Sorcellerie à La Réunion

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La tombe de Sitarane, dans le cimetière de Saint-Pierre, un haut lieu des pratiques occultes à La Réunion.

Du fait de l'histoire du peuplement de La Réunion, on observe sur le département des pratiques culturelles empruntées aux pays d'origine des différentes vagues de peuplement de l'île. Il en va de même de la magie et de la sorcellerie réunionnaise.

Figures et lieux de la sorcellerie réunionnaise[modifier | modifier le code]

Sitarane[modifier | modifier le code]

Simicoundza Simicourba, de son surnom Sitarane, né au Mozambique à la fin du XIXe siècle fut peut être le criminel qui marqua le plus l'imaginaire des Réunionnais. Accompagnés de quelques complices, dont Calendrin (Saint-Ange) et Fontaine. Sitarane assassina à plusieurs reprises des habitants de l'île de façon cruelle et sanguinaire. La bande aurait, dit-on, bu le sang des victimes obéissant aux ordres de Saint-Ange, le tizanèr.

Aujourd'hui, la tombe de Sitarane située dans le cimetière de Saint-Pierre fait l'objet de cultes sataniques. Selon la croyance locale, avant de commettre leurs méfaits, les criminels viennent prier Sitarane et plantent un couteau près de sa tombe afin d'obtenir son aide dans leur entreprise.

Grand-Mère Kalle, la sorcière[modifier | modifier le code]

Grand-mère Kalle est la figure dominante de la sorcellerie réunionnaise. Habitant le cratère Commerson de la Fournaise, elle enlèverait les enfants pendant la nuit. Les histoires de Grand-mère Kalle sont souvent racontées aux enfants pour éviter qu'ils ne fassent des bêtises « sois sage sinon Grand-mémé Kalle va venir te chercher !! » Les histoire de la sorcière sont souvent associées à Petit Jean, un enfant qui l'affronte. Petit Jean symbolise la population réunionnaise à part entière. Grand-mère Kalle sévit la nuit, dans les campagnes réunionnaises. Le plus souvent, ces histoires sont racontées par les mères de famille, pour faire en sorte que leurs enfants ne traînent pas dans les champs de canne a la sortie de l'école et qu'ils rentrent au plus vite à la maison.

Les sacrifices de poules noires[modifier | modifier le code]

Les sacrifices de poules noires étaient notamment pratiqués par la bande de Calendrin (Saint-Ange) le fidèle allié de Sitarane. Ils tuaient une poule noire afin d'en boire le sang, ils appelaient cela du "sirop de cadavre". Ce breuvage était censé rendre les hommes de Sitarane plus forts et invincibles. Ce dernier était consommé avant leurs attaques nocturnes[1].

Une autre explication serait que le sacrifice poule noire est une cérémonie pratiquée par la communauté indienne "malbar" de la réunion. Il s'agirait de sacrifier une "poule noire" rendu sacrée par un prêtre, dans le but de soigner un nouveau-né atteint d'une maladie ou de faible santé[2].

Le servis kabaré[modifier | modifier le code]

Originaire de Madagascar, le servis Kabar est une cérémonie familiale ayant pour but de s'adresser aux morts afin de les honorer. Influencé par le samblani hindou et le boukan de l'archipel des Comores, le kabar célèbre les ancêtres de la famille à travers sacrifices et danses. Il est aussi le lieu privilégié du maloya genre musical réunionnais également d'origine malgache.

Le servis kabaré, le samblani, le boukan ne s'apparentent pas à la sorcellerie.

Les Malgaches qui furent "importés" sur l'île de la Réunion pour y être réduit à l'esclavage, emmenèrent avec eux leurs traditions et religions, très axées sur la vénération des ancêtres. Le servis kabaré doit servir à rendre hommage aux ancêtres. On leur donne en sacrifice un bœuf, des oies... qui serviront à la préparation d'un repas "sacré". On permet aux ancêtres de s'amuser, de danser par l'intermédiaire des corps des participants qui "gagne l'esprit ou comme on dit à la Réunion, l'esprit i mont' = l'esprit monte, il vient". Gramoun Lélé, grande figure du maloya et d'origine malgache s'est battu toute sa vie pour faire perdurer la culture réunionnaise( malgache). Aujourd'hui décédé, ses enfants assurent qu'il continue grâce aux servis kabaré à leur parler, leur rendre visite.

Cette cérémonie possède de très fortes ressemblances avec la cérémonie malbar : le servis samblani, où là aussi, il est question d'honorer la mémoire d'un défunt en lui offrant un sacrifice, un repas, les fruits, bonbons qu'il aimait manger de son vivant. Une lampe est allumée le matin, et doit s'éteindre d'elle-même à 18h00 si le défunt est satisfait de la cérémonie.

Expressions[modifier | modifier le code]

  • grat ti-bwa mahavèl, pratiquer la sorcellerie.
  • "fé ènn travay pou in moun", jeter un sort, faire un "travail" pour quelqu'un.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "LES HISTOIRES EXTRAORDINAIRES DE L'ISLE BOURBON (île de la Réunion) par Enis OmarRockel
  2. source: Florent, Réunionnais voulant partager sa culture

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]