Souha Bechara

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Souha Bechara

Souha Fawaz Bechara (en arabe : سهى فواز بشار), née à Beyrouth le 15 juin 1967, également connue en tant que Souha Bechara ou Soha Bechara, est une militante de la résistance libanaise qui, à l'âge de vingt ans, fut arrêtée puis détenue dans la prison clandestine de Khiam pour avoir tenté d'assassiner le général Antoine Lahd de l'Armée du Liban Sud.

Biographie[modifier | modifier le code]

Souha Bechara grandit dans une famille chrétienne orthodoxe. Son père, Fawaz Bechara, est membre du Parti communiste libanais, que Souha rejoint elle-même en 1982, l'année pendant laquelle Israël envahit le Liban. Elle est active au sein des instances du parti, du Front national de la résistance libanaise, ainsi que dans l'Union de la jeunesse démocratique libanaise.

Souha Bechara quitte l'université en 1987 et embrasse une activité militante. Elle est chargée d'assassiner Lahd. Elle part alors pour le sud, se présente à la famille de Lahad en tant que professeur d'aérobic pour son épouse Minerva. Peu à peu, elle se familiarise avec les membres de la famille et leur rend sans cesse visite.

Le soir du 17 novembre 1988, l'épouse de Lahad invite Bechara pour le thé. Bechara reste jusqu'à l'arrivée de Lahad. Alors qu'elle s'apprête à partir, elle tire sur Lahad avec un revolver 5,45 mm. Il reçoit deux balles dans la poitrine ; Bechara jette l'arme avant d'être arrêtée par les gardes de Lahad.

Lahad est transporté à l'hôpital, où il passe huit semaines, souffrant de complications graves, son bras gauche paralysé.

Bechara est remise par les hommes de Lahad aux forces israéliennes. Elle est détenue sans procès dans la prison clandestine de Khiam, pendant dix ans, dont six en isolement cellulaire. Elle est régulièrement électrocutée et torturée, mais ne fait pas le moindre aveu à ses geôliers.

Elle est libérée en 1998, suite à une importante campagne internationale.

En 2003, elle publie son autobiographie, Résistance, dans laquelle elle raconte sa vie au Liban avant et après l'attentat manqué.

Théâtre et cinéma[modifier | modifier le code]

L'histoire de Souha Bechara inspira notamment le dramaturge canadien d'origine libanaise Wajdi Mouawad pour sa pièce Incendies, dans laquelle une jeune femme nommée Nawal est emprisonnée dans la prison de « Kfar Ryat » pour avoir tué « le chef de toutes les milices ».

Cette pièce fut elle-même transposée au cinéma dans le film du même nom de Denis Villeneuve, sorti en 2010.

Liens externes[modifier | modifier le code]