Soldat fusillé pour l'exemple

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Un soldat fusillé pour l’exemple désigne, dans le langage courant, un militaire exécuté après décision d’une juridiction militaire intervenant non seulement dans un cadre légal pour un délit précis mais aussi dans un souci d’exemplarité visant à maintenir les troupes en parfait état d’obéissance.

Il est très difficile d’apprécier le nombre exact de cas, et la part qu’a jouée parfois la volonté de « faire un exemple » d’un cas d’insubordination au front, pour éviter les paniques généralisées.

Cette pratique est à distinguer des condamnations à mort après passage en cour martiale, avec audition de témoins, conformément au Code de justice militaire, parfois utilisée par les états-majors de différents pays impliqués dans le conflit. Elle ne saurait non plus être confondue avec celle de la décimation (dans la Rome antique, pratique consistant à tuer un soldat sur dix de façon aléatoire) qui a existé ponctuellement à Rome et dans quelques armées modernes même si, dans plusieurs affaires d’abus d’autorité, et par certains aspects, elle a pu laisser apparaître des points communs.

Guerre de 1870[modifier | modifier le code]

Après les désastres de son armée et la débandade qui s’ensuivit, le gouvernement français avait autorisé par un décret du 2 octobre 1870 l’établissement de cours martiales qui permettaient l’exécution immédiate d’un soldat. Seul un compte-rendu a posteriori était demandé. Les exécutions furent nombreuses et marquèrent les esprits, mais les données historiques manquent cruellement pour donner un bilan chiffré fiable de ces exécutions.

Lors du siège de Paris de 1870-1871, la Cour martiale de Paris est instituée le 19 septembre 1870 avant d’être instituée à Vincennes, Saint-Denis, etc.

Les fusillés de Saint-Étienne-de-Fursac, trois soldats fusillés en 1871, voleurs de poules ou déserteurs selon les versions[1].

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Suivant la défaite de Charleroi et l’échec de la Bataille des frontières, les mêmes causes produisant souvent les mêmes effets, deux décrets du 2 août et du 6 septembre 1914 furent promulgués qui instituaient des Conseils de guerre spéciaux, s’ajoutant aux Conseils ordinaires qui continuaient de se tenir. Avec une procédure simplifiée et expéditive, s’inspirant des cours martiales de 1870, ces conseils s’exercèrent jusqu’à leur suppression en 1917.

Pendant la Première Guerre mondiale, en France 2 400 « poilus » auront été condamnés à mort et 600 fusillés pour l’exemple[2],[3], les autres voyant leur peine commuée en travaux forcés. Ces condamnations ont été prononcées pour refus d’obéissance, mutilations volontaires, désertion, abandon de poste devant l’ennemi, délit de lâcheté ou mutinerie (en 1917).

Les exécutions sommaires[modifier | modifier le code]

Cette estimation de 600 fusillés pour l’exemple ne prend pas en compte les exécutions sommaires. Celles-ci sont relatées dans les carnets de guerre des soldats. Ainsi les Mémoires d’un troupier d’Honoré Coudray du 11e bataillon de chasseurs alpins explicite les exécutions sommaires auxquelles il dit avoir assisté :

  • En juillet 1916, un chasseur est accusé de dévaliser les morts ; blessé par les artilleurs, il est abattu par son commandant. Coudray commente « le taré P.... a trouvé un moyen rapide de suppléer au conseil de guerre,....aucun interrogatoire, aucune enquête ». Pour masquer son crime, le commandant inscrit la victime dans la liste des morts au champ d’honneur ;
  • En octobre 1916, un jeune chasseur de la classe 1915, paniqué, fuit le front pendant un bombardement. Le commandant le convoque : « monte sur le parapet », le commandant le suit et le tue d’une balle dans la tête.

Outre les informations d’Honoré Coudray, il est intéressant de connaître ses convictions : fervent partisan de l’ordre, il reproche aux mutins de 1917 leur attitude de rébellion. Ainsi il démontre que la critique des exactions de cet officier n’est pas liée à un parti pris contestataire[4].

Les motifs des condamnations[modifier | modifier le code]

En 1914, les condamnés sont principalement accusés de s’être volontairement mutilés un membre (main, pied). Laisser sa main traîner au-dessus de la tranchée était passible du conseil de guerre.[réf. nécessaire]

En 1915 et 1916, on assiste de plus en plus à des désertions, puis se développent deux formes de crimes :

  • le refus d’obéissance devant l’ennemi. Cette dénomination issue de la justice militaire est le prétexte à des condamnations totalement arbitraires notamment lorsque les généraux n’étaient pas satisfaits d’un repli de troupes ;
  • l’abandon de poste. Il s’agit de désertion dans la majeure partie des cas.

En 1917, les condamnations concernent des comportements collectifs. Les célèbres mutineries du Chemin des Dames restent gravées dans les mémoires tant par leur caractère exceptionnel que dans la répression qui suivit[5].

Le Poilu ne refuse pas de se battre mais il refuse d’attaquer à outrance. À Craonne, lors des sanglants assauts commandés par le général Nivelle, ce sont 30 000 hommes qui meurent en 10 jours (et 100 000 sont blessés). En 1918, en France comme chez les Alliés, on constate un déclin des exécutions. En effet, les commandements militaires comprennent mieux l’état mental des soldats, les conséquences du « Shell-Shock », ce choc psychologique provoqué par les conditions de vie des soldats notamment sous les bombardements.

L’évolution de la justice militaire pendant la guerre[modifier | modifier le code]

Conseil de guerre dans une église (journal L’Illustration, octobre 1917).

