Sofi Oksanen

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Sofi Oksanen

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Sofi Oksanen en août 2008

Activités Écrivaine
Naissance 7 janvier 1977 (38 ans)
Jyväskylä, (Finlande)
Langue d'écriture Finnois
Distinctions Prix Finlandia, Prix Femina étranger

Œuvres principales

  • Les vaches de Staline (Roman, 2003)
  • Purge (Roman, 2008)
  • Quand les colombes disparurent (2012)

Sofi Oksanen est une écrivaine finlandaise, née à Jyväskylä le 7 janvier 1977. Son troisième roman, Puhdistus (Purge), qui a reçu de nombreux prix en Finlande, l'a fait connaitre en France, où il a également été primé.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sofi Oksanen est née et a grandi à Jyväskylä, au centre de la Finlande, d'un père finlandais électricien et d'une mère estonienne ingénieure ayant émigré en Finlande en 1970[1].

Avant de se consacrer à l'écriture, elle a étudié la littérature à l'Université de Jyväskylä et à l'Université d'Helsinki ainsi que la dramaturgie à l'Académie de Théâtre d'Helsinki.

Sofi Oksanen est ouvertement bisexuelle[2].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Oksanen s'est faite connaitre en Finlande en 2003 avec la publication de son roman Les Vaches de Staline (Stalinin lehmät[3], qui conte l'histoire d'une jeune fille souffrant de troubles des conduites alimentaires, tout en décrivant l'image des migrantes estoniennes en Finlande.

Deux ans plus tard est paru son second roman Baby Jane[4] qui aborde l'anxiété et de la violence dans les couples lesbiens.

Sa première pièce de théâtre jouée au Théâtre national finlandais en 2007 est le point de départ de son roman Purge (Puhdistus) qui est paru en 2008[5] et qui s'est classé premier dans la liste des vente de fiction en Finlande dès sa publication[6].

Un film tiré de Purge est sorti en septembre en 2012, réalisé par Antti Jokinen[7].

Engagement politique et social[modifier | modifier le code]

Impliquée dans le débat public en Finlande, Oksanen écrit dans différentes publications, dans les colonnes de différents périodiques (Sihteeri & Assistentti, Sunnuntaisuomalainen, Metro, Aamulehti) sur des sujets tels que l'identité multinationale, les droits de l'homme, le droit à la libre expression et le droit à l'information face aux défenseurs de la Censure de l'Internet.

Totalitarisme soviétique[modifier | modifier le code]

Sofi Oksanen et Imbi Paju, séminaire à l'ambassade d'Estonie à Helsinki en mars 2009.

Dans ses écrits journalistiques, Oksanen se montre critique face l'admiration et le soutien portés par certains aux totalitarismes de gauche. En 2009, elle a ainsi publié avec la journaliste et réalisatrice estonienne, Imbi Paju, une compilation d'articles intitulée Derrière tout cela il y avait la peur : Comment l'Estonie perdit son histoire et comment elle la récupère (Kaiken takana oli pelko: Kuinka Viro menetti historiansa ja miten se saadaan takaisin), sur les crimes du régime communiste en République socialiste soviétique d'Estonie, et réunissant plus de trente écrivains, dont Paju et Okanen. Oksanen a justifié cette parution par le besoin d'aborder l'un des phénomènes les plus meurtriers du XIXe siècle, de par leur étendue et de leur longue durée, ayant néanmoins fait l'objet de peu de publications en comparaison aux écrits sur les crimes national-socialistes en Estonie[8].

Oksanen a de plus critiqué l'attitude de certains hommes politiques et journalistes finlandais, et en particulier celle de Matti Vanhanen, qu'elle a qualifié de Finlandisation, en réaction à un article publié en 1985 par l'ancien premier ministre et alors journaliste dans le journal Suomenmaa, où il jugeait que les manifestations pour l'indépendance des pays baltes étaient des provocations[9].

Culture finlandaise[modifier | modifier le code]

En 2009, les propos de Sofi Oksanen tenus à la télévision danoise sur la culture finlandaise et en particulier sur la violence et la tendance à la dépression des hommes finlandais ont provoqué de vives réactions en Finlande[10].

Éditeurs[modifier | modifier le code]

WSOY[modifier | modifier le code]

Sofi au festival littéraire « Oslo bokfestival 2011 ».

