Sisebut

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Sisebut
Portrait non authentique de Sisebut
Portrait non authentique de Sisebut
Titre
Roi des Wisigoths d'Hispanie
612621
(~8 ans)
Prédécesseur Gundomar
Successeur Récarède II
Biographie
Titre complet Roi des Wisigoths d'Hispanie
Date de décès 621
Lieu de décès Tolède
Nature du décès Empoissonnement
Enfant(s) Récarède II roi des Wisigoths
Theudila (moine)
Entourage Isidore de Séville
Religion Catholicisme
Résidence Tolède

Sisebut[1] (en espagnol Sisebuto) est roi wisigoth d'Hispanie et de Septimanie de 612 à 621.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sisebut, roi des Wisigoths (Congrès des députés, Madrid).
Monnaie wisigothe de Sisebut.

Successeur du roi Gundomar, il tente d'unifier toute la péninsule Ibérique sous son autorité et lutte contre les Byzantins dans le sud, leur prenant notamment Malaga, et faisant de grands massacres parmi les « Romains » (c.-à-d. les Byzantins) ; la Chronique de Frédégaire nous parle d'un roi plein de piété qui aurait dit en voyant ses soldats tailler en pièces l'armée byzantine : «  malheur à moi sous le règne de qui il se fait une grande effusion de sang humain ». Il délivrait de la mort tous ceux qu'il rencontrait, et allait jusqu'à renvoyer sans rançon dans leur patrie les prisonniers byzantins. Par l'intermédiaire du patrice byzantin Caesarius, il négocie la paix avec l'empereur Héraclius qui, affaibli par ses guerres contre les Perses et les Avars, lui cède toutes ses possessions du Sud-Est de l'Hispanie avec la capitale, Carthagène, ne conservant que quelques villes côtières dans l'Algarve.

Dans le nord, Sisebut fait la guerre aux Astures et la conquête de la Biscaye, qui avait autrefois appartenu au royaume des Francs.

Vers la fin de son règne, il organisera une grande expédition maritime, mais il ne semble pas qu'elle fut dirigée contre les Byzantins. D'après Rodéric de Tolède (qui écrit six siècles après les faits), la flotte hispano-wisigothique aurait eu pour but de soumettre plusieurs nations d'Afrique du Nord. Certains auteurs pensent qu'il s'agissait de faire la guerre aux pirates maures qui infestaient la Méditerranée. Sisebut débarqua avec la meilleure partie de ses troupes dans la Maurétanie Tingitane où il s'empara de Tanger et de sa région[2], et mit un terme aux raids pirates contre l'Espagne.

Dans le domaine religieux, Sisebut, roi « très chrétien » (christianissimus), est le premier roi wisigoth (ainsi que le premier roi en Occident) à inaugurer une politique ouvertement anti-juive, forçant les Juifs, nombreux dans le sud et sur la côte méditerranéenne (notamment à Mérida, Tarragone et Narbonne), à se faire baptiser (90.000 juifs auraient été convertis de force[3]), persécutant violemment les opposants, qu'il fait expulser vers le royaume des Francs et vers l'Afrique, après les avoir dépossédé de leurs biens. Cette politique anti-juive sera encouragée par l'empereur byzantin Héraclius. Isidore de Séville critiqua les procédés utilisés par Sisebut (« il voulait imposer par la contrainte ce qu'il fallait obtenir par la persuasion et le raisonnement »)[4].

Sisebut félicite la conversion au christianisme du roi des Lombards d'Italie Agilulf et de son fils et successeur Adaloald. Une copie d'une lettre de Sisebut adressée à Adaloald et à sa mère Théodelinde est parvenue jusqu'à nous[5].

En 619, il convoque à Séville un concile dans lequel l'hérésie des Acéphales est condamnée.

Roi cultivé et lettré, s'entourant notamment d'Isidore de Séville, il nous a laissé divers écrits, des lettres, et des poèmes astrologiques, notamment sur les éclipses (Espistula Sisebuti), et serait l'auteur de l' « Astronomica ». Sisebut a également écrit « Vita Desiderius », une biographie de (saint) Didier, évêque de Vienne martyrisé en 606 à l'instigation de la reine franque d'origine wisigothe Brunehaut.

Sisebut fit construire ou reconstruire l'église Sainte-Léocadie de Tolède, plusieurs fois remaniée depuis.

Selon les écrits d'Isidore de Séville, Sisebut régna 8 ans et 6 mois. Il serait mort empoisonné, victime de l'ignorance de ses médecins[6]. La chronique des rois wisigoths (Chronica regum Wisigotthorum) parle d'un règne de 8 ans, 11 mois et 16 jours.

Son fils Récarède, encore enfant, lui succède.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sisebuth(e), Sisebod(e), Sisbuth.
  2. Vicomte de Belsunce, Histoire des Basques, P. Lespes, 1847, p. 185.
  3. Chronique de Moissac : P.L. XXXXVIII, 14 ; IVe concile de Tolède : canons 57-59.
  4. Bertrand Fauvarque, L'Apocalypse en Espagne (VII-VIII siècles), note 24, dans : "Mélanges de la Casa de Velazquez". Tome 32-1, pp. 217-236, 1996.
  5. (en) « Epistolæ : Letter sent by King Sisebut of the Visigoths ».
  6. Henri Leclercq, L'Espagne chrétienne, V. Lecoffre, 1906, p. 300.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Leclercq, L'Espagne chrétienne, V. Lecoffre, 1906.
  • Roger Collins, Visigothic Spain, 409–711. Blackwell Publishing, 2004.
  • Edward Arthur Thompson, The Goths in Spain. Oxford: Clarendon Press, 1969.

Liens externes[modifier | modifier le code]