Frédéric Lordon

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Frédéric Lordon

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Frédéric Lordon en août 2011.

Naissance 15 janvier 1962 (52 ans)
Nationalité Française
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession Directeur de recherche au CNRS

Frédéric Lordon est un économiste et philosophe français d'inspiration spinoziste[1] né le 15 janvier 1962. Il est directeur de recherche au CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE)[2]. Il est membre du collectif « Les Économistes atterrés ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Élève de l'École nationale des Ponts et Chaussées (promotion 1985) et de l'Institut supérieur des affaires (promotion 1987)[3].

Il soutient sa thèse de doctorat en 1993 à l'EHESS avec le sujet : Irrégularités des trajectoires de croissances, évolutions et dynamique non-linéaire. Pour une schématisation de l'endométabolisme[4]. Parallèlement à ses études doctorales, Frédéric Lordon est chargé d'étude à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et chargé d'enseignement à l'Institut d'études politiques de Paris (IEP, « Sciences Po' Paris »)[5].

Ses travaux comportent notamment un programme de recherche spinoziste en sciences sociales[6] et en sociologie économique[7]. Il vise à rapprocher étroitement la science économique de la sociologie[8].

Épistémologiquement, sa position dans le champ des sciences économiques est clairement hétérodoxe. Il partage les thèses de l'école régulationniste et particulièrement celles qui considèrent le caractère ontologique des luttes au sein des faits sociaux. Il fait sienne la formule de Michel Foucault lorsqu'il considère que « la politique est la guerre continuée par d'autres moyens[9] », paraphrase retournée de la formule de Clausewitz : « la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens. »

Il mobilise et réinterprète le conatus spinozien et, ce faisant, se dégage de l'emprise du structuralisme althusserien pour réintroduire la dimension de l'action des individus-sujets au cœur des rapports sociaux, au cœur des sociétés[10].

Il participe au Manifeste d'économistes atterrés[11].

Interventions dans Le Monde diplomatique[modifier | modifier le code]

C'est un collaborateur régulier du journal Le Monde diplomatique dans lequel il a proposé la mise en place d'une taxe nouvelle, le SLAM, ainsi que, dans un autre article, la suppression de la Bourse[12]. Dans un article de mai 2010[13], il revient sur une notion traditionnellement rejetée par la gauche, puis par une grande partie de la droite institutionnelle depuis que le Front national en avait fait sa doctrine centrale, la notion de souveraineté en économie en prenant le cas japonais : « À rebours de l'idéologie de la mondialisation qui fait l'apologie de la suppression de toutes les frontières, et spécialement de celles qui pourraient être opposées aux mouvements de capitaux, le cas japonais […] offre l'exemple d'une configuration non seulement viable, mais dotée d'assez bonnes propriétés ». En rappelant que « l'histoire des XIXe et XXe siècle a donné suffisamment de raisons de se méfier de l'hypertrophie du principe national qui a pour nom nationalisme […] » il rappelle qu'en « détruisant l'idée de nation, le libéralisme détruit du même coup celle de souveraineté, en prenant bien soin, signe de sa parfaite hypocrisie, d'éviter toute reconstruction de souveraineté à des échelles territoriales élargies ».

Le SLAM[modifier | modifier le code]

Le SLAM (Shareholder Limited Authorized Margin, ou « marge actionnariale limite autorisée ») est une proposition d’impôt émise par Frédéric Lordon[14] pour lutter contre ce qu'il considère être les « ravages de la finance » produits par les nouvelles stratégies boursières sacrifiant l'emploi à la rentabilité et leur impact macroéconomique, découlant de la croyance dans le Théorème de Schmidt. Le SLAM consiste à fixer un niveau de rentabilité actionnariale maximale au-delà duquel est appliqué un taux d'imposition confiscatoire. Pour déterminer les profits générés, on inclut à la fois les dividendes versés mais aussi les plus-values réalisées lors de la cession.

Le niveau couperet se nomme TSR (Total Shareholder Return) et serait ainsi fixé : connaissant aisément le taux d'intérêt pour des actifs sans risque, on n'autoriserait qu'une prime maximum liée au risque (dont le montant doit être discuté). Frédéric Lordon propose pour l'heure un TSR de 6-7 %.

L'effet bénéfique attendu d'une telle mesure est de réduire la pression actionnariale sur les entreprises cotées et par contre-coup sur les entreprises non cotées sous-traitantes des premières. Cela permet, tout en rémunérant correctement le capital, de ré-envisager plus sereinement la répartition des richesses et notamment le niveau d'emploi et de salaire, ainsi que d'améliorer les conditions sociales des salariés.

