Okita Sōji

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Okita Sōji (沖田 総司, Okita Sōji?) (1844 - 30 mai 1868) était un samouraï, capitaine de la première division de la shinsen gumi, milice basée à Kyoto durant la période du bakumatsu à la fin de l'époque d'Edo.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Okita Sōjirō Fujiwara no Harumasa en 1842 ou 1844, fils de Rintaro Okita, samouraï de rang inférieur du domaine de Shirakawa près d'Edo, il fut élevé par sa sœur Mitsu après la mort de ses parents[1]. Depuis la mort du père, la situation financière des Okita s'était considérablement dégradée. Sa famille le place alors, à 9 ans, au dōjō de Kondo Shusuke, le Shieikan. Là, il y fut entraîné selon le style du Tennen Rishin-ryū par le 4e maître et fils adoptif de Shusuke, Kondo Isami. Par la suite il y rencontrera les futurs membres du « noyau » du Shinsen gumi.

À 12 ans, il vainquit un Menkyo kaiden de kenjutsu, et fut considéré un enfant prodige. Maniant le shinaï, le bokken et le katana avec la même aisance, il devient Menkyo kaiden du Tennen Rishin Ryu à 18 ans[2]. En 1861, il est nommé premier instructeur du Shieikan. Il était réputé pour son impatience et son exigence, ses élèves le craignaient plus que Kondo Isami lui-même. Il prit le nom d’Okita Sōji Fujiwara no Kaneyoshi avant son départ à Kyoto en 1864[3].

Période du Shinsen Gumi[modifier | modifier le code]

Il était considéré l'un des meilleurs bushi du Shinsen Gumi avec Saito Hajime et Nagakura Shinpachi. Sa technique la plus connue était le Sandantsuki, le triple coup d'estoc frappant très rapidement la gorge, l'épaule gauche puis l'épaule droite. Cette technique, comme celle de Saito, découle du fameux Hiratsuki, coup d'estoc avec la lame à l'horizontale, créé par Hijikata Toshizo. Son sabre portait le nom de Kikuichi Norimune, et la longueur de sa lame était de 72 centimètres.

En 1865, Okita devint le capitaine de la première unité et instructeur de kenjutsu[4]. Plus tard cette année Kondo le nomme 5e maître du Tennen Rishin-ryu après lui[5].

Okita fut l'un des exécuteurs, avec Hijikata, de Serizawa Kamo, alors codirigeant du Shinsen Gumi[6]. Il fut également kaishakunin de nombreux membres contraints au Seppuku, notamment son ami proche Yamanami Keisuke. Sa disparition fut particulièrement douloureuse pour le jeune bushi[7]. Si Okita vouait une admiration sans bornes pour Kondo, sa relation avec Hijikata est moins claire. Cependant il parait peu probable que les deux hommes aient eu une relation distante, voir conflictuelle, étant donnée la proximité qu'ils partageaient pendant leurs années d'instruction et les "tournées" de dojos pendant la période du Shieikan. Même après la mort de Yamanami, Okita restera fermement fidèle à Kondo et Hijikata.

Bien qu'il fut craint pour son talent au sabre et son rang dans le Shinsen Gumi, Okita était un homme jovial, qui aimait à jouer avec les enfants et adorait plaisanter. Il n'était sérieux que lors des combats, montrant une impitoyable efficacité.

L'affaire Ikedaya[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Ikedaya.

Okita fut l'un des premiers avec Kondo à entrer dans l'auberge et tint seul le second étage pendant quelques minutes. Durant le combat il eut un malaise, souvent interprété comme une manifestation de la tuberculose, maladie incurable à l'époque. Le moment auquel il la contracta n'est pas connu avec certitude, cependant il est presque impossible que ce fut en 1864, au moment de l'affaire. En effet, Okita survécut quatre années après les faits. Or il était quasiment impossible d'en être à un stade aussi avancé (crachats de sang) sans mourir de la maladie dans les semaines suivantes. La théorie la plus plausible est celle de hyperthermie[8]. Hijikata et Kondo décidèrent de taire la défaillance d'Okita afin de ne pas altérer le moral du groupe.

