Sorbs

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Sorbs
Image illustrative de l'article Sorbs
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Hérault
Arrondissement Lodève
Canton Le Caylar
Intercommunalité Communauté de communes Lodévois et Larzac
Maire
Mandat
Jean-Charles Bousquet
2014-2020
Code postal 34520
Code commune 34303
Démographie
Gentilé Sorbois, Sorboises
Population
municipale
38 hab. (2011)
Densité 1,9 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 53′ 36″ N 3° 24′ 04″ E / 43.8933333333, 3.4011111111143° 53′ 36″ Nord 3° 24′ 04″ Est / 43.8933333333, 3.40111111111  
Altitude Min. 480 m – Max. 860 m
Superficie 20,2 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.sorbs.org/

Sorbs ou Sòrbs(occitan languedocien) est une commune française située dans le département de l'Hérault en région Languedoc-Roussillon.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte

Situé aux confins méridionaux du Larzac, le territoire de la commune de Sorbs est limité au nord par les gorges profondes du lit de la Virenque affluent de la Vis. Les gorges de ces deux rivières forment une profonde entaille au sein des vastes étendues des plateaux que sont le Larzac au sud et les causses de Blandas et de Campestre au nord.

Le long d'un tracé très sinueux d'une longueur de 30 km, les cours d'eau ont creusé d'impressionnantes gorges surplombées par des falaises calcaires verticales de plusieurs centaines de mètres. En moyenne, la vallée ne dépasse pas 800 m de large.

Histoire[modifier | modifier le code]

Depuis plus de 4 000 ans[modifier | modifier le code]

Il y a environ 5 000 ans, les premiers paysans s'installent sur les hauts-plateaux et les garrigues. Les abris naturels des rochers parfois aménagés, les nombreuses grottes à mobilier, leurs sépultures coiffées de dolmens jalonnent encore le paysage. Bergers, ils tirent l'essentiel de leurs ressources de leurs troupeaux de moutons et de chèvres. Ils commencent à défricher l'immense forêt couvrant alors cette région, bâtissent des enclos en pierre sèche, des maisons et érigent des menhirs dont la signification demeure énigmatique. Les drailles (francisation du languedocien drailhe), chemins empruntés par les troupeaux transhumant des garrigues vers les plateaux, datent probablement de ces temps reculés.

Capter et stocker l'eau de pluie, protéger ses bêtes des intempéries, débroussailler (le buis sert de litière aux animaux), délimiter les pâturages et mettre en culture les meilleures terres ont conduit les paysans d'alors à transformer causses et garrigues, de façon lente et progressive.

L'époque romaine[modifier | modifier le code]

On évoque une bataille légendaire, livrée par les autochtones contre l'envahisseur romain, évènement dont aucun vestige n'a été retrouvé, pour expliquer le toponyme Alajou. Les Romains vainqueurs auraient érigé un autel à Jupiter, Ara Jovis, dont avec le temps l'appellation serait devenue Alajou. Ce toponyme désigne une partie du plateau, autour du Caylar, et en particulier la commune de Saint-Michel-d'Alajou. Si cette explication a été communément admise par les érudits de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, tel que G. Combarnous, la toponymie moderne (Hamlin) n'a pas retenu cette origine qui, aujourd'hui, est encore à définir. Néanmoins si de grands évènements ne marquèrent pas la romanisation de cette partie du plateau de nombreuses trouvailles, liées autant au hasard qu'à la prospection systématique, accréditent l'occupation antique de cette zone (céramique, vestiges de constructions, probables villae).

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, les anciennes églises ont été abandonnées et de nouveaux édifices plus spacieux se sont élevés au centre des habitations.

On trouve trace de l'église de Sorbs en 804; il semble que cela soit l'une des premières de la région (c'est aussi à cette date que l'on situe la fondation de l'abbaye de Gellone-Saint-Guilhem-le-Désert), puisque celle des Rives n'est mentionnée qu'en 975, le plus grand nombre des églises du canton étant mentionné vers l'an 1000. Il reste comme unique vestige de cette église une voûte romane dans le mur du gîte communal du côté du cimetière.

Sorbs est mentionné comme villa aux IXe, Xe et XIe siècles.

Après s'être appelée tour à tour : Villa Sorbes (804), Villa Sorcianicum (996), à nouveau Villa Sorbes (1032), Sorts (1625), Sorbs ne trouvera son nom définitif que vers le XVIIe siècle (1688).

Les Templiers

En 1247, le hameau de Ville Vieille est mentionné dans les archives de Sainte-Eulalie et des templiers sont installés au mas de Vilaveilla.

Le château

Cette construction du XVIIe siècle offre un spécimen assez curieux de l'architecture de cette époque et elle est une des plus intéressantes du canton. La façade est flanquée de deux tours reliées par une galerie. On pénètre d'abord dans une cour donnant accès aux différentes pièces du rez-de-chaussée. Sur la porte un écusson.

Même les Wisigoths ?