Au tout début de la guerre, les militaires ont obtenu du gouvernement la présentation des prévenus devant le conseil de guerre sans instruction préalable. Début septembre 1914, le ministre de la guerre abolissait les possibilités de recours en grâce et en révision. De plus, Joffre réussit à imposer aux politiques, la constitution de cours martiales dénommées « les conseils de guerre spéciaux », qui devaient juger rapidement et durement pour l’exemple. Les prévenus était jugés par une « cour » composée en général du commandant de régiment assisté de deux officiers. Ils votaient et la majorité scellait le sort du soldat. En cas de condamnation à mort la sentence était applicable dans les 24h selon les préconisations de Joffre. Ainsi les principes d’indépendance des juges, de débats contradictoires et enfin de recours ont été abolis. Sur les 600 fusillés pour l’exemple environ 430 l’ont été en 1914 et 1915 (selon André Bach). Devant les abus révélés par la presse et les associations, le parlement tenta d’atténuer cette justice expéditive. À la fin de l’année 1915, les conseils de guerre spéciaux sont supprimés. Enfin le 27 avril 1916, une loi permet d’atténuer et de contrôler cette justice militaire.

Dans le monde[modifier | modifier le code]

La France avec environ 600 fusillés se situerait en seconde position derrière l’Italie, qui a exécuté 750 de ses soldats, et devant le Royaume-Uni avec 306 fusillés dont le plus jeune exécuté durant la guerre, âgé de dix-sept ans[6]. L’Allemagne indique officiellement 48 fusillés (ce qui paraît cependant peu) et le Canada 25 fusillés[7]. Il y eut aussi de nombreuses exécutions dans l’armée russe. L’armée américaine fait état de seulement 11 exécutions et essentiellement pour des viols et des meurtres ; ce petit nombre s’expliquerait par le meilleur encadrement médical des soldats, plus au fait des questions de psychiatrie. Seules les forces d’Australie n’exécutaient leurs soldats sous aucun motif.

Quelques fusillés pour l’exemple[modifier | modifier le code]

Parmi les 600 fusillés pour l’exemple français, certains sont restés dans les mémoires, soit parce qu’ils ont été réhabilités, soit parce qu’ils sont représentatifs du traitement qu’ont subi leurs confrères. Ces exemples ne représentent toutefois que quelques cas sur des milliers, et ne doivent pas faire l’objet d’une généralisation abusive.

France, 1914[modifier | modifier le code]

