Songye (peuple)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Songyes)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Songe et Songye.

Songye

Populations significatives par région
Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo 167 000
Population totale 167 000
Autres
Langues kisongye
Ethnies liées peuple Luba

Les Songye sont un peuple bantou d’Afrique centrale établi dans le sud-est de la République démocratique du Congo, D'après les derniers chiffres connus (1987-1989), ils avoisinaient les 428.000 habitants[réf. nécessaire], répartis dans plusieurs provinces (Kasaï-Occidental et Oriental, Maniema et Katanga) ; les villes et cités de Kananga, Mbuji Mayi, Kabinda, Gandajika, Lubao, Lusambo, Samba, Kasongo et Kongolo abritent une partie importante de ce groupe ethnique.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources et le contexte, on observe plusieurs variantes : Basengele, Basonge, Basongo, Basongye, Bassonge, Bayembe, Kisongye, Sengele, Songe, Songhe, Songyes, Wasonga, Yembe[1].
Les Songe (les habitants s’appellent les Basonge, au singulier : Musonge) est l’appellation officielle de ce groupe car utilisée par l’administration territoriale congolaise qui gère cette population. Les intellectuels ne sont pas en reste comme le professeur d’université, Léon de Saint Moulin, certainement un des plus grands spécialistes de la République démocratique du Congo[réf. nécessaire] : il reprend aussi cette orthographe dans son Atlas des collectivité du Zaïre (Presses universitaires, Kinshasa, 1976) de même que dans son dernier ouvrage, Atlas de l’organisation administrative de la République démocratique du Congo (Cepas-Kinshasa, 2011). Une autre carte de l’Afrique, Ethnolinguistic Map Of The Peoples Of Africa Map (version 1971) du National Geographic, [2], reprend la même orthographe.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il convient de se défaire de toute vision essentialiste telle que celle qu'a développée, il y a près d'un siècle, l'administrateur colonial Edmond Verhulpen (1936) et qu'a continuée, quelques décennies plus tard, Jan Vansina (1965 ; il se départira par la suite de cette interprétation, presque littérale, des mythes). Verhulpen a construit une datation sur base d'informations recueillies auprès de Luba de l'ouest de l'ancien empire luba situé immédiatement au Sud de la contrée songye et d'anciens vassaux, des Kalundwe[2]. C’est sur cette base qu’a été construit le mythe de l’origine songye du royaume luba.

En réalité, il n'est pas évident de dire depuis quand les ‘Songe’ (Songye dans la littérature internationale) existent [3]. Fort probablement, dans l'extension que nous donnons aujourd'hui à ce terme, n'existent-t-ils que depuis la fin du XIXième siècle, quand les arabisés puis le colonisateur popularisèrent ce terme pour désigner les populations qui se reconnaissent cette identité aujourd'hui (Hamed ben Mohammed el-Murjebi Tippo Tip dans François Bontinck 1974 : 86, Maes et Boone 1935 : 170-4 et Olga Boone 1961 : 211-9).

Les premières mentions d’une appellation approchant est mfisonge puis Wasonge faite par Hamed ben Mohammed el-Murjebi alias Tippo Tip[4]. Elle renvoie à une première rencontre datant du milieu de la deuxième moitié du XIXième siècle mais mise par écrit dans ses mémoires seulement au tout début du XXième siècle (Bontinck 1974 : 41-157, à la fin du XIXième- début du XXième siècle, l’ethnonyme connaissait déjà, à peu près, son extension actuelle[5] ). Ces mémoires sont publiées pour la première fois en 1908 en Allemagne (traduction allemande juxtaposée au texte original en kiswahili ; Bontinck 1974 pour une traduction française abondamment commentée). Si, à l’origine, l’appellation ‘Songe’ désignait tout ou partie de la portion de la contrée songye actuelle à l’est de la rivière Lomami (Hamed ben Mohammed el-Murjebi dans Bontinck 1974 : 86 & 93[6] ), elle est, progressivement (au fur et à mesure que les razzias des arabisés et de leurs affidés locaux), utilisée pour désigner également, à l’ouest de cette imposante rivière, un ensemble de populations mal-définies qui se disaient, pour certaines d’entre elles au moins, (Ba)Yembe et dont les arabisés vont faire la cible de razzias les menant toujours plus à l’Ouest. Aujourd’hui, elles sont identifiées et s’identifient comme Songye.

