Sonerien Du

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Sonerien Du

Description de cette image, également commentée ci-après

Les Sonerien Du accompagnés du Bagad ar Meilhoù Glaz pour leurs 40 ans au festival de Cornouaille 2012.

Informations générales
Pays d'origine Drapeau de France France
Genre musical Musiques du monde
Années actives Depuis 1972
Labels Coop Breizh
Site officiel http://www.sonerien-du.com

Sonerien Du est un groupe de musique bretonne et plus particulièrement de la musique de fest noz. Le groupe a été créé en 1971 par cinq Bretons : Yann Kaourintin Ar Gall, Daniel Tanneau, Didier Quiniou, Gilles Rolland et Raymond Riou, très vite rejoints par Yann Goas, puis dans le 2ème semestre 1972 par Jean-Pierre Le Cam, aux cuillères et au banjo, puis, et encore aujourd'hui, à la basse et au chant.

Sommaire

Biographie [modifier]

Jean-Pierre Le Cam

L'équipe fondatrice composée en 1971 de Yann Kaourintin Ar Gall, Daniel Tanneau, Didier Quiniou, Gilles Rolland et Raymond Riou ne restera pas très longtemps telle quelle. Yann Kaourintin Ar Gall laissera rapidement la place à Yann Goas. Puis dès 1972, arrivera aux cuillères, banjo, basse et chant, Jean-Pierre Le Cam.

La formation sera alors faite de Yann Goas (Bombarde), Dany Tanneau (biniou, washboard), Gilles Rolland (Accordéon), Didier Quiniou (guitare et chant), Raymond Riou (guitare et chant) et Jean-Pierre Le Cam (Basse, chant). Le groupe enregistrera sous cette formation 2 albums, Bal Breton volume 1 et 2.

La formation changera avec la professionnalisation du groupe en 1976. Didier Quiniou et Dany Tanneau passeront la main à cette occasion. C'est ainsi que sera appelé en renfort pour l'enregistrement de l'album Sonerien Du vol.3, Dan Ar Braz, premier guitariste électrique à jouer dans un groupe de fest-noz, au côté du batteur Michel Santangeli (Alan Stivell, Jacques Higelin, Ys...).

Un autre musicien intègrera la groupe pour quelque temps, c'est Christian Desbordes qui y tiendra le violon, en remplacement du biniou de Dany. En 1979, c'est Hervé Kernéis qui intègre la formation au violon et guitares.

Le groupe, ayant l'idée de fêter ses dix ans en 1982, décidera de décaler sa date de naissance à 1972. Sonerien Du a lancé le principe de fêter en musique et lors de grands concerts fest-noz, leurs 10, 15, 20, 25, 30, 35 et en 2012, 40 ans ! Concept repris depuis par pas mal d'autres groupes. En 1982 arrive la première rythmique des Du en la personne du percussionniste quimpérois Jacques Moreau alors accompagnateur de la chorégraphe togolaise Flora Théfaine. Sonerien Du deviendra le premier groupe à danser breton à utiliser la percussion jouée avec les mains (congas, djembé). Il enregistre un album avec les Du en 1987 (Tradition vibrante) et sera invité pour quelques titres en 1998 (Steir).

1985 marque l'arrivée d'un « batteur de rock » en la personne de Gérard Belbéoc'h, soulevant quelques levers de boucliers de la part du public « intégriste » de la musique traditionnelle, pour qui cet instrument n'a rien à faire dans cette musique !

Cette frange se manifestera encore lorsqu'en 1987, la guitare électrique intègre le groupe en la personne de Dominique Lardic qui succèdera à Raymond Riou. Aujourd'hui, vu le succès de Sonerien Du (et le nombre de groupes qui intègrent batterie rock et guitares électriques), ces choix vont de soi, mais à l'époque, ça n'a pas été aussi simple !

C'est en 1986 que le groupe, pour les besoins d'une pochette de disque, va rencontrer l'artiste Fanch Le Hénaff, qui lui proposera le « cœur-biniou », devenu l'emblème et le logo officiel du groupe (pour la petite histoire, il fut créé pour le groupe "Bleizi Ru", qui le refusa).

