Sociocritique

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La sociocritique est une approche du fait littéraire qui s'attarde à l'univers social present dans le texte. Pour ce faire, elle s’inspire tant et si bien de disciplines proches comme la sociologie de la littérature qu'on a tendance à les confondre. Aussi, pour bien comprendre ce qu’elle est, il est important de commencer en partant de ses racines.

La « sociocritique », mot créé par Claude Duchet en 1971, propose une lecture socio-historique du texte. Elle s'est peu à peu constituée au cours des années pré et post 1968 pour tenter de construire « une poétique de la socialité, inséparable d’une lecture de l'idéologique dans sa spécificité textuelle » (Claude Duchet).

Historique[modifier | modifier le code]

On remarque pour une première fois une approche sociale de la littérature dans l'Émile de Rousseau puis, de manière plus importante, dans l'ouvrage De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (1800) de Germaine de Staël. Quelques années plus tard viendra Auguste Comte et son approche historique des arts que l’on retrouvera aussi dans un ouvrage majeur de Taine nommé Philosophie de l'art (1865) où il tente d'expliquer une œuvre par rapport au milieu social de son producteur. On verra aussi les écrits de Gustave Lanson approcher le texte en mettant l’accent sur la lecture elle-même. Ces approches fondamentales à la sociocritique montrent cependant une faiblesse méthodologique et une subjectivité inappréciable dans ce genre d’approche.

L'arrivée des théories marxistes sur la société au début du XXe siècle marqua profondément l'approche sociale de la littérature. À partir de là se formulèrent plusieurs approches différentes du fait littéraire, que ce soit en lien avec les notions de lutte des classes, d'économie ou de technologie. Pensons notamment à Theodor W. Adorno, Franz Mehring et Pierre Macherey qui s’accordent d’une manière ou d’une autre pour dire que le contexte de production d'un artiste amène une certaine idéologie qui sera véhiculée d'une certaine façon par leurs œuvres.

L'influence de Marx et de Durkheim[modifier | modifier le code]

Parallèlement aux marxistes, il s'établit vers les années 30 une école fondée sur la sociologie de Durkheim et menée par Jan Mukarovsky qui considère la littérature par le concept de conscience collective. Ce dernier l’applique à l'interprétation des textes par les sociétés, prétendant qu’elle se fera principalement en fonction d’une culture particulière, donnant ainsi une valeur polysémique à la lecture.

Jean Duvignaud appliquera le même concept mais cette fois-ci en tentant d’expliquer le phénomène de la création en réactions aux contextes sociaux tels que présentés dans des ouvrages comme Ombres collectives. Sociologie du théâtre (1965). Une fusion entre ces deux grands genres, le marxisme et le durkheimisme, se produisit plus tard chez des auteurs mettant en relation les idées des grands penseurs dont ils se réclament. Par exemple, Köhler utilisa la sociologie systématique inspirée (entre autres) par Durkheim au genre littéraire en y introduisant la notion de lutte des classes propre à Marx. Il résulte de ces différentes approches une sociocritique beaucoup plus méthodique et conceptuelle qu’auparavant et qui s'applique surtout aux phénomènes de la création et de l’interprétation littéraire.

Lukács et Goldmann[modifier | modifier le code]

Vers la même période on observe l’apparition d'une école s'opposant au marxisme menée par Max Weber et sa Wertfreiheit. On y réclame une approche sociologique plus factuelle de la littérature, avec une objectivité plus grande et sans considération politique proposée. Les théories d'Alphons Sibermann et de Hans Norbert Fügen qui en découleront, beaucoup plus intéressantes pour le travail critique présenté ici, proposeront une analyse dont l'objet est uniquement le texte et ses structures. On y refusera l’exploration du contexte de création ou l’interprétation des lectures marquant ainsi une limite claire entre la sociologie de la littérature et la sociocritique. Elle sera cependant rejetée par les partisans des approches dialectiques tels que Georg Lukács et Lucien Goldmann. Elle laisse malgré tout une approche particulière du texte, s'attardant sur le contenu diégétique des œuvres et appréciable par d’autres méthodes critiques comme le structuralisme.

