Société des transports abidjanais

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Société des transports abidjanais

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Logo de la Société des transports abidjanais

Dates clés 1960, création
Forme juridique Établissement public
Slogan Faisons route ensemble
Siège social Drapeau de Côte d'Ivoire Rue des pêcheurs, Vridi, Abidjan (Côte d'Ivoire)
Direction Méité Bouaké
Activité Transport de voyageurs, exploitation, gestion d'infrastructure et ingénierie de réseaux
Produits Autobus, Bateau-bus
Filiales SOTRA Tourisme, SOTRA Industries, Institut SOTRA.
Effectif 1 610 agents ([1])
Site web http://www.sotra.ci/

La Société des transports abidjanais (en abrégé SOTRA) est une société ivoirienne de transport, la première société de transport urbain organisée de l'Afrique de l'Ouest La SOTRA est une entreprise qui assure la gestion des transports urbains d'Abidjan et de sa proche banlieue via ses lignes d'autobus et de bateau-bus. Cette régie a été créée le 16 juin 1960, afin de gérer l'ensemble des moyens de transport de surface, qui étaient auparavant assurés par des privées. Son statut est celui d'une société d'économie mixte.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant 1960, le transport en commun était réalisé à Abidjan de manière artisanale avec des pinasses sur la lagune et des fourgonnettes de marque Renault communément appelées « mille kilo » et transportant une vingtaine de passagers sur un trajet fixe. Des voitures de tourisme transportant moins d'une dizaine de passagers sur un itinéraire assez régulier et quelques taxis complétaient les moyens de déplacement des populations.

Le est créée la Société des transports abidjanais (SOTRA), une Société d'économie mixte dont le capital est détenu à 35 % par l'État ivoirien et à 65 % par des partenaires privés. La SOTRA, placée sous tutelle du Ministre des travaux publics et des transports, se présente dès lors comme la première société de transport urbain organisée de l'Afrique de l'Ouest.

Une convention de concession de service public signée entre l'État ivoirien et la SOTRA accorde à celle-ci l'exclusivité du service de transport en commun de voyageurs dans la ville d'Abidjan. Cette convention prévoit également la suppression des fourgonnettes dites « mille kilo » et des autres moyens collectifs de transport public, à l'exclusion des taxis. À partir de juillet 1964, le monopole de la Sotra sur le transport public de passagers devient effectif à Abidjan. La société accroit son chiffre d'affaires si bien qu'elle devient véritablement bénéficiaire alors qu'elle avait connu des déficits successifs durant les premières années. Les propriétaires des taxis collectifs quant à eux reçoivent des compensations sous forme d'autorisations de transport sur des lignes non urbaines ou de vignettes pour l'exploitation de taxis à compteurs.

Le capital social initial de la SOTRA, de 50 millions en 1960 est passé à 800 millions de FCFA en 1974 puis à 3 milliards F CFA en 1983. Il est détenu en 2009 par l'État ivoirien (60,13 %), IRISBUS/IVECO (39,80 %) et le District d'Abidjan (0,07 %).

Organisation[modifier | modifier le code]

Le groupe SOTRA est une société anonyme à participation financière publique, de droit ivoirien. Il est régi notamment par l'Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d'intérêt économique (OHADA). Son organisation s'articule autour d'une Direction générale, d'une direction de l'audit général et de directions opérationnelles (direction des opérations, direction du développement des ressources humaines, direction administrative et financière, direction de la communication et du marketing, direction de l'organisation et de la qualité, direction des études et de la prospective, direction de l'informatique et des nouvelles technologies, direction des moyens généraux) auxquelles trois filiales : SOTRA Industries, Institut SOTRA et SOTRA Tourisme.

Moyens de production[modifier | modifier le code]

Un autobus articulé fabriqué dans les usines de SOTRA Industries.

La SOTRA dispose de six centres d'entretien des véhicules et de gestion de lignes, un atelier d'entretien des bateaux-bus, un atelier central de rénovation de la carrosserie et de gros organes des véhicules, trois gares de régulation, quatre gares lagunaires, quarante-cinq terminus de bus et 1 050 points d'arrêts dont 265 équipés d'abris.

