Sinopia

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Madonna col Bambino, sinopia du Maestro della Crocifissione Grigg.

La sinopia (au pluriel italien sinopie) est le nom d'un pigment de couleur rouge, provenant probablement de la région de Sinope (Turquie), sur la mer Noire.

On appelle aussi sinopia une ébauche de fresque réalisée avec ce pigment rouge.

Composition[modifier | modifier le code]

Il est composé d'oxydes de fer.

Histoire[modifier | modifier le code]

Simone Martini, Avignon.

Ce pigment est, pendant l'Antiquité, le seul rouge connu[1].

Au Moyen Âge, il est confondu[2] dans les traités, avec le cinabre et le minium, utilisés également pour obtenir le rouge en peinture[3].

Comme son emploi est proche de celui de la sanguine, il est alors assimilé aux ocres[4].

Cennino Cennini le préconise[5] comme ébauche pour la fresque et la peinture sur bois, car apte à la grisaille, il permet de dessiner au pinceau directement sur le mur a secco, et pour les peintres à fresque italiens pour le transfert sur le velo[6] de leur dessins préparatoires, puis ils l'abandonnent pour le spolvero.

Par métonymie, le mot sinopia désigne également l'œuvre exécutée avec elle.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les techniques qui ont pu permettre de détacher les couches successives des fresques (stacco et strappo), ont révélé en Toscane, des sinopie qui ont souvent restitué des tracés originaux d'artistes, quelquefois trahis par les assistants exécutants. Ces transferts s'effectuent sur des panneaux de masonite.

Exemples encore visibles[modifier | modifier le code]

  • Christ Rédempteur en Gloire entouré par des anges, tympan triangulaire supérieur du porche de la Cathédrale Notre-Dame-des-Doms (réalisé dans les années 1340) - Palais des Papes, Avignon.
  • Ébauche de Simone Martini ayant servi à peindre la fresque du porche de Notre-Dame des Doms, panneau exposé dans la salle du Consistoire du palais des Papes, Avignon.
  • Histoire de saint Benoît, cloître des orangers, Badia Fiorentina, Florence.
  • Deposizione, Lorenzo di Niccolò Gerini, Sant'Ambrogio, Florence.
  • L'Apoteosi di Elia, chapelle sant'Aquilino, Basilica di San Lorenzo Maggiore, Milan.
  • Vierge à l'Enfant, Fra Angelico, couvent San Domenico (Fiesole).
  • L'Institution de l'eucharistie, Fra Angelico, musée diocésain, Cortone.
  • L'Annonciation et L'Adoration des mages de Benozzo Gozzoli, Le Jugement dernier de Buonamico Buffalmacco, Scène d'agriculture... au Museo delle sinopie de Pise.

Littérature[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pline l'Ancien
  2. colle cinabrese pour Lorenzo Ghiberti
  3. Dioscoride et Vincent de Beauvais
  4. par le moine Théophile à la fin du XIe siècle dans Diversarum artium schedula.
  5. Il Libro dell' Arte
  6. première couche de l'enduit frais (intonaco)

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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