Entre les approches axées sur Marx et Weber, une autre se fondera essentiellement sur la pensée hégélienne. Renonçant aux aspirations politiques ou pratiques du marxisme et s'éloignant de l'idéal véhiculé par la Wertfreiheit, Lukács, Goldmann et Adorno dont nous avons déjà parlé vont formuler diverses approches nouvelles de la littérature. Lukács va chercher dans le texte une essence propre à représenter la problématique sociale de la société de création alors que Goldmann va explorer les structures textuelles faisant preuves de certaines idéologies relatives au contexte de l'auteur (Le Dieu caché, 1956). Adorno va quant à lui affirmer que la littérature est autonome et inutile par son ambiguïté et sa polysémie, marquant ainsi une séparation majeure d'avec les marxistes. On cherchera donc une approche désengagée et dialectique de la littérature, laissant ainsi place à une objectivité plus grande, voir totale, dans la critique sociologique.

La sociocritique: nouvelles perspectives[modifier | modifier le code]

Durant les années 1970, dans le domaine francophone, la sociologie de la littérature a connu une nouvelle impulsion à la suite, notamment, des travaux de l'équipe de Robert Escarpit (production et consommation de la littérature), ceux du sociologue Pierre Bourdieu (« champ littéraire ») et ceux de Claude Duchet sur la « sociocritique ». Plusieurs chercheurs ont ouvert de nouvelles perspectives de recherche tels Jacques Dubois (analyse institutionnelle), Pierre Barbéris, Pierre V. Zima (sociologie du texte), Marc Angenot (théorie du discours social), Jacques Leenhardt (sociologie de la lecture), Edmond Cros (théorie des idéosèmes, théorie du sujet culturel), travaux de l'Institut de sociocritique de Montpellier (Monique Carcaud-Macaire, Jeanne-Marie Clerc, Michèle Soriano), etc.

Origines, contexte et discours sur la sociocritique[modifier | modifier le code]

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EL KADRI ZINEB Pour une définition de la sociocritique

Comme le stipule josias semujanga : « aucune méthode n’est vraie ou fausse, elle est plus ou moins pertinente ». la sociocritique est la méthode la plus commode pour analyser une œuvre littéraire marocaine qui s’apprête à une transculturalité énorme et qui fait la peinture d’un univers anomique.

Étant donné que derrière chaque énoncé du texte se cache un sens ésotérique ou obscur, l’analyse de l’ironie et de l’humour qu’on rencontre dans les théories de Lukacs de René Girard auront une part importante dans l’application de la méthode sociocritique.

Ce sens ésotérique peut comporter une signification idéologique.

La sociocritique est une approche du fait littéraire qui s’attarde à l’univers social présent dans le texte. Elle s’inspire tant et si bien de disciplines semblables comme la sociologie de la littérature.

La sociocritique propose une lecture socio-historique du texte. Elle s’est peu à peu constituée au cours des années pré- et post- 68 pour tenter de construire une poétique de la socialité (tendance innée à former des liens sociaux) inséparable d’une lecture de l’idéologique dans sa spécifité textuelle.

L’analyse sociocritique suppose de fréquents allers retours entre l’ensemble des œuvres étudiées et étudier les significations des systèmes constitutifs de l’œuvre.

« Sociocritique » est un mot créé par Claude Duchet en 1971, propose une lecture socio-historique du texte.

Les propositions inaugurales de la sociocritique des textes ont été formulées dans les années soixante-dix par Claude Duchet, à Paris, et par Edmond Cros, à Montpellier. Le premier, définissant les notions de mise en texte, de valeur textuelle, de co-texte, de sociogramme et valorisant des objets précis à soumettre à des micro lectures (l’incipit romanesque, par exemple) cherche à rendre raison du mouvement sémantique des textes et à mettre en évidence l’historicité des écritures littéraires. Le second, intégrant les acquis du structuralisme, de la linguistique et de la sémiologie et de la psychanalyse, relie la sociocritique à une nouvelle théorie du sujet par le biais de son concept de sujet culturel, associant le sujet de l’inconscient et une subjectivité modelée via des relations avec des pratiques sémiotiques nombreuses et la pense comme une sociosémiotique capable de rendre compte des investissements idéologiques des textes.