En août 1858, des paysans pauvres du village de Gadamur, près de Tolède, découvraient par hasard, une fosse contenant plusieurs couronnes en or (sept grandes et quatorze plus petites), décorées de pierres précieuses et un certain nombre d'objets rares. Un Français résidant en Espagne réussit à acquérir le trésor en bloc et le vendit au gouvernement de Napoléon III. Ce trésor entra par la suite au musée de Cluny.

Les noms que l'on pouvait lire sur chacune des couronnes démontraient qu'elles avaient appartenu individuellement à des rois wisigoths et il est vraisemblable qu'elles avaient été cachées au moment de la prise de Tolède par les Arabes en 711. À la demande de Franco, le gouvernement du maréchal Pétain restitua la plus grande partie de ce trésor à l'Espagne. Ne restèrent que quelques joyaux secondaires et une couronne connue sous le nom de « couronne de Sonica ».

On peut y lire en effet, dans le creux d'une petite croix cette mention : IN DEI NOMINE OFFERET SONNICA BEATE MARIE IN SORBACES (« Offert au nom de Dieu par Sonnica à Sainte Marie de Sorbaces »). Cette inscription a toujours dérouté les spécialistes. Elle n'a jamais permis d'identifier le possesseur de cette couronne comme cela fut le cas pour les autres. Si ce nom de Sonnica désigne bien un personnage masculin, il ne correspond à aucun roi ou prince wisigoth.

Autre mystère celui de cette désignation : « BEATE MARIE IN SORBACES ». Si l'expression Sainte Marie peut désigner le vocable d'une église, le mot Sorbaces résiste davantage à l'interprétation. À peine peut-on le traduire par sorbier ou cormier. C'est en vain qu'on a tenté de faire correspondre ce nom de sorbier avec celui d'un lieu des environs de Tolède. Dans son livre Le Mystère gothique, Gérard de Sède a fait une proposition : « En France, dans le département de l'Hérault, existe un très vieux village situé sur le plateau du Larzac, au-dessus d'un ravin qui surplombe la petite rivière de la Virenque. Or, quel est le nom de ce village : Sorbs ! »

Déjà mentionné dans les chartes en l'an 800, il est très possible que la mystérieuse couronne de Sonnica ait été consacrée en ce lieu. Après tout, avec l'Aude et le Gard, l'Hérault fait partie de cette Septimanie que les Wisigoths conservèrent jusqu'à ce qu'ils fussent évincés par les Francs au VIIe siècle. »

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes  de Sorbs

Les armes de Sorbs se blasonnent ainsi :

d'argent à un sorbier arraché de sinople fruité de gueules, au chef d'azur à un lion issant d'or couronné du même, armé et lampassé de gueules[1]

.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2014 en cours Jean-Charles Bousquet    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 38 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
214 238 277 326 366 314 299 320 312
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
339 311 303 297 320 268 276 212 189
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
162 167 158 107 112 110 88 80 73
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
61 46 42 39 39 52 34 32 38
2011 - - - - - - - -
38 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La géologie locale et l’intervention de l’homme ont parsemé le territoire de la commune de multiples curiosités.

Les « trous »[modifier | modifier le code]

Si on peut noter la présence de grottes préhistoriques (le roc de Bouissas et grotte/sépulture au Rouquet), si de nombreux gouffres s’ouvrent ici ou là à fleur de sol (comme au mas Vernet), la présence des sotchs est immédiatement remarquable. Un sotch est une dépression circulaire de petit diamètre mais particulièrement profonde en forme d'entonnoir. Sa formation résulte du comblement d'un aven ou du soutirage des argiles colmatant le fond d'une doline.

  • Le plus remarquable des trois sotchs est celui de la Parade de forme ovale de 200 m de long et de 45 m de profondeur, avec des versants dissymétriques abrupts couverts de blocs rocheux et boisés.
  • Le sotch de Robert est pratiquement circulaire d'un diamètre de 200 m et d'une profondeur de 30 m. Les versants en pente douce surmontés d'un talus rocheux sont couverts de landes à buis (Buxus sempervirens).
  • Le sotch de la Fageolle est circulaire d'un diamètre de 100 m mais profond de 5 m.

Les « pierres levées »[modifier | modifier le code]

La présence de l’Homme depuis le néolithique explique la présence des dolmens au Pas de Larquet, au hameau de Latude, à l’Espérelle et au ruisseau des Mourgues. Tout comme celle de menhirs au col de Médigout et des tumulus de la Boissonnade.

L’architecture civile[modifier | modifier le code]

Sorbs possède deux châteaux. Le premier auquel les Vissec de Latude doivent une partie de leur nom, celui du hameau de Latude date du XVIe siècle et le second distant de 500 mètres environ du hameau du Mas est du XIVe : il s'agit d'un quadrilatère à quatre tours d'angle et il comprend un escalier renaissance et une porte avec écusson armorié. Ce château, inscrit au titre des monuments historiques, est en cours de restauration.