Puis, en 1988, départ du clavier Eric Dureau, qui sera remplacé par Dominique Robineau, qui prendra la suite aussi au niveau des arrangements, travail concrétisé par l'album "Etre mor ha douar" qui sortira en 1992.

En 1994, alors que les prémisses d'une nouvelle vague se fait sentir, Les DU croisent Philippe Férec, qui sera initiateur de l'album Puzzle, album qui fera découvrir aux jeunes générations les « tubes » du groupe des deux premières décennies.

La légende des Sonerien Du [modifier]

Le groupe accompagné du Bagad ar Meilhoù Glaz au festival de Cornouaille 2012.

Ils tiennent leur nom (« Sonneurs Noirs » en breton) en hommage aux deux sonneurs bigoudens qui furent injustement pendus à la place de deux brigands qui sévissaient dans la région à la même époque (on estime ces faits aux XVIIIe / XIXe siècles).

Il faut savoir qu'à cette époque, la richesse des gens se voyait sur le costume. Plus une personne avait du bien, plus son costume était brodé. Les « Sonneurs Noirs » étaient appelés ainsi car pauvres, leur costume ne portait aucune broderie et, de ce fait, était noir. Ces Sonerien Du, avaient l'habitude d'animer mariages et autres fêtes, ne demandant pour salaire qu'à boire et à manger. Jamais vraiment fatigués de jouer, leurs prestations étaient réputées interminables. Il leur arrivait souvent de s'endormir dans les fossés, rentrant chez eux, repus de trop de boisson...

On dit aussi qu'à l'époque, les mariages bretons ne se terminaient que lorsque la musique s'arrêtait, et la légende raconte que les Sonerien Du les faisaient durer souvent plus de 3 jours et 3 nuits. Adulés du « petit peuple », ces deux sonneurs étaient les plus populaires du pays bigouden. Cette situation ne plaisait guère aux bourgeois du pays (qui voyaient leurs ouvriers plus occupés à célèbrer mariages et fêtes qu'à travailler), ni au clergé, car la musique et les danses traditionnelles étaient des rites païens. Si bien que le jour où deux brigands de grand chemin furent arrêtés par la maréchaussée et que, sur la route, ils touvèrent les Sonerien Du, « ivres mort », dormant dans le fossé, nos gens d'armes acceptèrent, contre monnaie « sonnante et trébuchante », de substituer les uns aux autres. Ainsi, les deux sonneurs furent pendus, sans autre forme de procès, au lieu dit « ar justiciou » (Les justices) en Pont L'Abbé, à la grande joie de l'église et de la bourgeoisie Bigoudène. Bien sûr, cette nouvelle se répandit comme une trainée de poudre dans le pays et la population fut scandalisée par cette nouvelle.

Parallèlement, une épidémie de peste dévasta le pays Bigouden, celle-ci s'ajouta à la légende. En effet, les corps des 2 sonneurs, excommuniés, furent laissés en l'état, à l'endroit même où ils furent pendus, et la légende raconte que le fait de toucher leurs corps immunisait de la peste. Ainsi, ils passèrent du statut de musiciens populaires au statut de porte-bonheur. Depuis, les femmes bigoudènes, lorsqu'elles cassaient des assiettes, allaient jeter les morceaux à l'endroit où les Sonerien Du ont été finalement enterrés, non loin du lieu dit « Ar justicioù » où ils furent pendus, car cela portait bonheur. Ces morceaux de faïence étaient appelés des « bravigoù ».

Historiquement, si l'on croise les différentes infos, il semblerait que cette aventure soit plus contemporaine qu'on ne le pensait au départ. En effet, situé plus ou moins un peu avant la Révolution française (par rapport à l'épidémie de peste qui ravagea Pont l'Abbé vers 1635, et qui s'arrêta « miraculeusement » suite à un pardon fait à Sainte-Anne d'Auray). Le fait que leur costume noir ait une importance liée au fait qu'il n'était pas brodé, et que la hiérarchisation sociale par la broderie date plutôt du début du XIXe siècle, et que le terme de "maréchaussée" est post Révolution française, on en déduira cette histoire n'a pu se dérouler qu'au XIXe siècle. Il manque à cette hypothèse l'épidémie de peste car les deux dernières recensées datent du XVIIIe siècle sur le Finistère sud, et 1920 pour la peste chinoise...