  • Le 1er septembre 1914, à Remenoville, Frédéric Henri Wolff est le premier fusillé pour l’exemple. Il était chef de bataillon du 36e Régiment d’infanterie coloniale.
  • Le 7 septembre 1914, 7 soldats du 327e sont exécutés : Barbieux, Clément, Caffiaux, Hubert, Delsarte, Dufour et Waterlot. Ce dernier sort indemne de la fusillade et meurt sur le front le 10 juin 1915. L’affaire dite « des fusillés du 327e » a fait l’objet d’une campagne de réhabilitation très importante de la Ligue des droits de l’Homme mais qui n’a pas a abouti[8].
  • Le 18 septembre 1914, le conseil de guerre de la 29e division d’infanterie, à Verdun, condamne à la peine de mort six hommes.
  • Le 19 septembre 1914, les soldats Auguste Jules Léon Odde (24e bataillon de chasseurs, né le 29 novembre 1892 à Six-Fours, Var) et Joseph Tomasini sont fusillés tandis que les quatre autres ont leur peine commuée en vingt ans de détention, puis annulée par la Cour de cassation le 10/03/1915[9].
  • Alphonse Brosse et Jean Boursaud du 238e R.I. fusillés le 10 octobre 1914 à Ambleny (02). Condamnés par jugement du Conseil de guerre de la 63e division tenu à Ambleny le 10 octobre 1914 pour abandon de poste en présence de l’ennemi
  • Arnold Maille du 1er R.I., fusillé le 22 octobre 1914 à Cormicy (51). Joseph Auguste Charles Henry Bonnin du 137e RI, fusillé dans la Somme le 16 octobre 1914. Albert Arjailles du 42e RIC fusillé le 11 septembre 14 à Ville devant Belrain (55). Alfred Désiré Fernand Bayard du 128e RI fusillé le 12/09/1914 à Vouillers (51). Léon Appolinaire Bazin du 16e RIT fusillé le 16 octobre 1914 à Bavincourt (62). Bellal Mohammed Ben Mohammed Ben Salem du 6e R tirailleurs fusillé le 31 décembre 1914 à Tracy le Mont (60).
  • Eugène Bouret, du 48e régiment d’artillerie, victime du « Shell-Shock » le 29 août 1914, il s’égare et erre à l’arrière du front. Il est arrêté, jugé pour abandon de poste et fusillé le 7 septembre 1914 avec cinq autres coaccusés (Claudius Urbain du 299e RI né le 1er janvier 1882 à Chuzelles (38), mineur à Vienne - Ernest François Macken chasseur du 53e BCA, né le 3 novembre 1889 à Saint-Denis (93), cultivateur à Liancourt (60), inculpé d’abandon de poste en présence de l’ennemi à Rougiville le 2 septembre 1914 - Benoît Manillier du 22e RI, né le 22 mai 1887 à Leyrieu (38), cultivateur, inculpé d’abandon de poste en présence de l’ennemi à Rougiville le 03/09/1914 - Francisque Jean Aimé Ducarre du 30e RI, né le 04/01/1892 à St Quentin Falavier (38), voiturier, inculpé d’abandon de poste en présence de l’ennemi à Taintrux le 3 septembre 1914 - Francisque P. chasseur du 11e BCA, né le 1er février 1882 à La Grand Croix (42), métallurgiste à Rives de Gier, inculpé d’abandon de poste en présence de l’ennemi à Taintrux le 3 septembre 1914). Il sera réhabilité dès 1917[10].
  • Henri Bourgund a été fusillé le 8 novembre 1914 « pour avoir abandonné son poste en présence de l’ennemi » lors des combats de Saint-Laurent Blangy, près d’Arras. Il a été exécuté et enseveli dans un pré, à la lisière de Sainte-Catherine et au nord de la Scarpe [11].
  • Marcel Loiseau, du 106e régiment d’infanterie, blessé se rend à l’infirmerie. Il est accusé d’abandon de poste avec mutilation volontaire et fusillé le 12 octobre 1914 à Mouilly. Il est réhabilité le 17 mars 1922, l’accusation étant infondée.
  • Les Martyrs de Vingré, du 298e régiment d’infanterie, le caporal Henri Floch, les soldats Jean Blanchard, Francisque Durantet, Pierre Gay, Claude Pettelet et Jean Quinault, réhabilités solennellement par la Cour de cassation le 29 janvier 1921.
  • Léonard Leymarie, du 305e régiment d’infanterie, condamné pour mutilation volontaire, n’a été réhabilité mais est mentionné comme « Mort pour la France ».
  • Deux soldats du 2e Régiment de Tirailleurs Marocains sont fusillés à Tracy-le Mont (60) : Ben Abdel K. Berrafaa (fusillé le 7 octobre 1914, condamné le 6 octobre 1914 pour abandon de poste en présence de l’ennemi. Au cours du jugement fut également condamné pour la même raison M. Kiname Daoudji mais qui ne fut pas exécuté car il s’évada) et Ben Zineb Amar (fusillé le 11 octobre 1914 pour abandon de poste en présence de l’ennemi)[12]
  • François Marie Laurent du 247e régiment d’infanterie, originaire de Mellionnec est souvent cité comme ayant été exécuté « parce que ce Breton ne savait pas le français ». N. Offenstadt produit (page 41) le certificat du médecin militaire, le docteur Buy, qui le soupçonne de mutilation volontaire, alors qu’il est blessé à la main gauche. La contre-expertise de 1933 conclut que la pièce médicale du dossier est insuffisante pour prouver une mutilation volontaire. Il est réhabilité en décembre 1933[13].
  • Élie Lescop, du 336e régiment d’infanterie, fusillé le 18 octobre 1914, pour abandon de poste et mutilation volontaire, à Souain. Il est réhabilité par la Cour spéciale de justice militaire en 1934.
  • Jean-Julien Chapelant, sous-lieutenant commandant la 3e section de mitrailleuses du 98e régiment d’infanterie, a été capturé avec une poignée de survivants. Blessé, il réussit à regagner les lignes françaises. Pourtant, il sera condamné à mort pour « capitulation en rase campagne ». Le 10 octobre 1914, il sera fusillé attaché à son brancard dressé contre un pommier[14].
  • Sont également fusillés en 1914 dans l’Aisne : Paul Pessina (soldat du 144e RI, fusillé le 29 septembre 1914 à Cuiry les Chaudardes), Georges Paul Voyer (soldat du 1er Régiment de génie, fusillé le 15 novembre 1914 à Braine), Louis Goffin (soldat du 12e RI, fusillé le 12/12/1914 à Saint-Aubin), Jean Grateloux (soldat du 238e RI, fusillé le 12 décembre 1914 à Nouvron-Vingré, condamné pour mutilation volontaire par le conseil de guerre de la 63e division), Léon Georges Coulon (soldat du 1er Régiment de génie, fusillé le 15 novembre 1914 à Braine), Louis Abadie (soldat du 246e RI, fusillé le 24 décembre 1914 à Vauxbuin, inhumé au cimetière militaire de Vauxbuin, condamné pour abandon de poste en présence de l’ennemi et vol par le conseil de guerre de la 55e division le 29 octobre 1914), Émile Guiraud (soldat du 42e RI, fusillé le 16 novembre 1914 à Nouvron-Vingré, condamné le 15 novembre 1914 pour abandon de poste en présence de l’ennemi), Henri Joseph Jolbert (tambour du 42e RI, né le 15 octobre 1889 à Luxeuil les bains, fusillé le 16 novembre 1914 à Nouvron-Vingré, inhumé au cimetière militaire d’Ambleny, condamné pour abandon de poste en présence de l’ennemi)[15].

France, 1915[modifier | modifier le code]

