Soukhoï Su-25

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Soukhoï Su-39)
Aller à : navigation, rechercher
Pix.gif Soukhoï Su-25 Su-27 silhouette.svg
Su-25Ub.JPG
Un Su-25 géorgien.

Constructeur Drapeau : URSS Soukhoï
Rôle Avion d'attaque au sol
Statut En service
Premier vol
Mise en service 1981
Nombre construits 1 024
Équipage
1
Motorisation
Moteur Toumansky R-95 Sh puis R-195
Nombre 2
Type Turboréacteur
Poussée unitaire 44,13 kN
Dimensions
Envergure 15,05 m
Longueur 14,50 m
Hauteur 4,95 m
Surface alaire 37,60 m2
Masses
À vide 9 200 kg
Carburant 2 930 kg
Avec armement 14 400 kg
Maximale 19 300 kg
Performances
Vitesse maximale (au niveau de la mer, lisse) 950 km/h (Mach 0,79)
Vitesse de décrochage 160 km/h
Plafond 7 000 m
Rayon d'action 550 km
Armement
Interne 1 canon de 30 mm avec 250 obus
Externe 4 000 kg de charge (missiles antichar, roquettes, bombes, etc.)

Le Soukhoï Su-25 (code OTAN Frogfoot) est un avion d'attaque au sol, de soutien aérien rapproché et d'attaque antichar développé par l'URSS dans les années 1970. Il a été construit à un millier d'exemplaires et a été exporté vers de nombreux pays étrangers. Le Su-25 était toujours en service dans plusieurs armées en 2013. Il est le 8e avion de combat le plus utilisé dans le monde en 2012 avec, selon une estimation, 847 appareils en activité soit 3 % de la flotte mondiale d'avions de combat[1]. Il peut être considéré comme le descendant du Iliouchine Il-2 Sturmovik.

Conception[modifier | modifier le code]

Première génération (Su-25)[modifier | modifier le code]

En 1968, l'URSS lança un programme destiné à équiper son armée de l'air d'un avion de soutien rapproché (Close Air Support) capable d'intervenir directement sur le front de bataille, ce qui supposait une grande manœuvrabilité et une bonne capacité à encaisser des tirs. Une vitesse subsonique était jugée suffisante. Le constructeur Soukhoï travaillait sur un projet désigné en interne T-8, qui subit quelques modifications (réacteurs plus puissants, augmentation de la charge emportée, etc.) avant d'être déclaré vainqueur de la compétition.

Le premier prototype fit son vol inaugural le 22 février 1975, propulsé par deux réacteurs Tumanski R-95Sh de 4500 kg/p chacun. Il s'agissait d'une version sans post-combustion du réacteur du MiG-21, qui s'était imposée en remplacement des Mikulin RD-9 initialement prévus grâce à sa puissance plus élevée et sa fiabilité reconnue. Un second prototype décolla fin décembre 1975 avec quelques changements comme un canon de 30 mm à la place du canon de 23 mm, des aérofreins, et des ailerons modifiés. L'avionique était en grande partie empruntée aux Su-17/Su-20, tandis que le système laser placé dans le nez était proche de celui du MiG-27.

Le premier avion de série sortit d'usine en 1979. En 1980, deux exemplaires furent envoyés en Afghanistan pour évaluer leurs capacités. Ils effectuèrent une centaine de vols d'essais, dont 40 à 50 missions d'attaque réelles. Les livraisons aux unités opérationnelles commencèrent en 1981. En cours de production, le réacteur R-95Sh fut remplacé par un R-195 d'une puissance équivalente mais capable d'encaisser plus de dommages. L'expérience des missions en Afghanistan conduisirent à installer une cloison coupe-feu entre les deux réacteurs, un système extincteur d'incendie et des lance-leurres.

Une version Su-25UB biplace destinée à l'entraînement, mais conservant des capacités de combat, fut commandée à la fin des années 1970. Le prototype fit son premier vol le 10 août 1985 et la production en série commença l'année suivante. Soukhoï en dériva une version Su-25UTG destinée à l'entraînement des pilotes de l'aviation navale russe, dépourvue de tout armement mais équipée d'une crosse d'appontage et avec une structure renforcée.

Seconde génération (Su-25T)[modifier | modifier le code]

En 1976, Soukhoï commença à travailler sur une version Su-25T spécialisée dans la lutte anti-char, avec une autonomie plus grande, pouvant opérer de jour comme de nuit, et par tous les temps. La cellule de cette nouvelle version est basée sur celle du biplace Su-25UB, mais l'avion est un monoplace : en fait, le siège arrière et la bosse dorsale qui le prolonge ont été utilisés pour installer de l'avionique et du carburant supplémentaire. Les nouveaux équipements électroniques sont un système de visée Shkval (caméra TV + laser), un système de navigation et d'attaque Voskhod (altimètre radar, centrale à inertie, récepteurs de navigation par radio, etc.) ainsi que des systèmes de contre-mesures et de défense électronique (brouilleur électromagnétique, brouilleur infrarouge, etc.).

