Sirène (mythologie)

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Une sirène (du grec ancien : Σειρήν / Seirến[1], du latin : Siren) est une créature mythologique hybride : mi-femme et mi-oiseau (tradition antique gréco-romaine) ou mi-femme et mi-poisson (tradition médiévale scandinave).

Les sirènes dans la tradition gréco-romaine[modifier | modifier le code]

Récits mythiques se rapportant aux sirènes[modifier | modifier le code]

La Sirène, œuvre d'Armand Point
Sirène sur une stèle funéraire grecque, vers -330

Selon la tradition homérique, les sirènes sont des divinités de la mer qui séjournent à l’entrée du détroit de Messine en Sicile. Musiciennes dotées d’un talent exceptionnel, elles séduisaient les navigateurs qui, attirés par les accents magiques de leur chant, de leurs lyres et flûtes perdaient le sens de l’orientation, fracassant leurs bateaux sur les récifs où ils étaient dévorés par ces enchanteresses. Elles sont décrites au chant XII de l’Odyssée comme couchées dans l’herbe au bord du rivage entourées par les « amas d’ossements et les chairs desséchées des hommes qu’elles ont fait périr »[2].

L’origine des sirènes n’est pas vraiment claire. Selon la mythologie, elles étaient filles du fleuve Achéloos et de la Muse Calliope (ou de Terpsichore, la Muse de la Danse). Les Romains racontent d’ailleurs que les sirènes étaient à l’origine des femmes normales, elles auraient été les compagnes de Coré, devenue par la suite « Perséphone », et auraient laissé Hadès l’emmener. Les sirènes auraient reçu leur forme comme punition pour ce crime et, par la suite, les sirènes, chantaient prophéties et chansons relatives au royaume d’Hadès[3]. Euripide évoque dans Hélène[4] le caractère funéraire des sirènes ce que confirment les représentations de sirènes sur des stèles funéraires[5]. Mais certains mythes disent que les sirènes proviennent de la première Lamia qui, amante de Zeus, reçut la malédiction d'Héra et elle eut un corps de serpent.

Une autre explication de leur métamorphose en attribue la cause à la colère d’Aphrodite. La déesse de l’Amour, les affubla de pattes et de plumes tout en conservant leur visage de jeunes filles parce qu’elles avaient refusé de donner leur virginité à un dieu ou à un mortel[6].

Ces divinités d’origine fluviale étaient très fières de leur voix et défièrent les Muses, les neuf filles de Zeus et de Mnémosyne. Les Muses remportèrent le défi et exigèrent une couronne faite des plumes de sirènes, ce qui les priva du don de voler[7]. Vaincues, elles se retirèrent sur les côtes d’Italie méridionale.

Elles interviennent dans l’histoire des Argonautes, rapportée par Apollonios de Rhodes[8]. Alors que l’Argo s’approchait de leurs rochers, Orphée triompha d’elles par la beauté de son chant. Seul l’un des marins, Boutès préféra la mélodie des sirènes à celle du fils de Calliope. Il se jeta dans la mer pour rejoindre les enchanteresses, mais fut sauvé par Aphrodite.

De même, Ulysse et ses compagnons parvinrent à résister à leur pouvoir de séduction. Après avoir été mis en garde par Circé, Ulysse fit en effet couler de la cire dans les oreilles de ses marins pour qu’ils ne puissent pas entendre les sirènes tandis que lui-même se faisait attacher au mât du navire, et quand il demandait à ses marins de le détacher ils devaient serrer les liens encore plus fort. Ainsi Ulysse put écouter leur chant sans se précipiter vers elles malgré la tentation. Suite à cela, les sirènes se seraient suicidées de dépit en se jetant dans la mer du haut de leur rocher[9].

