Small is beautiful

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Small Is Beautiful: A Study Of Economics As If People Mattered[1] est un recueil d'essais de l'économiste britannique Ernst Friedrich Schumacher éditée en français par Contretemps / Le Seuil sous le titre Small Is Beautiful - une société à la mesure de l'homme.

Sa première publication en 1973 a mis les critiques de l'économie occidentale par Schumacher à la portée du grand public pendant le premier choc pétrolier et la reprise de la mondialisation. Il a été traduit dans plus de 100 langues. The Times Literary Supplement l'a listé parmi les 100 livres les plus importants publiés depuis la Seconde Guerre mondiale[2]. Une deuxième édition commentée fut publiée en 1999[3].

Les principaux thèmes évoqués sont :

Le livre est contemporain des œuvres de Ivan Illich La convivialité, de Dennis Meadows et alii Halte à la croissance ?, et de Nicholas Georgescu-Roegen The Entropy Law and the Economic Process, qui abordent également l'un ou l'autre des thèmes évoqués dans Small is Beautiful.

Le titre principal "Small is beautiful" est une phrase de Leopold Kohr, le mentor de Schumacher [4]. Schumacher envisageait plutôt "Economie Chestertonienne", faisant référence au penseur du Distributisme[5].

L'auteur[modifier | modifier le code]

Schumacher était un économiste reconnu qui travailla avec John Maynard Keynes (pendant la guerre, sur les compensations dans les échanges internationaux) et John Kenneth Galbraith (immédiatement après la guerre, sur la reconstruction économique de l'Allemagne). Il fut l'un des artisans de la reprise économique de l'Allemagne et de la Grande Bretagne dans l'après guerre, et, pendant 20 ans, l'économiste en chef des charbonnages britanniques, une entreprise de 800 000 employés. Il fut également, membre actif de la Soil Association (en), un écologiste de la première heure.

Les deux principales sources du livre sont des articles commandés à Schumacher par John Papworth, l'éditeur de la revue Resurgence, et des conférences données dans le cadre de ses fonctions au British Coal Board, modifiées par son implication dans le Scott Bader Commonwealth. La monnaie et le capital n'étaient pas au menu de Resurgence et c'est sans doute pourquoi il en est si peu question dans Small is beautiful, alors que ce sont les sujets sur lesquels Schumacher s'est fait connaître dans la communauté scientifique et sur lesquels il pensait, selon sa fille, qu'il ferait tomber Keynes de son piédestal.

Contenu et citations[modifier | modifier le code]

Partie 1 : Le monde moderne[modifier | modifier le code]

Chapitre 1 - Le problème de la production[modifier | modifier le code]

« L'illusion de pouvoirs illimités, nourri par des réussites scientifiques et techniques étonnantes, a produit l'illusion concomitante d'avoir résolu le problème de la production. Cette dernière illusion est fondée sur l'incapacité à distinguer revenu et capital là où cette distinction est la plus pertinente. Chaque économiste et homme d'affaires est familier avec cette distinction, et l'applique consciencieusement et avec une considérable subtilité à toutes les affaires économiques - sauf là ou c'est réellement important : à savoir, le capital irremplaçable que l'homme n'a pas créé, mais simplement trouvé, et sans lequel il ne peut rien faire. »

Chapitre 2 - Paix et pérennité[modifier | modifier le code]

Chapitre 3 - Le rôle de l'économie[modifier | modifier le code]

Chapitre 4 - Le système d'économie bouddhiste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie bouddhiste.

Chapitre 5 - Une question de taille[modifier | modifier le code]

Partie 2 : Ressources[modifier | modifier le code]

Chapitre 6 - La ressource première : l'éducation[modifier | modifier le code]

Chapitre 7 - De la bonne utilisation de la terre[modifier | modifier le code]

Chapitre 8 - Ressources pour l'industrie[modifier | modifier le code]

Chapitre 9 - L'énergie nucléaire : salut ou damnation ?[modifier | modifier le code]

Chapitre 10 - Une technologie à visage humain[modifier | modifier le code]

Partie 3 : Le tiers monde[modifier | modifier le code]

Chapitre 11 - Développement[modifier | modifier le code]

C'est une illusion de croire que le développement d'un noyau d'économie avancée permet d'englober de proche en proche l'ensemble de l'économie d'un pays sous-développé. La réalité est que cela ne fait que renforcer le "dualisme économique". L'expérience montre que des pays ont pu sortir d'une destruction quasi totale et rebâtir rapidement une économie prospère, et que ce qui caractérise ces réussites n'est pas l'importation de technologies mais le niveau d'éducation, d'organisation et de discipline de l'ensemble de la population.

« Il découle de tout cela que le développement n'est pas en premier lieu un problème d'économistes. »

Chapitre 12 - Aspects sociaux et économiques exigeant le développement d'une technologie de niveau moyen[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Technologie intermédiaire.