La SOTRA dispose d'un réseau de 68 lignes urbaines dont 12 lignes express, 3 lignes de bateau-bus, 2 lignes Taxi-bagages et une ligne école. En moyenne, chaque jour la SOTRA parcourt 108 188 km et transporte 800 000 passagers. Au début de l'année 2015, la SOTRA disposait d'un parc de 540 autobus et 10 bateaux-bus[2].

Le service offert par la SOTRA est jugé totalement inefficace et chaotique : les bus ne sont pas réguliers, sont surchargés à outrance, et ne répond plus à la demande depuis les années 2000[2].

Vagues de rééquipement[modifier | modifier le code]

Un autobus Tata Motors à Abidjan en 2009. Peu résistants, ils sont progressivement remplacé par des bus plus récents.

Les bus de la SOTRA se sont dotés d'un système de billettique assisté par ordinateur (BAO) qui consiste à installer dans les autobus de la SOTRA un mini ordinateur précodé ou pupitre électronique capable d’émettre directement des titres de transport, sous forme de ticket de caisse comportant toutes les données relatives aux voyages (date, heure, ligne, position).

La compagnie de transport se retrouve cependant, au sortir de la crise ivoirienne de 2010-2011, avec seulement 90 véhicules en état de marche, au lieu de près de 600 véhicules, quoique majoritairement vétustes, avant le conflit[2].

À partir du , des bus Renault R312[3] et Irisbus Agora[4] en bon état, exploités jusqu'alors par la RATP dans Paris, sont entrés en service dans le parc de la SOTRA en lieu et place de bus Tata et Iran Khodro. De son côté, la ville de Strasbourg a offert 5 bus R312 à la société[5]. Ce renouvellement fait partie d'un vaste plan de réhabilitation des autobus de la ville d'Abidjan et de redressement de la SOTRA, pour un coût estimé à 4,7 milliards de francs CFA[6].

A là mi-2013, 400 bus Berkhof Ambassador 200 du constructeur néerlandais VDL sont livrés à la SOTRA par la société Womy equipment supply. La livraison de ces bus, produits entre 2001 et 2011, d'occasion mais en excellent état et modernes, a été accompagnée d'une formation des mécaniciens de la SOTRA à la maintenance de ces véhicules. Ces autobus constituent aujourd'hui la majorité du parc d'autobus de la SOTRA, et sont rejoint en 2014 par une livraison de bus Volvo âgés de moins de cinq ans[7].

Critiques et accidents[modifier | modifier le code]

Repêchage d'un autobus de la SOTRA, tombé dans la lagune le 5 août 2011.

La SOTRA fait l'objet d'abondantes critiques depuis une décennie au sujet de l'entretien de ses véhicules et leurs nombreux accidents. Les incendies de moteurs sont réguliers, les bus usés prématurément par les surcharges hors normes, et certains systèmes de sécurité intégrés aux autobus les plus récents sont désactivés pour permettre ces surcharges. La société a connu de nombreux accidents depuis 2011 :

  •  : Un autobus Tata Starbus dérape après avoir percuté un autre véhicule et plonge dans la lagune Ébrié depuis le pont Félix-Houphouët-Boigny, entraînant la mort d'au moins 37 personnes. Trois jours de deuil national ont été décrétés à la suite de cet accident ;[8]
  •  : Un autobus Tata Starbus rentre violemment en collision avec un autre bus Iran Khodro à l'arrêt, suite à une défaillance des freins du premier, causant 101 blessés ;[9]
  •  : Un autobus Tata Starbus desservant la ligne 5 prend feu sur le boulevard Valéry-Giscard-d'Estaing sans faire de victimes ;[10]
  •  : Un autobus allant en direction de Yopougon prend feu sans faire de victimes ;[11]
  •  : Un incendie ravage 12 autobus Tata usagés dans le dépôt de Koumassi sans faire de victimes. Le sinistre a été causé par des individus rentrés sur le site mal protégé pour prendre de l'essence dans les véhicules garés ;[12]
  •  : Un autobus Berkhof Ambassador 200 prend feu sur une voie rapide entre Adjamé et Yopougon sans faire de victimes, mais seulement un mois après sa livraison à la SOTRA ;[13]
  •  : Un autobus Renault Irisbus Agora L prend feu sur une grande artère de Yopougon sans faire de victimes ;[14]
  •  : Un bateau-bus reliant Abobo-Doumé à Treichville subit un début d'incendie sans faire de victimes ni de dégâts matériels. Ce départ d'incendie a été causé par des salades d'eau douce, nombreuses dans la lagune Ébrié, qui ont bouché les voies d'aération du moteur ;[15]
  •  : Un autobus Renault R312 prend feu la nuit du nouvel an au carrefour de l'Indénié sans faire de victimes ;[16]
  •  : Un autobus Tata Starbus desservant la ligne 39 prend feu sur l'autoroute du Nord, à proximité du carrefour Siporex à Yopougon, sans faire de victimes ;[17]
  •  : Un chauffeur perd le contrôle de son bus sur une voie rapide, après avoir voulu éviter un véhicule conduisant erratiquement. Il va s'encastrer dans un arbre, déraciné par le choc violent, et entraîne la mort du chauffeur et 33 blessés ;[18]
  •  : Un autobus prend feu sur la voie express d’Abobo sans faire de victimes ;[19]
  •  : Un autobus Renault R312 prend feu sur la voie express entre Adjamé et Yopougon, sans faire de victimes.[20]