Un des prototypes du Su-25TM/Su-39

Désigné T-8M1, le prototype du Su-25T a fait son premier vol le 17 août 1984 et l'avion effectua les différentes campagnes d'essais jusqu'à la fin des années 1980. À cause de la chute de l'URSS, seuls dix exemplaires de série furent produit. Le constructeur continua malgré tout à améliorer l'avion, aboutissant au Su-25TM (ou Su-39) dont trois prototypes furent construits à la fin des années 1990. Le Su-25TM est capable d'utiliser des systèmes de visée plus performants, d'apponter sur porte-avions, ainsi que de tirer les missiles AA-12 Adder et AS-20 Kayak. Aucune commande de cette version n'a cependant été enregistrée pour le moment.

Programmes de remise à niveau (Su-25SM et KM)[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1990, un programme de modernisation des Su-25 russes a été lancé : nouveau système de navigation et d'attaque Pantera, récepteur GLONASS, révision et renforcement de la structure, etc. Le premier des deux Su-25SM a fait son vol inaugural le 3 mars 2002.

De façon similaire, une modernisation du Su-25K (version d'export) a été proposée en collaboration avec la société israélienne Elbit Systems : le Su-25KM « Scorpion[2] ». Cette version dispose d'un poste de pilotage totalement revu avec des écrans couleurs multi-fonction, un système HOTAS, un GPS couplé avec un système de défilement de carte, etc. Le démonstrateur a fait son premier vol le 18 avril 2001.

Aucune commande ferme n'a cependant été encore enregistré pour ces deux versions.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Schéma de la structure d'un Soukhoï Su-25.

Le cockpit, muni d'un affichage tête haute, est protégé par un blindage en titane d'une épaisseur de 17 mm. La voilure, au dièdre négatif prononcé, est fine et dispose de becs de bord d'attaque et de volets à double fente qui garantissent au Frogfoot de bonnes performances en matière de décollage (450 m) et de manœuvrabilité.

L'appareil possède plusieurs systèmes de guerre électronique installés à l'intérieur de l'avion, un transpondeur IFF, ainsi que des récepteurs passifs d'alerte radar installés dans le cône de queue et aux extrémités d'aile (qui préviennent le pilote qu'un radar ennemi est en train d'illuminer l'avion).

Le Su-25 est un avion peu cher, d'une grande robustesse et très efficace. Son équivalent américain est le Fairchild A-10 Thunderbolt II.

Variantes[modifier | modifier le code]

Soukhoi Su-25
  • Su-25 « Frogfoot A » : version initiale (environ 580 exemplaires)
  • Su-25BM : version destinée au tractage de cibles (50 exemplaires)
  • Su-25K : version d'export du Su-25 (environ 180 exemplaires)
  • Su-25KM : version modernisée du Su-25K
  • Su-25T : version améliorée pour la lutte anti-char (10 exemplaires)
  • Su-25TM / Su-39 : version modernisée du Su-25T, capable d'être utilisé sur porte-avions, et de tirer certains missiles air-mer.
  • Su-25SM : version modernisée du Su-25
  • Su-25UB : « Frogfoot B » : version biplace d'entraînement (150 exemplaires ?)
  • Su-25UBM : version biplace d'entrainement modernisé et porté au même standard que le Su-25SM[3]
  • Su-25UBK : version d'export du Su-25UB (20 exemplaires ?)
  • Su-25UTG : version d'entrainement navalisée (10 exemplaires ?)

Engagements[modifier | modifier le code]

Le Su-25 a été engagé lors de plusieurs conflits ou crises locales. On citera principalement :

  • la guerre d'Afghanistan (1979-1989), pendant laquelle les Su-25 soviétiques combattirent les Moudjahid. 23 avions auraient été perdus lors de ce conflit.
  • la guerre Iran-Irak (1980-1988). Un Su-25 irakien aurait été abattu par l'aviation iranienne.
  • la guerre du Golfe (1990-1991), pendant laquelle deux Su-25 irakiens ont été abattus par des avions de chasse américains.
  • la Tchétchénie (depuis 1991). Au moins 5 avions ont été perdus par la Russie[4].
  • la Guerre du Haut-Karabagh les Su-25 étaient engagés des deux côtés et ont fourni un appui important pour les troupes au sol.
  • en novembre 2004, des Su-25 ivoiriens bombardent les troupes françaises faisant neuf victimes. En représailles, deux d'entre eux seront détruits au sol par l'armée française (voir Guerre civile de Côte d'Ivoire).
  • les Su-25 géorgiens et russes (dont un certain nombre en version modernisée Su-25SM qui y ont reçu leurs baptême du feu[5]) sont intervenus lors de la guerre d'Ossétie du Sud de 2008. Plusieurs avions ont été perdus par les deux pays lors de ce conflit.

Pays utilisateurs[modifier | modifier le code]

Un Su-25 en vol

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)« World Air Forces 2013 », sur Flight Global,‎ 11 décembre 2012 (consulté le 26 janvier 2013)
  2. (en) Le Su-25 Scorpion, sur le site de la société Elbit
  3. communiqué de presse sur le site du constructeur
  4. Two Su-25s crash in Chechnya
  5. Les Su-25SM russes ont connu leur baptême du feu en Géorgie

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Développement lié

Su-7 - Su-9/Su-11 - Su-15 - Su-17/Su-20/Su-22 - Su-24 - Su-25 - Su-27 et dérivés

Articles connexes

Soukhoï

Liens externes[modifier | modifier le code]