Pomme de terre

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Solanum tuberosum
 Diverses variétés
Diverses variétés
Classification classique
Règne Plantae
Division Magnoliophyta
Classe Magnoliopsida
Ordre Solanales
Famille Solanaceae
Genre Solanum
Nom binominal
Solanum tuberosum
L., 1753
Fleurs de pomme de terre

Fleurs de pomme de terre

Classification phylogénétique
Ordre Solanales
Famille Solanaceae
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La pomme de terre ou patate (langage familier, québécisme et français régional) est un tubercule produit par l'espèce Solanum tuberosum, appartenant à la famille des Solanacées. Il s'agit d'un des légumes les plus consommés dans les Amériques et en Europe. Outre ses vertus alimentaires, la pomme de terre est largement utilisée dans l'industrie, sa fécule ayant de multiples destinations.

Sommaire

[modifier] Étymologie

Pomme de terre (expression figée qui constitue un nom composé) désigne aussi la plante elle-même. Il semble que l'appellation pomme de terre ait été utilisée pour la première fois en 1762 par le botaniste Henri Louis Duhamel du Monceau[1].

[modifier] Histoire

Seuls les habitants du Mexique (Etats-Unis) connaissaient la pomme de terre, appelée patatoes en mexicain. Ils la cultivaient près de 1000 ans avant J.-C. La première description connue date de 1533, que l'on doit à Pedro de Cieza de León dans sa Chronique du Pérou. Introduite en Espagne en 1534, elle est cultivée par des moines de Séville en 1573 pour nourrir des personnes malades, également sous le nom de papa. En deux siècles, la pomme de terre va conquérir l'Europe : d'abord en Espagne où elle prendra le nom de patata (sous l’influence de batata, patate douce[2] et le mot papa ayant vraisemblablement entraîné une confusion avec le mot Papa désignant le Pape[3]), puis l'Italie taratouffli (petite truffe), l'Irlande potato, l'Allemagne puis la France. Elle est introduite en France vers 1540 et cultivée à Saint-Alban-d'Ay (il s'agissait là de la variété dite « Truffole »). Elle est figurée pour la première fois par Gaspard Bauhin dans Pinax Theatri Botanici de 1596.

Illustration extraite de Theatri botanici (1671) de Gaspard Bauhin.

Elle est décrite en 1600 par Olivier de Serres, qui la nomme cartoufle (à relier à l'allemand Kartoffel) et déclare à son sujet : « Cet arbuste dit cartoufle porte fruict de mesme nom, semblable a truffes. » Tandis qu'en Italie, Allemagne, Pologne et Russie on mangeait déjà la pomme de terre, en France elle ne fut utilisée que pour nourrir le bétail pendant plus de deux siècles. Les Anglais avaient de leur côté découvert le tubercule en 1586, au retour d'une campagne contre les Espagnols dans l'actuelle Colombie. Propagée aussi bien par les Anglais que par les Espagnols, la pomme de terre gagne le reste de l'Europe, et les nombreuses disettes du XVIIIe siècle vont encourager sa consommation par les Européens, l'Allemagne figurant au rang des précurseurs.

Concernant la France, en 1757 elle fut cultivée en Bretagne, alors en période de disette, dans la région de Rennes par Louis René de Caradeuc de La Chalotais, bientôt suivi dans le Léon par monseigneur de la Marche, surnommé « l'évêque des patates » (eskob ar patatez). Jean-François Mustel, agronome rouennais (auteur d’un Mémoire sur les pommes de terre et sur le pain économique), encourage sa culture en Normandie : en 1766 on cultive la pomme de terre à Alençon, à Lisieux et dans la baie du Mont Saint-Michel [4]. Mais c'est surtout Antoine Parmentier, de retour d'un séjour en captivité en Prusse, qui fait la promotion de la pomme de terre comme aliment humain et réussit à développer son usage dans toutes les couches de la société française. Il avait été capturé par les Prussiens pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763) et avait découvert à cette occasion la pomme de terre, principale nourriture fournie aux prisonniers. À la suite d'une terrible disette survenue en 1769, l'académie de Besançon lance en 1771 un concours sur le thème suivant : « Indiquez les végétaux qui pourraient suppléer en cas de disette à ceux que l'on emploie communément à la nourriture des hommes, et quelle en devrait être la préparation. » Parmentier remporte le premier prix, devant d'autres concurrents qui avaient eux aussi rédigé un mémoire sur la pomme de terre, preuve que l'usage de ce tubercule était vraiment à l'ordre du jour.