Nombre et noms des sirènes[modifier | modifier le code]

Les sources divergent au sujet de leur nombre et de leurs noms[10]. Il n’est pas mentionné chez Homère. Toutefois une scholie à l’Odyssée[11] fait remarquer qu’Homère utilise à plusieurs occasions le duel, ce qui sous-entend qu’il y aurait deux sirènes[12]. Il précise qu’il existe quatre sirènes dont il donne les noms, Aglaophème (Ἀγλαοφήμη, « celle à la réputation brillante »), Thelxiépie (Θελξιέπεια, « celle qui méduse par le chant épique »), Pisinoé (Πεισινόη, « celle qui persuade ») et Ligie (Λιγεία, « celle au cri perçant »). Pour Apollodore, les sirènes sont trois et s’appellent Pisinoé, Aglaopé, Thelxiépie[13]. D’autres noms sont donnés dans les sources ; ils font toujours référence au pouvoir des sirènes : Aglaophonos (Ἀγλαοφώνος, « celle qui a une belle voix »), Aglaopé (Αγλαόπη, « celle au beau visage »), Thelxinoé (Θελξινόη, « celle qui enchante ») ; Thelxiope (Θελξιόπη, « celle qui méduse par la parole »), Molpé (Μόλπη, « la musicienne »)[14], Raidné (« l’amie du progrès »), Télès (« la parfaite »). Une autre tradition suivie par Apollonios de Rhodes, Lycophron ou Strabon considère que les sirènes sont trois et ont pour noms : Leucosie (Λευκωσία, « la blanche créature »), Ligie, Parthénope (Παρθενόπη, « celle qui a un visage de jeune fille »). Traditionnellement, elles sont trois : une joue de la lyre, une autre de la flûte et la troisième chante[15].

Localisation géographique[modifier | modifier le code]

Une sirène peinte par Edward Armitage

Dès l’Antiquité, le débat fut vif concernant la localisation des épisodes homériques. Selon les Grecs, les sirènes vivaient sur une ou plusieurs petites îles vertes situées à l’ouest de la Sicile : Anthemusa et les îles des Sirènes (selon les Siciliens, près du Cap Péloros (en), aujourd’hui Faros, tandis que les Latins les situent à Capri), se montrant particulièrement redoutables à l’heure de la sieste, par temps calme. Strabon rapporte que le tombeau de la sirène Parthénope se trouvait à Néapolis[16]. Leucosie aurait donné selon le même auteur son nom à l’île d’où elle s’était jetée dans la mer[17]. Un rocher à triple pointe séparant le golfe de Cumes du golfe de Poséidonie s’appelait alors Sirènes.

Représentation[modifier | modifier le code]

Les sirènes étaient représentées, chez les Grecs, avec « un corps d’oiseau et une tête de femme, et jamais avec un corps de poisson comme dans les mythes nordiques »[18]. Cependant, il faut noter qu’Homère dans l'Odyssée ne fait aucune allusion explicite à des femmes-oiseaux, contrairement à Ovide[19]. Le texte semble même suggérer qu’il pense à des femmes normales se tenant au bord de la mer. La nature hybride de la sirène, mi-femme, mi-oiseau, est expliquée par la mythologie comme une punition qui les relie au monde infernal. Sur les monuments funéraires, elles figuraient des divinités léthifères chantant au son de la lyre et laissant supposer des intentions érotiques à l’égard du héros décédé. Les bestiaires médiévaux les décrivent comme des femmes « de la tête aux cuisses » et poissons de « là jusqu’en bas avec des griffes et des ailes » dans un syncrétisme qui noue les traditions fabuleuses des mythologies grecque et germanique. Elles ont laissé à la postérité leur image gravée dans la pierre des stèles, tombeaux ou des églises romanes où elles personnifient l’âme des morts comme dans l’Égypte ancienne, on les invoquait au moment de la mort[20].

Il reste quelques vases grecs qui racontent les aventures d’Ulysse : sur ceux qui sont antérieurs au IIIe siècle av. J.-C., les sirènes apparaissent comme des oiseaux à tête de femme. Par la suite, elles acquièrent des bras, puis une poitrine humaine, attributs peut-être seulement esthétiques, même s’ils constituent des éléments supplémentaires de séduction, puisque les sirènes sont désormais représentées jouant d’un instrument, flûte ou cithare. Ainsi, elles s’humanisent au cours de l’Antiquité pour devenir des femmes ailées chez les Romains et les Étrusques, comme en témoigne la magnifique mosaïque représentant le bateau d’Ulysse, trouvée à Dougga.

Les sirènes dans la tradition scandinave[modifier | modifier le code]

Sirène médiévale sculptée, collégiale de Candes-Saint-Martin, XIIIe siècle

Pour les Scandinaves, la sirène est un monstre redoutable appelé Margygr (la « géante de mer »). L’œuvre norvégienne le Konungs skuggsjá (en) (Miroir royal en vieux norrois) la décrit comme une avenante créature ressemblant à « une femme en haut de la ceinture, car ce monstre avait de gros mamelons sur la poitrine, comme une femme, de longs bras et une longue chevelure, et son cou et sa tête étaient en tout formés comme un être humain ». Ce monstre paraissait grand, avec un visage terrible, un front pointu, des yeux larges, une grande bouche et des joues ridées.

