Skinhead néonazi

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Skinhead néonazi.

Les skinheads néonazis, plus simplement skinheads nazis ou encore NS ("Nazi Skins", "National Socialistes"), nommés péjorativement boneheads par la partie adverse (littéralement crâne d'os en anglais), sont des skinheads imprégnés d'idéologie néonazie ou des néo-fascistes/néo-nazis/suprémacistes blancs se rapprochant de la mouvance skinhead ou essayant d'y politiser ses éléments.

Certains skinheads apolitiques et tous ceux d'extrême gauche ne considèrent pas la majorité des skinheads comme de « vrais » skinheads, car cette position leur paraît contraire aux racines musicales et culturelles pluriethniques, et les qualifient de boneheads (tête d'os). Aux États-Unis, le port de lacets blancs signifie parfois « White Power » et les bretelles rouges National-Socialist (nazi) ; en Angleterre, mais aussi parfois en France, les boneheads avaient coutume de porter des lacets rouges avant que ceux-ci soient principalement adoptés par les "skins rouges". Les lacets blancs sont également arborés par des skins apolitiques ou SHARP en référence au damier noir et blanc du label de musique Ska anti-raciste Two-tones. Il arrive fréquemment que les skinheads nazis s'habillent tout en noir ou en paramilitaire et aient le crâne rasé à blanc, mais une partie conserve un look se rapprochant de celui des autres skinheads.

Historique[modifier | modifier le code]

La radicalisation de la majorité des skinheads à l'extrême droite a été amorcée par la dérive du groupe britannique Skrewdriver, au départ apolitique avant sa refondation par son leader Ian Stuart. Au tournant des années 70-80, le rôle du parti d'extrême droite anglais National Front a été très important dans la transformation d'une partie de la mouvance skinhead en bras armé des néonazis anglais, avec, dans une plus faible mesure, le British Movement (en) ainsi que de petits groupes racistes. Le virage d'une partie importante des skinheads vers l'extrême-droite est à la fois une réaction violente face à la crise qui dévaste l'emploi industriel en Grande-Bretagne et le rejet de la politique travailliste inopérante face au chômage et à la misère galopante, et une radicalisation du nationalisme dans ce contexte, à partir d'un patriotisme très présent en Angleterre, comme chez tous les insulaires en général, et notamment chez les jeunes. Le port de l'Union Jack se retrouve d'ailleurs aussi chez les skinheads apolitiques et des punks. Le changement est à l'image du groupe Skrewdriver qui se reforme en 1979 sous forme politisée nationaliste, dans lequel le chanteur Ian Stuart Donaldson montre son admiration pour Adolf Hitler. Dans son sillage, un certain nombre de groupes musicaux à la motivation principalement politique (No Remorse (band) (en), Skullhead (en), Battlezone, Squadron, English Rose, Razors Edge...) s'éloignent de plus en plus de la matrice Oi! originelle pour former le "White Noise" ("Bruit blanc", musique raciste et suprématiste blanche) qui donnera naissance au RAC (Rock Against Communism, rock anticommuniste) et à Blood & Honour ("Sang et Honneur", devise des Jeunesses hitlériennes), sorte d'internationale des boneheads néo-nazis rassemblant les activités d'agitation politique et d'organisation de concerts, d'édition et de distribution musicale et de propagande, la vente par correspondance...

Activités[modifier | modifier le code]