Elle s’est peu à peu constituée au cours des années soixante pour tenter de construire « une poétique de la socialité, inséparable d’une lecture de l’idéologique dans sa spécifité textuelle »

La socialité des textes est analysable dans leurs procédures de mise en forme, lesquelles se comprennent rapportées à un ensemble sémiotique plus large de nature langagière ou visuelle. L’étude de ce rapport de commutation sémiotique permet d’expliquer la forme-sens (thématisations, contradictions, apories, dérives sémantiques, polysémie, etc.) de ces textes, d’évaluer et de mettre en valeur leur historicité, leur portée critique et leur capacité d’invention à l’égard de la vie sociale.

Analyser, comprendre, expliquer, évaluer, ce sont bien là les quatre temps d’une herméneutique. C’est pourquoi la sociocritique peut se définir comme une herméneutique sociale des textes.

Historiquement, pour une première fois est remarquée une approche sociale dans l’Emile de Rousseau puis, de la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (1800) de Mme de Staël. Après quelques années viendra l’approche historique des arts que l’on retrouvera aussi dans un ouvrage majeur de Taine nommé philosophie de l’art(1865)où il tente d’expliquer une œuvre par rapport au milieu social et de son producteur. Puis les écrits de Gustave Lanson approcher le texte en mettant l’accent sur la lecture elle-même.

Dans cette modeste recherche, nous avons opté pour la sociocritique de par son importance comme méthode effective dans l’étude des œuvres littéraires.

L’originalité de la sociologie de la littérature est d’établir, et de décrire, les rapports entre la société et l’œuvre littéraire.

La société existe avant l’œuvre, parce que l’écrivain est conditionné par elle, la reflète, l’exprime, cherche à la transformer ; elle existe dans l’œuvre, où l’on retrouve sa trace, et sa description ; elle existe après l’œuvre, parce qu’il y a une sociologie de la lecture, du public, qui lui aussi, collabore à la production littéraire. Ce n’est pas le XXe siècle qui a découvert l’analyse des relations entre la société et la littérature : au XIXe siècle, des critiques, parmi lesquels Madame de Staël et Taine, des philosophes, comme Hegel et Marx. Au début du XXe siècle, parallèlement aux travaux de Durkheim, Lanson s’interroge sur l’histoire littéraire et la sociologie.

Par ailleurs, la sociocritique est une critique littéraire qui traque les idéologies en œuvre dans l’esthétique affirmée.

La sociocritique s’intéresse avant à la façon dont les structures socioéconomiques s’incorporent dans les structures textuelles, en précisant cependant que cette incorporation n’est jamais directe ni automatique dans la mesure où chacun des niveaux impliqués autrement dit un rythme d’évolution correspondant à l’infrastructure et la superstructure.

Une théorie est un ensemble de propositions servant à unifier de façon logique des concepts afin d’expliquer et d’interpréter certains aspects de la réalité dont l’on cherche à rendre compte.

Spéculation, connaissance qui s’arrête à la simple spéculation sans passer à la pratique.

Le mot théorie vient du mot grec theorem, qui signifie « contempler, observer, examiner ». Ensemble des idées, de concepts abstraits appliqués à un domaine particulier, conception, doctrine.

Il y a beaucoup de méthodes d’analyse littéraire, mais il arrive que la pertinence de telle ou telle méthode soit beaucoup plus en vue sur un corpus donné et sur un sujet déterminé. La sociocritique comme outil d’analyse littéraire s’est avéré la bienvenue pour l’analyse de notre corpus, raison pour laquelle nous voulons d’abord parcourir cette méthode avant de l’appliquer.