Au VIIIe siècle, le moine anglais Aldhelm de Sherborne les décrit comme des vierges à queue de poisson couverte d’écailles. Ces deux représentations vont cohabiter jusqu’au XVe siècle où les sirènes volantes laissent définitivement la place à une jolie femme aux longs cheveux et à queue de poisson. À cette époque, le naturaliste allemand Johannes de Cuba les fait vivre dans des gouffres au fond des mers. « On les trouve souvent dans les mers et parfois dans les rivières », dit de son côté l’écrivain flamand Jacob Van Maerlant. En revanche, dans la mythologie grecque, ces démons habitent une île du Ponant près de l’île de la magicienne Circé. Ces filles de la mer traînent une triste réputation de dévoreuses d’homme, attirant leurs victimes par des chants mélodieux ou une apparence séduisante, voire les deux. Ces redoutables séductrices peuvent même être de simples jeunes femmes sans queue de poisson vivant dans la mer.

Notons que les anglophones appellent siren, les sirènes antiques (mi-femmes, mi-oiseaux), et mermaid, les sirènes scandinaves (avec une queue de poisson).

The Land Baby, œuvre de John Collier

D’illustres navigateurs ont dit avoir rencontré des sirènes : Christophe Colomb, en 1493, en aurait vu trois près des côtes de Saint-Domingue, « mais elles n’étaient pas aussi belles qu’on les décrit… » Un avis qui n’est pas partagé par les marins d’un navire américain qui ont observé, vers 1850, près des îles Sandwich (Hawaï), une sirène « d’une grande beauté qui ne cédait en rien aux plus belles femmes ». Ces sirènes sont certainement des mammifères marins, tels les lamantins et les dugongs, qui vivent dans les eaux peu profondes des archipels, des lagunes et estuaires.

En 1403, près d’Edam en Hollande, un spécimen a été capturé par deux jeunes filles. Il s’agissait d’une femme, trouvée nue dans l’eau et ne parlant aucune langue connue, qui fut surnommée la « sirène d’Edam ».

Créée en 1835, par l’écrivain danois Hans Christian Andersen, la légende moderne de la sirène continue de faire des vagues, elle n’est plus la terrible tentatrice mais devient une héroïne romantique, qui cherche l’amour, telle Ondine qui offre son âme à l’homme qui voudra bien l’épouser. Le dessin animé de Walt Disney, La Petite Sirène, reprend des éléments issus de la culture populaire et du conte d'Andersen.

Le témoignage des marins[modifier | modifier le code]

Statue du XXe siècle d’Antonio Parera Saurina dans le Parc du Retiro

Il se peut que l’origine des sirènes se trouve dans les récits des navigateurs, qui les confondaient avec des animaux rares, comme les lamantins ou les dugongs. Dans une logique évhémériste, la longue queue des lamantins, leurs mamelles, qui évoquent des seins, ainsi que leurs cris plaintifs sont rapprochés de l’apparence physique et des chants que la tradition prête aux sirènes. Il semble probable que Christophe Colomb ait pris des mammifères marins de ce type pour des sirènes. D’autres descriptions mettent en scène des sirènes à tête et à buste de femme, avec une queue de poisson : ce sont les nymphes marines, filles du dieu de la Mer Phorcys. Elles seraient alors aperçues à la surface de l’eau ou bien assises sur un rocher, où elles peigneraient leurs longs cheveux et tiendraient un miroir dans leur main.

Selon certaines interprétations, les sirènes d’Homère n’étaient autre chose que des courtisanes qui demeuraient sur les bords de la mer de Sicile et qui séduisaient les marins.

Les attributs de la sirène[modifier | modifier le code]

Peinture d’Arnold Böcklin

Dans de nombreux récits, les sirènes sont souvent représentées avec un miroir et un peigne.

Selon Édouard Brasey, ces créatures océaniques se regardent dans un miroir, qui symbolise la planète Vénus dans la tradition astronomique. Aphrodite, la déesse de l’Amour née de l’écume marine, est souvent représentée avec un miroir d’or. Même si elle n’a pas de queue de poisson, elle serait « l’ancêtre des sirènes et la protectrice des marins »[21].