Chapitre 13 - Deux millions de villages[modifier | modifier le code]

« […] un endettement croissant n'est pas la chose la plus grave. […] Bien plus grave est le problème de dépendance, qui naît quand un pays pauvre succombe à l'attrait des modes de production et de consommation des riches. »

Chapitre 14 - Le problème du chômage en Inde[modifier | modifier le code]

« Se trouver dans l'impossibilité de gagner sa vie en se suffisant à soi-même est pour l'homme ce qu'il y a de plus frustrant. »

Un des enseignements du Bouddha était l'obligation de planter un arbre chaque année et d'en prendre soin. Si chaque Indien suivait ce conseil, au bout de cinq ans 2 milliards d'arbres seraient plantés, dont la valeur économique serait supérieure à ce que tous les plans quinquennaux de l'Inde ont jamais promis, et cela sans un centime d'aide étrangère.

Partie 4 : Organisation et propriété[modifier | modifier le code]

Chapitre 15 - Une machine à prédire l'avenir[modifier | modifier le code]

« […] la vie, y compris la vie économique, vaut encore la peine d'être vécue car elle est assez imprévisible pour être intéressante. »

Chapitre 16 - Ébauche d'une théorie de la grande organisation[modifier | modifier le code]

Schumacher reconnaît que certaines activités nécessitent l'existence d'organisations de grande taille. Il met en évidence les conditions de bon fonctionnement d'une telle organisation : délégation par les chefs à leurs subordonnés de tout ce qui peut l'être, justification par les chefs à leurs subordonnés de tout ce qui ne peut pas être délégué.

Chapitre 17 - Socialisme[modifier | modifier le code]

La propriété privée des moyens de production ne peut avoir comme objectif durable que la recherche du seul profit. Si la propriété publique n'a que ce seul objectif elle ne peut aboutir à de meilleurs résultats que la propriété privée. Le seul intérêt de la propriété publique est justement qu'elle permet de définir et d'atteindre des buts principaux différents, et en particulier des objectifs éthiques.

Chapitre 18 - Propriété[modifier | modifier le code]

« La prétendue propriété privée des grandes entreprises n'est en aucune façon analogue à la simple propriété du petit propriétaire terrien, du petit artisan ou du petit entrepreneur. Elle est, comme le dit Tawney[6], analogue aux "impôts féodaux qui volèrent au paysan français une partie de sa production jusqu'à ce que la Révolution les abolisse". »

Chapitre 19 - Nouveaux modes de propriété[modifier | modifier le code]

En 1951, l'homme d'affaires Ernest Bader (en) crée une fondation, lui donne la propriété inaliénable de son entreprise, et lui donne pour mission de consacrer les bénéfices à la gestion durable de l'entreprise, à des œuvres en faveur des employés et en faveur de la collectivité.

Épilogue[modifier | modifier le code]

« Partout on demande : " Que puis-je réellement faire ? " La réponse est aussi simple que déconcertante. Nous pouvons, chacun d'entre nous, travailler à faire régner l'ordre en nous-mêmes. »

Développements[modifier | modifier le code]

Le programme de la campagne de Jerry Brown candidat malheureux aux primaires démocrates de 1976 aux U.S.A. était en grande partie fondée sur les idées exprimées dans Small is Beautiful. Lors de cette élection Schumacher avait d'ailleurs également conseillé le futur président Jimmy Carter.

En 1976 toujours, l'OCDE développa le concept de technologie appropriée, identique à celui de technologie intermédiaire. L'administration Carter stimula la création et subventionna de nombreuses organisations de développement des technologies appropriées. Cet effort fut entièrement abandonné dès l'élection de Ronald Reagan.

Le succès de la formule Small is beautiful a été tel qu'il est largement employé dans des domaines qui n'ont rien à voir avec le contexte des idées exprimées dans le livre, voire pour promouvoir des activités en opposition complète avec celles-ci.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Le livre porte la référence (ISBN 978-2020048057)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Littéralement : "Ce qui est petit est bel et bon : une étude de l'économie comme si les gens importaient"
  2. The Times Literary Supplement, 6 octobre 1995, p. 39
  3. Schumacher, E. F.; Small Is Beautiful: Economics As If People Mattered : 25 Years Later…With Commentaries (1999). Hartley & Marks Publishers (ISBN 0-88179-169-5) Les commentaires sont signés notamment de Robert Bateman, David Brower, Herman Daly, David Ehrenfeld, Paul Hawken, Hazel Henderson, Wes Jackson, Jane Jacobs, Winona LaDuke, Amory Lovins, David Morris, David Orr, Kirkpatrick Sale, Nancy Jack Todd, Susan Witt.
  4. notice nécrologique dans le New York Times.
  5. http://www.cesc.net/passagen/manuscripts/pe1.html
  6. R. H. Tawney, historien de l'économie, critique social, membre de la Société des Fabiens et militant de l'éducation des adultes.

Liens externes[modifier | modifier le code]