Cette démarche est due à de multiples raisons : la première en est que l’auteur s’est fortement inspiré de la société et de ses péripéties parfois bizarres projetées dans la peinture de la société de fiction, où par exemple les masques comme

En deuxième lieu, n’étant pas dans l’angle manifestement comparatif nous avons trouvé qu’il serait éloquent d’utiliser la méthode sociocritique car les heurts des problèmes sociaux : de la prostitution, la mendicité dans les trois œuvres du corpus, retombent sur un échantillon de gens faisant partie de la société. D’où toute la société en est sensible. De ce fait, nous jugeons mieux de commencer par la définition des concepts clés.

La sociocritique est une approche du fait littéraire qui s’attarde sur l’univers social présent dans le texte. Elle s’inspire de disciplines semblables comme la sociologie de la littérature qu’on a tendance à les confondre.

La sociocritique est un mot créé par Claude Duchet en 1971, propose une lecture socio-historique du texte.

En fait, la sociocritique ne s’intéresse pas à ce que le texte signifie, mais à ce qu’il transcrit, c'est-à-dire à ses modalités d’incorporation, de l’histoire, non pas seulement au niveau des contenus, mais aussi au niveau des formes.

Beaucoup d’auteurs ont étudié la méthode sociocritique comme outil d’analyse littéraire, nous nous bornerons aux auteurs que nous jugeons les plus connus.

Joelle Gardes-Tamine et Marie-Claude Hubert[modifier | modifier le code]

Joelle Gardes-Tamine et Marie-Claude Hubert voient la sociocritique comme une « méthode de critique née au cours des années soixante, issue de la sociologie. Elle apparaît comme une tentative pour expliquer la production, la structure et le fonctionnement du texte littéraire par le contexte politico-social .»2002 :198 S’étant enraciné dans la société, Taine dans sa philosophie de l’art (1865) a centré ses travaux sur l’émetteur dans son œuvre, et a montré comment le milieu social de l’auteur conditionne l’œuvre, et Lanson le critique au début du XXe siècle a centré ses travaux sur le récepteur et a insisté sur le rôle lecteur dans l’évolution de la littérature.

Le concept de sociocritique, recourt à des approches théoriques disparates, selon que les critiques se situent dans la mouvance des philosophes marxistes, comme Marx, Engels ou Durkheim, de hegel ou des sociologues comme Marx Weber. selon Daniel Bergez et al(1999 :123) : la sociocritique sera employé par commodité, bien que le terme désigne de nombreuses années de recherche, c’est une démarche visant la simple interprétation socio-historique des textes comme ensembles aussi bien que comme productions particulières.

Selon Claude Duchet, la sociocritique vise « le texte lui-même comme lieu où se joue et s’effectue une certaine socialité » cité par Bergez et al. 1999 :123).

Dans la lignée marxiste, se situent des théoriciens comme Tlt.W.Adorno et Pierre Macherery. Leur originalité est de souligner la dimension critique de la littérature qui n’est pas nécessairement en adéquation avec les discours idéologiques.

Robert Escarpit, quant à lui, dit que les structures culturelles ne sont pas seulement autonomes mais peuvent agir sur les structures sociales et économiques. Il s’apparente ainsi à Max weber qui affirme qu’ « il faut séparer les jugements de valeurs des jugements du fait. »Cité par Joëlle Gardes-Tamine et Marie-Claude Hubert. (2002 :198)

Lukas et Goldman, excellents théoriciens sur la sociocritique se réclament de Hegel à qui ils empruntent la théorie de la totalité. Dans un phénomène particulier se concrétise la problématique d’une époque. Goldman cherche à dégager une structure englobante : la vision du monde d’un groupe social.

Ce travail est réparti en deux parties complémentaires : la première partie : consiste à étudier la méthode sociocritique dans sa diachronie comme outil d’analyse littéraire ».Ce chapitre donne un parcours de cette méthode et son efficacité sur le corpus.

La seconde partie concerne l’analyse du corpus en faisant un parallélisme entre Edmond cros et Pierre Zima.

