Sitiveni Rabuka

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Sitiveni Rabuka
Fonctions
1er président du Grand Conseil des Chefs
1999 – 3 mai 2001
Prédécesseur Création du poste
Successeur Ratu Epeli Ganilau
3e Premier ministre fidjien
2 juin 199219 mai 1999
(6 ans, 11 mois et 17 jours)
Président Ratu Sir Penaia Ganilau
Ratu Sir Kamisese Mara
Prédécesseur Ratu Sir Kamisese Mara
Successeur Mahendra Chaudhry
Président du gouvernement militaire
(Chef de l'État et du gouvernement)
7 octobre5 décembre 1987
(1 mois et 28 jours)
Prédécesseur Ratu Sir Penaia Ganilau (gouverneur général)
Successeur Ratu Sir Penaia Ganilau
(président de la République)
Biographie
Nom de naissance Sitiveni Ligamamada Rabuka
Date de naissance 13 septembre 1948 (66 ans)
Lieu de naissance Nakobo, (Fidji)
Nationalité fidjienne
Conjoint Suluweti Camaivuna Tuiloma
Religion Catholicisme

Sitiveni Rabuka
Chefs d'État fidjiens
Premiers ministres fidjiens

Le général Sitiveni Ligamamada Rabuka (né le 13 septembre 1948) est un homme politique fidjien, célèbre pour avoir mené deux coups d'État en 1987. Il fut par la suite Premier ministre de 1992 à 1999. À l'heure actuelle, Rabuka est le roko tui du conseil provincial de Cakaudrove dans la Région septentrionale. Il était le seul membre à vie du Grand Conseil des Chefs (malgré le fait qu'il est roturier) jusqu'à sa dissolution en 2012.

L'évolution politique et idéologique de Rabuka est assez singulière, puisqu'il mena deux coups d'État au nom du nationalisme indigène, avant de se reconvertir en apôtre de la tolérance, du dialogue inter-ethnique et du multiculturalisme. Aujourd'hui il commente fréquemment l'actualité, et ses points de vue sur les grands thèmes socio-politiques contemporains sont publiés par les médias fidjiens.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Rabuka fait ses études dans des écoles militaires de Nouvelle-Zélande dans les années 1970, puis est également formé par des écoles militaires en Inde et en Australie. De 1980 à 1981, il participe à la FINUL. De 1983 à 1985, il commande les forces armées fidjiennes qui participent aux opérations de maintien de la paix au Sinaï.

Les coups d'État de 1987[modifier | modifier le code]

En 1987, Rabuka a le grade de colonel, mais n'a jamais été un homme politique. Lorsqu'il mène un coup d'État le 14 mai pour renverser le gouvernement démocratiquement élu du Premier ministre Timoci Bavadra, il surgit soudain sur le devant de la scène. Il explique avoir agi pour défendre la suprématie politique des indigènes fidjiens, qu'il jugeait menacée par le gouvernement Bavadra, à forte composante indo-fidjienne. Il abroge la Constitution, puis remet le pouvoir au gouverneur général Ratu Sir Penaia Ganilau, un chef de haut rang. Rabuka le presse de mener une politique favorable aux intérêts indigènes.

Ganilau refuse toutefois de reconnaître l'abrogation de la Constitution, dont Rabuka juge qu'elle confère trop de droits politiques aux Indo-Fidjiens. En conséquence, Rabuka mène un second coup d'État le 28 septembre, abolit la monarchie fidjienne, et, le 5 décembre, remet le pouvoir à un « gouvernement de transition »; Ganilau obtient le poste de président, et Ratu Sir Kamisese Mara celui de premier ministre. Rabuka, lui, garde le contrôle de l'armée et se fait nommer ministre de l'Intérieur.

Bien plus tard, Rabuka présentera publiquement ses excuses pour avoir mené ces coups d'État, et affirmera regretter avoir entravé la démocratie[1].

Les coups d'État de 1987 marquèrent un tournant dans l'histoire du pays. À leur suite, les tensions inter-ethniques entre les deux principales communautés (indigènes et Indo-Fidjiens) allaient contribuer à générer deux autres coups d'État, en 2000 et en 2006.

La décennie 1990[modifier | modifier le code]

En 1990, le gouvernement de transition, sous l'œil de Rabuka, préside à l'instauration d'une nouvelle Constitution, qui vise explicitement à garantir la suprématie politique des indigènes. Les Indo-Fidjiens se voient privés de toute possibilité d'obtenir une majorité de sièges au Parlement, et se voient interdire l'accès aux fonctions de premier ministre et de président. Rabuka prend la tête d'un nouveau parti, le Soqosoqo ni Vakavulewa ni Taukei (SVT, ou « Parti politique fidjien »). Il remporte les élections législatives de 1992 et devient Premier ministre, mais en 1994 la défection de plusieurs de ses députés entraîne une nouvelle élection.

Le SVT en sort à nouveau vainqueur, et Rabuka demeure premier ministre, mais avec une majorité affaiblie. Rabuka se rapproche alors de Jai Ram Reddy, leader du National Federation Party à forte majorité indo-fidjienne. Cette alliance informelle, et inattendue au vu des positions adoptées jusque là par Rabuka, marque une évolution dans son positionnement politique. Son entente avec Reddy est cruciale à l'élaboration d'une nouvelle Constitution, en 1997, qui accorde une influence politique plus importante aux électeurs indo-fidjiens. La Constitution de 1997, qui va permettre l'élection d'un Premier ministre indo-fidjien deux ans plus tard, reçoit le soutien explicite de Rabuka, qui a alors opéré une volte-face et abandonné en grande partie ses doctrines nationalistes.

Rabuka participe aux élections législatives de 1999, mais est vaincu par le candidat travailliste Mahendra Chaudhry. Pour la première fois de son histoire, Fidji a alors un Premier ministre indo-fidjien. Rabuka accepte sa défaite électorale.

Rabuka et le coup d'État de 2000[modifier | modifier le code]

Rabuka et le coup d'État de 2006[modifier | modifier le code]

2008 : Manager de l'équipe de rugby des Îliens du Pacifique[modifier | modifier le code]

En novembre 2008, l'équipe des Îliens du Pacifique de rugby à XV visitera l'Europe pour affronter l'Angleterre, la France et l'Italie. Il a été confirmé que Sitiveni Rabuka sera le manager de l'équipe[2].

Prises de position et controverses[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Rabuka regrets coups », TVNZ, 2 novembre 2007
  2. (en) "Pacific Islanders looking for a revolution as they prepare to tour Europe", Daily Telegraph, 18 octobre 2008