La stèle sur la tombe de Félix Baudy à Royère-de-Vassivière.
  • Félix Baudy, maçon de la Creuse a été fusillé avec le soldat François Fontanaud, le caporal Antoine Morange et le soldat Henri Prébost, à la suite du refus collectif de sa compagnie, du 63e régiment d’infanterie, de remonter à l’assaut. Ils ont été réhabilités en 1934 par la Cour spéciale de justice, cette dernière comprenant des anciens combattants[16].
  • Les soldats Camille Chemin et Édouard Pillet, du 37e régiment d’infanterie coloniale, ont été condamnés à mort à cause d’un malentendu. Leur capitaine les a désignés pour rester à l’arrière afin de surveiller des sacs. Un nouveau capitaine est nommé, celui-ci les considère comme déserteurs. Ils sont condamnés et exécutés. Ils seront réhabilités en 1934[17].
  • Lucien Bersot, du 60e régiment d’infanterie, condamné à mort pour refus d’obéissance; il avait refusé de prendre un pantalon maculé de sang pour remonter au combat avec ses camarades. Il a été réhabilité en 1922[16].
  • Les caporaux de Souain, les quatre caporaux Théophile Maupas, Louis Lefoulon, Lucien Lechat et Louis Girard, du 336e régiment d’infanterie, ont été condamnés à la suite du refus collectif de la compagnie de remonter à l’assaut. Ils ont été réhabilités en 1934 par la Cour spéciale de justice, cette dernière comprenant des anciens combattants.
  • Le soldat Jean-Baptiste Bachelier, né aux Sorinières (44) est fusillé le 4 juillet 1915 à 25 ans [18].
  • Auguste Gonsard, soldat du 104e régiment d’infanterie, condamné à mort et fusillé en mars, pour abandon de poste par automutilation. Il fut réhabilité en 1925.
  • Joseph Gabrielli, soldat du 140e régiment d’infanterie. Pauvre d’esprit, illettré et ne parlant que le corse, il avait perdu le contact avec sa compagnie après s’être fait soigner d’une blessure reçue lors d’une attaque. Condamné pour abandon de poste le 14 juin 1915 et fusillé le jour même, il fut réhabilité par la Cour spéciale de justice le 4 novembre 1933.
  • Louis Pardimène, né le 15 juillet 1880 à Barzun (64), fils de Pierre et de Marie Ribes, soldat du 83e régiment d’infanterie a été fusillé le 7 janvier 1915 à Châlons-sur-Marne (51)
  • Le soldat Lucien Mervelay Lucien du 174e RI est exécuté à Saint-Amand-sur-Fion (51) le 3 avril 1915 avec trois autres hommes d’autres régiments en présence de la 95e brigade.
  • Sont également fusillés dans l’Aisne en 1915 : François Bihouise (soldat du 88e RI, fusillé le 13/05/1915 à Maizy, inhumé au cimetière militaire de Pontavert), Régis Rochelimagne (soldat du 238e RI, fusillé le 21/05/1915 à Courmelles, condamné par le conseil de guerre de la 63e division pour voie de fait et outrage à supérieur), Lucien François Lequeux (soldat du 306e RI, fusillé le 07/03/1915 à Braine, Mardochée Louis Lévy (soldat du 49e RI, né le 08/08/1884 à Bayonne, fusillé le 15/01/1915 à Maizy, inhumé au cimetière militaire de Pontavert, célibataire, coiffeur, fils de David Albert Lévy), Louis Longuetaud (soldat du 249e RI, fusillé le 14/03/1915 à Bourg et Comin), Henri Louis Chassaigne (du 321e RI, fusillé le 30/07/1915 à Hartennes et Taux), Jules Émile Chipaux (du 42e RI, fusillé le 29/01/1915 à Saint-Pierre Aigle, inhumé au cimetière militaire de Crouy), Edouard Joseph André (du 24e RI, fusillé le 21/01/1915 à Berry au Bac)[15].

France, 1916[modifier | modifier le code]

En leur honneur à Reims.
  • Six soldats de Loire-Inférieure sont fusillés en 1916. Il s’agit de : caporal Joseph Bertin, né à Nozay, fusillé le 5 juin 1916 à 25 ans ; soldat Alexandre Kerfontan, né à Indre, fusillé le 24 juillet 1916 à 30 ans ; soldat Louis Legendre, né à Fégréac, fusillé le 29 novembre 1916 à 33 ans ; caporal Émile Le Pahun, né à Saint-Nazaire, passé par les armes le 1er juin 1916 à 30 ans ; soldat Joseph Porcher, né à Saint-Nazaire, passé par les armes le 24 octobre 1916 à 36 ans ; soldat Jean-Michel Suraud, né à Nantes, passé par les armes le 7 septembre 1916 à 34 ans[18].
  • En même temps que Jean-Michel Suraud, sont fusillés avec lui le 7 septembre 1916 à Verderonne (Oise) : Justin Louis Lorho (soldat au 3e R.A.C., né le 12/07/1892 dans le Morbihan à Saint Pierre Quiberon) et Louis François Mathurin Chevestrier (marsouin au 8e R.I.C, né dans les Côtes d’Armor le 25/01/1880 à Saint-Juvat)[19].
  • Les sous-lieutenants Henri Herduin et Pierre Millant, du 347e régiment d’infanterie. Pour s’être repliés sur Verdun alors qu’ils étaient à court de munitions et dans l’impossibilité de recevoir des renforts, avec ce qui restait de leur compagnie (une quarantaine d’hommes), ils furent exécutés sans jugement à Fleury-devant-Douaumont le 11 juin 1916. En 1921, Louis Barthou le Ministre de la guerre, écrit aux familles en indiquant, que les deux fusillés sont morts pour la France alors que ces fusillés ne sont pas réhabilités juridiquement. Ces compensations honorifiques et militaires sont complétés par des réparations financières. Ils seront réhabilités officiellement en 1926.
  • Sont fusillés le 22/05/1916 à Roucy (02) après avoir été condamnés à mort le 30/04/1916 par le Conseil de guerre de la 55e division pour avoir refusé pendant une heure de remonter aux tranchées : Émile Frédéric Lhermenier (soldat au 96e RI, né le 15/04/1894, peigneur de chanvre, célibataire, fils de Alexandre Lhermenier et de Louise Souty, inhumé au cimetière militaire de Pontavert dans l’Aisne), Lucien Baleux (soldat au 96e RI, 2e compagnie, né le 31/01/1897 à Paris (19e), célibataire, fils de Alexandre Alfred Baleux et de Victorine Henriette Croisoeufs), Félix Louis Milhau (soldat au 96e RI.), Paul Pierre Regoult (soldat au 96e RI)[15].
  • Le soldat Le Dû fusillé en septembre 1916, dans l’Oise, pour rébellion.
  • Le caporal Sylvestre Marchetti et le soldat Julien Lançon, du 8e régiment d’infanterie coloniale, fusillés le 22 octobre à 6 h 30, au lieu-dit La Cavée d’Hayon à Sarcus, dans l’Oise[20].
  • Sont également fusillés dans l’Asine en 1916 : Armand Désiré Gontier (du 75e RI, fusillé le 20/12/1916 à Guyencourt), Théophile Boisseau (du 246e RI, né en août 1844 à Paris, fusillé le 06/06/1916 à Maizy, inhumé au cimetière militaire de Pontavert)[15].