Dans La Petite Sirène, Ariel utilise une fourchette en guise de peigne.

Folklore[modifier | modifier le code]

De nombreuses légendes européennes font état de sirènes, vivant non seulement dans la mer, mais aussi dans les rivières et les petits cours d’eau[22]. Elles portent le nom de sirènes ou des noms vernaculaires (ondines, nixes dans le domaine germanique, dragas ou donas d’aiga — dames d’eau — en Occitanie, etc.), mais leur description est généralement conforme à l'imagerie traditionnelle : des êtres moitié femme et moitié poisson. Selon certains récits, elles sont immortelles ; les deux premiers siècles de leur vie elles s’amusent et découvrent l’océan, mais ensuite elles se sentent seules et veulent aimer et se faire aimer par un humain. Elles sont généralement représentées avec une queue de poisson d'un seul tenant ou divisée en deux.

Dans l’imaginaire celte, la sirène séduit les pêcheurs en mer et enlève les enfants[réf. nécessaire]. La sœur jumelle de Douarnenez, la Marie Morgane, porte une paire de jambes au lieu d’une queue de poisson[réf. nécessaire].

Afrique et Caraïbes[modifier | modifier le code]

Dans le vaudou haïtien, hérite du vaudou du Dahomey, la sirène est Mami Wata après les rituels dédiés à la déesse des Eaux pour la fécondité de la femme et dont la principale demeure est l’Océan, le maître (Hougan) ou la maîtresse (Mambo) de cérémonie lui demande de répéter : « Mamui Ata » ce qui veut dire : « je serre les jambes », afin de garder pendant un moment ce que la déesse a ensemencé. Avec le temps, on nomma la déesse « Amuia Ata » et avec les déformations phonétiques successives le nom « Mamui Ata » est devenu « Mami Wata » que l’on croit être une adaptation de l’anglais. Elle est aussi appelée Iemanja dans la tradition du vaudou haïtien, un culte spécial lui est même consacré (en Haïti, elle n’est pas appelée Iemanja mais plutôt Simbi ; Iemanja est plus usité à Cuba ou au Brésil). C’est la mère des eaux, déesse crainte des pêcheurs, elle symbolise aussi bien la mer nourricière que l’océan destructeur. Mami Wata est avant tout une divinité éwé, dont le culte est très présent sur la côte atlantique du Togo (mais aussi au Nigeria, au Cameroun, au Congo-Brazzaville) où elle symbolise la puissance suprême, de même que la déesse Durga du panthéon hindouiste symbolise la shakti. Mami Wata est souvent représentée en peinture où elle figure sous les traits d’une sirène ou d’une belle jeune femme brandissant des serpents dans tous ses cotés.

D’un point de vue scientifique[modifier | modifier le code]

En 1758, les sirènes font l'objet d'une courte note dans le Systema naturae de Carl von Linné[23] (ouvrage qui fonda la classification scientifique du vivant) sur la base d'un spécimen brésilien dont il juge la description « paradoxale », et le range à côté des mammifères en « incertae sedis ». En 1831, Georges Cuvier les rangea, toujours avec méfiance, parmi les amphibiens (malgré la présence alléguée d'oreilles) dans son Le Règne animal distribué d'après son organisation[24]. Par la suite, ce taxon fut rapidement abandonné des classifications scientifiques faute de spécimens ou de descriptions crédibles[25].

« Sirène » fabriquée en Extrême-Orient, XIXe s., MuCEM, Marseille

Des pastiches de sirène « desséchées » ont été fabriqués dès le XVIe siècle, et exposés dans les foires et les musées. Mais c’est surtout au XIXe siècle qu’ils ont attiré les foules. Ces monstres hideux étaient fabriqués au Japon, en Inde ou en Chine. Le haut du corps est constitué d’un buste d’orang-outan ou de guenon et la queue, celle d’un gros poisson. Quant au XVIIe siècle, à Leyde, un certain Pavio disséqua une sirène en présence du célèbre médecin Johannes de Laet, apportant un certain crédit scientifique à l’animal fabuleux. La tête et la poitrine étaient humaines mais, du nombril au pied, l'être était informe et sans queue.