On voit donc que l’appellation ‘Songye’ a véhiculé plusieurs significations différentes au fil du temps. Aussi est-il délicat de dire les Songye ont jadis fait ceci ou cela, tout simplement parce que nous ne savons pas qui étaient ces gens.

De même, il est difficile de dire, sur le plan politique, que les Songye ont fait telle ou telle chose, tout simplement parce que la contrée songye actuelle comprend une quarantaine ou une cinquantaine de groupements administratifs (soit une quarantaine de chefferies à l’époque pré-coloniale) selon l’extension que l’on donne à la contrée songye d’aujourd’hui. On peut se demander si, autrefois (et même aujourd’hui encore), un Songye n’a généralement autrement conscience des chefferies songye éloignées de la sienne que par la connaissance de leur nom. Cela est d’autant plus vrai pour la diaspora (souvent ne connait-il même pas cette dénomination pour plusieurs chefferies/groupements – parfois même pour la majorité d’entre elles/eux).

Il n’est rien, excepté un découpage administratif (dont les contours sont souvent flous en terme d’identité ethnique) ou politique contemporains, qui permette de singulariser ‘la contrée songye’ actuelle de toutes les contrées avoisinantes, que ce soit au niveau culturel (hormis des spécificités locales qui sont propres à certains groupes songye mais pas à tous, il n’est pas de soi-disant spécificités songye qui soient caractéristiques de l’ensemble des Songye et qui ne soient pas partagées avec tout ou partie[s] d’autres ‘groupes ethniques’) ou autres.

Les linguistes considèrent cependant que les Songye possèdent leur propre langue. Cela est vrai aujourd’hui mais par le passé, antérieurement à la colonisation ? Dès le début, l’administration coloniale a voulu contrôler les mouvements des populations, déplaçant des populations qu’elle jugeait nombreuses là où elle le souhaitait (comme, par exemple, les Luba du Kasaï dans la zone cuprifère du Katanga), en enfermant d’autres, jugées démographiquement trop faibles, dans leurs Territoires (découpages administratifs inférieurs à la province). Si l’ethnie n’a aucun sens du point de vue administratif, elle reste, pour le colonisateur, fortement imprégné, à l’époque de la colonisation et du découpage administratif, du concept de ‘nation’, un moyen pratique et conforme à ses aprioris d’aborder et de classer la diversité humaine. En témoigne l’ouvrage de Maes, J. & O. Boone publié en 1935 : Les peuplades du Congo belge : nom et situation géographique tandis qu’au Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren, on classe les objets récoltés jadis dans la colonie par ‘ethnie’.

Le découpage (toujours rudimentaire et approximatif) de la linguistique s’appuyait, surtout dans les premières décennies du Congo belge mais aussi tout au long de la colonisation, sur un découpage administratif sur lequel elle venait, souvent avec l’ethnologie, apposer un vernis de scientificité et de crédibilité[7]. Si les linguistes et les anthropologues (ex-ethnologues) sont plus prudents aujourd’hui et mentionnent avec précision le ou les lieux de leur(s) récolte(s) de vocabulaire ou de descriptions de modes de vie, ils n’en gardent pas moins la tendance à généraliser leurs propos à l’ensemble de ‘l’ethnie’ telle qu’elle est reconnue officiellement.

Si l’on accepte l’idée qu’il existe (ou plutôt qu’il existait)) des langues discontinues et non une profusion continue de dialectes[8], il est aisé d’entendre qu’il résulte des analyses de la linguistique comparée (lexicostatistique) que la langue la plus proche du kisongye (la langue des Songye) est le kiluba (la langue parlée dans l’ancien royaume luba du Katanga) (plus de 70% de termes de bases communs ; Bastin et al. 1983 : 189 ; Bastin et al., 1999)[9]. Il s’agit donc de parlers relativement récents dont la séparation pourrait tout de même dater d’il y a plusieurs siècles.

