Société des ambianceurs et des personnes élégantes

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La société des ambianceurs et des personnes élégantes, ou SAPE, est une mode vestimentaire populaire née après les indépendances du Congo-Brazzaville et du Congo-Kinshasa chez les jeunes et qui se situe dans la filiation du dandysme. Ses adeptes, appelés les sapeurs s'habillent ainsi chez les grand couturiers, et pratiquent la sapologie. Bien que ce soit un terme emprunté du français, il n'a étymologiquement plus rien à voir avec le sens qu'on lui connaît. Ce mouvement est proche du mouvement Boucantier et Farot en Côte d'Ivoire.

Principes[modifier | modifier le code]

Il existe deux formes de Sape. La Sape de type "Complet" qui a un goût fort prononcé pour l'harmonie des couleurs/des marques et correspond à l'habillement de Costume classique. Il est l'équivalent du Dandy à l'anglaise. Un Sapeur Complet obéit ainsi à la règle des 3 communément appelée la Trilogie ou Tricologie (pour certains). Pour ce qui est de l'autre forme de Sape, il s'agit de la "Sape Play Boy". C'est un mode d'habillement plus relax et qui ne privilégie pas le costume classique, jugé parfois trop occidental. C'est la Sape de type Jeans, short,Chemises... de très grandes marques. Le Sapeur de Type Play Boy se veut d'être un objet d'art mobile...

Dans ce sens, nous avons deux types de Sapeurs, ceux qui ont comme référence Christian Loubaki, plus connu sous le nom de, avec les codes du dandysme bourgeois du XIXe et du début du XXe siècle, et ceux que Feu Mamadou décrivait dans les années 1983-84 comme appartenant à la Société des Ambianceurs des Personnes Élégantes. Cette manière d'être, pour les premiers, se résume à la civilisation du vêtir à l'occidentale, très conservateurs, ayant la connaissance des couleurs mais aussi des tissus et des saisons, le gris anthracite, le bleu de nuit, le blanc, le gris souris, le bleu pétrole, le bleu canard, le rouge bordeaux et le rouge royal pour les femmes, et beaucoup d'autres couleurs. Quant au second type des sapeurs, ils sont dans l'exhibition, dans le paraître en permanence, pouvant porter des couleurs criardes du vert kibanguiste, jaune d'œuf, rouge, violet, rose, sans crainte du fashion.

Un Sapeur a pour référence vestimentaire l'aristocratie bourgeoise française du XIXe siècle. Et le kitendiste a pour référence vestimentaire l'aristocratie japonaise, mélangée au style people des années disco aux États-Unis (très coloré).

Histoire[modifier | modifier le code]

L'inventeur du mot « SAPE », ce dandysme à l'africaine, serait Christian Loubaki, homme à tout faire travaillant chez des aristocrates français dans le quartier huppé du seizième arrondissement à Paris, qui aurait observé ses patrons s'habiller et profité des vieux vêtements qu'ils lui offraient. Le mot serait parti d'une interprétation inconsciente ou incomprise, de sa part. En 1975, employé par son patron pour essayer les tenues et mieux les apprécier, ce dernier lui aurait dit : "tel que tu t'es habillé tu vas saper le moral de tes amis". Or Monsieur Christian Loubaki ne savait ni lire ni écrire, et, lors de son premier retour au Congo en 1976, pour ses vacances, pour se démarquer des autres vacanciers revenus de France, ce dernier leur disait qu'il était mieux sapé. Dans l'inconscience collective des jeunes et non-jeunes congolais, intellectuels ou pas, nous avons adopté le mot SAPE sans se poser la question si le vocable SAPE était approprié ou non à la définition que monsieur Christian Loubaki se faisait du dandysme. En 1978, avec la complicité de Koffino Massamba, Christian Loubaki crée la première boutique : La Saperie à Bacongo (le quartier par excellence de la sape au Congo).

Niarcos restera l'un des grands promoteurs kitendistes. Les Zaïrois de Paris avaient des sapeurs moins connus du grand public tels que José Lombe et Kiki de Paris et beaucoup d'autres.

Quant à André Grenard Matsoua, s'il est reconnu en tant que militant de la cause noire, aucun ne peut démontrer qu'il aimait s'habiller. Le concept SAPE est un vocable usité dans les années 1976-1980 et le mouvement des sapeurs prend son essence, entre 1983 et 1988, la première boutique congolaise voit le jour (Belles Nuances * Kikuti Uomo) et tous les week-ends il y avait, un concours de l'homme le plus élégant de la soirée au Rex Club, animé par le sénégalais Mamadou, c'est ce dernier qui a défini le sigle SAPE. Djo Balard, Abel Massengo et bien d'autres ont été connus par ce biais.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

La sape est reconnue comme une manière de se vêtir autrement, mais il y a une nuance capitale, entre un sapeur, de la Société Africaine des Personnes élégantes, et les sapeurs de la Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes. Nous avons deux cas d'école sur le concept de la sape, le premier étant de l'école de Christian Loubaki (dit Mystère), qui a pour référence le dandysme bourgeois du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Et les seconds, Ben Mukasha et compagnie, ont comme référence DJO Ballard, ils sont en représentation permanente, dans le "m'as-tu-vu", dans l'exhibition de leurs marques de vêtements.

Aujourd'hui, les Kinois considèrent comme leur dernier chef de file incontestablement Papa Wemba,du mouvement Kitendiste du feu Niarkos. Et, c'est par le truchement de ce dernier que Papa Wemba sera habillé par Christian Enfant Mystere. En 1979, la chanson Matebo parlait déjà de sape : "Bien saper, bien coiffer, bien parfumer", des mots de Feu Mazouka (BEIGE) qui resteront gravés dans la conscience collective des sapeurs de cette époque.

La Boutique Connivence, par la personne de son propriétaire, a apporté une touche particulière, en faisant porter aux Congolais en particulier et au restant de la communautés noire des couleurs fashion, qui siéent avec les sapeurs de la seconde définition.

Certaines personnes au sein même de la communauté congolaise prennent leurs distances avec ce mouvement[1]. Ce qui est reproché est l'étalage d'une abondance futile et l'exhibition fastueuse de vêtements hors de prix. Les détracteurs affirment que les priorités sont inversées dans un pays touché par l'analphabétisme[2], le chômage[3] et la pauvreté (plus de 60 % des ménages vivent sous le seuil de pauvreté[4]).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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