Sisebut

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Portrait non authentique de Sisebut.

Sisebut (en latin [Flavius] Sisebutus, en espagnol [Flavio] Sisebuto) est roi wisigoth d'Hispanie et de Septimanie de 612 à 621.

Biographie[modifier | modifier le code]

Monnaie wisigothe de Sisebut.
Statue de Sisebut.

Successeur du roi Gundomar, il tente d'unifier toute la péninsule Ibérique sous son autorité et lutte contre les Byzantins dans le sud, leur prenant notamment Malaga, et faisant de grands massacres parmi les « Romains » (c.-à-d. les Byzantins) ; la Chronique de Frédégaire nous parle d'un roi plein de piété qui aurait dit en voyant ses soldats tailler en pièces l'armée byzantine : «  malheur à moi sous le règne de qui il se fait une grande effusion de sang humain ». Il délivrait de la mort tous ceux qu'il rencontrait, et allait jusqu'à renvoyer sans rançon dans leur patrie les prisonniers byzantins. Par l'intermédiaire du patrice byzantin Caesarius, il négocie la paix avec l'empereur Héraclius qui, affaibli par ses guerres contre les Perses et les Avars, lui cède toutes ses possessions du Sud-Est de l'Hispanie avec la capitale, Carthagène, ne conservant que quelques villes côtières dans l'Algarve.

Dans le nord, Sisebut fait la guerre aux Astures et la conquête de la Biscaye, qui avait autrefois appartenu au royaume des Francs.

À une date inconnue, il organise une grande expédition maritime, mais il ne semble pas qu'elle fut dirigée contre les Byzantins. D'après Rodéric de Tolède, qui écrit 6 siècles après les faits, la flotte hispano-wisigothique aurait eu pour but de soumettre plusieurs nations d'Afrique (du Nord). Certains auteurs pensent qu'il s'agissait de repousser une invasion de Maures.

Dans le domaine religieux, Sisebut, roi « très chrétien » (christianissimus), est le premier roi wisigoth (ainsi que le premier roi en Occident) à inaugurer une politique ouvertement anti-juive, forçant les Juifs, nombreux dans le sud et sur la côte méditerranéenne (notamment à Mérida, Tarragone et Narbonne), à se faire baptiser (90.000 juifs auraient été convertis de force[1]), persécutant violemment les opposants, qu'il fait expulser vers le royaume des Francs et vers l'Afrique, après les avoir dépossédé de leurs biens. Cette politique anti-juive sera encouragée par l'empereur byzantin Héraclius. Isidore de Séville critiqua les procédés utilisés par Sisebut (« il voulait imposer par la contrainte ce qu'il fallait obtenir par la persuasion et le raisonnement »)[2].

Sisebut félicite en Italie la conversion au christianisme du roi des Lombards Agilulf et de son fils et successeur Adaloald. Une copie d'une lettre de Sisebut adressée à Adaloald et à sa mère Théodelinde est parvenue jusqu'à nous[3].

En 619, il convoque à Séville un concile dans lequel l'hérésie des Acéphales est condamnée.

Roi cultivé et lettré, s'entourant notamment d'Isidore de Séville, il nous a laissé divers écrits, des lettres, et des poèmes astrologiques, notamment sur les éclipses (Espistula Sisebuti)), et serait l'auteur de l' « Astronomica ». Sisebut a également écrit « Vita Desiderius », une biographie de (saint) Didier, évêque de Vienne martyrisé en 606 à l'instigation de la reine franque d'origine wisigothe Brunehaut.

Il serait également à l'origine de l'église de Tolède (capitale wisigothe), Santa Leocadia de Toledo, plusieurs fois remaniée depuis.

Selon les écrits d'Isidore de Séville, Sisebut régna 8 ans et 6 mois. Il serait mort empoisonné, victime de l'ignorance de ses médecins[4]. Selon la chronique des rois wisigoths (Chronica regum Wisigotthorum), Sisebutus régna 8 ans, 11 mois et 16 jours.

Son fils Récarède, encore enfant (parvulus), lui succède.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Chronique de Moissac : P.L. XXXXVIII, 14 ; IVe concile de Tolède : canons 57-59.
  2. Bertrand Fauvarque, L'Apocalypse en Espagne (VII-VIII siècles), note 24, dans : "Mélanges de la Casa de Velazquez". Tome 32-1, pp. 217-236, 1996.
  3. (en) "Epistolæ: Letter sent by King Sisebut of the Visigoths".
  4. Henri Leclercq, L'Espagne chrétienne, V. Lecoffre, 1906. Page 300.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]