L’architecture sacrée[modifier | modifier le code]

  • L'église actuelle date de 1830, la chapelle de Latude du XVIe siècle avec sa voûte en berceau de forme elliptique et les vestiges de l'ancienne église de Sorbs, signalée dès le début du IXe siècle, dont l'abside manque mais dont la porte en plein cintre demeure dans le mur du cimetière.

Les croix (d'après une étude de Hyacinthe Le Rouge, curé de Sorbs au début du XXe siècle).

Le bourg de Sorbs comportait à l'époque de cette étude sept croix : l'une d'elle « la croix de Combelle », en bois, placée autrefois à l'extrémité du village en face du Causse et voisine des ravins de la Virenque n'existe plus. Il reste donc encore six croix : celle du Mas, du château, de Latude, de l'église, du cimetière (érigée en 1878) et celle de Ville-Vieille.

  • La croix du Mas : placée autrefois devant l'église, elle se trouve maintenant au centre du bourg. C'est la plus ancienne. Il s'agit d'un monolithe de granit de forme octogonale de 2 mètres de haut et de 54 centimètres de tour. Sur ce pilier repose une croix de 1 mètre de hauteur dont le croisillon mesure 60 cm. de long, le centre en est orné d'une belle rosace en relief de 10 cm. de haut. La base dans laquelle est encastrée la croix est formée d'une antique meule de moulin de 3,75 mètres de circonférence et de 30 centimètres de hauteur. Ce monument est d'aspect rustique et sans Christ. Seule l'inscription placée sur le croisillon donne une date et le nom du curé de l'époque : 1630 I.GAZEL. P.
  • La croix du Château : érigée à la fin du règne de Louis XIV (1717), inscrite aux Monuments historiques, elle est placée à un carrefour près du château. Les multiples inscriptions que l'on peut relever sur cette croix demanderaient une étude quant à leur contenu et à leur disposition.

Faune et flore[modifier | modifier le code]

La faune[modifier | modifier le code]

Les escarpements rocheux sont un lieu de nidification pour de nombreuses espèces d'oiseaux rupestres dont certaines sont rares et très menacées sur l'ensemble du territoire et même sur le plan européen. Parmi 70 espèces d'oiseaux recensées à ce jour, on remarque de nombreuses espèces rupestres rares telles :

– l'aigle royal (Aquila chrysaetos) : 3 des 15 couples du Sud du Massif central nichent dans les falaises des gorges de la Vis ;
– l'aigle de Bonelli (Hieraetus fasciatus) : dont un couple niche sur le territoire de SORBS ;
– le hibou grand-duc (Bubo bubo) : de 5 à 10 couples ;
– le crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax) : plusieurs colonies sont installées dans les falaises ;
– le grand corbeau (Corvus corax) : plus de 5 couples ;
– le martinet à ventre blanc (Apus melba) et le merle bleu (Monticola solitarius) ;
– le Tichodrome (Tichodroma muraria) et l'accenteur alpin (Prunella collaris) : en hivernage.

Ce site était naguère occupé par le vautour percnoptère (Neophron percnopterus) et le vautour fauve (Gyps fulvus). Ce dernier fait aujourd'hui l'objet d'un programme de réintroduction à côté du cirque de Navacelles et on peut le voir parfois dans le ciel de Sorbs.

Les nombreuses grottes abritent une population de chauves-souris parmi lesquelles le grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum), le petit rinolophe (Rhinolophus hipposideros), le petit murin (Myotis blythii), le murin de Daubenton (Myotis daubentonii), le murin à moustaches (Myotis mystacinus), le murin de Natterer (Myotis nattereri), la pipistrelle de Kulh (Pipistrellus kuhlii) et la très rare pipistrelle de Savii (Hypsugo savii).

La flore[modifier | modifier le code]

Les pentes sont couvertes par des taillis de chênes verts (Quercus ilex) ou de chênes blancs (Quercus humilis) avec ponctuellement quelques reboisements en pins noirs (Pinus nigra). Certaines falaises, notamment sur les versants nord peu ensoleillés et humides, abritent une flore rare dont une espèce carnivore poussant en milieu montagnard; les gorges de la Vis constituent sa station la plus méridionale. Quelques espèces rares au niveau régional :

Asplenium fontanum : espèce endémique des sources de la Foux, ayant seulement une station dans l'Hérault et le Gard ;
Pinguicula longifolia : espèce vulnérable, dont seules sont connues deux stations dans l'Hérault et deux stations dans le Gard ;
Allium flavum : espèce menacée en Languedoc et en limite sud de son aire de répartition ;
Paeonia officinalis : espèce protégée ;
Orchis coriophora subsp. fragrans : espèce protégée dont sept stations sont connues dans l'Hérault ;
Platanthera chlorantha : moins de cinq stations connues dans le département.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Armorial des communes de l'Hérault, Didier Catarina, Jean-Paul Fernon, avec le concours de Jacky David, éd. Artistes en Languedoc, 2004, (ISSN 1264-5354), p. 69.
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011