Sollacaro

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Sollacaro
Suddacarò (co)
Sollacaro depuis le chemin de Tabio, au sud ouest
Sollacaro depuis le chemin de Tabio, au sud ouest
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Corse-du-Sud
Arrondissement Sartène
Canton Petreto-Bicchisano
Intercommunalité Communauté de communes du Taravu
Maire
Mandat
Jean-Jacques Bartoli
2014-2020
Code postal 20140
Code commune 2A284
Démographie
Gentilé Sollacarais
Suddacarinchi (co)
Population
municipale
352 hab. (2011)
Densité 15 hab./km2
Géographie
Coordonnées 41° 44′ 42″ N 8° 54′ 46″ E / 41.745, 8.91278 ()41° 44′ 42″ Nord 8° 54′ 46″ Est / 41.745, 8.91278 ()  
Altitude 450 m (min. : 0 m) (max. : 814 m)
Superficie 23,89 km2
Localisation

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Sollacaro (en corse Suddacarò, prononcé [su.ɖːa.ka.ˈrɔ]) est une commune française du département de la Corse-du-Sud, dans la région Corse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et proto-histoire[modifier | modifier le code]

Figure mégalithique à Filitosa.

L'occupation humaine est attestée dans la vallée du Taravo dès la fin du néolithique et le début de l'âge du bronze. Sur le site archéologique de Filitosa, dans la commune de Sollacaro sur une butte en surplomb de la vallée, ont été trouvées des pointes flèches et de la poterie datant d'environ 3300 avant notre ère. Des statues-menhirs humaines de deux à trois mètres de haut, représentant des visages, armures et épées courtes, y ont été érigés vers 1500 à 1300 avant notre ère, comme gardiens probables surveillant une invasion imminente.

Selon la théorie de Roger Grosjean, l´archéologue responsable des fouilles systematiques organisées depuis 1954, les Shardanes ou les Torréens, l'un des Peuples de la mer qui déferlent sur les côtes méditerranéennes achevant l'Empire hittite et menaçant l'Égypte antique, envahissent le Sud de la Corse et la Sardaigne. À Filitosa, les statues-menhirs seront parfois réutilisées comme matériau de construction dans de grandes constructions circulaires, les torre, autour desquelles ont été construites des agglomerations neolithiques fortifiées (castelli).

Du Moyen Âge à l'époque moderne[modifier | modifier le code]

La construction du village en hauteur, caché de la mer, participe d'une tendance générale en Corse du VIIIe au XVIe siècle afin de se protéger des « pirates barbaresques » qui assaillent les côtes. La construction centrale est une maison forte du XVIe siècle, œuvre d'une famille de notables qui domine alors la Corse, les Colonna d'Istria[1].

Jusqu'à leur réunion dans la commune de Sollacaro en 1853, Sollacaro et Calvese appartiennent à la pieve d'Istria, un découpage administratif antérieur au XIe siècle permettant un mode de vie autarcique[1] .


Géographie[modifier | modifier le code]

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Vue générale du village historique depuis les nouveaux quartiers.

Le village est situé à 450 m d'altitude dans la vallée du Taravo, en grande partie sur le versant nord-ouest d'une colline, orientation qui le prive du soleil matinal[2], les quartiers historiques et en particulier la tour (Torre) sont situés sur un éperon rocheux et beneficient du soleil des 8h en été. La colline est située entre les RD 302 et 157A d'un côté et la RN 196 de l'autre côté. Il est traversé par la route départementale 302 qui relie le Col de Celaccia à Pisciatello (près d'Ajaccio) par Pila-Canale.

À vol d'oiseau, Sollacaro est à 25 km au sud-est de la préfecture Ajaccio, 14 km au nord de la sous-préfecture Sartène et 8 km au sud ouest de Petreto-Bicchisano[3], les distances par la route sont presque doublées[4].

En contrebas, sur la RD 57, en direction de Porto Polo, se situent les hameaux de Calvese et, à quelques kilomètres, de Filitosa. Tous deux appartiennent à la commune.


Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 352 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
559 536 448 607 615 685 762 706 906
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 020 1 050 1 103 1 027 1 024 1 099 1 159 1 341 1 494
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
1 433 1 259 1 286 1 292 1 078 1 056 754 657 485
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011 -
448 355 290 324 326 340 344 352 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique
Pyramide des âges[7]
Hommes Âge Femmes
13 
0–14
25 
20 
15–29
14 
26 
30–44
27 
40 
45–59
42 
29 
60–74
34 
31 
75–89
34 
90+

Malgré sa proximité du littoral, Sollacaro partage avec la plupart des communes rurales de l'intérieur un exode important jusque dans les années 1980[8] avec un solde migratoire de l'ordre de -10‰ entre 1968 et 1982. Depuis, cette tendance s'est inversée avec un solde migratoire de 15‰ sur la période 1990-1990, compensant le solde naturel de -14‰. Ainsi, passant de 448 à 290 habitants en 14 ans (1968–1982), la population s'est stabilisée autour de 324 habitants depuis 1990[7]. Cet inversement de tendance est surtout observé dans le voisinage des grandes villes Ajaccio et Bastia  : dans un phénomène de rurbanisation, on assiste au retour des retraités et de certains actifs dans les villages. L'effet reste faible à Sollacaro en raison de sa distance à ces agglomérations[8]. De fait, seuls 44 % des nouveaux arrivants de la décennie 1990-1999 proviennent de la région ; 54 % habitaient en France métropolitaine en 1990. Sept venus de métropole sur dix sont des retraités (44 %) ou d'autres inactifs (28 %)[9], revenant dans leur village d'origine après une carrière professionnelle hors de Corse.[réf. nécessaire] Cette évolution s'est ressentie au niveau de l'école primaire du village passant 150 élèves en 1945 à 8 en 1983. Elle a un temps été regroupée avec celle de la commune voisine de Casalabriva (une année sur deux à Sollacaro). Le renouveau démographique a permis au village de récupérer une école à temps plein  : elle compte actuellement une vingtaine d'élèves[1].

La population actuelle est particulièrement âgée, les personnes de 60 ans et plus comptant pour près de la moitié (46 %). Cela explique le solde naturel fortement négatif : le taux de natalité est faible (5‰) et celui de mortalité, élevé (19‰)[10].

Après une chute importante de 1968 à 1982 en corolaire de l'exode, le nombre de résidences principales est remonté en 1999 près de son niveau d'origine, avec 2,1 personnes par résidence. Le nombre de résidences secondaires a fortement augmenté au cours de toute la période et dépasse actuellement le nombre de résidences principales[7]. Cela est grande partie lié à l'habitude des anciens Sollacarais d'y conserver une résidence secondaire[11]. Seule deux résidences principales sur dix sont occupées par un locataire (21 %), sept dix (72 %) par leur propriétaire et 7 % à titre gratuit[12] ; plus de neuf sur dix (92 %) sont des maisons individuelles dont le nombre médian de pièces est 3[13] et dont la date de construction date d'avant 1949 (pour 75 %)[14].

Le nombre de personnes de plus de 15 ans non scolarisée sans aucun diplôme a diminué de moitié de 1990 à 1999, passant à 22 %. 16 % disposent d'un diplôme équivalent au baccalauréat, au brevet professionnel ou supérieur[15].

En 1999, moins de trois habitants de plus de 15 ans sur dix (28 %) exercent une activité professionnelle : 35 % sont retraités, 6 % à la recherche d'emploi et 31 % sont d'autres inactifs[16], qui sont essentiellement des femmes (75 %)[17] et des étudiants[16]. Le taux de chômage est élevé (16 %), surtout chez les hommes (19 %)[18], et deux chercheurs d'emploi sur trois sont chômeurs de longue durée[19]

Les agriculteurs ne représentent plus que 8 % de la population totale et 20 % des actifs, contre 13 % et 48 % respectivement 9 ans plus tôt ; les artisans et commerçants ne représentent plus que 12 % des actifs ayant un emploi soit une baisse du tiers depuis 1990[16]. La catégorie socio-professionnelle la plus représentée, avec quatre personnes ayant un emploi sur dix, est formée par les employés (38 % des actifs), suivie par les agriculteurs (20 %) puis les professions intermédiaires (19 %)[20],[16]. La diminution des occupations locales (artisanat, commerce, agriculture) s'accompagne par une augmentation du nombre de personnes travaillant à l'extérieur  : six personnes sur dix exercent leur activité dans une autre commune (+ 85 % en 9 ans)[21]. Le mode de transport prépondérant est la voiture particulière (85 % des personnes avec un emploi)[22]. En 1999, tous les salariés sont employés à temps plein, près de la moitié (46 %) sont titulaires de la fonction publique, la même proportion d'un contrat à durée indéterminée, et un peu moins d'un sur dix (8 %) a un emploi subventionné.