France, 1917[modifier | modifier le code]

  • Le caporal Joseph Dauphin, du 70e bataillon de chasseurs à pied condamné à mort le 06/06/1917 à la suite de la mutinerie de Beuvardes car sous l’effet de l’alcool (les permissions avaient été refusées), il aurait tiré quelques coups de fusil et lancé à la cantonade des "propos séditieux". Avant cette condamnation il avait reçu en 1915, la Croix de guerre avec palmes pour plusieurs actes héroïques. Promu caporal, il reçut par trois fois une citation pour sa conduite exemplaire au combat. Il n’a pas été réhabilité. Fusillé le 12/06/1917 à Ventelay (51). Cultivateur, marié, père d’un enfant. Inhumé au cimetière militaire de Cormicy (51).
  • André Petit, né le 21/12/1895 à Escamps (89) et fusillé le 28/02/1917 à Gueux (51) sous le motif d'abandon de poste. Il est également inhumé au cimetière militaire de Cormicy (51).
  • Sont fusillés le 20/06/1917 à Chacrise (02) : Charles Vally (soldat du 60e BCP, né le 08/02/1892 à Raon les Leau (54), fils de Charles Vally et de Marie Paradis. Condamné par le Conseil de guerre de la 77e division prononcé le 12/06/1917 pour crime de refus d’obéissance en présence de l’ennemi), Victor Alexandre Norbert Degouet (soldat au 159e RI, né le 25/12/1895 à Paris, opérateur au cinématographe, fils de Alexandre Degouet et de Félicie Evrard), Louis Flourac (soldat au 60e BCP, né le 05/07/1893 à Saint Ybars (09), cultivateur, fils de Joseph Flourac et de Rose Lacoste), Joseph Célestin Bonniot (du 97e RI, né le 22/02/1884 à Celles (38), fusillé le 20/06/1917 à Chacrise, boulanger, fils de Augustin Bonniot et de Léonie Chrétien, marié)[15].
  • Arthur Nicolas Renauld (du 70e B.C.P., né le 05/12/1891 à St Amand les Eaux (59) et fusillé le 12/06/1917 à Ventelay (51). Mineur, marié, père d’un enfant. Matricule 2194 au recrutement de Valencienne classe 1911 (Source AD 59 : Volume 9 page 237)[15].
  • Le soldat Jules Allard, né à Nantes, est fusillé le 13 février 1917 à 24 ans[18].
  • Sont fusillés le 12/06/1917 à Maizy trois hommes du 18e RI : Jean-Louis Lasplacettes, né le 26/08/1887 à Aydius (64), cultivateur, fils de Michal Lasplacettes et de Anne Casebonne), Casimir Canel, né le 01/03/1896 à Avesnes-le-Comte, et Alphonse Robert Didier, né le 07/04/1884 à Vagney (88), employé de commerce, fils de Félicien Didier et de Marie Lecomte) ; Vincent Moulia, également condamné, réussit à s'échapper la nuit précédente.
  • Sont également fusillés dans l’Aisne en 1917 : Pierre Gaston Lefèvre (né le 04/06/1897 à Morfontaine (54) et fusillé le 16/06/1917 à Soissons, cantonnier, fils de Jean-Baptiste Lefèvre et de Zoé Reder, condamné à mort le 09/06/1917 à la suite de la mutinerie de Mercin, par le Conseil de guerre de la 13e division pour révolte par prise d’armes sans autorisation et agissements contre les ordres des chefs), Albert Emilien Truton (soldat au 75e RI, né le 07/10/1895 à Le Mage (61) et fusillé le 16/06/1917 à Pargnan, cultivateur, fils de Constant Truton et de Françoise Maintenant, marié, père d’un enfant, Croix de guerre avec étoile de bronze, condamné à mort à la suite de la mutinerie de Pargnan par le Conseil de guerre de la 27e division le 10/06/1917 pour refus d’obéissance, étant commandé pour marcher contre l’ennemi, inhumé au cimetière militaire de Cerny en Laonnois), Pierre Louis Joseph Ramette (du 273e RI, fusillé le 01/05/1917 à Longueval), Joseph Louis Ruffier (du 370e RI, né le 04/05/1884 à Lachassagne (69), fusillé le 06/07/1917 à Saint Pierre Aigle, inhumé au cimetière militaire de Vauxbuin), Henri Désiré Valembras (du 323e RI, cultivateur, né en 1887 à Avernes sous Exmes (61) et fusillé le 13/06/1917 à Craonne, inhumé au cimetière militaire de Pontavert), André Alfred Vasse (du 274e RI, né le 04/01/1893 à Graville (50), fusillé le 02/07/1917 à Paars), Simon Krief (du 4e régiment de zouaves, fusillé le 14/02/1917 à Pavant), Jean Claude Gaillet (du 417e RI, fusillé le 02/11/1917 à Juvigny), René Louis Brunet (du 20e BCP, fusillé le 10/06/1917 à Grisolles), Émile Paul Buat (du 21e BCP, fusillé le 10/06/1917 à Grisolles), Hassan Ben Salah Ben M’Bareck (du 8e régiment de tirailleurs, fusillé le 05/10/1917 à Droizy)[15].

France, 1918[modifier | modifier le code]

  • Le soldat Gillet est exécuté le 2 juin 1918. La Ligue des droits de l’Homme va accompagner pendant plusieurs années le père du fusillé pour obtenir, sans succès, sa réhabilitation. En août 1920 est décernée une décoration militaire posthume à Gillet[8].
  • Sont également fusillés dans l’Aisne en 1918 : Charles Victor Robert (du 131e RI, fusillé le 04/01/1918 à Bouconville Vauclair, inhumé au cimetière militaire de Pontavert), Georges Gaillagot (du 49e RI, fusillé le 08/10/1918 à Allemant)[15].