Plus d'un siècle avant Parmentier, grâce à Jean Bauhin (1541-1612) et frère de Gaspard Bauhin, directeur des "Grands-Jardin" de Montbéliard, la patate était consommée pour pallier la famine qui sévissait dans le Comté de Montbéliard indépendant et devenu français en 1793.

Par la suite, Parmentier réussit à obtenir l'appui des autorités pour inciter la population à consommer des pommes de terre. Il fait notamment usage d'un stratagème resté célèbre : il fait monter une garde (légère) autour d'un champ de pommes de terre, donnant ainsi l'impression aux riverains qu'il s'agit d'une culture rare et chère, destinée au seul usage des nobles. Certains volent des tubercules, les cuisinent et les apprécient. Le roi Louis XVI le félicite en ces termes : La France vous remerciera un jour d'avoir inventé le pain des pauvres. Leur emploi dans la cuisine populaire se développe alors très rapidement.

À la fin du XVIIIe siècle, 45 km² étaient consacrés en France à la culture de la pomme de terre. Un siècle plus tard, en 1892, cette surface était passée à 14 500& km², chiffre considérable dont il faut cependant souligner qu'il a nettement baissé par la suite. Actuellement, la production de pommes de terre n'occupe plus que 1 800 km², d'une part parce que la consommation humaine a fortement diminué, de l'autre parce que la consommation animale a disparu. Dans le monde, la production annuelle est d'environ 300 millions de tonnes, pour une surface cultivée supérieure à 200 000 km². Peu avant la Révolution, l'agronome Jean Chanorier développe cette culture sur ses terres de Croissy-sur-Seine.

Au XIXe siècle, la pomme de terre était devenue l'aliment prédominant chez les Irlandais. L'épidémie de mildiou dans les années 1840 est à l'origine d'une grande famine et d'une importante émigration vers les États-Unis et le Canada.

Un des problèmes était la conservation des tubercules qu'il fallait notamment protéger contre le gel et la pourriture : on trouve dans le Bulletin de Lille, de décembre 1915 une Recette de conservation des pommes de terre, qui selon le lecteur qui la communique, "a paru naguère dans une revue scientifique" " Emplir aux trois quarts d'eau un récipient (chaudron ou marmite assez spacieuse). Faire chauffer l'eau et, quand elle est bouillante, remplir le récipient de pommes de terre. Laisser bouillir le tout pendant une minute. Passé ce temps, retirer les pommes de terre, les essuyer, et répéter l'opération jusqu’à complet épuisement des pommes de terre. Les germes, se trouvant ainsi détruits, la fermentation n'est désormais plus possible. Les pommes de terre, ainsi traitées, sont ensuite mises dans des paniers ou dans des sacs, et peuvent se conserver pendant environ deux ans". Contre le gel qui donne aux pommes de terre un goût sucré désagréable, le même bulletin conseille de « Mettre les tubercules dans de l'eau froide que l'on fait chauffer. Dès que l'eau commence à bouillir, l'enlever, elle emportera complètement avec elle le goût sucré en question. On mettra ensuite les pommes de terre dans de l'eau froide et salée, que l'on fera bouillir à la manière ordinaire ».(source)

L'Organisation des Nations unies a déclaré l'année 2008, l'année de la pomme de terre afin de « renforcer la prise de conscience du rôle clé de la pomme de terre, et de l'agriculture en général.» [5].

[modifier] Description botanique

Fruits de pomme de terre

La pomme de terre est une plante vivace herbacée dont le nom générique (Solanum) désignait chez les Romains une variété de morelle. Outre Solanum tuberosum, il existe de nombreuses variétés sauvages poussant en Amérique du Sud, par exemple S. jamesii, S. commersioni, S. maglia ou S. andigenum. Certaines de ces espèces, en raison de leur résistance au froid, de leur précocité, de leur résistance aux maladies, ont été utilisées pour améliorer les variétés cultivées en Europe ou en créer de nouvelles.