Origines de la théorie sociocritique[modifier | modifier le code]

Afin d’appliquer cette méthode sur notre corpus, plusieurs théoriciens, nous l’avons découvert dans la ligne de l’analyse littéraire : Nous citons des œuvres à ce propos telle que : le Dieu caché(1965), et pour une sociologie du roman (1964) de Lucien Goldmann.

Georg Lukacs[modifier | modifier le code]

Dans l’analyse du roman, nous avons beaucoup de théories de Georges Lukacs. Selon Lucien Goldman, « la forme du roman qu’étudie Lukacs est celle que caractérise l’existence d’un héros romanesque qu’il a très heureusement défini sous le terme de héros problématique »1964 :23)

Pour cela les analyses de Lukács permettent d’entreprendre une étude sociologique sérieuse de la forme romanesque.

Georges Lukacs appelle ça une « histoire d’une recherche « dégradée » et Lukacs appelle ceci une « histoire démoniaque » car il y a en cela, la recherche de valeurs authentiques dans un monde dégradé lui aussi mais à un niveau autrement avancé et sur un monde différent.

Pour Georges Lukacs, la situation problématique dans laquelle se trouve le héros est exhumée sous forme de ce qu’il appelle « ironie » dans une œuvre romanesque.

Lukacs lui-même se montre le plus cohérent en ses propos :

« une fois apparue la société de classes, la grande poésie épique ne peut plus tirer sa grandeur épique que de la profondeur typique des oppositions de classes dans leur totalité mouvante. Pour la nouvelle figuration épique, ces oppositions s’incarnent en tant que lutte entre des individus dans la société soulignée dans le texte »

Les personnages problématiques font donc irruption dans la société écrasée par l’intense production pour le marché, faisant naitre des classes bien dessinées : les prolétaires et les producteurs. C’est pourquoi il fustige aussi un réalisme régressif dans son roman historique (1964).

Georges Lukacs est le grand théoricien de la théorie sociocritique.Ses théories sont bien importantes parce qu’il fait ressortir du roman, ce qui nuit à la société moderne en provoquant l’essoufflement des valeurs traditionnelles.

Lucien Goldman[modifier | modifier le code]

Goldman a opté pour l’analyse en embrassant l’œuvre en tant que produit de la société, disciple de Lukacs, n’a pas cessé de retravailler la théorie sociocritique pour l’enrichir. Lucien Goldman est convaincu que plus l’écriture s’attache à la forme, plus l’ironie se glisse subtilement dans les failles du canon de la langue par laquelle passe la culture. Bergez dit :

« Sociocritique désignera donc la lecture de l’historique, du social, de l’idéologique, du culturel dans cette configuration de la littérature par les rapports sociaux et les luttes de classe est donc inévitable est programmée pour une théorie du superstructurel. Pour Goldman, comme le droit, la politique comme les idées et l’idéologie, la littérature et la culture devaient être repensées comme effets et comme moyens d’une dernière instance économique et sociale. Tout lecteur est un moi, venu de relations parentales et symboliques qui, elles aussi, le determinent et lui ouvrent des espaces de recherche et d’interprétation ».

Dans son Dieu caché, Goldman insiste sur le caractère transindividuel d’une œuvre dans la société.

René Girard[modifier | modifier le code]

René Girard évolue dans la même voie que Lukacs et Goldman. Il centre aussi ses idées sur la dégradation du monde des mœurs traditionnelles.

L’ironie étant le procédé discursif par excellence pour peindre la société, Girard dépasse la conscience de ses héros et ce dépassement (humour ou ironie) est esthétiquement constitutif de la création romanesque.

Au lieu de privilégier l’humour girardienne, la critique a privilégié l’ironie lukacsienne. Pour Girard, le romancier a quitté au moment où il écrit son œuvre, le monde de la dégradation pour retrouver l’authenticité, la transcendance verticale. Pour lui, la plupart des grands romans finissent par une conversion du héros à cette transcendance verticale et le caractère abstrait de certaines fins. Ceci se remarque dans Don Quichotte de Cervantès et dans le rouge et le noir de Stendhal.

