Sommet du G20 de 2009 (Royaume-Uni)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Sommet du G20 de 2009.

Le G20 de Londres du 2 avril 2009 est un forum du G20 programmé avec l'objectif de renforcer la coordination principalement dans quatre domaines : plans de relance économique, assainissement du système bancaire, dispositifs et règles de surveillance du secteur financier et aide aux pays émergents les plus touchés par la crise. L'idée qu'il est nécessaire de lutter contre les paradis fiscaux représente la principale conséquence du sommet[1].

Participants[modifier | modifier le code]

Les leaders des pays du G-20 le 2 avril 2009.

Liste des participants officiels[2] :

N.B. Les pays marqués d'un * ne sont pas de membres reconnus du G20[3]

Représentation régionale[2]

Institutions internationales[2]

Les syndicats ont déploré l'absence de l'Organisation internationale du travail[4].

Le communiqué final[modifier | modifier le code]

« Une crise globale nécessite une solution globale.

Nous partons du principe que la prospérité est indivisible et que la croissance pour être durable doit être partagée (...). Nous pensons que la seule fondation sûre d'une mondialisation soutenable et l'augmentation de la prospérité pour tous est une économie ouverte fondée sur le principe de marché, une régulation efficace et des institutions mondiales solides.

Nous nous sommes par conséquent engagés à faire tout le nécessaire pour

  • rétablir la confiance, la croissance et l'emploi ;
  • réparer le système financier pour restaurer les flux normaux de crédit ;
  • renforcer les règlementations financières pour rétablir la confiance ;
  • financer et réformer nos institutions financières internationales afin de juguler cette crise et en empêcher de nouvelles ;
  • promouvoir le commerce international et l'investissement et rejeter le protectionnisme, pour servir de socle à l'établissement de la prospérité ;
  • bâtir une croissance universelle, verte et soutenable ; »

Les présidents Lula (Brésil) et Cristina Kirchner (Argentine) ont obtenu que la déclaration finale ne fasse pas référence à la « flexibilité du marché du travail », invoquant ses conséquences négatives dans le passé de ces pays[5].

Les décisions prises pour renforcer le système financier[modifier | modifier le code]

À court terme[modifier | modifier le code]

Dans l'immédiat, les dirigeants des grands pays développés et émergents, réunis à Londres pour « affronter le plus grand défi auquel fait face l'économie mondiale dans les temps modernes », ont décidé

  • De tripler les ressources du Fonds monétaire international (FMI) à 750 milliards de dollars, d'autoriser le Fonds à émettre des Droits de tirage spéciaux (DTS) pour 250 milliards de dollars et à vendre de l'or[note 1].
  • De créer un nouveau « Conseil de Stabilité Financière[note 2] ». Ce Conseil collaborera avec le FMI pour anticiper les risques économiques et financiers et prendre les mesures nécessaires.
  • De réformer les systèmes de contrôle

À long terme[modifier | modifier le code]

Une fois la reprise assurée, il est prévu :

  • Que les systèmes de contrôle devront empêcher les opérations financières à effet de levier excessif et avoir constitué suffisamment tôt le matelas de ressources financières suffisantes pour intervenir en cas de besoin.
  • D'agir contre les paradis fiscaux.
  • De créer d'urgence de nouvelles normes comptables de haute qualité tant en matière de valorisation des actifs que de provisions comptables et tenant mieux compte des engagements hors-bilan[6].
  • De s'assurer que les agences de notation respectent le code international de bonne pratique et en particulier qu'elles sont bien indépendantes et non pas sujettes à des conflits d'intérêt.

Critiques et réserves[modifier | modifier le code]

Sur les paradis fiscaux[modifier | modifier le code]

Pour le Comité catholique contre la faim et pour le développement :

  • « Epargner Hong Kong, la City de Londres ou l'État du Delaware aux États-Unis enlève toute crédibilité à l'exercice »
  • « N'est retenu que le critère de bonne coopération avec les administrations fiscales et pas avec les systèmes judiciaires »
  • « La dissimulation des ayants droit de comptes à l'étranger peut en effet s'opérer par d'autres techniques, comme la création de "trusts" ou de fondations, sociétés-écrans créées sans aucune formalité et en quelques heures. »[7]

D'après Daniel Lebègue interviewé par Le Point : « on ne peut pas dire qu'on va reconstruire un système financier plus stable, plus transparent, mieux régulé, s'il y a des pays dans le monde, des acteurs financiers, des sociétés de gestion d'actifs qui, de facto, ne sont soumis à aucune règle, aucune surveillance sérieuse, aucune transparence »[8].

Pour Jean-Marie Messier « les paradis fiscaux sont le trou noir de l'information, c'est ce qui fait que vous ne savez pas où vont les produits et les placements Madoff et que, au moment où Lehman Brothers fait faillite, vous ne voyez pas où sont les risques et où sont les contreparties. Il faut bien comprendre que le problème des paradis fiscaux n'est pas tant la fiscalité que l'information. La traçabilité, c'est la clé du contrôle, de la lutte contre les excès. »[9]

Agir rapidement[modifier | modifier le code]

D'après La Libre Belgique « Il convient maintenant de transformer l'essai et de convertir ces promesses et engagements – pris la main sur le cœur hier à Londres – en actes ».

Selon The Guardian les engagements, pris le 2 avril à Londres, sont compliqués et « Brown a dû se battre pour expliquer ce que les engagements changeront pour des Britanniques inquiets pour leur emploi et leur maison ».

D'après The Economist nombre de dirigeants n'ont pas de réelle marge de manœuvre budgétaire et fiscale[10].

Actifs toxiques[modifier | modifier le code]

Les leaders du G20 sont en train de passer à côté de la véritable urgence, selon Dominique Strauss-Kahn : nettoyer le système bancaire de ses actifs toxiques, qui risquent d'aggraver et de prolonger la récession mondiale[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. dans le but d'éviter la faillite de certains états comme l'Islande ou certains pays émergents ou d'Europe centrale
  2. Ce Conseil de Stabilité Financière remplace l'ancien « Forum de stabilité financière » et inclut outre les membres du G20 l'Espagne

Références[modifier | modifier le code]

  1. AFP
  2. a, b et c The London Summit: Who Will Attend the London Summit
  3. G-20 Membership About the G20, Accessed 1 April 2009
  4. Les syndicats réclament une meilleure prise en compte des droits sociaux, Le Monde, 1er avril 2009, page 15
  5. Brasil y Argentina logran excluir del acuerdo alusión a flexibilidad laboral, El Economista, 2 avril 2009
  6. Il a en effet été reproché aux normes comptables (en particulier à celle de la juste valeur basée sur les cours de bourse) adoptées en 2005 d'induire de fortes dépréciations d'actifs pouvant conduire des entreprises saines à la faillite
  7. L'Express : L'accord au G20 sur les paradis fiscaux suscite des réserves
  8. Le Point : les comportements vont changer.
  9. BFM : interview JM Messier
  10. Le Monde : il faut maintenant transformer l'essai
  11. La Tribune : G20 : pour DSK, la priorité est de nettoyer le système financier

Sur les autres projets Wikimedia :