Décès[modifier | modifier le code]

Après la bataille de Toba-Fushimi, Okita fut envoyé dans l'hôpital de Jun Matsumoto, médecin personnel de Iemochi Tokugawa et ami de Kondo, à Edo. Il continuait à s'enquérir du sort des siens, de Kondo en particulier. Quand la nouvelle de la mort de celui-ci se répandit dans Edo, personne n'eut le courage de le lui annoncer. Avec la chute du Bakufu, sa famille décide de quitter la ville. Trop affaibli pour voyager, il meurt seul le 30 mai 1868 selon le calendrier lunaire en rigueur à l'époque et le 19 juillet 1868 selon le calendrier grégorien, deux mois après l'exécution de Kondo Isami. Ses cendres sont enterrées dans le temple Senshō-ji, à Roppongi, Tokyo.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Okita était célibataire, mais les témoignages sa vie personnelle sont contradictoires et évasifs. Selon Matsumoto,, il aurait été chaste. Cependant une tombe à Kyoto appartenant à une femme inconnue porte l'inscription relation d'Okita, ne pouvant faire référence qu'à lui, les Okita étant basés aux environs d'Edo. Une autre rumeur circulait concernant une jeune fille au temps du Shieikan. Okita déclina une relation amoureuse et la jeune fille tenta de se suicider en sa présence, se poignardant dans le cou. Elle survécut et Kondo arrangea un mariage.

Nom[modifier | modifier le code]

"Okita" (沖田) était le nom de famille, "Sōji" (総司) son prénom; "Fujiwara" (藤原) le nom de son clan (ses ancêtres); "Kaneyoshi" (房良) était son prénom formel (l'équivalent d'un deuxième prénom).

Fictions[modifier | modifier le code]

  • Film

Le film Tabou, réalisé par Nagisa Ōshima, sorti en 1999 au Japon et en l'année suivante en France, met en scène Sōji Okita, dont le rôle est interprété par Shinji Takeda, aux côtés de Takeshi Kitano dans le rôle du capitaine Toshizo Hijikata et de Yoichi Sai dans celui du commandant Isami Kondō. Le scénario du film reprend des épisodes de l'histoire de la milice du Shinsengumi survenus à Kyōto au printemps 1865. Oshima en a tiré, comme souvent dans son œuvre, un film étrange échappant à toute interprétation, dans lequel il s’intéresse à ce qu’il nomme « l’odeur de meurtre », odeur de mort qui se dégage des samouraïs (ceux qui ont le droit de tuer).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Oji, Kazuko. Okita Soji wo Aruku. Tokyo: Shin Jinbutsu Oraisha, 1989, pp. 58–59
  2. Mori, Makiko. Okita Soji Feature. Tokyo: Shin Jinbutsu Oraisha, 1999, pp. 9–11
  3. Oji, Kazuko. Okita Soji wo Arukui. Tokyo: Shin Jinbutsu Oraisha, 1989, p. 111
  4. Oji, Kazuko. Okita Soji wo Aruku. Tokyo: Shin Jinbutsu Oraisha, 1989, p. 175
  5. Mori, Makiko. Okita Soji Feature. Tokyo: Shin Jinbutsu Oraisha, 1999, p. 132
  6. Oji, Kazuko. Okita Soji wo Aruku. Tokyo: Shin Jinbutsu Oraisha, 1989, p. 132
  7. Mori, Makiko. Okita Soji Feature. Tokyo: Shin Jinbutsu Oraisha, 1999, p.78
  8. Mori, Makiko. Okita Soji Feature. Tokyo: Shin Jinbutsu Oraisha, 1999, pp. 92-98

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Oji, Kazuko. Okita Soji wo Aruku. Tokyo: Shin Jinbutsu Oraisha, 1989. (ISBN 4-404-01621-2)
  • Shinsengumi: The Shogun's Last Samurai Corps, by Romulus Hillsborough (2005) (ISBN 0-8048-3627-2)
  • Mori, Makiko. Okita Soji Feature. Tokyo: Shin Jinbutsu Oraisha, 1999. (ISBN 4-404-02807-5)