Souain-Perthes-lès-Hurlus

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Souain-Perthes-lès-Hurlus
La mairie.
La mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Marne
Arrondissement Châlons-en-Champagne
Canton Suippes
Intercommunalité Communauté de communes de la Région de Suippes
Maire
Mandat
Jean-Noël Delandhuy
2014-2020
Code postal 51600
Code commune 51553
Démographie
Population
municipale
215 hab. (2011)
Densité 4 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 11′ 04″ N 4° 32′ 39″ E / 49.1844444444, 4.5441666666749° 11′ 04″ Nord 4° 32′ 39″ Est / 49.1844444444, 4.54416666667  
Altitude Min. 128 m – Max. 202 m
Superficie 53,12 km2
Localisation

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Souain-Perthes-lès-Hurlus

Souain-Perthes-lès-Hurlus est une commune française, située dans le département de la Marne en région Champagne-Ardenne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les fusillés de Souain[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire des caporaux de Souain.

En mars 1915, au Moulin de Souain, la 21e compagnie du 336e RI, très éprouvée par les combats féroces de Perthes-les-Hurlus, reçoit l'ordre de tenter de nouveau de s'emparer des tranchées ennemies. Les soldats refusent de sortir.

Le général donne l'ordre de choisir un caporal et quatre soldats par section, et les fait se porter en plein jour, sous le feu ennemi, à 150 mètres vers l'avant, pour sectionner les barbelés. Les soldats tentent vainement d'exécuter cet ordre. Le soir, ils regagnent les tranchées françaises.

Le 10 mars 1915, leur compagnie est relevée, dirigée à Suippes, et aussitôt les caporaux Théophile Maupas, Louis Girard, Louis Lefoulon et Lucien Lechat, avec une trentaine de soldats, sont arrêtés et inculpés de refus d'obéissance devant l'ennemi. Le 16, la cour martiale, présidée par le colonel Marthenet, se réunit. Elle refuse d'entendre des témoins à décharge, des défenseurs sont injuriés.

Les soldats sont acquittés, mais les quatre caporaux, tous originaires de la Manche, sont condamnés à mort. Malgré la demande de recours en grâce, le général Réveilhac « qui craignait de voir arriver la grâce[1] » presse l'exécution ; ils sont fusillés le lendemain.

Par deux fois, en 1922 et 1926, les demandes de révision du procès sont repoussées. Le procès en révision s'ouvre le vendredi 2 mars 1934 et acquitte les quatre caporaux[2].

Seconde bataille de Champagne (septembre 1915)[modifier | modifier le code]

Le 25 septembre 1915, dans le cadre de la grande offensive de Champagne, le 2e corps d'armée colonial, aile droite de la IVe Armée commandée par le général de Langle de Carry, avait la redoutable mission, en partant de part et d'autre du village de Souain, de faire tomber la première position allemande sur un front de 5 kilomètres et sur une profondeur de plus de 3 kilomètres. Le 2e corps colonial devait ensuite percer la deuxième position ennemie au nord de Navarin, afin de permettre aux unités du 6e corps d'armée (127e DI, 12e DI, 56e DI) d'exploiter en direction de Sommepy -Vouziers.

Fusion de Souain et de Perthes-les-Hurlus[modifier | modifier le code]

À l'issue des batailles de Champagne, les deux villages de Souain et de Perthes-lès-Hurlus étaient ravagés. Le village de Souain fut rebâti, celui de Perthes-lès-Hurlus ne le fut pas, son territoire fut intégré au camp militaire de Suippes. Les deux communes fusionnèrent pour donner la commune de Souain-Perthes-les-Hurlus.

Décorations françaises[modifier | modifier le code]

Photo de la Croix de guerre 14/18 (recto).


Croix de guerre 1914-1918 :

Souain, 20 septembre 1920
Perthes-lès-Hurlus, 20 septembre 1920

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1789 1799 Jean-Nicolas Macquart et Gabriel Joannes    
1799 1808 Gabriel Joannes    
1808 1810 Nicolas Platelet    
1810 1821 Jean-Brice Jesson    
1821 1829 Nicolas-Joseph Macquart    
1829 1833 Nicolas Bernard    
1833 1843 Gabriel Joannes    
1844 1860 Pierre Perard    
1860 1871 Benoît Person    
1871 1878 Nicolas-Jérôme Hubert    
1878 1904 Jean-Marie Jesson    
1904 1913 Nicolas-Joseph Hubert    
1913 1930 Alfred Thiery    
1930 1942 Louis Thiebault    
1942 1945 Commission administrative présidée par M Boutillier    
1945 1950 Maurice Thiebault    
1950 1977 Gabriel Leclere    
1977 mars 1989 Roger de Grammont    
mars 1989 mars 2008 Michel Godin    
mars 2008 mars 2014 Jean-Baptiste Leclere[3]    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 215 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1700. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1700 1773 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841
744 714 900 873 806 897 846 849 834
1846 1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886
811 849 794 780 793 768 723 673 573
1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936
529 480 415 424 416 302 244 300 240
1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006
251 235 195 184 138 168 203 193 202
2008 2011 - - - - - - -
205 215 - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église.

Sur le territoire de Souain-Perthes-lès-Hurlus, plusieurs traces de la Première Guerre mondiale sont visibles. L'ossuaire de Navarin, l'ossuaire de la Légion étrangère Farnsworth, le cimetière de la 28e brigade, le cimetière français et allemand de la « Crouée », le cimetière de l'Opéra et plusieurs blockhaus témoignent de la violence des combats durant quatre longues années. Le peintre allemand August Macke, mort au combat le 26 septembre 1914 à Perthes-les-Urlus, repose dans le cimetière allemand de Souain[6].

Géographie[modifier | modifier le code]

L’Ain est la plus petite rivière du territoire de la Communauté de Communes de la Région de Suippes (7 km) et prenant sa source au nord-est de Souain-Perthes-lès-Hurlus, elle traverse et rejoint la Suippe à Saint-Hilaire-le-Grand.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Henri Gouraud, général commandant la 4e armée pendant le conflit de 1914–1918, est inhumé au monument de Navarin.
  • Blaise Cendrars, le célèbre écrivain perdit son bras à la Butte de Souain dans les rangs de la Légion étrangère, le 28 septembre 1915. Il écrit après la guerre le roman autobiographique La main coupée.
  • François Flameng, peintre officiel de l'armée qui immortalisa par des croquis et dessins, les tragiques événements survenus dans ces villages et qui parurent dans la revue : L'Illustration.
  • Léo Latil, poète français fut tué lors des combats du 27 septembre 1915.
  • August Macke, peintre impressionnisme fut tué dans les rangs de l'armée allemande le 26 septembre 1914 à Perthes-lès-Hurlus.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. R.-G. Réau, Les crimes des conseils de guerre, Éditions du Progrès civique, Paris, 1925, p. 1-43.
  2. Sur l'affaire des fusillés de Souain, voir N. Offenstadt, Les fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective, éd. Odile Jacob poches, Paris, 2002 ; R.-G. Réau, Les crimes des conseils de guerre, Éditions du Progrès civique, Paris, 1925, p. 14 ; Roger Monclin, Les damnés de la guerre – Les crimes de la justice militaire (1914-1918), éd. Mignolet & Storz, Paris, 1934.
  3. Liste des maires au 1er août 2008, site de la préfecture de la Marne, consulté le 22 décembre 2008
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  6. (de) Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge e. V. (Hrsg.): „Lasst meine Bilder nicht sterben.“ Künstlerporträts. Kassel 2010. p. 9

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]