Le tubercule n'appartient pas à la racine de la plante, mais à sa tige enterrée dont partent des rameaux plus grêles appelés rhizomes, à l'extrémité desquels se forment les tubercules. À la surface de ces derniers se trouvent les « yeux », ou bourgeons, qui ont la particularité d'être disposés de façon hélicoïdale. Ces yeux se transforment en germes après une période plus ou moins longue de repos. Le tubercule comporte une forte proportion d'eau, pouvant aller jusqu’à 80 %, ainsi que des matières amylacées (la fécule), du sucre, des matières albuminoïdes, des fibres cellulosiques, des éléments minéraux, des diastases et des vitamines (vitamine C, surtout présente dans la peau) et des toxines (voir plus loin).

Les fleurs, groupées en cymes, comportent cinq sépales et cinq pétales soudés formant une sorte de roue à cinq pointes. Elles sont généralement blanches ou mauves, mais parfois aussi bleues, pourpres ou violet foncé. Le fruit est une baie, sorte de petite tomate très ronde renfermant de très nombreuses graines.

[modifier] Toxicité

Feuille

Comme c'est souvent le cas pour les Solanacées, par exemple les tomates, la pomme de terre contient différentes toxines, surtout dans les parties vertes, ainsi que dans les fleurs et les bourgeons : il n'est pas d'usage de consommer les tiges et les feuilles (qui ont pu servir dans des périodes difficiles comme substitut du tabac) mais il faut s'abstenir de consommer les tubercules lorsque ceux-ci présentent des parties vertes, car on risque alors de s'intoxiquer. C'est pour cette raison que les pommes de terre doivent toujours être conservées à l'obscurité. En outre, le fruit est très toxique, cas de la plupart des espèces du genre Solanum, comme la morelle noire ou la douce-amère.

La principale de ces toxines est un glycoalcaloïde, la solanine, qui est présente aussi dans le tubercule à des doses faibles (moins de 10 mg pour 100 g) et concentrée surtout dans la peau, d'où l'intérêt de l'épluchage. Lorsque la concentration est plus élevée, c'est le cas chez certaines variétés, cela donne un goût amer au tubercule. La solanine n'est pas éliminée habituellement par la cuisson car elle n'est détruite par la chaleur qu'au-delà de 243 °C. L'ingestion de solanine provoque rarement la mort mais peut causer des hémorragies, notamment à la rétine[6]. La pomme de terre contient aussi des lectines, mais celles-ci sont détruites par la cuisson. Les lectines sont des protéines capables de se lier de manière réversible à des mono- ou oligosaccharides. Cette propriété permet aux lectines d'agglutiner les hématies humaines et de probablement perturber le bon fonctionnement du tube digestif des insectes se nourrissant de la plante, jouant ainsi un rôle dans la défense de cette plante contre les insectes.

Un exemple parlant de la toxicité des pommes de terre est le danger de mort qu'elles représentent pour les cochons d'Inde.

[modifier] Principales variétés cultivées

La vitelotte : une variété péruvienne à la chair violette

Le nombre de variétés de pommes de terre est considérable, il en existe au moins 3 000, la plupart n'étant cependant pas utilisées pour l'alimentation. Le mode de culture permet de distinguer deux catégories :

  • Les pommes de terre précoces, ou primeurs (variétés île de Ré, bonnotte, ratte), cultivées en France dans les régions à hiver doux, notamment les côtes de Bretagne et d'Aquitaine ou le littoral méditerranéen. Plantées en hiver, elles sont récoltées trois mois plus tard, souvent avant d'avoir atteint leur maturité (pommes de terres dites nouvelles, dont la peau n'est pas encore entièrement formée).
  • Les pommes de terre de conservation, ou tardives, plantées en avril-mai, récoltées quatre ou cinq mois plus tard, produites un peu partout en France, notamment dans le Nord. Pour éviter leur germination elles peuvent être traitées au chlorprophame. Les limites de résidus présents sont alors fixés en France à 0.5mg/kg[7] pour la chair et 5mg/kg[8] pour les pommes de terre non épluchés (d'où l'intérêt de ne pas consommer la peau des produits traités)

Une autre distinction peut se faire en fonction de la consistance de la chair :

  • pommes de terre à grain fin, à chair ferme, de forme généralement oblongue, qui tiennent bien à la cuisson et sont appréciées pour leurs qualités gustatives (exemple : charlotte, ratte, amandine) ;
  • pommes de terre à grain moins fin, plus riches en fécule, dont la variété la plus connue est la bintje. Ces pommes de terre sont utilisées pour la confection de purées ou de frites, et pour la fabrication des produits transformés (chips, croquettes, frites surgelées, etc.)