On constate, durant cette dernière année du conflit, un déclin des exécutions. Les commandements militaires comprenant mieux l’état mental des soldats provoqué par les conditions de vie en guerre notamment sous les bombardements.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

De nombreux cas sont recensés, l’un des plus connus étant celui d’Eddie Slovik, le seul soldat de l’armée américaine, exécuté pour désertion, le 31 janvier 1945 à Sainte-Marie-aux-Mines.

Mémoire[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

  • Le monument de Vingré élevé à la mémoire des six martyrs par les anciens combattants du 298e RI. Il est inscrit sur le monument : « Dans ce champ sont tombés glorieusement le caporal Floch, les soldats Blanchard, Durantet, Gay, Pettelet et Quinault du 298e R.I., fusillés le 4 décembre 1914, réhabilités solennellement par la Cour de cassation le 29 janvier 1921. - Hommage des anciens combattants du 298e R.I. à la mémoire de leurs camarades morts innocents victimes de l’exemple. »
  • Sur la tombe de Félix Baudy à Royère-de-Vassivière, ses amis ouvriers maçons ont déposé une plaque commémorative avec l’inscription « Maudite soit la guerre - Maudits soient ses bourreaux - Baudy n’est pas un lâche - Mais un martyr ».
  • Le 1er décembre 2007 a été inauguré à Suippes située dans le département de la Marne, un monument à la mémoire des caporaux de Souain fusillés pour l’exemple le 17 mars 1915 à Suippes. La réalisation du monument a été confiée au sculpteur Denis Mellinger dit Melden. Il s’est inspiré d’un dessin de Jacqueline Laisné[22].
  • Le Shot at Dawn Memorial est un monument anglais près de Alrewas dans le Staffordshire en mémoire des 306 soldats fusillés pour l’exemple durant la Première Guerre mondiale.

Dans l’art[modifier | modifier le code]

  • Ils n’ont pas choisi leur sépulture : c’est une sculpture monumentale en bronze de quatre mètres de haut réalisée par le sculpteur Haïm Kern pour le mémorial du plateau de Californie à Craonne. Ce mémorial a été inauguré par Lionel Jospin en 1998, le jour de son discours visant à réintégrer les soldats fusillés pour l’exemple dans leur honneur.
  • Un long dimanche de fiançailles, film de Jean-Pierre Jeunet, d'après le roman de Sébastien Japrisot, sorti en 2004. L’héroïne du film, Mathilde jeune boiteuse romantique part à la recherche de son amoureux Manech, présumé mort. Celui-ci, avec quatre de ses compagnons, a été accusé de mutilation volontaire et condamné à mort. Ils seront conduits jusqu’à un avant-poste nommé « Bingo crépuscule » et abandonnés à leur sort dans ce no man’s land qui sépare les deux camps. Mathilde mène son enquête et découvre des indices qui vont l’amener à retrouver Manech.
  • Joyeux Noël, film de Christian Carion, sorti en 2005, sur les fraternisations entre les camps ennemis dans les tranchées et leur répression.
  • Le Feu, d’Henri Barbusse (1873-1935) engagé volontaire en 1914 à l’âge de 41 ans, il obtint le Prix Goncourt en 1916.
  • Les Sentiers de la gloire, film de Stanley Kubrick avec Kirk Douglas (1957), histoire librement inspirée de l'affaire des caporaux de Souain.
  • Pour l’exemple, film de Joseph Losey (1964), raconte l’histoire d’un soldat britannique fusillé en 1917.
  • Fusillés pour l’exemple, film documentaire de Patrick Cabouat, diffusé en 2003.
  • Les Hommes contre, film italien produit et réalisé par Francesco Rosi en 1970.
  • Le Pantalon, film d’Yves Boisset, d’après l’ouvrage d’Alain Scoff.
  • Varlot soldat, bande dessinée de Didier Daeninckx et Jacques Tardi, L’Association, 1999
  • Le téléfilm Blanche Maupas de Patrick Jamain sur un scénario d’Alain Moreau, diffusé le 11 novembre 2009 sur France 2, retrace la vie le combat de Blanche jouée par Romane Bohringer, épouse de Théophile Maupas (Thierry Frémont), pour la réhabilitation des soldats fusillés pour l’exemple[23].
  • Fucilati in prima ligna / Fusillés en première ligne, film documentaire de Jackie Poggioli, sur les Corses fusillés pour l’exemple au cours de la Première Guerre mondiale. Durée 78 minutes,produit par France3Corse, première diffusion le 26 mai 2011. Parmi les chercheurs interviewés figure le général André Bach. À la suite de ce documentaire, l'Assemblée de Corse a voté à l'unanimité,en juillet 2011,une motion demandant la réhabilitation des fusillés.

Réhabilitation[modifier | modifier le code]

À l'étranger[modifier | modifier le code]

Le gouvernement britannique a, en 2006, par voie législative, réhabilité les 306 soldats britanniques fusillés. Les cinq fusillés néo-zélandais ont été réhabilités en 2000, et les Canadiens honorés l’année suivante[24].

France[modifier | modifier le code]

Réhabilitation dans l'entre-deux guerres[modifier | modifier le code]

Très peu, environ une quarantaine[25] sur 600, ont été rétablis dans leur honneur dans les années 1920 ou 1930, à force d’acharnement et de courage de la part des familles de victimes soutenues par les associations d’anciens combattants et par la Ligue française pour la défense des droits de l’homme et du citoyen.