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Les quadratures de la politique économique, Paris, Albin Michel, coll. Bibliothèque Albin Michel. Économie, 1997
  • Fonds de pension, piège à cons ? : mirage de la démocratie actionnariale, Paris, Raisons d’agir, 2000
  • La politique du capital, Paris, Odile Jacob, 2002
  • Et la vertu sauvera le monde... : après la débâcle financière, le salut par l'« éthique » ?, Paris, Raisons d’agir, 2003
  • L'intérêt souverain : essai d'anthropologie économique spinoziste, Paris, La Découverte, coll. Armillaire, 2006[15]
  • (Sous la direction d'Yves Citton et Frédéric Lordon) Spinoza et les sciences sociales : de l'économie des affects à la puissance de la multitude, Paris, Éditions Amsterdam, coll. Caute !, 2008
  • Jusqu'à quand ? : pour en finir avec les crises financières, Paris, Raisons d’agir, 2008
  • (Sous la direction de Frédéric Lordon) Conflits et pouvoirs dans les institutions du capitalisme, Paris, Sciences Po-Les Presses, coll. Sciences Po. Gouvernances, 2008
  • La crise de trop : reconstruction d'un monde failli, Paris, Fayard, 2009
  • Capitalisme, désir et servitude : Marx et Spinoza, Paris, La Fabrique, 2010[16]
  • D'un retournement l'autre : comédie sérieuse sur la crise financière en quatre actes et en alexandrins ; suivi de Surréalisation de la crise , Paris, Éditions du Seuil, 2011
  • L'intérêt souverain : essai d'anthropologie économique, Paris, La Découverte, 2011
  • Économistes à gages (avec Serge Halimi et Renaud Lambert), Paris, Les liens qui libèrent & Le Monde diplomatique, coll. Prendre parti, 2012
  • La société des affects : pour un structuralisme des passions, Paris, Éditions du Seuil, coll. L'ordre philosophique, 2013
  • La malfaçon : monnaie européenne et souveraineté démocratique, Paris, Les liens qui libèrent, 2014

Ouvrage collectif[modifier | modifier le code]

Apparition vidéo[modifier | modifier le code]

Frédéric Lordon apparaît à plusieurs reprises en tant que commentateur dans le film documentaire français sorti en janvier 2012 : Les Nouveaux Chiens de garde, lui-même tiré de l'essai éponyme de Serge Halimi paru en 1997, qui explore les collusions entre les médias français et le pouvoir politique et économique français.

Apparitions radios[modifier | modifier le code]

Depuis 2004, Frédéric Lordon a participé à de nombreux numéros de Là-bas si j'y suis[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Ca fait dix ans que je me suis engagé dans ce programme de recherche qui vise à importer des concepts philosophiques, et notamment ceux de Spinoza dans une économie politique institutionnaliste." Vidéo de Frédéric Lordon de 1:40 à 1:50
  2. Frédéric Lordon sur le site du Centre de sociologie européenne.
  3. Dominique Berns, « « La crise du capitalisme de basse pression salariale » », Le Soir, 24 novembre 2008.
  4. [PDF] Liste des publications sur le site personnel de Frédéric Lordon, consulté le 17 mars 2013.
  5. Pour une socionoétique des objets économiques. Entretien avec Frédéric Lordon, Frédéric Lordon, Mickaël Clévenot, Agnès Labrousse, Thomas Lamarche et Sabine Montagne, Revue de la régulation [En ligne], 2 | janvier / January 2008.
  6. Voir sur son site
  7. EHESS, Centre de sociologie européenne, Présentation de Frédéric Lordon.
  8. Notes de lecture : Conflits et pouvoirs dans les institutions du capitalisme Thomas Lamarche, Revue de la régulation - Capitalisme, institutions, pouvoirs, janvier 2008 : « Cette posture au sein des sciences sociales et des sciences économiques nous renvoie à ce double projet d’unidiscipline dans les sciences sociales et de théorie générale des institutions, que l’on retrouve particulièrement chez André Orléan et Frédéric Lordon. Sociologues et économistes travaillent ici de concert. L’économie politique hétérodoxe, comme le précise Frédéric Lordon, "joue à fond le rapprochement des disciplines." »
  9. Foucault M., 1975-1976 : Il faut défendre la société, Gallimard, Paris, 1997, 283 p. p. 16 (ISBN 2-02-023169-7)
  10. Lordon F., 2008, « Métaphysique des luttes », p. 23-54, in Conflits et pouvoirs dans les institutions du capitalisme, Presses de la Fondation des Sciences Politiques, Paris, coll. Gouvernances, dir., 339 p.
  11. http://atterres.org/page/manifeste-d%C3%A9conomistes-atterr%C3%A9s
  12. Frédéric Lordon, « Et si on fermait la Bourse... : Pour relancer l’économie », Le Monde diplomatique,‎ février 2010 (lire en ligne)
  13. Frédéric Lordon, « Et si on commençait la démondialisation financière ? : Pour soumettre les choix économiques à la délibération politique », Le Monde diplomatique,‎ mai 2010 (lire en ligne)
  14. « Enfin une mesure contre la démesure de la finance, le SLAM ! », Le Monde diplomatique, février 2007.
  15. Notes de lecture : L’intérêt souverain : essai d’anthropologie économique spinoziste Matthieu Montalban, Revue de la régulation : capitalisme, institutions, pouvoirs, janvier 2008
  16. Note de lecture : Capitalisme, désir et servitude : Marx et Spinoza Jean-Marie Harribey, Revue de la régulation : capitalisme, institutions, pouvoirs, 6 juin 2011
  17. L'ouvrage et son sommaire, sur le site de l'éditeur, PUF.
  18. Frédéric Lordon dans Là-bas si j'y suis

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]