Une autre distinction est plutôt orientée "marketing", on y trouve : les colorées (roseval, vitelotte, bleue d'Auvergne), les anciennes (bintje, belle de Fontenay) et les nouvelles (corme de gatte, chérie, Pompadour, charlotte, juliette).

Une bonne partie de la production est destinée à la féculerie. On utilise pour cela les variétés les plus riches en fécule, en principe des pommes de terre tardives, la plus connue étant Kaptah Vandel, d'origine danoise.

[modifier] Culture

Pomme de terre germée

La pomme de terre est une plante exigeante en engrais, de préférence organique par du fumier ou du compost, un engrais vert peut être utilisé. Ses besoins par tonne de pomme de terre sont de l'ordre de 3,2 kg d'azote, 1,6 kg de phosphore et 5,5 à 6 kg de potassium. En agriculture intensive, ces fertilisants sont apportés sous forme d'engrais minéraux chimiques. La plupart du temps un labour est effectué suivi de plusieurs hersages. Dans la plupart des terres, elle est cultivée sous une butte dans une terre assez fine. Une terre sableuse est plus propice à sa croissance.

Pour tubériser, c'est-à-dire former des tubercules, la pomme de terre a besoin d'obscurité. Le buttage en apportant de l'obscurité aux rameaux souterrains favorise donc l'augmentation du nombre de tubercules. Il a aussi pour but de couvrir les tubercules pour éviter leur verdissement au soleil.

Les rendements varient de 20 à 50 tonnes par hectare.

Pour les jardiniers amateurs, il faut noter que les pommes de terre non issues de l'agriculture biologique sont souvent traitées afin d'éviter leur germination. Lorsqu'on ne dispose que d'un petit potager, on peut opter pour la technique de la "tour de pommes de terre"[9] qui permet de produire de grosses quantités de pommes de terre sur une petite surface.

[modifier] Principales maladies

La pomme de terre peut être la cible de plus de 200 maladies[10]. C'est pour cette raison que les agriculteurs utilisent le plus souvent des "plants certifiés" sans virus même si l'utilisation de plants fermiers ("rataplants", c'est à dire des pommes de terre issues de la récolte précédente du fermier) est toléré.

Les maladies les plus communes sont :

[modifier] Principaux ravageurs

[modifier] Utilisation

[modifier] Usage alimentaire

Plats à base de pommes de terre

Les pommes de terre sont riches en glucides et contiennent des protéines, minéraux (en particulier du potassium et du calcium) et de la vitamine C (néanmoins, on trouve plus de vitamines C dans les pommes de terre qui viennent d'être récoltées). Elles sont peu caloriques (moins de 80 kilocalories pour 100 grammes du légume), sous réserve d'être accommodées sans excès de matière grasse (100 g de pomme de terres chips peuvent apporter plus de 500 calories contre 80 pour 100 g de pommes de terre cuites à l'eau). Toutefois, elles présentent un index glycémique élevé (de 57 à 86), ce qui peut favoriser la prise de poids. Si on a hésité à les consommer jusqu’à la seconde moitié du XVIIIe siècle, elles ont depuis été accommodées de toutes les façons possibles, les grands classiques étant les frites, la purée, les pommes de terre bouillies (ou à l'anglaise), le potage poireaux-pommes de terre, les pommes sautées ou rissolées ou les salades composées. Français et Belges se disputent la paternité de la frite. Les Français la considèrent comme une création parisienne : des frites étaient vendues sur les ponts de Paris pendant la Révolution, d'où leur nom de pommes Pont-Neuf. Les Belges s'appuient sur un document de 1781 disant qu'on adorait faire frire les petits poissons de rivière, mais que, lorsqu'on n'en trouvait pas, on les remplaçait par des pommes de terre coupées de telle sorte qu'elles reproduisent la forme de ces poissons.