Ainsi que je l’ai déjà dit, il est impossible de définir une culture proprement songye[10] (d’autant plus que les limites exactes de ce groupe, comme de la plupart des autres, sont floues). On peut néanmoins distinguer un ensemble de croyances et de pratiques communes, grosso modo, à l’ensemble des populations de la zone linguistique L dans la classification de Greenberg. Il en va de même pour les structures politiques. Dans un vaste espace qui va du grand cours d’eau Luvua, continué, là où il s’y déverse, par la rivière Lualaba sur plusieurs centaines de kilomètres, au – pour une partie au moins – Kasaï oriental et, peut-être, Occidental, il s’est répandu une structure politique dont les traits communs étaient la division entre chefs de terre/chef des gens (les premiers, pensés comme les premiers arrivants, investissant les seconds) et la rotation entre les lignages possédant le droit aux mêmes titres. Chez les Songye notamment, le mandat de ces titres est (ou était) déterminé par l’héritage du droit à y accéder et la rotation entre ces lignages pour l’accession au titre de fumu ekuilu y est (ou était) courte aussi, de 2 à 10 ans, car, même avec un mandat aussi bref, il faut (ou fallait) normalement près, voire plus, d’un siècle pour qu’un même lignage ait à nouveau le droit de donner un fumu ekuilu [11].

Après avoir été ekuilu, le fumu devient (ou devenait) honoraire, il garde (ou gardait) la plupart de ses insignes, en particulier chez les Songye à l’est de la Lomami, une longue canne (± 2 mètres), il s’agit d’une fine tige en bois (lisse au contraire de celle du cite, sorte de premier ministre, qui est faite d'un bois plus épais, épineux et plus foncé), elle se termine, à son extrémité inférieure, par un bulbe et, au point le plus bas de celui-ci, un morceau de caoutchouc, ce dernier permettant à la canne de rebondir aux côtés du fumu qui marche, agitant ainsi les ferrailles qui la décorent de-ci de-là et produisant un son semblable à celui de maracas métalliques.

Quand les arabisés ont commencé à exploiter l’est de la contrée songye actuelle, sous l’impulsion et la direction de Hamed ben Mohammed el-Murjebi alias ‘Tippo Tip’ qui l’avait ‘découverte’ et entamer son exploitation peu avant le dernier quart du XIXième siècle[12], au contraire de leur habitude, ils pratiquèrent, peu au début et de moins en moins, le commerce de l’ivoire mais, toujours davantage, son extorsion. Lors de celle-ci, il s’emparait des esclaves nécessaires à sa logistique, principalement au transport des pointes d’ivoire. Nous ne savons pas comment cela se passait mais il est possible que, dans certains cas, une certaine collaboration ait existé avec le chef local, qui pouvait ainsi se débarrasser d’ennemis politiques et d’éléments turbulents[13].

Dès 1874, les occidentaux commencent à pénétrer dans ce que l’on appelle aujourd’hui la contrée songye à l’ouest de la rivière Lomami. Ils constatent d’ores et déjà des pillages et ravages de groupes associés aux arabisés (Merriam 1974 : 18). Quelques années plus tard, ils arrivent dans la contrée dite aujourd’hui songye par l’Ouest tandis que les ravages humains qu’y causent les affidésEn 1885 est créé l’Etat des arabisés (notons qu’ils sont essentiellement issus de la contrée dite à présent songye) y sont de plus en plus importants. Ils tuent beaucoup de gens dans les villages qu’ils détruisent et pillent, faisant des individus les plus compétents à cet égard des esclaves (homme ou femme), voire des soldats. Trois raisons peuvent expliquer cette situation qui est vite dramatique pour ceux qui habitent à l’ouest de la rivière Lomami :

• les occidentaux ont un intérêt politique à présenter les arabisés (désormais leurs concurrents pour l’exploitation de la région) comme des esclavagistes,

• les affidés des arabisés ne voyaient un intérêt personnel dans leur activité que dans l’acquisition de personnes, l’ivoire n’ayant de valeur que pour les arabisés (il leur permet seulement d’acquérir leur confiance et, surtout, des fusils à piston),

• les Anglais ayant contraint le sultan de Zanzibar à interdire l’esclavage, le prix des esclaves monte en flèche sur le marché noir, rendant ce commerce attractif.

Les Occidentaux (pour la plupart des Belges travaillant pour Léopold II, à titre personnel), voyant les conséquences effroyables de ces pratiques et les utilisant pour discréditer les arabisés[14], retournèrent, à leur profit, les anciens affidés esclavagistes des arabisés et, avec leur aide, chassèrent les arabisés de la contrée dite aujourd’hui songye. Entretemps, suite à l’état dans lequel les razzias des affidés des arabisés les avaient mis, les populations, essentiellement, de la partie à l’ouest de la rivière Lomami de la contrée songye connurent une épidémie de variole.