La famille du soldat fusillé pour l’exemple était doublement touchée du deuil. En effet la honte d’avoir eu un frère, un père, un époux condamné pour sa lâcheté était très difficile à supporter. Cela s’ajoutait inéluctablement au poids du deuil. Le frère de Henry Floch indique lors de l’inauguration du monument de Vingré en 1925[26] : « Nous avons vécu dans une atmosphère affreuse de la suspicion illégitime et la honte injustifiée ». Le fils de Pettelet autre fusillé de Vingré a dû être retiré de l’école, son éducation est confiée à un précepteur. La veuve Pettelet a reçu des insultes et des menaces, elle sort dans la rue avec un pistolet pour se protéger[27].

Interventions au niveau local[modifier | modifier le code]

En 2006, l’affaire Léonard Leymarie a amené le sénateur de la Corrèze Georges Mouly (R.D.S.E.) à attirer l’attention d’Hamlaoui Mekachera, alors ministre délégué aux anciens combattants, sur les « fusillés pour l’exemple. » Il lui a demandé l’état de la réglementation actuelle quant à l’inscription du nom des fusillés pour l’exemple réhabilités sur les monuments aux morts des communes, où ils ne figurent pas[28]. En effet, jusqu’en 2008, le nom de Leymarie est demeuré absent du monument aux morts de Seilhac érigé en 1924. Mais sa réhabilitation avait échoué malgré les efforts répétés à trois reprises de la Ligue des droits de l’Homme entre 1921 et 1925. Sa fiche, visible sur le site Mémoire des hommes, mentionne pourtant une réhabilitation sans donner la moindre date. En revanche, à Seilhac, la mention « Mort pour la France » avait été ajoutée avant 1919 à son acte de décès transcrit le 29 avril 1915 sur le registre d’état civil (acte n° 12). Cette mention existait sur l’acte de décès du 305e RI (n° 99), établi à Ambleny (Aisne) le 19 décembre 1914 et contresigné par deux témoins, un caporal et le médecin aide-major du dit régiment. Dans sa réponse, le ministre a rappelé que les noms des militaires fusillés pour l’exemple puis réhabilités peuvent être inscrits sur les monuments aux morts communaux, s’ils se sont vu attribuer la mention « mort pour la France ». Cette décision d’inscription incombe aux communes, sous la tutelle du préfet. Il n’existe toutefois aucune obligation d’inscription pour les communes.

L’article L. 488[29] du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre distingue cinq catégories de morts pour la France :

  • 1°) les militaires qui ont été tués à l’ennemi,
  • 2°) ceux qui sont morts de blessures de guerre,
  • 3°) les décédés de maladie contractée en service commandé en temps de guerre,
  • 4°) les victimes d’accident survenu en service,
  • 5°) ceux qui sont morts à l’occasion du service en temps de guerre [30].

En 2008, le Conseil général du département de l’Aisne a adopté à l’unanimité un vœu demandant aux autorités françaises de reconnaître les soldats condamnés pour l’exemple comme des soldats de la Grande Guerre à part entière et à inscrire leurs noms sur les monuments aux morts[31]. Les élus de gauche comme de droite ont insisté sur la nécessité d’un apaisement de la mémoire et d’une générosité de la République vis-à-vis d’hommes qui étaient à bout[32]. Le 4 décembre 2004, à l’occasion du 90e anniversaire de l’exécution de Vingré, les six fusillés sont faits « citoyens d’honneur de l’Aisne » par le président du Conseil général de l’Aisne. Une étude du Conseil général de l’Aisne a permis de dénombrer pour ce département 56 fusillés pour l’exemple, dont 3 (Maille en 1914, Dauphin et Renauld en 1917) qui condamnés dans l’Aisne ont été exécutés à la limite de la Marne[15].

Quatorze Conseils généraux ont pris position pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple : l’Aisne (le 16/04/2008), l’Allier, l’Ardèche, la Corrèze, le Doubs (en octobre 2008[33]), la Haute-Garonne, l’Hérault, la Loire, l’Oise, le Rhône (le 25/11/2011), la Haute-Saône, la Somme, l’Essonne (le 21/11/2011[34]), la Nièvre ( délibération du Conseil Général le 25 juin 2012)

En août 2011, l’Assemblée de Corse a adopté à l’unanimité une motion demandant la réhabilitation des soldats fusillés pour l’exemple pendant la première guerre mondiale.

Le 25 juin 2012, le Conseil régional de Champagne-Ardenne vote un vœu pour la réhabilitation jugeant notamment que "tous ces hommes ont été injustement dépossédés de leur honneur. Il appartient à la République de le leur rendre et de réparer cette injustice comme le demandent leurs descendants et nombre d'associations. Le Conseil régional apporte son soutien à cette réhabilitation pleine, publique et collective de tous les « fusillés pour l'exemple » de la guerre de 1914-1918 et demande au Président de la République de prendre une décision forte en ce sens".

Interventions au niveau national[modifier | modifier le code]

Dans son discours du 5 novembre 1998 à Craonne, à l’occasion du 80e anniversaire de l’armistice de 1918, le Premier ministre de l’époque Lionel Jospin a souhaité que les soldats « fusillés pour l’exemple », « épuisés par des attaques condamnées à l’avance, glissant dans une boue trempée de sang, plongés dans un désespoir sans fond », qui « refusèrent d’être des sacrifiés », victimes « d’une discipline dont la rigueur n’avait d’égale que la dureté des combats, réintègrent aujourd’hui, pleinement, notre mémoire collective nationale »[35]. Dans le contexte de cohabitation, cette initiative fut critiquée par le Président de la République Jacques Chirac et plusieurs représentants de la droite française, dont Philippe Séguin et Nicolas Sarkozy[36].