Plusieurs plats célèbres utilisent la pomme de terre comme ingrédient principal :

Pomme de terre
crue (avec peau)
Valeur nutritionnelle
moyenne pour 100 g
Eau 77 g
Valeur calorique 70 kcal
Protides
Glucides
Lipides
2 g
19 g
0,1 g
Provitamine A
Vitamine B1
Vitamine B2
Vitamine B6
Vitamine C
Vitamine PP
5 mg
0,11 mg
0,04 mg
0,25 mg
19,5 mg
1,2 mg
Fer
Calcium
Magnésium
Phosphore
Potassium
Sodium
1,8 mg
9 mg
10 mg
26 mg
255 mg
2,4 mg
Fibres 1,4 g

Dans les régions de grande production, comme le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie en France, la pomme de terre a fait naître une importante industrie de transformation industrielle, qui produit notamment des chips, de la purée déshydratée, des préparations surgelées…

On précisera aussi qu'à partir du XIVe siècle, l'alcool de pomme de terre a servi à confectionner la vodka, mais qu'aujourd'hui cet usage a à peu près disparu.

[modifier] Usage industriel

La fécule, appelée aussi amidon, a de nombreuses utilisations. Dans l'alimentation, elle peut remplacer la farine, être employée comme épaississant dans les sauces. On l'utilise aussi dans la pâtisserie industrielle et la confection des biscottes.

Mais c'est dans l'industrie non alimentaire que se trouvent la plupart des débouchés : elle entre dans la composition de certains médicaments, dans celle du rouge à lèvres ou des couches pour bébés, dans la papeterie, le textile, le contreplaqué. Traité par eau chaude, l'amidon est appelé empois et entre dans la confection du caoutchouc ou dans le glaçage du papier photo.

On signalera pour mémoire l'empesage des cols ou poignets de chemises, aujourd'hui disparu. De même, l'amidon est moins utilisé qu'autrefois dans la fabrication de colles.

Depuis 2007, on peut même utiliser la fécule de pomme de terre afin de produire du bio-plastique ainsi qu'un produit de lutte contre les feux de forêts : le Gel-Feu

[modifier] Usage linguistique

Même si on emploie couramment le terme de patate pour désigner la pomme de terre, on ne confondra pas ce tubercule avec la patate douce (Ipomoea batatas), qui appartient pour sa part à la famille des Convolvulacées.

Le terme patate désigne en français familier une personne que l'on considère comme étant un peu simplette. Ainsi on dira par exemple : "untel est une patate !" À noter que loin de toute insulte, certains régionalismes lui attribuent une connotation affective.

  • En avoir gros sur la patate, en avoir gros sur le cœur.
  • Avoir la patate : être en forme !
  • Mettre une patate : donner un coup (en particulier, un coup de poing ou taper dans un ballon).
  • Lâches-pas la patate! : expression du Québec étant utilisée pour encourager quelqu'un. Expression synonyme de : "Tu es capable, tu vas y arriver!"
  • Faire patate; échouer lamentablement, manquer de chance.

[modifier] Quelques chiffres

Champ de pommes de terre, pays de Caux, Normandie, photographié en juillet
Plans de pommes de terre en avril

En 2003 (source : FAO), la production mondiale s'est élevée à 311,4 millions de tonnes, pour 192 000 km² plantés, soit un rendement moyen de 1 480 tonnes/km².

Les principaux producteurs sont les suivants :

  1. Chine : 45 000 km² - 66,8 millions de tonnes ;
  2. Union européenne (à quinze) : 1,27 - 43,3
  3. Russie : 3,29 - 35,9
  4. Inde : 1,40 - 24,0
  5. États-Unis : 0,51 - 20,8
  6. Ukraine : 1,60 - 17,6
  7. Pologne : 0,80 - 13,5

Au sein de l'Union européenne à 25, le plus gros producteur est la Pologne, devant l'Allemagne. Le rendement moyen dans l'Europe des quinze est de 3 420 tonnes/km² et de 1 670 tonnes/km² en Pologne. Les plus importants producteurs européens sont les suivants  :

