Soussou (peuple)

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Soussous

Description de cette image, également commentée ci-après

Soussous avec djembe et balafon

Populations significatives par région
Population totale 1 300 000[1]
Autres
Langues

Soussou

Religions

islam sunnite

Ethnies liées

Mandingues

Les Soussous sont un peuple mandingue d'Afrique de l'Ouest établi principalement en Guinée, également au nord-ouest de la Sierra Leone et en Guinée-Bissau[1]. Comme la plupart des groupes mandingues, ils sont originaires du Mandé.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources, on observe plusieurs variantes : Soosoo, Sosoe, Soso, Sosso, Sousou, Soussous, Susso, Sussu, Susu [2].

Langues[modifier | modifier le code]

Leur langue est le soussou, une langue mandée dont le nombre de locuteurs était supérieur à 1 000 000 au début des années 2000. Parmi les 906 000 dénombrés en 2001 en Guinée, certains parlaient également le français. En Sierra Leone ils étaient 122 000 en 2006, une partie d'entre eux utilisant en outre le krio ou l'anglais[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Soussou (en rouge) sur la carte Peuples des rivières du Sud d'Élisée Reclus (XIXe siècle)

À l'époque de l'empire du Ghana, les Soussous ont quitté le Mandé pour aller s'installer au Fouta-Djalon. Là-bas ils cohabiteront avec divers groupes ethniques, les Nalous et les Bagas, les Coniaguis et les Bassaris, des Peuls, venus du Fouta-Toro, et leurs cousins mandingues, les Djalonkés et les Malinkés.

Durant les, XVIIe et XVIIIe siècles, des Peuls musulmans venus à la fois du Fouta-Toro et du Macina, s'installèrent au Fouta-Djalon où ils repoussèrent, par le moyen du djihad, les Soussous refusant de se convertir à l'islam. Parmi les Soussous restés au Fouta-Djalon, beaucoup ont été réduits à l'état de servitude par les almamys. Ils deviendront des rimäibe.

Les Soussous trouvèrent refuge vers le littoral, où ils ont créé de puissants royaumes, qu'ils avaient bâtis grâce au commerce du poivre de Guinée, diverses autres épices, l'huile de palme, l'esclavage. Ils commerçaient avec les Européens qui établirent plusieurs comptoirs commerciaux. Les États que les Soussous mirent en place étaient remarquables par leur organisation et l'architecture des habitations. La ville de Sayou, en pays soussou, a été souvent citée dans les écrits des différents voyageurs européens comme une ville dynamique et belle.

Organisation sociale[modifier | modifier le code]

Traditionnellement les Soussous ont toujours été de grands agriculteurs. Leur société est très proche de celle des Malinkés, et beaucoup de djalonke se sont mélangés à eux.

En Guinée les Soussous représentent 25 à 30 % de la population, en Guinée maritime, ils représentent 75 % de la population. La hiérarchie sociale soussou est la suivante :

  • Au sommet ce sont les horon, qui représentent la noblesse et l'aristocratie. C'est dans cette classe sociale que sont recrutés les rois, les guerriers, les chasseurs, les commerçants.
  • Les niamakala sont les gens de castes, il y a les forgerons, les cordonniers, les tisserands et les griots appelés dyali.
  • Les jon sont les captifs.

Certains individus, hommes ou femmes, provenant de toutes les castes, deviennent des initiés, des komotigui. Auprès de la population, ils ont le rôle de guérisseurs, prédicateurs, ils sont les tenants de la spiritualité dans la communauté. Ils sont considérés comme les intermédiaires entre le monde des humains et celui des ancêtres et des esprits. Dans chaque village, ils sont présents à chaque grand événement et sont consultés par tous.

Dans la société soussou, le respect des anciens et des valeurs morales est très important, comme dans toutes les sociétés africaines.

Religion[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui les Soussous sont musulmans et les marabouts ont beaucoup pris la place des Komotigui.

Patronymes[modifier | modifier le code]

Les patronymes sont ceux portés par les Mandingues dont ils font partie :Bangoura,Sylla,Touré,Youla,Fofana,Kanté, Soumah, Soumaré,Camara, Conté, Damba, Yattara, Yansané, Souaré, Diawara etc...

Quelques personnalités d'origine soussou[modifier | modifier le code]

Personnalités politiques[modifier | modifier le code]

Artistes[modifier | modifier le code]

Sportifs[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Les Soussous d'aujourdhui seraient bien d'origine Sosso, du royaume de Soumaoro Kante car après la défaite de ce dernier à la bataille de Krina en 1235, un certain nombre de ses guerriers (soldats) et leurs familles, par crainte d’être massacrés par les vainqueurs, auraient quitté le royaume pour s'installer dans la région Djallonke d'alors, actuelle Fouta-Djallon. La sagesse de Soundjata Keita a su épargner la vie des vaincus malgré une forte exhortation à la vengeance pour la terreur infligée par Soumaoro Kante aux populations de la région. Le sanankouya (cousins à plaisanterie) daterait de cette période. Il fut une technique ingénieuse, voire une innovation pour permettre non seulement l’intégration des vaincus de Krina, mais aussi les mettre en confiance dans la cohabitation avec les vainqueurs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) James Stuart Olson, « Soso », in The Peoples of Africa: An Ethnohistorical Dictionary, Greenwood Publishing Group, 1996, p. 533-534 (ISBN 9780313279188)
  2. Source RAMEAU, BnF [1]
  3. (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) A trap for men and other Susu stories from Rokel, Mambolo, Rotain and Kambia (réunies par Heribert Hinzen, Jim Sorie et E. D. A. Turay, traduites par Sherbora S. Suma et Jim Sorie), People's Educational Association of Sierra Leone, Freetown, 1987?, 67 p.
  • N'Fassory Bangoura et Philippe Geslin, L'oiseau qui avait enterré sa mère dans sa tête : carnets d'un paysan Soussou, Ginkgo, Boulogne-Billancourt, 2011, 140 p. (ISBN 978-2-8467-9098-7)
  • Jacques Binet, Les Soussous de Guinée, 1950
  • Drevon, Contribution à la géographie médicale. Le pays des Soussous, Paris, 1894
  • Hubert Frechou, « Le régime foncier chez les Soussous du Moyen Konkour », Cahiers de l'Institut de Science Économique Appliquée, 1962, Séries 5, n° 4
  • Philippe Geslin, La mer, la terre et le palétuvier : ethnologie et transfert de techniques : l'exemple du sel chez les Susu de Guinée, EHESS, Paris, 1997, 2 vol., 610 p. (thèse d'Ethnologie)
  • Pas de soucis chez les Soussou : carnet de voyage, Association Escale Nantes, 2003, 111 p. (ISBN 2-9520204-0-X)
  • Aboubacar Touré, Parlons soso : langue et culture du peuple de la Guinée maritime, L'Harmattan, Paris, etc., 2004, 205 p. (ISBN 2-7475-6764-8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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