En 2008, le secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens combattants, Jean-Marie Bockel, a indiqué qu’il réfléchissait à une réhabilitation, "au cas par cas", de mutins de la Première Guerre mondiale, afin que Nicolas Sarkozy puisse "prendre une orientation d’ici le 11 novembre"[37]. À la suite de cette annonce des journaux nationaux évoquent cette question[38]. Le président de la République Nicolas Sarkozy a rendu hommage à tous les morts de la Première Guerre mondiale le 11 novembre 2008, y compris les soldats français fusillés par leur commandement[39].

Le 20 décembre 2011, des sénateurs communistes ont déposé une proposition de loi relative à la réhabilitation collective des fusillés pour l’exemple de la guerre de 1914-1918 comportant un article unique ainsi rédigé : Les « fusillés pour l’exemple » de la première guerre mondiale font l’objet d’une réhabilitation générale et collective et, en conséquence, la Nation exprime officiellement sa demande de pardon à leurs familles et à la population du pays tout entier. Leurs noms sont portés sur les monuments aux morts de la guerre de 14-18 et la mention « mort pour la France » leur est accordée[40].

En 2013, l'historien Antoine Prost remet un rapport au ministre délégué aux anciens combattants, Kader Arif. Le chef de l'État François Hollande doit s'appuyer sur ce document afin de prendre une décision[41].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les fusillés de Fursac.
  2. Nicolas Offenstadt, Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Odile Jacob, 1999, p. 21.
  3. Jean-Yves Le Naour, Fusillés : enquête sur les crimes de la justice militaire, 2010.
  4. Nicolas Offenstadt, Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Odile Jacob, 1999, p. 31.
  5. chiffres officiels donnés par le gouvernement fin juin 1917, voir H. Castex, op. cit. Guy Pedroncini évalue ces condamnations à mort entre 60 et 70. Ces chiffres ont récemment fait l’objet d’une réévaluation à la baisse : selon l’historien D. Rolland il y aurait eu environ 30 exécutions.
  6. Site anglais sur les fusillés.
  7. Site canadien sur les fusillés.
  8. a et b Nicolas Veysset, Fusillés de la grande guerre. Campagne de réhabilitation de la Ligue des droits de l’Homme 1914-1934.
  9. Fusillés de la Grande Guerre, SCÉRÉN-CNDP, 2011. http://www.cndp.fr/fileadmin/user_upload/POUR_MEMOIRE/fusilles/120106_PM-fusilles-grande-guerre.pdf.
  10. D. Callabre et G. Vauclair, préface d’André Bach, Le fusillé innocent 1914-1917, Édition Autrement, octobre 2008, (ISBN 978-2-7467-1201-0).
  11. Article de Nord Éclair du 10/11/2011.
  12. Robert Attal et Denis Rolland, La justice militaire en 1914 et 1915 : le cas de la 6e armée.
  13. François Marie Laurent sur FranceGenWeb.org.
  14. M. Nadaud et M. Pelletier, Il ne s’était pas rendu, Lieutenant Chapelant (1926).
  15. a, b, c, d, e, f, g, h et i La Lettre du Chemin des Dames, hors-série n°1 - « Au nom du peuple français... fusillés dans l’Aisne en 14-18 ».
  16. a et b Nicolas Offenstadt, Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Odile Jacob, 1999, (ISBN 9782738107473) p. 213.
  17. Nicolas Offenstadt, Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Odile Jacob, 1999, p. 218.
  18. a, b et c Les fusillés pour l’exemple de Loire Inférieure.
  19. Les Fusillés pour l’exemple - Oise, septembre 1916 - Les oubliés de la Grande Guerre morts pour la France, de Jean-Claude Flament, éditions Alan Sutton"
  20. François Beauvy, "Histoire du caporal Sylvestre Marchetti et du Soldat Julien Lançon".
  21. La Montagne, 10 novembre 2011, p. 16.
  22. Le souvenir de la 1re GM en Champagne-Ardenne - Le monument des caporaux de Souain à Suippes présenté par Jean-Pierre Husson.
  23. Le Point du 10/11/2009 : Blanche Maupas se bat pour « les fusillés pour l’exemple » de la Grande Guerre.
  24. Fusillés pour l'exemple: la der des batailles L'Express, 18 juillet 2013
  25. 14-18, les fusillés, Frédéric Mathieu, Editions Sébirot, 2013 (ISBN 9782953272642), p. 831.
  26. Nicolas Offenstadt, Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Odile Jacob, 1999, p. 63.
  27. Nicolas Offenstadt, Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Odile Jacob, 1999, p 63 : Entretien de Offenstadt avec Jean Claude Pettelet petit-fils du fusillé.
  28. Question écrite n° 25440 publiée dans le J.O. du Sénat du 30 novembre 2006, p. 2983.
  29. Article L. 488 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre.
  30. Réponse du Ministère délégué aux anciens combattants publiée dans le J.O. du Sénat le 1er mars 2007, p. 454.
  31. Reconnaissance des condamnés pour l’exemple.
  32. analyse de la session du Conseil général.
  33. Délibération du conseil général du Doubs.
  34. Délibération du conseil général de l’Essonne.
  35. Le discours intégral du Premier Ministre en 1998.
  36. Nicolas Offenstadt, « Les Mutins de 1917 dans l’espace public ou les temporalités d’une controverse (1998-?) » dans Maryline Crivello, Patrick Garcia, Nicolas Offenstadt (éds.), La concurrence des passés. Usages politiques du passé dans la France contemporaine, Presses Universitaires de Provence, 2006. Lire en ligne ou plus simplement l’article du Point du 11 novembre 2008.
  37. Informations de LCI du 10 mai 2008.
  38. Crid de mai 2008.
  39. France Soir : Hommage de Nicolas Sarkozy aux fusillés.
  40. [1].
  41. Guerre de 14-18: Réhabiliter les fusillés pour l'exemple 20minutes, 1 octobre 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie dédiée à ce sujet : Soldat fusillé pour l'exemple.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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