Bien que l'existence des sirènes ne soit plus envisagée par les scientifiques depuis le XIXe siècle[25], certains scientifiques ont continué de s'intéresser, avec plus ou moins de sérieux[26], à ces animaux fabuleux, notamment en tant que modèle d'étude virtuel ou pédagogique pour montrer le fonctionnement d'une démarche scientifique à partir d'un nombre d'informations limitées[27]. Le grand océanologue américain Karl Banse leur a par exemple consacré un article en 1990 dans la très sérieuse revue Limnology and Oceanography[25], où il infère le mode de vie, la répartition et l'évolution des sirènes à partir des quelques sources qui avaient pu être considérées crédibles plusieurs siècles plus tôt. Selon lui, les sirènes seraient des mammifères marins et n'auraient donc pas d'écailles (celles-ci étant rajoutées par les artistes n'ayant pas vu de spécimen réel, comme cela se fit longtemps pour les dauphins), et leur corpulence limiterait leur répartition aux eaux les plus chaudes des tropiques (d'où la séparation en plusieurs espèces, par bassin océanique). Toujours selon Banse, les sirènes auraient un mode de vie agricole (algues, mollusques) relativement peu évolué technologiquement du fait de l'impossibilité de produire du feu sous l'eau, mais avec un système social assez avancé ; elles complèteraient leur régime alimentaire par de la chair humaine, ce qui expliquerait leur habitude de charmer les marins pour les emmener dans les profondeurs[25].

Les siréniens sont les animaux les plus proches de ce à quoi pourrait ressembler une sirène.

À l'inverse, certaines études se sont intéressées aux problèmes biologiques qui empêchent l’existence d’êtres comme les sirènes. Plusieurs paramètres physiologiques rendent en effet impossible qu’un animal d’une telle apparence puisse être viable[28] :

La température 
Les homininés sont adaptés à la vie aérienne, et la survie dans une eau même à 20 °C ne dépasse pas 35 heures pour les humains les mieux constitués. Ainsi, des êtres tels que les sirènes devraient, pour conserver une température interne viable, suivre les stratégies des autres mammifères marins : soit adopter une importante couche de graisse sous-cutanée et des membres réduits (ce qui les ferait ressembler à des lamantins), soit adopter une fourrure épaisse et abondante, nécessitant un entretien constant (comme la loutre de mer), soit, mieux, les deux (comme les phoques). Dans tous les cas, la peau devrait être très épaisse pour conserver la chaleur, et l’allure générale potelée pour optimiser le ratio volume/surface de manière à limiter les échanges thermiques.
L’hydrodynamisme 
Une créature à buste de femme, même pourvue d’une puissante queue, ne pourrait pas atteindre des vitesses de natation suffisantes pour échapper à un prédateur, ou attraper du poisson. Les nourrissons seraient ainsi particulièrement vulnérables (requins, orques, léopards de mer…). Pour pallier ce défaut, les sirènes devraient au moins être chauves, avoir un visage allongé (si possible un rostre), un corps plus tubulaire (avec des seins réduits en dehors des périodes d’allaitement), des bras courts et larges et enfin une peau épaisse, lisse et luisante, si possible couverte d’un mucus hydrophobe.

Cependant, l’idée d’un primate s’adaptant à un mode de vie exclusivement aquatique n’est pas inenvisageable scientifiquement, mais cela demanderait des millions d’années d’évolution et des modifications corporelles considérables (ce fut par exemple le cas des cétacés, des siréniens et des pinnipèdes), et cet animal ne pourrait plus survivre en surface, le métabolisme nécessitant des adaptations majeures (impossible de boire de l’eau douce, par exemple).

Il existe cependant une théorie du primate aquatique[29] qui postule que certains caractères propres à l’homme (absence de poils, bipédie, nez, etc.) seraient des adaptations à une vie amphibie (mais pas maritime). Cette théorie n’est cependant pas confirmée scientifiquement, et reste considérée comme fantaisiste en l’absence d’éléments paléontologiques concrets.