Pierre Zima[modifier | modifier le code]

Avant d’abonder dans la littérature, Zima plonge d’abord dans la sociologie. Pour lui, il existe « une scission historique indésirable, (…) de nombreux représentants des sciences sociales (et naturelles) qui considèrent comme indispensable la réflexion philosophique. »(1985 :14)

Zima trace d’abord les voies d’une rupture épistémologique à partir du socle principal qu’est la philosophie. De là on a abouti à la sociocritique. C’est dans la suite que Zima se prononce sur la littérature, il préconise en fait que la sociocritique trouve ses soubassements dans les socles de la philosophie, de la sociologie puis de la sociologie de la littérature.

« pour la sociologie du texte préconisée ici, il s’agit de devenir une science à la fois empirique et critique, capable de tenir compte des structures textuelles et du contexte social dont elles sont issues .»

L’idéologie tient une importance capitale dans les théories de Zima. Elle est en fait vécue par la plupart des individus (les non-scientifiques) comme naturelle, comme faisant partie de leur environnement social quotidien. Il tend à considérer les valeurs idéologiques qui déterminent leurs actions comme étant données, humaines et universellement valables.

Dans l’idée de totalité de Zima, l’on stipule que les jugements de valeur idéologique et l’idéologie comme totalité plus ou moins cohérente permettent aux individus d’agir en tant que sujets. Dans la société selon Zima, les individus s’identifient inconsciemment à certaines valeurs et normes qui font d’eux des sujets responsables de certaines actions. C’est dans ce contexte qu’il convient de lire la célèbre phrase d’Althusser cité par Zima(1985 :23) «  l’idéologie interpelle les individus en sujets. »

Marc Angenot[modifier | modifier le code]

Pour Zima, l’intérêt porté aux textes littéraires est mis en relation avec le contexte social. Selon Angenot, il s’agit de fonder une théorie du discours social qu’il définit comme « tout ce qui se dit et s’écrit dans un état de société, tout ce qui s’imprime, tout ce qui se parle publiquement ou se présente aujourd’hui dans les médias électroniques. »

Dans son esprit de refléter la société, la littérature devient une institution sociale. Angenot n’a pas, dans ses théories, ignorée des procédés littéraires traditionnelles comme la symbolisation.

Ainsi Austin Warren et René Wellek (1971 : 129) vont dire que « la littérature représente « la vie » et la « vie » est dans une très large mesure, une réalité sociale, même si le monde de la nature et le monde (…) subjectif ont également fait objet d’imitation littéraire ».

Pour Marc Angenot : « tout s’analyse comme signe, langage et discours est idéologique »Angenot, 1989 :19).Il s’agit donc pour une critique d’analyser une œuvre tout en décelant le discours hégémonique qu’il recèle. Dans ce sens, Angenot rompt aussi avec le monologisme des formalistes russes pour aborder le contexte social comme Mikhael Bakhtine pour qui le texte est un dialogue d’autres textes.

Le discours social joue donc un rôle majeur dans la société. C’est pour ça que la sociocritique qui va nous servir dans notre analyse, tire son origine des méthodes sociologiques et surtout, comme nous l’avons dit, dans l’évolution de la sociologie de la littérature.

Daniel S. Larangé[modifier | modifier le code]

Daniel S. Larangé propose d'élargir la palette des textes et propose une analyse sociocritique des textes spirituels et religieux. Il tente de démontrer que la spiritualité d'une oeuvre est le fruit de son inscription sociale et qu'elle exprime à travers un tempérament particulier les croyances et les valeurs d'une société à une époque donnée. Aussi explore-t-il tant la littérature française des XIXe et XXe siècles[1] que les productions de la francophonie. Il démontre ainsi que le romantisme social des utopistes, tels l'abbé Alphonse-Louis Constant[2], Charles Fourier, Claude Henri de Rouvroy de Saint-Simon, Auguste Comte, Pierre Leroux, Helena Petrovna Blavatsky, etc. et des légitimistes, tels Victor Hugo, Pierre-Simon Ballanche[3], Mme Barbara Juliane de Krüdener récupère l'argumentation philosophique afin de justifier leurs conceptions mystiques de la société. Aussi la science, avec ses théories, est-elle défini comme un discours et son objectivité n'est que le résultat consensuel de l'intersubjectivité de groupes sociaux, comme la communauté scientifique. Toutefois ces travaux mettent en avant le rôle politique qui se dégage de cette application des sciences au poétique[4]., permettant d'incliner, voire d'orienter, les idéologies afin qu'elles sustentent l'imaginaire collectif. Le cinéma apocalyptique façonne ainsi, d'après lui, les opinions et émotions des spectateurs[5].