Ils sont connus pour leurs agressions physiques, surtout contre les immigrés pakistanais dans la lignée de leurs prédécesseurs (le « paki bashing », lynchage de Pakistanais), et contre des hippies, homosexuels, juifs, musulmans, ainsi que des militants d'extrême gauche (communistes en particulier). C'est en réaction à cette politisation brutale et à l'extrême-droite qu'apparaissent Skinheads Against the Nazis, affilé à l'Anti-Nazi League propulsée par le SWP (Socialist Workers Party - trotskiste) pour tenter d'organiser ses sympathisants skinheads, label circonstancié plutôt que groupe militant effectif mais qui ouvrira une porte aux divers courants "redskins" (Red Action Skinhead, skinheads qui ont suivi en 1981 la scission de Red action, petit groupe exclu du SWP pour son radicalisme sur la question de l'auto-défense et de la violence anti-fascistes ; Red & Anarchist skinheads, fondé au début des années 1990 aux Etats-Unis pour organiser les skinheads de gauche et d'extrême-gauche), le mouvement Skinheads Against Racial Prejudice (SHARP) fondé aux Etats-Unis dans la ville de Cincinnati et importé en Europe par le chanteur du groupe de Oi! gallois Roddy Moreno.

Symbolique[modifier | modifier le code]

Symbolique-bonehead.jpg
  1. La croix celtique écourtée (White Power) : symbole solaire européen par excellence, représentant la course du temps, les saisons, le cycle de la vie jusqu'à la mort, l'héritage des peuples européens apparenté à la roue solaire, symbole païen millénaire détourné ;
  2. La rune d'Odal : symbole nordique d'honneur et de fidélité à l'héritage des ancêtres ; elle est ici dite « pattée », les pattes étant les deux branches remontant à ses extrémités. La rune d'Odal pattée était, sous le IIIe Reich, le symbole des Jeunesses hitlériennes ;
  3. Le poing blanc : symbole du combat des peuples indo-européens pour leur survie ;
  4. La croix de fer avec croix gammée, à ne pas confondre avec la croix de Malte ;
  5. La Sieg Rune (« rune de la victoire »), symbole de la SS : symbole du soleil, de la victoire et du feu, repris par les nazis ;
  6. La Totenkopf (« tête de mort ») : l'insigne que portaient les SS.

Ce sont les symboles les plus affichés par les nazi-skinheads. Il en existe d'autres, moins portés ou déjà connus tels que la croix gammée.

Leurs symboles font aussi parfois référence à la culture Celte ou germanique. Ils s'inspirent surtout de la mouvance néopaïenne. La symbolique reprise n'est pas cautionnée et parfois même condamnée par la majorité des néopaïens.

On retrouve également des symboles codés tels que « 88 », le 8 pour la huitième lettre de l'alphabet qui est le H, ce qui donne « HH » pour Heil Hitler, ou le S, si on prend l'alphabet à l'envers, ce qui veut alors dire « SS ». On trouve aussi fréquemment le « 18 » pour Adolf Hitler, repris par des groupes néo-nazis, qu'ils soient musicaux ou militants comme C18 (Combat 18).

Le nombre 14 fait quant à lui référence aux Fourteen Words du suprémaciste blanc américain David Lane : « We must secure the existence of our people and a future for white children » (« Nous devons garantir l'existence de notre peuple et l'avenir des enfants blancs »).

Le nombre 84, toujours basé sur l'ordre des lettres dans l'alphabet, est également parfois utilisé, celui-ci signifiant alors Heil Deutschland. Néanmoins ce nombre est aussi utilisé par des groupes patriotiques allemands et anglais qui, bien qu'étant proches du RAC (Rock Against Communism - Rock contre le communisme, d'inspiration raciste et fasciste plus qu'anti-communiste à proprement parler), ne se définissent pas comme nationaux-socialistes.

À propos de la Totenkopf (Tête de mort), il est à noter que celle-ci est couramment utilisée comme symbole par des groupes de supporters d'équipes de football dits « ultras », qui n'ont parfois rien à voir avec quelconque engagement néo-nazi. Le plus connu est celui des supporters Brigate Rossonere du Milan AC qui arborent une Totenkopf depuis 1975.

Boneheads dans la culture de masse[modifier | modifier le code]

Dans la culture de masse, des films et jeux vidéo prennent pour sujet les Boneheads. Quelques films documentaires vont à leur rencontre.

Films[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Film de skinheads.

Films abordant plus précisément la catégorie des Boneheads plutôt que les Skinheads :

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]