Le 15 juin 2010, l'éditeur WSOY a annoncé qu'il n'éditerait plus Sofi Oksanen[11], le PDG de la société, Anna Baijars, évoquant alors un manque de confiance mutuelle[12]. En octobre 2009, Sofi Oksanen avait critiqué publiquement le manque de professionnalisme de WSOY. À la suite de cet article, douze écrivains ont écrit une lettre critiquant violemment la direction de WSOY[13]. Le 16 juin 2010, dans une interview pour la revue Apu-lehti, elle a accusé WSOY de rupture de contrat et a taxé d'amateurisme les activités de traduction et de commercialisation de l'éditeur. Elle a également comparé le PDG de WSOY à un singe[14]. Oksanen annonce que la raison est une rupture de contrat par WSOY, au sujet de laquelle elle a déjà été en contact avec l'Union des écrivains finlandais[15][pas clair]. La solution[Quoi ?] est généralement considérée comme exceptionnelle et préjudiciable à l’image de WSOY car Oksanen est l'écrivain finlandais le plus primé de ces dernières années[16]

Bazar[modifier | modifier le code]

En 2013, l'éditeur suédois Bazar Förlag AB a demandé devant le tribunal d’Helsinki des indemnités pour rupture de contrat. Selon lui, Sofi Oksanen aurait signé en 2005 un contrat couvrant un certain nombre d'ouvrages. Le premier aurait du être Ranskalainen päärynä (La poire française), qui n'a jamais été publié, et le suivant, Purge publié en 2008 par WSOY. Selon Bazar, le contrat couvrait également les droit d'édition en Suède de Stalinin lehmät et de Baby Jane[17].

Silberfeldt[modifier | modifier le code]

Suite à l'interruption de sa collaboration avec WSOY en 2010[18], Sofi Oksanen a fondé en mars 2011 sa propre maison d'édition Silberfeldt Oy. Sa première publication a été la réédition de la version poche de Baby Jane[19] dont WSOY a cédé les droits. Sofi Oksanen a achèté en 2011 les droits de publication en finnois de l'L'Archipel du Goulag d'Alexandre Soljenitsyne[20], que Silberfeldt a publié en avril 2012[18]. Silberfeldt a aussi publié une carte du système concentrationnaire soviétique réalisé par Niilo Koljonen, suit à quoi Sofi Oksanen a organisé en 2012 un séminaire à ce sujet aux Archives nationales audiovisuelles de Finlande (fi).

Like[modifier | modifier le code]

En décembre 2012, elle est devenue écrivaine de l'éditeur Like Kustannus Oy (fi) du groupe Otavamedia dont Harri Haanpää venait d'être nommé le directeur éditorial[21],[22]. Le 30 août 2012 Like a publié le quatrième roman d'Oksanen Kun kyyhkyset katosivat (Quand les colombes disparurent).

Liste des œuvres[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Sofi Oksanen au salon du livre de Paris le 18 mars 2011

Traductions en français[modifier | modifier le code]

Pièces de théâtre[modifier | modifier le code]

  • 2006, Puhdistus
  • 2008, High Heels Society

Opéras[modifier | modifier le code]

Ouvrages scientifiques[modifier | modifier le code]

  • Kaiken takana oli pelko: Kuinka Viro menetti historiansa ja miten se saadaan takaisin, WSOY,‎ 2009 (ISBN 978-951-0-35111-6)

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Sofi Oksanen a reçu de nombreux prix littéraires, parmi lesquels :

Récompenses[modifier | modifier le code]

En 2009, le plus grand journal estonien Postimees a nommé Sofi Oksanen Personne de l'année. Selon son éditeur en chef Merit Kopli, la décision a été unanime[32].

En 2009, l'association finlandaise SETA (organisation) (Seksuaalinen tasavertaisuus - Égalité sexuelle) l'a récompensé pour son œuvre qui « met en relief le statut des minorités sexuelles en Finlande, dans les pays baltes et en Russie »[33].

En 2010, le Président estonien Toomas Hendrik Ilves a décoré Sofi Oksanen de l'Ordre de la Croix de Terra Mariana[34],[35].