L’influence de Marx et de Durkheim[modifier | modifier le code]

Parallèlement aux marxistes, il s’établit vers les années 30 une école fondée sur la sociologie de Durkheim et menée par Jan Mukarovsky qui considère la littérature par le concept de conscience collective. Ce dernier l’applique à l’interprétation des textes par les sociétés, prétendent qu’elle se fera principalement en fonction d’une culture particulière, donnant une valeur polysémique à la lecture. En guise de conclusion à ce chapitre théorique, nous avons tenté de donner un panorama de la théorie et de la méthode sociocritique comme l’un des outils excellents de l’analyse littéraire. Nous disons que c’est la méthode la plus réputée en critique littéraire, car elle est dans le plein ancrage de la société qui donne naissance au roman. De prime abord, nous avons tenté de définir les termes clés pour éclairer le lecteur de ce travail. Au départ, nous avons levé la confusion qui pouvait s’établir entre la sociocritique et la sociologie de la littérature, le plus important encore était de montrer les idées des grands théoriciens de la sociocritique. Ainsi comme le dit Edmond Cros : «  la sociocritique tout en donnant toute son importance au structuralisme en tant que méthodologie et tout en fondant ses stratégies argumentatives sur les notions de polarités constitutives et donc des tensions et de contradictions, se donne comme objectif de mettre à jour les modalités qui gèrent l’incorporation de l’histoire dans les structures textuelles. »

Dans cette première partie, une étude comparative des trois œuvres de YAE, sera entamée selon la méthode sociocritique de Pierre ZIMA. Autrement dit, les six points essentiels pour disséquer ces œuvres littéraires seront :

  • En premier lieu, la situation sociolinguistique : Visant à étudier les différents aspects langagiers et linguistiques en mettant en lumière le socioculturel.
  • En second lieu le sociolecte : le repérage d’un sociolecte ou maints sociolectes vont seconder cette approche critique.

Le sociolecte est le parler d’un groupe social, ou de toute catégorie se distinguant par « une culture intime ». Certains sociolectes peuvent être des dialectes privilégiés par opposition à l’idiolecte qui est le parler d’un individu. Etymologiquement, ce mot est un néologisme formé du préfixe socio- de social, en rapport avec la société et du suffixe –lecte sur le modèle dialecte du latin dialectus emprunté au grec ancien dérivé de s’entretenir.

  • En troisième lieu : discours qui est un ensemble de paroles, d’énoncés solennels, ce terme est, dans la langue courante, polysémique .En linguistique, c’est un exercice de la faculté du langage, énoncé linguistique observable (phrase et suite de phrases prononcées, texte écrit), par opposition au système abstrait que constitue la langue.

L’idéologie, si on se réfère à l’histoire de la philosophie : c’est un système philosophique qui à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, avait pour objet : « L’étude des idées, de leurs lois, de leur origine » (Lalande).

Selon le vocabulaire marxiste (fin du XIXe siècle) ensemble des idées, des croyances et des doctrines propres à une époque, à une société ou à une classe. Autrement dit c’est un système d’idées, c’est une philosophie du monde et de la vie.

  • En quatrième lieu : l’intertextualité :

L’ensemble des allusions à d’autres textes déjà écrits, aux motifs culturels déjà développés par d’autres écrivains. Selon GENETTE, dans Introduction à l’architexte :

« C’est une présence plus ou moins littérale, intégrale ou non d’un texte dans un autre : la citation, c’est à dire la convocation explicite d’un texte, à la fois présenté et distancié par des guillemets est l’exemple le plus évident de ce type de fonctions, qui en comporte bien d'autres. »

Dans un texte, la compréhension des mécanismes de l’intertextualité et des intertextes s’avère très significative dans la mesure oǔ elle permet de mieux comprendre les processus d’écriture et de lecture littéraires.

