Société médiévale

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L'organisation sociale du Moyen Âge repose sur trois fonctions

La société médiévale est une société organisée autour de trois ordres  :

  • ceux qui prient : oratores ;
  • ceux qui font la guerre : bellatores
  • ceux qui travaillent : laboratores.

Il s'agit d'une classification analogue à celle des trois ordres de la société d'Ancien Régime : clergé, noblesse, Tiers état.

Historique[modifier | modifier le code]

Les trois ordres étaient déjà évoqués dans l'Empire Romain chrétien : les sacerdotes, les nobiles et les pauperes.

Des textes anglais du VIIIe siècle, comme celui du roi du Wessex Alfred le Grand, distinguent les gebedmen formés par les druides et prêtres, les fyrdmen formés par l'aristocratie militaire et les weorcmen, hommes libres pour le travail.

Ces deux classifications seront reprises par le moine Haymon d'Auxerre au IXe siècle[1].

Des mentions d'une classification de la société en trois ordres apparaissent en Angleterre aux IXe et Xe siècles. La traduction anglo-saxonne du De Consolatione Philosophiae de Boèce par le roi Alfred le Grand (en 897-898), au livre I, chapitre 17 indique :

« Listen, you know that no man is able to exhibit and craft or to conduct or to rule any power without tools and material. That without which man is unable to perform the craft is the material for that craft. These then are the king's materials and his tools to reign with: that he have his land well-peopled; he must have prayer-men and army-men and work-men (gebedmen fyrdmen weorcmen). You know that without these tools no king can exhibit his craft. »[2]

Ces trois ordres ont été redéfinis par Adalbéron de Laon vers 1020, puis par Gérard de Cambrai qui souhaitaient ce type d'organisation sociale alors que la France connaissait une crise politique autour de l'an mille[3].

L'historien Georges Dumézil a mis en évidence que ces fonctions sont communes aux sociétés indo-européennes (voir l'article Fonctions tripartites indo-européennes).

Georges Duby a également décrit en détail les trois ordres de la société « féodale »[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Edmond Ortigues, « L'élaboration de la théorie des trois ordres chez Haymon d'Auxerre », Francia, vol. 14,‎ 1986, p. 27-43
  2. Giles Constable, Three studies in medieval religious and social thought, The interpretation of Mary and Martha, The ideal of the imitation of Christ, The orders of society, lire en ligne, p. 279
  3. Michel Kaplan, Patrick Boucheron, Histoire médiévale : XIe-XVe siècle, Editions Bréal,‎ 1994, p. 94
  4. Georges Duby, Les trois ordres ou l'imaginaire du féodalisme, Paris, Gallimard, 1978

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Dubuisson, « L'Irlande et la théorie médiévale des « trois ordres » », Revue de l'histoire des religions, 1975, pp. 35-63
  • Georges Duby, Les trois ordres ou l'imaginaire du féodalisme, Paris, Gallimard, 1978
  • Dominique Iogna-Prat, le baptême du schéma des trois ordres fonctionnels : l'apport de l'École d'Auxerre dans la seconde moitié du IXe siècle, Annales ESC 41, 1, 1986
  • Edmond Ortigues, « L'élaboration de la théorie des trois ordres chez Haymon d'Auxerre », Francia vol. 14, pp. 27-43, 1986
  • Giles Constable, Three Studies in Medieval Religious and Social Thought, Cambridge, 1995 (p. 267-288)
  • Daniel Pichot (dir.), Prieurés et société au Moyen Âge, Presses Universitaires de Rennes, 2006

Articles connexes[modifier | modifier le code]