Solution de lugol

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La solution de Lugol ou Lugol ou solution d’iodure de potassium iodée est une solution composée de diiode (I2) et d’iodure de potassium (KI) en solution dans de l’eau. Elle doit son nom au médecin français Jean Lugol.

Le lugol est également utilisé lors des interventions pour ablation totale ou partielle de la thyroïde. Il permet en effet de compresser les vaisseaux sanguins et ainsi éviter les saignements trop importants, la thyroïde étant très vascularisée. Entre la prise et l’opération, il peut y avoir 2 ou 3 jours qui s’écoulent et on peut alors constater que la thyroïde se durcit et devient douloureuse. C’est un phénomène tout à fait normal.

Composition[modifier | modifier le code]

  • Iodure de potassium : 2 g
  • Iode métalloïde I2 : 1 g
  • Eau q.s. ad 100 g

(q.s. = quod satis, expression latine signifiant « en quantité suffisante »).

La formule ci-dessus est prescrite sous le nom « Lugol » à 1 %, la formule officielle à la pharmacopée française est : soluté iodo-ioduré fort dit « de Lugol ». Sa concentration en iode est à 1 % et 2 % en iodure de potassium (source : formulaire pharmacopée française 2007, réédition en cours.)

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le Lugol a été utilisé comme traitement iodé interne (asthme, etc.), comme antiseptique en collutoires et comme bactéricide.

Il est également utilisé dans le traitement en urgence de la crise aiguë thyrotoxique (en association avec des bêta-bloquants, des anti-thyroïdiens de synthèse, des sédatifs et une corticothérapie intra-veineuse). En effet de fortes doses d'iode inhibent la synthèse d'hormones thyroïdiennes, à la dose habituelle de 10 à 15 gouttes par jour. C'est ce qu'on appelle « l'effet Wolff-Chaikoff ».

On le rencontre encore comme réactif, par exemple :

  • pour la coloration de Gram (en bactériologie) ;
  • pour les endoscopies digestives hautes (œsophage) comme colorant (chromoendoscopie) ;
  • pour mettre en évidence la présence d'amidon dans une substance, en prenant une couleur violette (assez foncée) ou bleu-nuit, ainsi que celle du glycogène en prenant une couleur brun-acajou.

Utilisation en dosage REDOX directe :

I2 est très peu soluble dans l'eau. Afin d'augmenter sa solubilité, on confectionne une solution appelée « Lugol » qui est un mélange de diiode I2 et d'iodure de potassium KI. L'iodure de potassium doit être mis en excès. Il y a complexation des ions iodure I- avec I2 ce qui permet la solubilisation du diiode sous forme d'ions triiodures I3- :

I2(s) + I- ⟷ I3- (ion triiodure).

En microélectronique, le Lugol est utilisé dans la fabrication des dispositifs à semi-conducteurs pour la gravure de l'or ou du cuivre.

En endocrinologie, le lugol est utilisé en raison de l'affinité de l'iode pour le tissu de la glande thyroïde. À forte dose, l'iode inhibe la sécrétion des hormones thyroïdiennes. Il est donc employé dans le traitement des hyperthyroïdies, associé aux médicaments antithyroïdiens de synthèse. Il est aussi utile dans les soins précédant l'opération d'un goitre, car il diminue la vascularisation de la thyroïde. Le lugol sert également dans la protection contre la radioactivité en cas d'accident nucléaire (il sature la thyroïde et empêche ainsi les radioéléments de venir se fixer sur elle) et, beaucoup plus couramment, dans certains examens utilisant des radioéléments comme l'iode radioactif (scintigraphie surrénalienne).

En gynécologie, le test au lugol, ou test de Schiller, est un examen permettant de vérifier la présence d'une anomalie cellulaire (dysplasie) prédisposant au cancer du col de l'utérus. Il est indolore et pratiqué par le gynécologue en cabinet. Après introduction d'un spéculum dans le vagin, le col utérin est badigeonné avec un tampon imbibé de Lugol. Le col de l'utérus est tapissé d'un épithélium riche en glycogène (dérivé du glucose) : au contact de l'iode, les granulations de glycogène prennent une teinte acajou, la coloration étant d'autant plus marquée que les granulations sont plus nombreuses ; un épithélium anormal prend mal la couleur et révèle des zones non colorées dites iodonégatives. À l'examen, le contour de ces taches révèle une variation brusque de structure de l'épithélium, qui traduit des anomalies cellulaires.

Elle fait partie de la liste des médicaments essentiels de l'Organisation mondiale de la santé (liste mise à jour en avril 2013)[1].


Notes et références[modifier | modifier le code]