Solenodontidae

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Les solénodontes ou Solénodontidés (Solenodontidae)[1],[2] sont une famille de mammifères, de l'ordre des Soricomorpha. Elle n'a qu'un seul genre, Solenodon ou almiquis, particuliers aux Antilles. La famille des Solenodontidae comprend des mammifères terrestres nocturnes, fouisseurs et insectivores, sortes de grandes musaraignes primitives, à la morsure venimeuse.

Classification[modifier | modifier le code]

Cette famille a été décrite pour la première fois en 1872 comme étant une sous-famille par le zoologiste américain Theodore Nicholas Gill (1837-1914). C'est Dobson qui, dix ans plus tard, l'a élevée le premier au rang de famille en 1882. L'appartenance des solénodons à l'ordre des soricomorphes n'est pas encore une certitude[3].

Classification plus détaillée selon le Système d'information taxonomique intégré (SITI ou ITIS en anglais) :
Règne : Animalia ; sous-règne : Bilateria ; infra-règne : Deuterostomia ; Embranchement : Chordata ; Sous-embranchement : Vertebrata ; infra-embranchement : Gnathostomata ; super-classe : Tetrapoda ; Classe : Mammalia ; Sous-classe : Theria ; infra-classe : Eutheria ; ordre : Soricomorpha[4].

Traditionnellement, les espèces de cette famille sont classées dans l'ordre des Insectivora, un regroupement qui est progressivement abandonné au XXIe siècle[3].

Liste des genres[modifier | modifier le code]

Selon Mammal Species of the World (4 décembre 2014)[3], Catalogue of Life (5 décembre 2014)[5] et ITIS (5 décembre 2014)[6] :

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Souvent comparés aux musaraignes, les solénodontes ressemblent aux rats avec un museau cartilagineux extrêmement allongé, une queue longue, nue et écailleuse, des yeux petits et un poil rêche allant du brun foncé au noir. Mesurant entre 70-80 centimètres de long, du museau à la queue, les solénodontes ont la réputation d'être irascibles et ils poussent des cris ou sont capables de mordre au moindre signe de provocation.

Ces insectivores nocturnes, présents uniquement à Cuba et sur l'île d'Hispaniola, sont en voie d'extinction. Leur forme rappelle celle des musaraignes, mais de plus grande taille. Leur museau, très long, est renforcé par un os : l'os proboscidien. Ces Mammifères produisent une salive toxique qui se propage dans le corps de leurs proies lorsqu'ils les mordent.

Les deux espèces de solénodontes existantes sont le solénodonte de Cuba (Atopogale cubana) et le solénodonte d'Haïti ou d'Hispaniola (Solenodon paradoxus) (Hispaniola désignant l'île partagée entre la République dominicaine et la République haïtienne). Toutes deux sont à présent des espèces menacées en danger car elles sont la proie des mangoustes (Herpestes auropunctatus), introduites à l'époque coloniale pour faire la chasse aux serpents et aux rats, et également des chats et des chiens sauvages. Le solénodonte haïtien est pratiquement éteint, et l'on ne rencontre qu'exceptionnellement des traces de leur existence. On pensait que le solénodonte de Cuba avait disparu jusqu'à la découverte d'un exemplaire vivant en 2003. Le solénodonte du Marcano (Solenodon marcanoi) a disparu pendant l'Holocène.

Les solénodontes ont quelques traits vraiment curieux, dont la position des tétines (2) chez la femelle, pratiquement sur le derrière de l'animal, et également la salive venimeuse produite par des glandes salivaires modifiées de la mâchoire inférieure et qui s'écoule par des sillons marqués sur les secondes incisives inférieures. Le mot solénodonte vient du grec et signifie « dent rainurée ». Le solénodonte fait partie des rares mammifères venimeux.

Le genre Solenodon est intéressant pour les chercheurs en phylogénétique car il a conservé certaines caractéristiques des mammifères primitifs. Leurs espèces ressemblent de très près à celles qui vivaient vers la fin de l'âge des dinosaures.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad.
  2. (en) Murray Wrobel, Elsevier's Dictionary of Mammals : in Latin, English, German, French and Italian, Amsterdam, Elsevier,‎ 2007, 857 p. (ISBN 978-0-444-51877-4, lire en ligne)
  3. a, b et c Mammal Species of the World, consulté le 4 décembre 2014
  4. ITIS, consulté le 4 décembre 2014
  5. Catalogue of Life, consulté le 5 décembre 2014
  6. ITIS, consulté le 5 décembre 2014

Liens externes[modifier | modifier le code]

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