En novembre 2012, le président finlandais Sauli Niinistö a décoré Sofi Oksanen de l'Ordre du Lion de Finlande, (Médaille Pro Finlandia), attribuée aux artistes finlandais depuis 1945[36].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Judith Katzir, « The International Writers Festival, Jerusalem », Haaretz,‎ 03.05.2010 (lire en ligne)
  2. Helsingin Sanomat – International Edition
  3. http://www.livredepoche.com/les-vaches-de-staline-sofi-oksanen-9782253167365
  4. (en)http://www.bazarforlag.se/Books/Books/Baby%20Jane.aspx
  5. (en)http://www.livredepoche.com/purge-sofi-oksanen-9782253161899
  6. (fi)http://www.wsoy.fi/sofioksanen/puhdistus/
  7. (en) Annika Pham, « Love and redemption in Anti Jokkinen's Purge », Trust Nordisk,‎ 7 septembre 2012 (lire en ligne)
  8. (fi)http://www.kansanuutiset.fi/uutiset/taistelu_viron_historiasta_siirtyi_p%C3%A4iv%C3%A4ksi_helsinkiin_1820907.html
  9. (fi)http://www.mtv3.fi/uutiset/kotimaa.shtml/arkistot/kotimaa/2009/03/838738
  10. (fi)http://www.hs.fi/kulttuuri/artikkeli/Sofi+Oksanen+oudoksuu+Suomi-puheista+noussutta+kohua/1135250997566
  11. (fi) Esa Mäkinen, WSOY:n mitta tuli täyteen, Helsingin Sanomat,‎ 16 juin 2010, C 1 p.
  12. (fi) « WSOY antoi Sofi Oksaselle potkut », Helsingin sanomat (consulté le 9 septembre 2012)
  13. (fi) « Sofi Oksanen syyttää WSOY:tä ikärasismista ja välinpitämättömyydestä », Helsingin sanomat (consulté le 9 septembre 2012)
  14. (fi) Petri Koskinen, « Sofi kypsytti Sanoman luopumaan kulttuurista », Kauppalehti,‎ 29 avril 2011 : « Un singe pourrait répondre au téléphone à la place du PDG que les choses ne se dérouleraient pas plus mal. »
  15. (fi) « Ilmiriita: WSOY:n ja Sofi Oksasen yhteistyö katkesi », MTV3
  16. (fi) Antti Majander, Jo on aikoihin eletty p. C 1, Helsingin Sanomat,‎ 16 juin 2010
  17. (fi) Janne Sundqvist, « Bazar Kustannus vaatii sofi oksaselta miljoonakorvausta », Yle,‎ 11 avril 2013 (consulté le 10 mai 2013)
  18. a et b (fi) « Sofi Oksanen perusti oman kirjakustantamon », Klaava-fi (consulté le 9 septembre 2012)
  19. (fi) Sakari Nupponen, « Sofi Oksanen perusti oman kustantamon », Taloussanomat,‎ 2 mars 2011 (consulté le 9 septembre 2012)
  20. Paru en finnois dans les années 1970 à un faible nombre d'exemplaires.
  21. (fi) Esa Mäkinen, Sofi Oksanen vaihtaa joukkuetta, osa III, Näkökulma, Helsingin Sanomat,‎ 8 décembre 2011, C 1 p.
  22. (fi) « Sofi Oksanen Like Kustannuksen kirjailijaksi] », Hs.fi,‎ 7 décembre 2011 (consulté le 9 septembre 2012)
  23. David Caviglioli, « Purge intestinale », sur http://bibliobs.nouvelobs.com,‎ 5-09-11 (consulté le 6-09-11)
  24. « La star de la littérature finlandaise, Sofi Oksanen, de retour en librairie le 15 mai », sur rtbf.be,‎ 29 avril 2013 (consulté le 18 mai 2013)
  25. « Nazis dans le rétro », sur http://bibliobs.nouvelobs.com,‎ 5 juillet 2013 (consulté le 5 juillet 2013)
  26. a et b (fr)http://librispolaris.canalblog.com/archives/2010/05/05/17796268.html
  27. a et b (fr)http://www.info-finlande.fr/culture/litterature/article/Sofi_Oksanen.html
  28. (fi) « Sofi Oksaselle Pohjoismaiden neuvoston kirjallisuuspalkinto », Helsingin sanomat,‎ 30.3.2009 (consulté en 30.3.2010)
  29. (en) « Sofi Oksanen's 'Purge' Wins Fnac Prize », ERR News,‎ 19.08.2010 (lire en ligne)
  30. « Prix du roman Fnac à "Purge" de la Finlandaise Sofi Oksanen », AFP,‎ 17 août 2010 (lire en ligne)
  31. (fi) Anniina Wallius, « Ruotsin akatemia luovutti Sofi Oksaselle pikkunobelin », Yle,‎ 10.4.2013 (consulté le 25 avril 2013)
  32. (en) Toomas Hõbemägi, « Postimees names Finnish writer Sofi Oksanen Person of the Year », Baltic Business News,‎ 18.12.2009 (lire en ligne)
  33. (fi) « SETA a récompensé Sofi Oksanen » (consulté le 18 août 2010)
  34. (en)« Foreign Ministry Coming Events: 14 - 20 June 2010 », Ministère estonien des affaires étrangères,‎ 14 juin 2010 (consulté le 25 avril 2013)
  35. (en)http://www.president.ee/en/media/press_releases.php?gid=134078
  36. (fi)« Sofi Oksaselle Pro Finlandia », YLE,‎ 3 décembre 2012 (consulté le 11 juin 2013)

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