  1. Pologne : 8 000 km², 13,49 millions de tonnes
  2. Allemagne : 2 836,24 km², 10,17 millions de tonnes
  3. Royaume-Uni : 1 600 km², 6,97 millions de tonnes
  4. France : 1 620 km², 6,40 millions de tonnes
  5. Pays-Bas : 1 571,29 km², 6,39 millions de tonnes
  6. Espagne : 1 023 km², 2,72 millions de tonnes

[modifier] Principaux pays producteurs

Production en tonnes. Chiffres 2004-2005
Données de FAOSTAT (FAO) Base de données de la FAO, accès du 14 novembre 2006

République populaire de Chine Chine 70 036 279,00 21 % 73 036 500,00 23 %
Russie Russie 35 914 240,00 11 % 37 461 488,00 12 %
Inde Inde 25 000 000,00 8 % 25 000 000,00 8 %
Ukraine Ukraine 20 754 800,00 6 % 19 462 000,00 6 %
États-Unis États-Unis 20 685 670,00 6 % 19 151 080,00 6 %
Allemagne Allemagne 13 044 000,00 4 % 11 624 000,00 4 %
Pologne Pologne 13 998 654,00 4 % 11 009 392,00 3 %
Biélorussie Biélorussie 9 902 100,00 3 % 8 185 000,00 3 %
Pays-Bas Pays-Bas 7 487 700,00 2 % 6 835 985,00 2 %
France France 7 255 378,00 2 % 6 680 817,00 2 %
Royaume-Uni Royaume-Uni 6 316 000,00 2 % 5 815 000,00 2 %
Bangladesh Bangladesh 3 907 000,00 1 % 4 855 000,00 2 %
Canada Canada 5 170 790,00 2 % 4 850 000,00 2 %
Iran Iran 4 180 000,00 1 % 4 200 000,00 1 %
Turquie Turquie 4 800 000,00 1 % 4 170 000,00 1 %
Roumanie Roumanie 4 230 210,00 1 % 3 985 000,00 1 %
Pérou Pérou 2 996 090,00 1 % 3 284 223,00 1 %
Brésil Brésil 2 931 180,00 1 % 2 950 990,00 1 %
Japon Japon 2 842 000,00 1 % 2 708 000,00 1 %
Belgique Belgique 3 229 622,00 1 % 2 653 949,00 1 %
Autres pays 65 752 492,00 20 % 65 297 137,00 20 %
Total 330 434 205,00 100 % 323 215 561,00 100 %

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

Voir « pomme de terre » sur le Wiktionnaire.

[modifier] Bibliographie

  • (fr) Lucien Dupouy, Pour bien cultiver, conserver et utiliser la pomme de terre, Collection Rustica, Ed. de Montsouris, Paris, 1946, 62p.
  • (en) Redcliffe N. Salaman, The History and Social Influence of the Potato, Cambridge University Press, 2nd édition, 1985.

[modifier] Notes et références

  1. (fr) Définitions lexicographiques et étymologiques de « pomme de terre » du CNRTL
  2. Dictionnaire de la Real Academia
  3. http://www.lefigaro.fr/livres/2008/01/31/03005-20080131ARTFIG00470-le-poids-des-mots.php
  4. La pomme de terre « la Bleue de la Manche », sur Normandie Héritage
  5. United Nations International Year of the Potato 2008
  6. Ahmed, R. 1982. Survey of glycoalkaloid content in potato tuber growing in Pakistan and environmental factors causing their synthesis and physiological investigations on feeding high glycoalkaloids to experimental animals. 6th Ann. Res. Rep. Botany Dept., Univ. de Karachi, Pakistan.
    Jadhav, SJ. & Salunkhe, D.K. 1975. Formation and control of chlorophyll and glycoalkaloids in tubers of Solanum taberosum L. and evaluation of glycoalkaloid toxicity. Adv. Food Res., (21): 307354.
  7. http://www.sante.gouv.fr/adm/dagpb/bo/1998/98-40/a0402580.htm
  8. page 19 de http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/avis_ct_200504.pdf
  9. Technique de la tour de pommes de terre.
  10. Pommes de terre sous haute surveillance sanitaire.

[modifier] Lien externe

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