En 1885 est créé l’État indépendant du Congo (E. I. C.) à titre personnel, pour Léopold II (aussi Roi des Belges) mais l’E.I.C. ne conquit la contrée dite aujourd’hui ‘songye’ qu’en 1892 lorsqu’elle chassa définitivement les Zanzibarites (un prédateur en chassais l’autre).

L'exploitation sauvage de l’état qu’il avait créé (mis en exergue suite au scandale dit “des mains coupéesˮ) et son incapacité à le gérer sans l’aide de la Belgique le contraindra à la laisser annexer l’E. I. C. en 1908.

Depuis la colonisation, le destin des populations songye se mêle, toujours davantage, à celui des autres populations de la colonie puis nation dans laquelle elles ont été intégrées. Le seul évènement notable connu (ou, plus exactement, reconstruit) spécifique à la contrée dite aujourd’hui songye est l’apparition de l’association masquée bwadi bwa bifwebe vers la fin du XIXième siècle au plus tôt, vers les années 1920’ au plus tard (Merriam 1978 :69-73, Mestach 1985 : 19 et Hersak 1986 : 72 & 173). Si entre les deux guerres mondiales, l’association masquée est fortement présente à l’ouest de la Lomami (Mestach 1985 : 16-7 et Hersak 1986 : 71-114). A l’orée des années 1970’, le bwadi bwa bifwebe n’est plus vraiment présent qu’à l’est de la rivière Lomami qui divise approximativement, la contrée songye en deux (Hersak 1986 : 41-112). Lors de la dernière décennie du XXième siècle, la société n’était plus présente que dans le sud-est de la contrée dite aujourd’hui ‘songye’.

Probablement, à l’origine, un mouvement de résistance au colonialisme et à l’acculturation qu’il entrainait et favorisait, il est vite connu des européens qui s’intéressent rapidement au masque en lui-même. Celui-ci devient au fil des décennies un objet touristique et même, aujourd’hui, emblématique de la contrée dite aujourd’hui ‘songye’[15] et, parfois, de l’Afrique centrale pré-coloniale toute entière[16].

On ne sait pas non plus ce qu’a vécu l’une ou l’autre des populations songye, et a fortiori ce que les unes et les autres ont pensés, de la brève indépendance katangaise (1960-1963) [17]. Certaines populations songye sont katangaises, la majeure partie d’entre elles, situées au Kasaï oriental, quelques une au Maniéma, non.

En 1991-1993, un épisode de la lutte entre le président Mobutu et son principal opposant de l’époque (mais aussi, en 1992 et 1993, son premier ministre), E. Tshisekedi, affecta grandement la contrée songye. Mobutu fit jouer le gouverneur du Katanga et un influent leader politique de cette province (à l’époque ‘Région’), Nguza Karl-I-Bond, qui fut premier ministre plusieurs fois, notamment en 1991 et 1992, contre le kasaïen Tshisekedi. Concrètement, furent renvoyé au Kasaï des milliers d’habitants du Katanga, principalement des villes minières du sud du Katanga où, avec d’autres mais de façon moins massive, les avait ‘importés’, plus d’un demi-siècle plus tôt, le colonisateur belge car, pour lui, ce n’était que des choses. Cette volonté de purification ethnique du Katanga eu deux effets sur la contrée songye. Le premier fut malheureux, bien sûr : ce sont, par exemple, ces centaines de malheureux réfugiés à Kabinda (beaucoup sont restés au sud du Katanga, parqués dans des camps à proximité des gares à attendre des trains qui ne sont jamais venus). Le second, au contraire, fut tout autre. Si, d’habitude, des Songye partaient pour la ville, cette fois c’était la ville qui venait dans la contrée songye, apportant à tous les niveaux un peu de son mode de vie. Ainsi, par exemple, des réfugiées avaient ouvert un petit bar chez le groupe songye Ilande. Mais personne ne portait les espérances d’une vie meilleure que Mulenda Mbo. Ancien directeur de la Gécamine, il anticipa la chasse aux Kasayens et vint s’installer à Kabinda, principale ville songye. Il ne vint pas seul, il emmena avec lui des dizaines de véhicules lourds et entreprit de réfectionner la contrée songye. Las, en dépit de quelques succès, le beau rêve s’évanouit quand les véhicules vinrent à manquer de pièces de rechange. Très momentanée dans ses effets, c’est arrivée avait suscité davantage d’espoirs que de succès à long termes.