Sirènes dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • 1876, dans le conte La Petite Sirène, écrit par Hans Christian Andersen, le personnage principal est une sirène.
  • 1911, dans le conte Peter Pan, écrit par J. M. Barrie, des personnages de sirènes sont abordés.
  • 1968, dans le film La Petite Sirène/Rusalochka, réalisé par Ivan Aksenchuk et produit par Soyuzmultfilm, le personnage principal est une sirène.
  • 1976, dans le film La Petite Sirène/Malá mořská víla, CSR ; Miroslava Safránková - Sirène et Libuse Safránková, le personnage principal est une sirène.
  • 1976, dans le film L'Ondine Triste/La Petite Sirène/Russalotschka/Rusalka, Bulgarie/RSS, Vika Novikova - Sirène, le personnage principal est une sirène.
  • 1979, dans le film La Petite Sirène, réalisé par Tomoharu Katsumata et produit par Toei, le personnage principal Marina, tombe amoureuse d'un prince.
  • 1984, dans le film Splash, Daryl Hannah interprète le rôle de Madison, une sirène tombant amoureuse d’un humain.
  • 1989, dans le long métrage d'animation La Petite Sirène, de Studios Disney, le personnage principal, Ariel, tombe amoureuse du prince Eric.
  • 1995, dans la série télévisée d'animation franco-benelux-japonaise Le Prince et la Sirène, le personnage principal est une sirène.
  • 2000, dans le livre et le film Harry Potter et la Coupe de feu, des personnages de sirènes sont abordés.
  • 2003, dans le dessin animé Martin Mystère, on trouve une sirène qui attaque un village à Terre-Neuve.
  • 2003, dans l'anime et manga Mermaid Melody, les personnages principaux sont des sirènes.
  • 2003, dans les deux premiers épisodes de la 5e saison de la série télévisée Charmed prénommés : Les Sirènes de l'Amour, les sœurs Halliwell doivent sauver une sirène des griffes d'une sorcière des mers.
  • 2003, dans le téléfilm Sirènes, trois sirènes unissent leurs forces pour tenter de retrouver les assassins de leur père.
  • 2003, dans le long métrage d'animation Sinbad : La Légende des Sept Mers, Sinbad et son équipage passent par le repaire des sirènes.
  • 2006, dans la série télévisée australienne H2O, les personnages principaux sont des sirènes.
  • 2006, dans le film Aquamarine, le rôle principal de la sirène est tenu par Sara Paxton.
  • 2006, dans le long métrage d'animation Barbie : Mermaidia, la célèbre poupée mannequin tente de sauver son ami, le prince Nalu, kidnappé par une cruelle sorcière, avec l'aide de son amie sirène, prénommée Nori.
  • 2009, dans le long métrage d'animation Ponyo sur la falaise de Hayao Miyazaki, c'est une libre interprétation du conte.
  • 2010, dans la série télévisée Lost Girl, l’un des personnages principaux est une sirène, nommé Hale Santiago.
  • 2011, dans la nouvelle littéraire Mermaid, écrit par Carolyn Turgeon, le personnage principal est une sirène.
  • 2011, dans la série d'ouvrages littéraires à succès prénommé Le Royaume de Lénacie, écrit par Priska Poirier, le personnage principal Marguerite, découvre qu'elle est une syrmain, c’est-à-dire un être ayant la possibilité d’être à la fois humaine et sirène.
  • 2011, dans le film Pirates des Caraïbes : La Fontaine de jouvence, on rencontre les sirènes dans la mer des Âmes perdues et les pirates doivent acquérir une larme d’une de ces créatures dans l’une des deux coupes qui contiennent l’eau de la Fontaine de Jouvence.
  • 2013, dans la série télévisée australienne Mako Mermaids, le personnages principal Zac, découvre qu'il est devenu un triton doté d'une puissante queue de poisson bleue.

Galerie de sirènes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Claude Nicaise, Les Sirenes : ou discours sur leur forme et figure, éd. Anisson, 1691

