Soulèvement d'Aranjuez

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Représentation du Motín, avec le Palacio Real en fond (2006)
Scène du soulèvement avec Ferdinand VII sur le Palacio Real

Le Soulèvement d'Aranjuez (en espagnol Motín de Aranjuez) est un soulèvement populaire qui s'est déroulé le 17 mars 1808 dans les rues de la localité d'Aranjuez, aujourd'hui dans la Communauté de Madrid.

Historique[modifier | modifier le code]

Les causes de l'émeute sont multiples mais on doit avant tout la considérer comme une conséquence de la défaite de Trafalgar, qui affecta surtout les classes populaires. On peut y ajouter le mécontentement populaire et les intrigues courtisanes qui mirent progressivement en place un noyau d'opposants autour du Prince des Asturies, le futur Ferdinand VII, composés d'aristocrates très suspicieux vis-à-vis du pouvoir absolu de Godoy et scandalisés par les relations qu'il entretenait avec la reine Marie Louise de Bourbon-Parme au vu et au su de tous, ainsi que la crainte du clergé face aux mesures de désamortissement.

La présence de troupes françaises en Espagne, en vertu du Traité de Fontainebleau (1807), était peu à peu devenue menaçante à mesure que celles-ci occupaient (sans respecter le traité mentionné) diverses localités espagnoles (Burgos, Salamanque, Pampelune, Saint Sébastien, Barcelone ou Figueres). Le nombre de soldats français en Espagne s'élevait à environ 65 000 ; ils contrôlaient non seulement les communications avec le Portugal, mais aussi avec Madrid et la frontière française.

Leur présence finit par alarmer Godoy. En mars 1808, craignant le pire, la famille royale se retira à Aranjuez pour pouvoir, en cas de nécessité, prendre le chemin vers le sud direction Séville et embarquer pour l'Amérique, comme l'avait déjà fait Jean VI de Portugal.

Le 17 mars, après que la rumeur sur le voyage des rois s'est répandue dans les rues, la foule, dirigée par des membres du parti de Ferdinand (des nobles proches du prince des Asturies), se réunit devant le palais royal d'Aranjuez et prend d'assaut le palais de Godoy, brûlant au passage toutes ses affaires personnelles. Le 19 au matin, on retrouve Godoy caché dans les tapis de son palais ; il est transporté vers une garnison proche et reçoit une multitude de coups. Face à cette situation et devant la crainte d'un véritable lynchage, le prince Ferdinand intervient en véritable maître de la situation ; son père abdique aux environs de midi ce même jour, et il devient le roi Ferdinand VII.

Les évènements d'Aranjuez furent les premiers râles d'agonie de l'Ancien Régime en Espagne. Le peuple avait certes été manipulé, mais son intervention fut néanmoins décisive, étant donné qu'il obtint non seulement le renoncement d'un ministre haï (ce qui s'était déjà produit à l'occasion du soulèvement d'Esquilache, en 1766), mais aussi celui d'un souverain ainsi que l'accès au trône d'un nouveau roi, légitimé par la volonté populaire.

Ces évènements sont commémorés chaque année au cours des fêtes d'Aranjuez, ou Fiestas del Motín, qui ont lieu durant la première semaine de septembre[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]