En 1995, les premières incursions militaires contre un régime mobutiste finissant se font jours. Dans la contrée songye, Mobutu fait alors appel aux Angolais de l’UNITA[18] de Jonas Savimbi, qu’il avait toujours soutenu. Les soldats de l’UNITA sont casernés à Kabinda. S’ils ont menés quelques combats aux environs de Kabinda, les Songye de cette petite ville retenaient surtout que ces soldats avaient beaucoup fréquentés la gente féminine locale et, le taux de prévalence du S.I.D.A. étant alors de 90% en Angola, ils s’attendaient à une recrudescence locale de cette infection.

En 1996, la guerre de libération de l’A.F.D.L. au cours de laquelle Laurent-Désiré Kabila a renversé Mobutu et son régime, puis, fin des 1990’-début 2000’, la ‘deuxième guerre du Congo’ qui l’opposa au Rwanda causèrent beaucoup de torts aux Songye habitant leur contrée.

Durant la deuxième partie des années 1990’ et jusqu’à aujourd’hui, des seigneurs de guerre qu’on a regroupés sous l’étiquette générale de Maï-Maï ont causés beaucoup de morts, de la pauvreté et de nombreux déplacements de la population songye (résidant dans sa contrée) vers les villes.

Une diaspora songye de plus en plus importante au fil des ans, surtout depuis l’indépendance, se retrouve tant dans les villes de la R. D. C. qu’à l’étranger. Pour eux, être Songye c’est surtout une communauté de langue et une fraternité d’entraide (mariage, naissance, deuil, collation des grades académiques mais aussi visites des malades et des prisonniers).

Culture[modifier | modifier le code]

Masque masculin Songye
Image radiographique d'une statuette votive Songye de la collection de l'Indianapolis Museum of Art.
Statue songye, Indianapolis Museum of Art

