Skuttérudite

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Skuttérudite[1]
Catégorie II : sulfures et sulfosels[2]
Skuttérudite avec nickéline – Bou Azzer – Maroc (13x11 cm)

Skuttérudite avec nickélineBou Azzer – Maroc (13x11 cm)
Général
Numéro CAS 12006-41-6
Classe de Strunz 2.EC.05
Formule brute As2.5CoNi(Co,Ni)As3-x
Identification
Masse formulaire[3] 246,1772 ± 0,0002 uma
As 76,09 %, Co 17,95 %, Ni 5,96 %,
246,18 uma
Couleur gris acier à blanc d’étain
Classe cristalline et groupe d'espace dyakisdodécaédrique ; Im3
Système cristallin cubique
Réseau de Bravais centré I
Macle possible
Clivage [100] Distinct , [111] Distinct
Cassure irrégulière ; conchoïdale
Habitus massif, réticulé ; agrégat ; massif ; grenu ; dendritique
Faciès cubique, octaédrique, dodécaédrique
Échelle de Mohs de 5,50 à 6,00
Trait noir
Éclat métallique
Propriétés optiques
Fluorescence ultraviolet aucune
Transparence opaque
Propriétés chimiques
Densité 6,50
Fusibilité assez facile
Solubilité dans l'acide nitrique chaud
Propriétés physiques
Magnétisme aucun
Radioactivité aucune
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

La skuttérudite est une espèce minérale composée d'arséniure de cobalt et de nickel de formule (Co,Ni)As3-x avec des traces : S;Bi;Cu;Pb;Zn;Ag;Fe;Ni.

Historique de la description et appellations[modifier | modifier le code]

Inventeur et étymologie[modifier | modifier le code]

Ce minerai lourd et opaque, dur et fragile de Skutterud a été décrit par Wilhelm Karl Ritter von Haidinger en 1845, en arséniures de nickel et de cobalt. Ce minéralogiste a postulé une formule (CoNi)As3. Son nom emprunte sa racine à la localité minière de Skutterud.

Topotype[modifier | modifier le code]

Gisement 
Le gisement de Skutterud suit un filon à paragénèse qui recèle Ni, Co, Ag. C'est aussi un gîte de contact. Outre les mines de Skutterud, la Norvège possède les mines de Snarum, Modum, Buskerud où se retrouvent ce minéral.
Échantillons 
École des mines de Freiberg, Allemagne, no 3910

Synonymie[modifier | modifier le code]

  • arsenkobaltkies[4]
  • modumite (Nicol 1849)[5]

Caractéristiques physico-chimiques[modifier | modifier le code]

Critères de détermination[modifier | modifier le code]

Le minéral de maille cubique possède un éclat métallique de gris argent à blanc d'étain, se clive facilement sur des plans (001) et (111), donne en masse des cassures inégales et conchoïdales, se ternit avec irisation. Dégage une odeur alliacée sous un choc. Il est assez facilement fusible. Soluble dans l'acide nitrique à chaud, il donne une solution rose.

Variétés et mélanges[modifier | modifier le code]

Cristallochimie[modifier | modifier le code]

Cristallographie[modifier | modifier le code]

Propriétés physiques[modifier | modifier le code]

  • Elle conduit l’électricité.

Gîtes et gisements[modifier | modifier le code]

Gîtologie et minéraux associés[modifier | modifier le code]

Gîtologie 
on trouve la skutérudite dans des filons métallifères, avec, cobaltite, nickéline et minéraux de cobalt et nickel.
Minéraux associés 
nickeline, cobaltite, arsénopyrite, argent, bismuth, calcite, sidérite, barytine, quartz.

Famille de la skutterudite[modifier | modifier le code]

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Histoire minéralogique et géographie des gisements[modifier | modifier le code]

Ce minerai le plus commun du cobalt, autrefois connu sous le nom de smaltine, était connu à Tunaberg en Suède, à Jachymov en Bohême tchèque, à Schneeberg en Saxe, à Andreasberg dans le Harz... et depuis les années 1930 à Bou Azzer dans l'Anti-Atlas au Maroc.

À la mine Chrétien de Sainte-Marie-aux-Mines, la smaltine se présente à la fois sous forme massive, granulaire, en groupement arborescent et en particulier en gros cristaux cubo-octaédriques ou dodécaédriques (taille maximale 3 cm) insérés dans une matrice de calcite. Le minerai récupéré était broyé avec du sable pour fabriquer le « bleu cobalt » ou smalt. Cette matière bleue était une poudre colorante tenace dans l'industrie et l'artisanat, notamment la charronnerie. Les paysans l'utilisaient fréquemment au XIXe siècle.

La mine d'Allemont à Chalanches en Isère dévoile également de gros cristaux cubo-dodécaédriques insérés dans la calcite.

Au début du XXe siècle, de nombreuses mines de Ni et de Co ont été rouvertes ou découvertes pour répondre à la demande des métallurgistes fabriquant d'aciers spéciaux, en particulier pour le blindage. Ainsi la mine de Kruth qui présente des cristaux de tailles millimétriques dans le quartz a été exploitée à la Belle Époque en Alsace allemande (Elsass Reichsland).

Les mines de la ville de Cobalt en Ontario (Canada) contiennent de vastes gisements de skuttérudite massive qui est pour l'industrie locale un remarquable minerai de nickel, de cobalt et d'arsenic.

La mise en évidence de la série minéralogique (Co,Ni, Fe)Asx avec 2<x<3 a permis de généraliser la dénomination de skutterudite. La smaltine désigne aujourd'hui une variété de minerai pauvre en arsenic. D'un point de vue rigoureux, l'unité de maille ou formule chimique correspond à CoAs2.

La forme riche en nickel est nommée nickel-skuttérudite.

Gisements producteurs de spécimens remarquables[modifier | modifier le code]

  • Allemagne
Grube Weißer Hirsch (Schacht 3), Neustädtel, Schneeberg, Erzgebirge[7]
  • Canada
Buffalo Mine, Coleman Township, Cobalt area, région de Cobalt-Gowganda, District de Timiskaming, Ontario[8] pour la smaltine.
  • France
Mine des Chalanches, Allemont, Isère, Rhône-Alpes, France
  • Maroc
Bou Azer, District de Bou Azzer, Tazenakht, Province de Ouarzazate, Région du Souss-Massa-Draâ
  • Norvège
Skuterud Mines, Modum, Buskerud[9],Topotype

Exploitation des gisements[modifier | modifier le code]

Utilisations 
Minerai de cobalt et nickel

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Structure Reports of Strukturbericht,40A,6(1974)
  2. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  3. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  4. « Index alphabétique de nomenclature minéralogique » BRGM
  5. Cours de minéralogie Par Albert Auguste Cochon de Lapparent p. 738 1908
  6. Dana 7:I:300.
  7. Lapis 30(7/8):41-70 (2005)
  8. Sabina, Ann P., 2000. Rocks and Minerals for the Collector: Cobalt-Belleterre-Timmins, Ontario and Quebec, GSC. Miscellaneous Report 57, 266 p.
  9. Andersen, Tom; Grorud, Hans-Fredrik (1998): Age and lead isotope systematics of uranium-enriched cobalt mineralization in the Modum complex, South Norway: Implications for Precambrian crustal evolution in the SW part of the Baltic Shield. Precambrian Research 91(3-4), 419-432

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • "Étude de skuttérudites de terres-rares (R) et de métaux d (M) du type RM4Sb12 : de nouveaux matériaux thermoélectriques pour la génération d’électricité.", disponible en ligne sur http://tel.ccsd.cnrs.fr/