Somaly Mam

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Somaly Mam

Naissance 1970 ou 1971
Drapeau du Cambodge Cambodge
Nationalité Drapeau du Cambodge Cambodgienne
Activité principale Présidente fondatrice de l'association AFESIP
Conjoint
Pierre Legros

Somaly Mam, née en 1970 ou 1971, est une personnalité cambodgienne responsable d'une association de protection contre les méfaits du trafic d'êtres humains.

Biographie[modifier | modifier le code]

Somaly Mam tombe dès l'enfance dans un réseau d'esclavage sexuel. Enfant battue, violée et torturée, elle se fait porte-voix à trente ans des femmes et enfants livrés à la torture dans les bordels cambodgiens.

Elle a créé, avec son mari Pierre Legros, l'association AFESIP (Agir pour les femmes en situation précaire) en 1997 au Cambodge, une ONG à vocation internationale qui s'est développée depuis lors en Thaïlande, au Vietnam et au Laos, et qui a pour objectifs le sauvetage et la réinsertion sociale des personnes victimes de ces sévices. Malgré les menaces et les représailles dont elle est la cible, Somaly Mam a pu venir en aide à des milliers de fillettes et adolescentes contraintes à la prostitution.

Plusieurs personnalités ont œuvré avec elle, en particulier l'actrice américaine Laurie Holden.

Somaly Mam a été lauréate du Prix Prince des Asturies Coopération Internationale en 1998.

Le gouvernement espagnol devait apporter, en 2007 et 2008, 697 000 euros de donations à son association.

Controverse[modifier | modifier le code]

En octobre 2013, le groupe Estée Lauder ouvrait, en collaboration avec la Fondation Somaly Mam, le Somaly Mam Beauty Salon, un centre de formation au maquillage et aux professions d'esthéticiennes. Le groupe Estée Lauder financera trois ans ce centre de formation, censé devenir financièrement autonome en 2016.

Mais le même mois, le 12 octobre, sortait l'enquête du Cambodia Daily. Deux journalistes, Simon Marks et Phorn Bopha, ont mis en doute les témoignages de fillettes ou adolescentes recueillis et popularisés par Somaly Mam. Ainsi, Meas Ratha, alors âgée de 14 ans (née en 1981), qui avait fait l'objet d'un reportage de France 2 pour « Envoyé Spécial » en 1998, a concédé que son témoignage lui avait été dicté « afin de venir en aide à des victimes »[1]. Daphne Bramham, du Vancouver Sun, dupée par des témoignages fournis par Somaly Mam en novembre 2010, et d'autres journalistes, ont rapidement relayé l'information[2]. Elle a dû démissionné en mai 2014 suite aux révélations de la presse anglo-saxonne[3].

Pierre Legros, depuis séparé d'elle, a considéré que son ex-épouse était devenue « une grande actrice », a rapporté El Mundo. Devant l'Assemblée générale des Nations unies, Somaly Mam avait déclaré que neuf fillettes ou adolescentes avaient été assassinées alors qu'elles avaient été recueillies par son association. Elle a concédé par la suite qu'elle les avait logées dans l'hôtel Chai Hour 11[4].

Œuvre publiée[modifier | modifier le code]

  • Somaly Mam, Le silence de l'innocence, Paris, Editions Anne Carrière, coll. « Document »,‎ 21 septembre 2005, 212 p. (ISBN 978-2-84337-336-7, lien LCCN?)

Traductions avérées[modifier | modifier le code]

  • Allemande : (de) Somaly Mam (trad. Olaf Matthias Roth), Das Schweigen der Unschuld : mein Weg aus der Kinderprostitution und der Kampf gegen die Sex-Mafia in Asien, Berlin, Marion von Schröder,‎ 31 mars 2006, 222 p. (ISBN 978-3-547-71108-0, lien OCLC?)
  • Anglaise : (en) Somaly Mam (trad. Ruth Marshall), The road of lost innocence, New York, Spiegel & Grau,‎ septembre 2008, 1e éd., 193 p. (ISBN 978-0-385-52621-0, lien LCCN?)

Traductions probables[modifier | modifier le code]

Les droits de traduction ont été vendus aux éditeurs suivants

  • Hollande : Pimento Publishers
  • Italie : Corbaccio
  • Japon : Bungei Shunju
  • Amérique Latine : Destino
  • Espagne (vente) : Destino
  • Espagne (club) : Circulo de Lectores
  • Suède : Damm

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Simon Marks et Kuch Naren, « Once Coached for TV, Now Asked to Keep Quiet », Cambodia Daily,‎ 4 novembre 2013 (lire en ligne)
  2. (en) Daphne Bramham, « Cambodian sex slave story revealed as a lie », Vancouver Sun,‎ 15 octobre 2013 (lire en ligne)
  3. Christophe Gargiulo, « A propos de Somaly Mam : jusqu’où ? », Faits Divers, Société, Solidarité, sur Le journal du Cambodge - blog,‎ 29 mai 2014 (consulté le 14 juin 2014)
  4. Marie Desnos, « Somaly Mam, l’activiste mythomane », Paris Match, série Actu - International,‎ 30 mai 2014 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ève Dumas, « Somaly Mam : Jamais sans mes filles », La Presse, série Accueil - Dossiers - Les grandes entrevues,‎ 4 août 2009 (lire en ligne)
  • Valérie Gaudreau, « Trafic sexuel des mineurs : une lueur dans l'horreur », La Presse, série Le Soleil - Vivre ici - Société,‎ 5 août 2009 (lire en ligne)
  • (en) Katha Pollitt, « Sex Trafficking, Lies & Money : Lessons From the Somaly Mam Scandal », The Nation,‎ 4 juin 2014 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]