SOTRA Tourisme[modifier | modifier le code]

SOTRA Tourisme & Voyages est une société filiale de la SOTRA qui offre des voyages dans presque tout le pays à travers des cars, des bateaux et des avions par des professionnels du tourisme.


Moyens de Transports[modifier | modifier le code]

  • Avion
  • Autobus
  • Bateaubus
  • Car

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le DG de la Sotra prévoit en ligne 2000 autobus et 100 bateaux-bus d’ici 2016 - AIP sur Abidjan.net
  2. a, b et c Reportage RTI - Dossier du Jeudi : Le transport en commun à Abidjan
  3. Sotra: pourquoi les autobus Renault ont remplacé les Tata - Acturoutes
  4. Des ex-RATP chez SOTRA - bustrains
  5. La commune de STRASBOURG offre 5 bus à la Sotra - Atouhou Actualités
  6. Transport urbain - L’Etat remet 24 bus à la Sotra, 276 arrivent - Abidjan.net
  7. Mathias Kouamé, « Abidjan: la SOTRA lance de nouveaux autobus plus spacieux », sur acturoutes.info,‎ (consulté le 26 avril 2015)
  8. « Abidjan: 37 passagers tués dans la chute d`un bus dans la lagune (officiel) », sur abidjan.net,‎ (consulté le 27 avril 2015)
  9. Idrissa Bamba, « Adjamé-Indénié : Violente collision entre deux bus », sur auto.ci,‎ (consulté le 27 avril 2015)
  10. « En pleine circulation, un bus de la SOTRA prend feu », sur linfodrome.com,‎ (consulté le 27 avril 2015)
  11. Alain Doh Bi, « Abidjan: Un bus articulé de la SOTRA s’enflamme dans le virage du 1er pont de Yopougon », sur fr.afrikinfos.com,‎ (consulté le 27 avril 2015)
  12. Mathias Kouamé, « SOTRA : une dizaine de bus calcinés dans un incendie, ce jeudi », sur acturoutes.info,‎ (consulté le 27 avril 2015)
  13. Akissi Kouamé, « Côte d'Ivoire : A peine livrés, les bus de la Sotra explosent ! », sur koaci.com,‎ 13 juiller 2013 (consulté le 27 avril 2015)
  14. Célestin Kouadio, « Yopougon: un autobus ravagé par les flammes, jeudi », sur acturoutes.info,‎ (consulté le 27 avril 2015)
  15. « Incident survenu sur un bateau - bus - La réaction de la Sotra. », sur koffi.net,‎ (consulté le 27 avril 2015)
  16. Konan M'Bra, « Réveillon de la Saint-Sylvestre : un bus prend feu », sur linfodrome.com,‎ (consulté le 27 avril 2015)
  17. Célestin Kouadio, « Yopougon: un autobus entièrement calciné ce mardi », sur acturoutes.info,‎ (consulté le 27 avril 2015)
  18. Konan M'bra, « Un bus de la SOTRA dérape: un mort et des dizaines de blessés », sur l'infodrome,‎ (consulté le 27 avril 2015)
  19. Narcisse Angan, « Voie express d’Abobo: Un autobus de la Sotra entièrement calciné », sur fratmat.info,‎ (consulté le 27 avril 2015)
  20. Franck Souhone, « Voie express Adjamé-Yopougon: Un autobus a pris feu », sur linfodrome.com,‎ (consulté le 27 avril 2015)