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sans étymologie sûre d'après Pierre Chantraine, Dictionnaire étymologique de la langue grecque, Paris, Klincksieck,‎ 1999 (édition mise à jour) (ISBN 2-252-03277-4).
  2. Homère, Odyssée [détail des éditions] [lire en ligne], XII, 50 et suiv.
  3. . Cette tradition est évoquée notamment par Hygin, Fables [détail des éditions] [(la) lire en ligne], CXLI et par Ovide, Métamorphoses [détail des éditions] [lire en ligne], XV, vers 552-564.
  4. Euripide, Hélène [détail des éditions] [lire en ligne], 164-179.
  5. . On voit par exemple une sirène funéraire portant une âme sur un bas-relief du tombeau de Kybernis venant de l’acropole de Xanthe en Lycie exposé au Brtish Museum de Londres
  6. . Cette tradition est rapportée par le scholiaste V à l’Odyssée (XII, 39).
  7. Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne], IX, 34, 3.
  8. Apollonios de Rhodes, Argonautiques [détail des éditions] [lire en ligne], IV, 885-919 que complète le poème des Argonautiques orphiques.
  9. . Le thème du suicide des sirènes est aussi parfois relié à Orphée. Il est représenté dès le Ve siècle sur des vases et est évoqué dans le poème Alexandra de Lycophron qui date du IIIe siècle, par Hygin, Fables [détail des éditions] [(la) lire en ligne], CXLI et par Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], VI, 1.
  10. Sur cette question Marcello Carastro, La Cité des mages. Penser la magie en Grèce ancienne, Grenoble, Jérôme Millon, p. 115-118 ; J. Bérard, A.-C. Blanc, « La Plage des sirènes dans l'Odyssée et la « Casa delle Ossa » du cap Palinuro », dans Mélanges d'archéologie et d'histoire, 1954, vol. 66, p. 7-12 ; (it) L. Breglia Pulci Doria, « Le sirene : il canto, la morte, la polis » dans Annali dell' Istituto Orientale di Napoli, IX, 1987, p. 65-98.
  11. Scholiaste V à l’Odyssée, Chant XII, vers 39
  12. . Il utilise le duel aux vers 52 et 167 du chant XII. À d’autres moments, par exemple aux vers 39 ou 158, il utilise le pluriel pour les désigner, ce qui ne veut pas forcément dire que leur nombre est supérieur à deux.
  13. Apollodore, Épitome [détail des éditions] [lire en ligne], VII, 18-19.
  14. Pour Molpé voir scholie à Apollonios de Rhodes, Argonautiques [détail des éditions] [lire en ligne] (IV, 892) et Hygin, Fables (Préface XXX) — qui cite Thelxiepe, Molpé et Pisinoé.
  15. . Par exemple chez Apollodore, loc. cit., ou dans les représentations artistiques, par exemple sur l'œnochoé à figure noire visible sur ce site [1] ou sur la mosaïque dite des « trois sirènes musiciennes » visible au musée Alaoui (Bardo) de Tunis[réf. insuffisante].
  16. Strabon, VI, 7.
  17. Strabon, VI, 1.
  18. Dictionnaire historique de la langue française, sous la direction d'Alain Rey, réimpression mise à jour en 2006, Le Robert
  19. Les Métamorphoses d'Ovide, livre V, vers 550
  20. Jean-Jacques Ampère, L'histoire romaine à Rome, éd. Michel Lévy frères, 1861, p. 434.
  21. Édouard Brasey, La Petite Encyclopédie du merveilleux, Paris, Éditions Le Pré aux clercs,‎ 14 septembre 2007, 435 p. (ISBN 978-2-84228-321-6), p. 70
  22. Les Sirènes du Gers, in Jean-François Bladé Contes populaires de la Gascogne, Paris, Maisonneuve frères et C. Leclerc,‎ 1886, 358 p. (lire en ligne)
  23. Carl von Linné Systema naturae V. 1. Regnum animale, 10e ed. (1758), Salvius.
  24. Georges Cuvier, Le Règne animal distribué d'après son organisation, pour servir de base à l'histoire naturelle des animaux et d'introduction à l'anatomie comparée, Déterville libraire, Imprimerie de A. Belin, Paris, 4 tomes, 1817-1831.
  25. a, b, c et d (en) Karl Banse, « Mermaids - their biology, culture, and demise », Limnology and Oceanography, vol. 35, no 1,‎ 1990, p. 148-153 (lire en ligne).
  26. DORIS, consulté le 31 octobre 2013
  27. (en) Dr. M, « A (Not So Serious) Scientific Treatment of Mermaids », sur Deep Sea News,‎ 5 juin 2014.
  28. (en) Sheanna Steingass, « Fishful Thinking: Five Reasons why Mermaids Can’t Physically Exist », sur http://DeepSeaNews.com,‎ 30 octobre 2013 (consulté le 31 octobre 2013)
  29. (en) Morgan, Elaine The Aquatic Ape, 1982, Stein & Day Pub, (ISBN 0-285-62509-8) (traduction française : Des origines aquatiques de l'homme, Sand, 1988).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Auteurs anciens[modifier | modifier le code]

Auteurs modernes[modifier | modifier le code]