Slacktivisme

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Le slacktivisme (littéralement « activisme paresseux »), mot-valise formé par la fusion du terme anglais slacker (« fainéant ») et du mot « activisme », est une forme de militantisme sur Internet qui s'est développé dans les années 2000 avec l'avènement des réseaux sociaux et qui consiste à cliquer pour participer à un mouvement collectif virtuel sans s'engager plus activement et concrètement. Les campagnes de Twibbon[1] menées sur Twitter, les pétitions en ligne (en) ou, en guise de soutien, le partage d'un tweet (re-tweet), le changement de sa photo de profil ou le like sur Facebook en sont des illustrations. Ce cybermilitantisme porte d'autres vocables : clicktivisme, slackertivisme, fauteuil révolutionnaire, bénévolat virtuel[2].

Bien qu'Internet soit un moyen de mobilisation en masse pour soutenir activement une cause, le slacktivisme est souvent utilisé comme terme péjoratif (il avait à l'origine une connotation positive[3]) pour distinguer ce militantisme virtuel de canapé par lequel l'internaute se donne une bonne conscience à rabais alors que les personnes physiques pratiquant l'activisme IRL s'impliquent dans des actions concrètes[4]. Un effet de substitution est même noté : les slacktivistes s'arrêtent à leur mobilisation en ligne et s'engagent encore moins, ayant l'impression d'avoir aidé au même titre que s'ils donnaient de l'argent ou manifestaient dans les rues[5].

Ce néo-militantisme est cependant considéré avoir eu une influence sur des événements comme l'affaire Kony 2012, Movember ou le Printemps arabe[6], et a des experts qui analysent le taux d'engagement d’une pétition (le nombre de personne qui la font suivre à leurs contacts), ou le taux de transformation en real life (le nombre de personnes qui passent à l’action physiquement)[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Twibbon, microsite (en) d'un utilisateur du réseau Internet sur lequel les visiteurs peuvent supporter sa cause de cet utilisateur, sa marque ou son organisation.
  2. Lucie Lavoie, « Un clic pour une cause », sur cursus.edu,‎ 29 avril 2013
  3. (en)Henrik Serup Christensen, « Political activities on the internet : slacktivism or political participation by other means ? », sur First Monday,‎ 3 novembre 2011
  4. (en) Malcolm Gladwell, « Small change », sur The New Yorker,‎ 4 octobre 2010
  5. (en) Tom Murphy, « UNICEF asks people to stop ‘liking’ things on Facebook & send money », sur humanosphere.org,‎ 29 avril 2013
  6. Bahia Nar, « Le slacktivisme, un moyen d’éveiller les consciences ou simplement de se donner bonne conscience ? », sur RFI,‎ 25 novembre 2012
  7. Peut-on s’engager du fond son canapé ?

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]