Les étrangers représentent 1,8 % de la population ; sept habitants sur dix (71 %) sont nés en Corse, ce chiffre tombe à 55 % chez les 25-59 ans[20], tranche d'âge correspondant à l'exode le plus important (des années 1950 aux années 1970) : de nombreux Corses partent travailler en métropole lors des Trente Glorieuses.[réf. nécessaire]

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie est dominée par le secteur tertiaire avec trois quarts des emplois (74 %), avec une part significative pour le secteur primaire (20 %). La construction et l'industrie ne comptent que pour 6 %[23]. Le chômage est élevé (16 % en 1999)[18] et comparable à la moyenne de la région (17,6 % en 2004, 12,9 % au niveau français)[24] ; le revenu moyen par ménage est de 87 % de la moyenne corse (9 742 € en 2004, 65 % du revenu moyen français)[25],[24].

Production[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Malgré sa proximité au littoral et le site archéologique de Filitosa, la part du tourisme dans l'économie de la commune reste limitée : en 2003, la commune ne compte aucune place de camping et aucune chambre d'hôtel classée[21].

Toutefois, Sollacaro offre plusieurs possibilités d'hébergements en gîtes et chambres d'hôtes, classés auprès des Gites de France Corse.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Site préhistorique de Filitosa
  • Église de Sollacaro
  • Monuments aux morts - Architecte Ph. Poggionovo
  • Buste de Célestin Caitucoli - Ancien maire de Sollacaro
  • Pisciaredda- fontaine construite en 1869

Photos[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Le village
  2. Vue satellite
  3. Données à vol d'oiseau du site http://www.lion1006.com : [1], [2] et [3]
  4. Distances par la route du site http://www.viamichelin.fr [4], [5] [6]
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  7. a, b et c INSEE, Sollacaro : évolution démographique 1968-2006
  8. a et b L'évolution démographique et économique constatée à Sollacaro se retrouve-t-elle ailleurs en Corse ?
  9. INSEE, Migrations (caract socio-économique selon le lieu de résidence au 01/01/90)
  10. INSEE, Sollacaro : population par âge et par sexe (5 classes d'âge) et Sollacaro : population par âge et par sexe (âge quinquennal)
  11. Sollacaro : démographie
  12. INSEE, Sollacaro : Logement : les occupants (site web indisponible en ce moment)
  13. INSEE, Sollacaro : caractère des résidences principales selon le nombre de pièces (site web indisponible)
  14. INSEE, Sollacaro : Logements par catég selon l’époque d’achèvement (site web indisponible)
  15. INSEE, Sollacaro : Formation : scolarisation et diplômes (site web non disponible)
  16. a, b, c et d INSEE, Sollacaro : CSP
  17. INSEE, Population de 15 ans ou plus par sexe, âge et type d’activité.
  18. a et b INSEE, Population active par sexe, âge et type d’activité (site web indisponible)
  19. INSEE, Sollacaro : Chômeurs selon l’ancienneté de la recherche d’un emploi
  20. a et b INSEE, Sollacaro : recensement de la population. La population active utilisée pour le calcul des pourcentages est celle donnée précédemment (98).
  21. a et b Les actifs selon le recensement de l'INSEE
  22. INSEE, Sollacaro : Emploi
  23. INSEE, Sollacaro : Population active ayant un emploi par sexe et statut selon l’activité économique (site web indisponible)
  24. a et b Corse sur le site du Journal du Management
  25. Sollacaro sur le site du Journal du Management
  26. a, b et c Entrée « « Sollacaro » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) » sur le site du Quid
  27. a et b Charles Colonna d'Istria sur http://www.ordredelaliberation.fr
  28. Maires de Sollacaro sur http://www.francegenweb.org
  29. Plaque commémorative
  30. « Célestin,Marc CAÏTUCOLI », sur assemblee-nationale.fr (consulté le 29 juillet 2011)
  31. Plaque en son honneur
  32. Photo de Paul Poggionovo hissant le drapeau français au palais Farnèse à Rome le 5 juin 1944
  33. Article sur Paul Poggionovo paru le 30 novembre 1956 dans le journal "La Marseillaise" à l'occasion du rattachement de la Corse à la France

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]