Des recherches avaient été effectuées par Yann Corentin Ar Gall, sonneur Bigouden renommé, membre fondateur du groupe. C'est lui qui donne le nom Sonerien Du au groupe. Il avait trouvé jusqu'au nom de famille des véritables sonneurs noirs. Malheureusement, il a emporté toutes ces recherches avec lui lors de son décès. Pour ce qui est de l'anecdote, le lieu dit « Les justices » se trouve à Pont L'Abbé, juste derrière la gendarmerie.

Membres [modifier]

Le groupe actuel [modifier]

Dominique Lardic et Claude Ziegler

Anciens membres [modifier]

  • Raymond Riou (de 1971 à 1988) : Chant, Guitare acoustique
  • Gilles Rolland (de 1971 à 1979) : Accordéon chromatique
  • Didier Quiniou (de 1971 à 1976) : Guitare acoustique
  • Daniel Tanneau (de 1971 à 1976) : Biniou
  • Yann Kaourintin Ar Gall (De 1971 à 1972) : Bombarde
  • Yann Goas (de 1972 à 1994) : Bombarde
  • Dan Ar Braz (1976) : Guitare électrique
  • Michel Santangelli (1976) : Batterie
  • Christian Desbordes (de 1976 à 1979) : Violon
  • Hervé Kerneïs (de 1979 à 2011) : Chant, Guitare électrique, Violon
  • Eric Dureau (de 1982 à 1988) : Claviers
  • Jacques Moreau (de 1984 à 1985) : Congas, Percussions
  • Dominique Robineau (de 1988 à 1995) : Claviers
  • Jacques Beauchamp (de 1994 à 2005) : Accordéon chromatique, Biniou, Bombarde, Chant
  • Christophe Morvan (de 2005 à 2009) : Cornemuse, flûtes

Tableau chronologique [modifier]


Nota : Les couleurs sont indicatives, puisque les musiciens du groupe pratiquent plusieurs instruments. En particulier le chant n'est pas représenté dans le tableau ci-dessus.

Discographie [modifier]

En 2012, le groupe fête ses 40 ans en même temps que Tri Yann lors d'une soirée spéciale au festival de Cornouaille.
  • 1972 : Bal Breton
  • 1974 : Bal Breton vol. 2
  • 1976 : Sonerien Du vol.3
  • 1978 : Gwerz Penmarc' h
  • 1980 : Feunteun an aod
  • 1982 : Ten Years
  • 1984 : Roue marc' h
  • 1986 : Amzer Glaz
  • 1988 : Tradition vibrante
  • 1989 : Tredan
  • 1992 : Etre Mor ha Douar
  • 1994 : Puzzle
  • 1996 : Reder Noz
  • 1998 : Steïr
  • 2000 : Noz-Live (concert)
  • 2002 : Le bel âge...
  • 2004 : Puzzle 2
  • 2006 : Be... new !
  • 2008 : Liv an amzer
  • 2010 : La Komplèt' ( Double album, premier vrai best of, entièrement remixé et remasterisé )
  • 2011 : Live 2011 (premier album entièrement dématérialisé)
  • 2012 : Seizh
  • 2012 : Live'niversaire, l'album souvenir des 40 ans du groupe enregistré à Pont-l'abbé les 17 et 18 août 2012, qui comprend un CD et surtout le premier DVD live des DU.

Voir aussi [modifier]

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Bibliographie [modifier]

  • Daniel Morvan (photogr. Bernard Galéron), Bretagne, Terre de musiques, e-Novation, 2001, 144 p. (ISBN 978-2-9516936-0-9), « Danser (dañsal) : Réactions en chaîne dans le village du soir. Sonerien Du, poussez les chaises », p. 48-49 
  • L'épopée du rock au Pays Bigouden 1962-1972, Gilbert Cariou, SEB éditions, 2012, 160 p. (ISBN 978-2954144306)

Article connexe [modifier]

Liens externes [modifier]