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source RAMEAU, BnF [1]
  2. L'ancien royaume des Kalundwe jouxtait l'extrême ouest de l'ancien empire luba et lui était inféodé.
  3. Je propose d’ailleurs que le terme ‘Songe’ soit réservé à l’alliance militaire qui, à la fin du XIXième siècle, unissait certaines chefferies de l’est de la contrée ‘songye’ actuelle et que celui de Songye soit réservé à l’ensemble (dont les limites sont souvent floues) ‘ethnique’ conçu dès le début de la colonisation. Celui-ci renvoie d’ailleurs à ce qui est devenu une incontestable ‘identité ethnique’ célébrée par des associations ‘ethniques’, des pratiques culturelles (confer http://www.youtube.com/watch?v=PMWkgu0dv_s ) et à l’essentialité à laquelle participe cette notice.
  4. Mfi- et wa- sont, tous deux, des préfixes (-songe {lire/dire aujourd’hui [songu(i)e] avec un [i] à peine prononcé, juste pour adoucir le [e] final} est le radical).
  5. Son origine orientale donne à penser qu’il avait été propagé par les arabisés puis par les occidentaux qui leur étaient très proche initialement, et pas toujours uniquement par nécessité.
  6. Elle aurait inclus une alliance militaire contre la chefferie Imbiadi qualifiée alors de tetela mais, depuis la colonisation de cette chefferie dans la dernière décennie du XIXième siècle, intégrée dans ce qu’on appelle aujourd’hui la contrée songye. Cette alliance comprenait, pour ce qu’Hamed ben Mohammed el-Murjebi nous en dit, les chefferies Kahuwa et Kilembwe, l’entité politique Sala (aujourd’hui indépendante mais qui, à l’époque, faisait partie de la chefferie ikalebwe), en faisait également partie et, bien qu’elle soit plus éloignée, la chefferie Kafuma.
  7. A la décharge des linguistes (et même des ethnologues puis anthropologues) actuels, il faut reconnaître que la plupart de ces linguistes (ou ethnologues ou encore anthropologues) exerçaient cette activité en amateur, souvent la prêtrise était leur activité principale.
  8. Ceux-ci n'étant plus intercompréhensibles au delà de leurs voisins immédiats.
  9. Sur base des échantillons recueillis pour les Songye à Kabinda en 1976 (Bastin et al. 1983 : 182, le relevé y est considéré comme complet et définitif ! : Bastin et al. 1999 : 21) et chez les Luba du Katanga (Van Avermaet 1954, soit, essentiellement, la moitié sud de la contrée dite ‘luba’ aujourd’hui au Katanga [Van Avermaet 1954 : viii]), l’échantillon y était aussi considéré comme complet et définitif (Bastin et al. 1983 : 182 ! ; dans Bastin et al. 1999 : 21, les listes de vocabulaire viennent de Malemba-Nkulu, Mulongo, Kapia et 27°E/7,8°S, soit, dans ce dernier cas, largement plus de 100 kilomètres au Sud de la limite septentrionale de ‘l’ethnie Luba’ selon Boone [1961 : 134]). Cette disparité des lieux d’enquête contribue fortement à l’usage du concept de langue et à l’illusion qu’il est une frontière nette au-delà de laquelle on parle une autre langue, à l’image qu’on aimait se faire des nations européennes au tournant des XIXième et XXième siècles.
  10. Je suppose qu’il en va de même pour la langue mais je n’en ai pas la preuve.
  11. Ceci dans une petite chefferie de quelques milliers d’âmes en 1996, ce devait être bien davantage dans les chefferies. Dans certaines chefferies, une compétition économique ou le rachat du titre peut (ou pouvait) accompagner ou, même, remplacer la rotation des lignages légitimes (ou qu’on a[vait] acceptés comme légitimes).
  12. A ce titre, il y sera même nommé gouverneur par le sultan de Zanzibar, puis gouverneur du district des chutes Stanley pour le compte de l'État indépendant du Congo de Léopold II de 1897 à 1892.
  13. Par analogie avec le comportement des chefs médaillés lors de recrutements de soldats pour la Force Publique ou de porteurs pour les caravanes
  14. Pour un effet indirect mais il ne pouvait le faire pour l’effet direct, c’est-à-dire la mise à sac de toute une région, parce qu’il allait en faire de même avec le pays qu’il allait créer.
  15. Dont il est la seule création coloniale (et post-coloniale) connue et pérenne dans le temps. Si jusqu’au années 1960’, la culture des populations dites aujourd’hui ‘songye’ conservaient grosso modo une culture spécifique et en produisaient encore quelques productions spécifiques, c’est de moins en moins le cas de nos jours où il est davantage question d’adaptation pour permettre la survie de la culture ‘songye’.
  16. Le masque kifwebe songye (qui n’a sans doute jamais été présent dans l’ensemble de contrée ‘songye’ et en tous cas ne l’est plus depuis fort longtemps) a été choisi pour illustrer la couverture de nombreux livres d’art pré-colonial d’Afrique centrale et figure dans la collection d’artefacts qui y sont représentés plus souvent encore. Il est devenu un incontournable de l’‘art d’aéroport’ africain.
  17. Pour savoir de quoi cette sécession s’agit, lire l’article Wikipédia sur « État du Katanga ».
