modifier le code]

  • À leur entrée dans la cité de Métaponte, les troupes de Spartacus défilent au milieu d'habitations qui ne paraissent nullement d'époque.
  • Près de Brindisi, des révoltés esquissent des pas de danse qui, comme la musique les accompagnant, sont de facture médiévale. Dans les scènes à cheval, les cavaliers ont des étriers, accessoires inconnus à l'époque romaine.
  • À plusieurs reprises, Spartacus envisage d'éventuels mouvements militaires en se servant d'une carte de la botte italienne ; sur cette dernière (où les côtes sardes et corses sont fort précisément dessinées) les noms de localités intéressant l'intrigue sont portés en caractères latins contemporains. De plus, d'une part ces cartes sont bien plus précises que les cartes d'époque ; par ailleurs, ce sont des cartes de l'Italie contemporaine.
  • Alors que la majorité des « spartacistes » dorment sur une plage, des chandelles modernes éclairent certains membres de l'état-major de la révolte consultant à nouveau un plan.
  • Dans la séquence où l'émeute des gladiateurs se produit chez Crassus, l'alerte est donnée par des sifflets similaires aux sifflets modernes de la police urbaine.
  • Crassus n'est devenu consul qu'après la fin de la révolte des esclaves.
  • César n'a exercé de commandement militaire que plus tard, étant trop jeune à cette époque.
  • L'équipement des légionnaires présente des éléments de l'époque impériale.
  • Il n'y avait pas encore de garnison à Rome à cette époque.

Production[modifier | modifier le code]

  • Kirk Douglas, intéressé par le roman de Fast, décida de le produire et demanda à Trumbo de l'adapter. Douglas protégea très courageusement Trumbo qui avait été « black listé » et qui dut commencer à travailler sur le film sous le pseudonyme de Sam Jackson. À la fin de la production du film, la liste noire hollywoodienne n'avait plus cours et Trumbo a pu être dûment crédité.[réf. souhaitée]
  • Le romancier Howard Fast et le scénariste Dalton Trumbo avaient été condamnés par la commission des activités anti-américaines. Victimes du maccarthysme, ils mirent dans leur narration tous leurs élans de liberté humaine. Le scénario comporte de nombreuses allusions par anticipation à l'histoire américaine et aux débats politiques de son époque : pour certains, Spartacus est pré-chrétien, pour d'autres, pré-communiste, etc.[réf. souhaitée]
  • David Lean fut d'abord contacté pour diriger le film, mais il refusa ; on demanda alors à Laurence Olivier de le faire, mais il refusa lui aussi, arguant du fait que le double rôle d'acteur et de réalisateur serait trop prenant[2]. Anthony Mann prit alors la direction du film, mais fut licencié par Kirk Douglas après seulement deux semaines de tournage (les scènes des carrières de pierre), Douglas le considérant trop docile face aux acteurs du film[3]. Douglas engagea ensuite Stanley Kubrick, qui commença à tourner en février 1959[4].
  • En 1990, Universal démarra une restauration du film, qui fut faite par Robert A. Harris et James C. Katz. La nouvelle version incorpore des scènes coupées lors du précédent montage, y compris la "scène des escargots et des huîtres"[5]. Comme Laurence Olivier était décédé à cette époque, il fut demandé à Anthony Hopkins de dire le dialogue de Crassus. La version restaurée fut présentée le 21 avril 1991 à New York au bénéfice de l'American Film Institute[4].

Autour du film[modifier | modifier le code]

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  • Le film prend des libertés avec le Spartacus historique. Ce dernier n'était par exemple pas le chef de la révolte des esclaves, mais juste une de ses plus importantes figures. Il serait mort au combat et non crucifié. Seuls Spartacus, Crixus, Lentulus, Crassus, Gracchus, Pompée et César ont eu une existence historique, les autres personnages sont fictifs.
  • Avec 13 millions de dollars, le film était le second plus cher film de l'époque après Ben-Hur, qui en a coûté 16.
  • John Gavin, qui joue le rôle de César, s'est surtout fait connaître par celui de l'amant de Marion Crane dans le film Psychose d'Alfred Hitchcock. Par la suite, il quitta le monde du cinéma et devint ambassadeur américain au Mexique.
  • Spartacus comporte de nombreuses scènes choquantes pour leur temps : visions de charniers, scènes sanglantes. Certaines de ces scènes n'apparaissent que dans la version restaurée en 1991.
  • Riccardo Freda avait déjà réalisé en 1953 un film sur le même sujet, mais de notables différences de scénario existent entre les deux films. Par exemple, Kubrick fait une impasse totale sur le passé de décurion de Spartacus et Ricardo Freda fait mourir le héros sur le champ de bataille et non crucifié sur la via Appia. Freda donne aussi une part très importante aux relations sentimentales romancées et totalement improbables de Spartacus avec Sabine, la fille de Crassus. Cependant, dans les deux adaptations, « l'homosexualité, très présente dans le roman d'Howard Fast, est gommée de cette parabole antique et virile sur la lutte de classes, à la sortie, la seule scène équivoque (dans le film de Kubrick) fut censurée »[6].
  • Le Love Theme de la B.O. du film signée Alex North a donné lieu à de multiples reprises, certaines devenues des standards comme celles de Bill Evans, Yusef Lateef, Terry Callier, Carlos Santana (sur Swing of Delight), Ahmad Jamal, etc. Le thème a également été samplé en 1998 par le rappeur français Shurik'n dans le morceau Manifeste (en featuring avec Akhenaton), sur son album Où je vis.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Gracchus historique est en réalité mort 48 ans avant la révolte de Spartacus.
  2. Selon Hollywood Reporter, 6 octobre 1958, cité sur le site de l'AFI
  3. Selon l'autobiographie de K. Douglas, citée dans le fiche de l'AFI
  4. a et b Selon une note sur la fiche de l'AFI (Cf. lien externe)
  5. Selon l'AFI, la National Catholic Legion of Decency demanda que cinq minutes soient coupées, dont certains scènes de bataille, et ce qui est appelé par certaines sources la "scène des escargots et des huîtres". Dans cette scène, Crassus est dans son bain et questionne Antoninus sur son orientation sexuelle en parlant de ses propres préférences, parfois pour des escargots, parfois pour des huîtres.
  6. Critique de Cécile Mury dans Télérama, n°3160/61 du 7 août 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]