L’intertexte est aussi un lieu privilégié pour celui qui cherche à saisir l’évolution littéraire, les différences de sensibilités des époques, des cultures.

C’est l’ensemble des allusions à d’autres textes déjà écrits, aux motifs culturels déjà développés par d’autres écrivains.

En cinquième lieu, la sémantique et la syntaxe comme des fonctions sociales : il s’agira de repérer dans la structure des différentes phrases des antagonismes sociaux et des conflits idéologiques.

Par conséquent, repérer la structure narrative d’un texte littéraire ou théorique constitue un univers relativement homogène et autonome ; elle imite et reproduit la réalité et s’identifie, de manière implicite ou explicite à cette réalité.

  • En sixième lieu, l’ambivalence sémantique et l’indifférence :

Pour la sociologie du texte, il est essentiel de développer la classification sémantique, l’isotopie sémantique qui constituent le fondement du modèle actantiel et du parcours narratif d’un discours.

L’ambivalence sémantique est susceptible de se transformer en indifférence. C’est par rapport à cette indifférence à la fois sociale et linguistique que le romancier critique le discours manichéen, dualiste, des idéologues qui prétendent raconter l’histoire « vraie »en opposant le bien et le mal et le héros et l’antihéros.

En d’autres termes, la méthode adoptée est l’étude sociologique de ces textes qui s’intéresse à la question de savoir comment des problèmes sociaux et des intérêts de groupe sont articulés sur les plans sémantique, syntaxique et narratif.

Au delà d’un contexte social, la sociocritique de Pierre Zima n’envisage guère de reprendre le concept traditionnel de forme comme chez LUKACS mais d’empiéter et d’élargir le champ de recherche en représentant les structures linguistiques et sociales.

Autrement dit les niveaux sémantiques et syntaxiques, leur relations complémentaires et dialectiques auront un apport fécond pour disséquer une œuvre littéraire.

Donc, Pierre Zima considère que l’univers social est constitué d’un ensemble de langages collectifs qui sont repérés, observés voire absorbés par des écrivains et qui sont transposés dans des textes littéraires dont ils ont un rôle très important.

  1. Daniel S. Larangé, L'Esprit de la Lettre: Pour une sémiotique des représentations du spirituel dans la littérature française des XIXe et XXe siècles, Paris, L'Harmattan, 2009.
  2. Daniel S. Larangé, "Théologie mariale et discours féministe: la foi romantique en l´avenir du pouvoir féminin selon l´abbé Alphonse-Louis Constant", Tangence 94 (2010), p. 113-134.
  3. Daniel S. Larangé, De l’autobiographie à l'historiographie: Ballanche et la figure romantique de l'homme universel. Écho des études romanes, vol. IX/No1, 2013, p.87-106: http://www.eer.cz/files/2013-1/2013-1-06-Larange.pdf.
  4. Daniel S. Larangé, "Les Lumières, métaphore maçonnique aux sources du romantisme français", Studii si Cercetari Filologice : Seria Limbi Romanice vol. 2 (2011), p. 28-50 voir: http://www.doaj.org/doaj?func=openurl&genre=journal&issn=18433979&volume=2&issue=HS&date=2011&uiLanguage=en
  5. Daniel S. Larangé, Discours de théologie postmoderne dans le cinéma post-apocalyptique: pour une contemplation de la destruction. Ekphrasis No2, 2010, p.35-46: http://ekphrasis.accentpublisher.ro/files/articles_content/581/E8-4.pdf.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Centre de recherche interuniversitaire en sociocritique des textes (CRIST) : www.sociocritique-crist.org

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Patrick Maurus et Pierre Popovic (dir.), Actualité de la sociocritique, Paris, L'Harmattan, 2013. [1]