  18. União Nacional para a Independência Total de Angola.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christophe Anthoine, « Le forgeron qui devint roi. Idéologie politique de la chefferie songye des Kalebwe (Zaïre) », Civilisations, vol. 43, no 2,‎ 1996, p. 15-44 (DOI 10.4000/civilisations.1563, lire en ligne)
  • Yvonne Bastin, André Coupez et Beaudoin de Halleux, « Classification lexicostatistique des langues bantoues (214 relevés) », Bulletin des Séances de l’Académie royale des sciences d’Outre-Mer, vol. 27, no 2,‎ 1983, p. 173–99
  • (en) Yvonne Bastin, André Coupez et Michael Mann, Continuity and Divergence in the Bantu languages : perspectives from a lexicostatistic study, Tervuren, Musée royal de l’Afrique centrale,‎ 1999, 226 p.
  • François Bontinck et Koen Janssen, L’autobiographie d’Hamed ben Mohammed el-Murjebi Tippo Tip (ca. 1840-1905), Bruxelles, Académie royale des sciences d’outre-mer,‎ 1974, 305 p.
  • Olga Boone, Carte ethnique du Congo : Quart Sud-Est, Musée royal de l’Afrique centrale,‎ 1961, 271 p.
  • Olga Boone, Carte ethnique du Congo : Quart Sud-Est, Tervuren, Musée royal de l’Afrique centrale,‎ 1975
  • Alain-Michel Boyer, « Les Songyés », Les arts d’Afrique, Paris, Hazan,‎ 2008, p. 364–365 (ISBN 9782754104258)
  • Roger Dechamps, « L’identification anatomique des bois utilisés pour des sculptures en Afrique. V, La sculpture Songye », Africa-Tervuren, Tervuren, vol. 21, no 1-2,‎ 1975, p. 27–33
  • Anne-Marie Dubois et Viviane Bouttiaux, Le sensible et la force : photographies de Hughes Dubois et sculptures songye, Tervuren (Belgique),‎ 2004, 88 p. (ISBN 9789075894608)
  • (en) Dunja Hersak, Songye masks and figure sculpture, Londres, Ethnographica,‎ 1985, 189 p. (ISBN 0-905788-50-8)
  • (de) Hildegard KLEIN(Ed), Leo Frobenius (1873-1938), Bassonge (Songye), Ethnographische Notizen aus den Jahren 1905 und 1906, vol. 4 [is titled:] Kenyok, Luba, Songye, Tetela, Songo, Meno/Nkutu, Stuttgart : Franz Steiner Verlag Wiesbaden, 1990, p. 87-161
  • (pt) Marta Heloísa Leuba Salum, « Consideraçoes sobre as madeiras que os Basonge escolheram para esculpir algumas de suas estátuas », Dédalo, São Paulo, no 28,‎ 1990, p. 207–226
  • (pt) Marta Heloísa (Lisy) Leuba Salum (thèse), A grande estatuária songe do Zaire, São Paulo, Universidade de São Paulo,‎ 1990, 28 cm, x, 326 p.
  • Jean-Marie Lusuna Kazadi, Les Songye de la RDC : hommage à un héros : Ya'Gérard Lusuna, Éditions Aux Petits génies,‎ 2003, 75 p.
  • Joseph Maes et Olga Boone, Les peuplades du Congo belge : nom et situation géographique, Impr. Veuve Monnom,‎ 1935, 378 p.
  • Alan P. Merriam, « The Bala musician », dans Warren d'Azevedo, Traditional artist in African society, Bloomington, Indiana University Press,‎ 1973, p. 250-281
  • Alan P. Merriam, « Change in religion and the arts in a Zairian village », African arts, Los Angeles, vol. 7, no 4,‎ 1974, p. 46–53
  • Alan P. Merriam, An African world: the Basongye village of Lupupa Ngye, Bloomington, Indiana University Press,‎ 1974, 24 cm, xxiii, 347 p.
  • Alan P. Merriam, « Kifwebe and other masked and unmasked societies among the Basongye », Africa-Tervuren, Tervuren, vol. 24, no 3,‎ 1978, p. 57–73
  • Alan P. Merriam, « Kifwebe and other masked and unmasked societies among the Basongye », Africa-Tervuren, Tervuren, vol. 24, no 4,‎ 1978, p. 89–101
  • (de+en+fr) Jean Willy Mestach, Études songye : formes et symbolique : essai d’analyse / Songye Studien : Formen und Symbolik : ein analytischer Essay / Songye studies : form and symbolism : an analytical essay, Galerie Jahn,‎ 1985, 183 p.
  • (pt) Muepu Mibanga, Jean Sohier et Johan M. Pauwels, Songye : le recueil de jurisprudence de l’État indépendant du Congo jusqu’à 1967, Renapi,‎ 1987, 128 p.
  • (pt) Muepu Mibanga, Songye : livre des proverbes, Éditions Bouwa,‎ 1988, 277 p.
  • Viktor Kabamba Nkamany a Baleme, Art et culture songye : Initiation aux aspects de la culture Songye, Nkamanyland,‎ 1983, 112 p.
  • François Neyt, Songye : la redoutable statuaire songye d'Afrique centrale, Anvers / Milan, Fonds Mercator / 5 continents,‎ 2004, 398 p. (ISBN 9788874391318)
  • Thomas Turner, « Batetela, Baluba, Basonge : ethnogenesis in Zaire », Cahiers d’études africaines, vol. 33 (4), no 132,‎ 1993, p. 587–612
  • Cyrille Van Overbergh, Les Basonge, Bruxelles, Institut international de bibliographie,‎ 1908, 564 p.
  • Jan Vansina, Les anciens royaumes de la savane: les états des savanes méridionales de l’Afrique centrale des origines à l’occupation coloniale, Léopoldville, Institut de recherches économiques et sociales,‎ 1965, 250 p.
  • Edmond Verhulpen, Baluba et Balubaïsés du Katanga, Anvers, L'Avenir Belge,‎ 1936
  • Allen Wardwell, Three African traditions : The Art of the Dogon, Fang and Songye, Greenwich (Conn.), Bruce Museum of Arts and Science,‎ 1999, 47 p. (ISBN 0-9665144-2-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :