Simone Morgenthaler

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Simone Morgenthaler (née le 9 décembre 1952 à Saverne) est une journaliste, écrivain et animatrice de radio et de télévision française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Simone Morgenthaler poursuit ses études à Strasbourg au Centre universitaire d'enseignement du journalisme (licence de journalisme, 1974) et à l’Université Paris IV-Sorbonne (licence de langues appliquées, 1975). Elle est diplômée de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris.

Elle reçoit en 2011 le Grand prix de l'Académie nationale de cuisine, pour La cuisine naturelle des plantes d’Alsace, publié en collaboration avec Hubert Maetz, le chef du Rosenmeer, aux éditions La Nuée Bleue.

Elle est nommée officier de l'Ordre des arts et lettres en 2012. Lors de la remise de la décoration, en septembre, l'INA Grand Est réunit un florilège d'émissions évocateur de sa carrière [1]

Profondément attachée à l’alsacien, sa langue maternelle, elle est devenue pour beaucoup de Bas et Haut-Rhinois une personnalité représentative de leur région. Cela fut symboliquement consacré par l’obtention, fort honorifique entre Vosges et Rhin, du Bretzel d'or pour l'audio-visuel attribué par l’Institut des arts et traditions d’Alsace. Presque aussi à l’aise en allemand qu’en français, elle est connue dans le Pays de Bade et a participé à de nombreuses manifestations franco-allemandes à Fribourg, en Forêt-Noire (Freiburg im Breigau).

Familière des artisans de l’agro-alimentaire, des cuisiniers et des restaurateurs de la région, Simone Morgenthaler a produit et présenté pendant trente-deux ans des séries pour France 3 Alsace, dont Sür un siess, émission hebdomadaire en dialecte. La suppression inattendue de cette série en 2008, après 13 années de forte popularité régionale, suscita en Alsace émotion et protestations, notamment dans les milieux de restauration de haut niveau, associatifs et politiques.

De nombreux bons et grands chefs cuisiniers alsaciens avaient participé à ses émissions Kichechef et Cuisine des chefs, préalablement à Sür un siesse. La publication de plusieurs ouvrages contribua à vivifier ses relations étroites avec les chefs et artisans des métiers de bouche alsaciens.

Auteur de récits personnels de belle écriture et de livres très documentés concernant la cuisine et la gastronomie alsaciennes (plusieurs ont fait l’objet de fortes ventes), Simone Morgenthaler a écrit une dramatique et deux pièces de théâtre, en français et en dialecte. Elle a suivi en reportage les « Alsaciens du Nouveau-Monde » et traduit Prévert en alsacien.

Mémorialiste sensible, elle avait évoqué la perte de sa mère avec une série de courts textes d'émouvante poésie, réunis en "chronique d'un deuil" (Au jardin de ma mère, avec des poèmes de sa sœur Denise). Dans son dernier ouvrage, elle fait également des "moissons de mémoire" en se souvenant de son père, en cherchant les traces de vie, de fin de vie, d'un oncle inconnu, au destin tragiquement mystérieux : Pour l'amour d'un père, le fort et dense volume qu'elle a publié en 2014, associe à une mosaïque d'évocations une enquête (archives, reportage personnel) l'entraînant loin de son Alsace familière, à laquelle elle consacre cependant bien des pages.

Presse écrite, radio et télévision[modifier | modifier le code]

  • 1976. Entre à la « Maison de la Radio », à Strasbourg, qui regroupe alors radio et télévision sous l’intitulé FR3 Alsace. Elle commence à la radio (« Radio Alsace »), dans l’émission Alsace Matin. Elle se voit rapidement confier ses premières émissions télé, des « 13 minutes » tournés en film : Rendez-vous à la Winstub (réalisation Serge Witta), La tarte flambée, (réalisation Olga Poliakoff), Un dimanche à la campagne (réalisation Serge Witta),
  • 1976 -1981. Elle anime des émissions radio quotidiennes, populaires, avec Jean-Pierre Schlagg en 1976, puis avec Ric Alban.
  • 1979. Elle se rend à Castroville (Texas) pour en rapporter vingt reportages sur des Texans descendants d’Alsaciens émigrés au XIXe siècle, qui continuent à parler la langue de leurs ancêtres (elle continuera à écrire sur les Alsaciens de l’étranger pour les DNA, Saisons d’Alsace et dans ses livres).
  • 1983. Elle devient speakerine bilingue (alsacien-français) sous l’impulsion du pasteur Gérard Heintz, directeur des programmes de FR 3 Alsace et de Serge Moati, directeur des programmes de FR3 national. Elle exerce ces fonctions jusqu’en 1986, tout en continuant ses activités à la radio, devenue entre-temps Radio France Alsace.
  • À partir de 1988. Elle produit et présente à la télévision régionale des séries d’information et de divertissement en langues alsacienne et française :
  • Kichespring (1988 à 1991), avec le chef Ernest Wieser et le boulanger-conteur Louis Fortmann (« Une émission de joie de vivre autour des meilleures recettes d’Alsace »)
  • Kichechef (1988 à 1991), série sur les chefs de cuisine d’Alsace proposée également en langue française sous le titre La cuisine des chefs.
  • Numerodaffet (1988 à 1991), magazine sur des « allumés » et des passionnés.
  • Laendeltreppler (1989 à 1991). Documentaires sur des régions d’Alsace, réalisés sous l’impulsion de Georges Traband, directeur de France 3 Alsace.
  • Hahn im Korb (1991-1993). "Coq en pâte" : série mensuelle faisant découvrir un invité, à travers son métier… et son plat favori.
  • Zuckersiess (1993-1995). Des Alsaciens célèbres évoquent leur enfance et leur dessert préféré, avec Christophe Meyer, chef pâtissier de la maison Christian à Strasbourg. Série menée en synergie avec les DNA, qui publient le dimanche une chronique liée à l’émission.
  • Sür un siess (1995- 2008). Pendant 13 ans, Simone Morgenthaler produit et présente cette série hebdomadaire de très forte audience locale (jusqu’à 45 % de parts de marché).

L’émission, en langue alsacienne, fait découvrir pendant 26 minutes un personnage « authentique », homme ou femme, et son plat préféré. Cette série très populaire est conduite en synergie avec Les Dernières Nouvelles d’Alsace (une chronique liée à l’émission paraiit le samedi). Elle est présentée avec Hubert Maetz, le chef-propriétaire de l’Hostellerie du Rosenmeer à Rosheim (un macaron Michelin) et viticulteur. Ce cuisinier s'inspire des traditions et du "terroir", en faisant appel à des producteurs régionaux. Il présente des plats que nombre de cordons-bleus et cuisiniers amateurs notent, ou retrouvent plus tard dans les livres évoquant l'émission, surtout évocatrice des métiers traditionnels, des accents et tournures familières de la langue régionale (Sundgau, Outre-Forêt, Bassin Potassique, Ried, etc.) Simone Morgenthaler a raconté l'aventure de Sür un siess, au moment de l'arrêt de l'émission, dans un livre souvenir : « Adieu Sür un siess », paru en 2008.

L’"affaire Sür un siess"

La non-reprise de l’émission Sür un siess à l’automne 2008 provoqua une vive réaction de téléspectateurs alsaciens, qui signèrent nombreux une pétition lancée sur Internet… depuis New York. Plusieurs restaurateurs s’associèrent à cette démarche.

La non-reconduction de l’émission en dialecte, annoncée sans préalable par la direction de FR 3 Alsace, mobilisa même, fin 2008, de nombreux responsables politiques (les membres du Conseil général du Bas-Rhin et celui du Haut-Rhin signèrent à l’unanimité une motion demandant le retour de l’émission, suivis par ceux du Conseil régional et divers conseils municipaux). "L'affaire Sür un Siess", qui a notamment fait l’objet d’articles dans les quotidiens L'Alsace et Les Dernières Nouvelles d'Alsace, fit encore débat début 2009, mais Simone Morgenthaler ne l'entretint pas et se consacra surtout à l'écriture.

Depuis septembre 2008, Simone Morgenthaler anime quotidiennement une tranche horaire à la radio, sur France Bleu Elsass (10 h à 11h).

En août 2013, série de lectures (Leisungen) en Allemagne à la suite du lancement de Im Garten meiner Mutter, aux Édition Ebersbach

Plantes et recettes d’Alsace[modifier | modifier le code]

Simone Morgenthaler anime depuis septembre 2008 une émission de France Bleu Elsass, l'antenne pour une part dialectale de France Bleu Alsace. Du lundi au vendredi, elle interroge des producteurs alsaciens, agriculteurs et artisans, suggère les recettes que cela inspire. Au cours de l'été 2011, elle présente "une plante par jour", en relation avec le gros ouvrage récemment publié avec Hubert Maetz (700 recettes "plaisir et santé" inspirées par les plantes d'Alsace et de l'univers rhénan, certaines abondant dans toute la France).

Intitulé La cuisine naturelle des plantes d'Alsace, ce livre de présentation très soignée, particulièrement documenté, coloré de floraisons, est joyeusement illustré : il doit une part de son originalité aux créations photographiques d'Aude Boissaye, qui a intégré des personnages Belle Époque aux photos d'herbes folles et de prairies fleuries.

L'avant-dernier ouvrage culinaire de Simone Morgenthaler, Mon Alsace gourmande, avait réuni des recettes connues ou confidentielle, "glanées en trois décennies de rencontres passionnantes avec les chefs", mais aussi avec des téléspectateurs gourmets rencontrés au fil des années lors de la préparation de ses émissions.

Ce livre, qui comporte de nombreuses suggestions d'accords entre les mets alsaciens et les vins (pas forcément alsaciens) est pimenté de proverbes d'Alsace. Dès la première recette, consacrée aux rituelles asperges aux trois sauces : Güet esse un trinke halt Lieb un Seel z'samme, Bon vin et bonne chère unissent le corps et l'âme.

Souvenirs d’Alsace[modifier | modifier le code]

En 2010, Simone Morgenthaler a publié un recueil de récits poétiques, Les saisons de mon enfance : un florilège de souvenirs tendres joliment ponctué de mots alsaciens. Elle y évoque des souvenirs mêlés au fil des saisons et "cette langue d'enfance", d'avant sa génération, qu'elle savoure à plaisir : "celle de la joie et de la mélancolie, du rire et des pleurs, de la peur et du bonheur".

Théâtre[modifier | modifier le code]

Simone Morgenthaler est l’auteur d’une dramatique pour France Culture, Passez muscade, intrigue tendre entre un grand-père et sa petite fille sur fond de Noël. Avec Jean Topart, de la Comédie-Française, dans le rôle du narrateur. Réalisation : Eléonore Kramer. Diffusion : 20 décembre 1987.

Elle écrit la pièce dialectale Mammebubbel, sur l’amour des mères, mise en scène Christian Hahn, interprétée en solo dans divers théâtres d’Alsace (2005-2006).

En mai 2008, création au théâtre municipal de Haguenau de l’adaptation de son livre Retour à Bellagio, mise en scène par Patrick Chevalier. Cette œuvre évoque l’amitié d’exception portée au peintre Camille Claus.

Simone Morgenthaler collabore ponctuellement (reportages) avec les magazines Saisons d'Alsace et Côté Est.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Pour l'amour d'un père, Les moissons de la mémoire, éditions du Belvédère, 2014. ISBN 978-2884-19307-8
  • Im Garten meiner Mutter, Edition Ebersbach, 2013. Traduction en allemand, par Irène Kuhn, de Au Jardin de ma mère. ISBN 978-3-86915-077-2
  • La cuisine naturelle des plantes d'Alsace, en collaboration avec Hubert Maetz, La Nuée bleue, 2011, (ISBN 978-2-7165-0777-6) (Grand Prix de l’Académie nationale de cuisine, en décembre 2011, catégorie "Cuisine innovante").
  • Les saisons de mon enfance, La Nuée bleue, 2010, (ISBN 978-2-7165-0761-5).
  • Mon Alsace gourmande : les recettes préférées de ma famille et de mes amis, La Nuée bleue, 2009, (ISBN 978-2-7165-0758-5).
  • Adieu Sür un siess ?, Le Verger éditeur, 2008. (ISBN 978-2-84574-079-2).
  • Retour à Bellagio, La Nuée bleue, 2007, (ISBN 978-2-7165-0712-7).
  • Sür un siess, 500 recettes d’Alsace et d’ailleurs, La Nuée bleue, 2006, (ISBN 2-7165-0673-6) (Grand Prix de l’Académie nationale de cuisine, en janvier 2007).
  • L’Alsace passionnément, avec Marc Haeberlin, La Tavola Verlag (Suisse), 2004.
Récompensé en 2005 en Suède par trois World cookbook Awards : « Best cookbool in Europe », « Grand prix de la gastronomie française » et « Best cookbook photography for books in german ».
Livre édité en Allemagne et en Suisse sous le titre Elsass, meine grosse Liebe.
  • Ces années-là, mes souvenirs radio-télé, La Nuée bleue, 2004, (ISBN 2716506418).
  • À demain à New York, je porterai votre écharpe, une correspondance sur Internet avec Renée Roth-Hano, La Nuée bleue, 2003, (ISBN 2-7165-0574-8).
  • Le long de l'Ill, carnets de voyage alsacien, avec des aquarelles de Jean-Pierre Haeberlin, La Nuée bleue, 2002, (ISBN 2-7165-0581-0).
  • Au jardin de ma mère, chronique d’un deuil, La Nuée bleue, 2001 (ISBN 2-7165-0553-5).
  • Un été en Californie, au cœur du rêve américain avec les Alsaciens du Nouveau-Monde, La Nuée bleue, 2000, (ISBN 2-7165-0521-7).
  • Sonate à Catherine, l’été de mes vingt ans, La Nuée bleue, 1999, (ISBN 2-7165-0474-1).
  • À la table des artisans gourmands, La Nuée bleue, 1999, (ISBN 2-7165-0489-X).
  • Prévert en alsacien, La Nuée bleue, 1998, (ISBN 2-7165-0390-7).
  • À la table de Simone, en collaboration avec Hubert Maetz, La Nuée bleue, 1997, (ISBN 2-7165-0432-6).
  • Décors et recettes de Noël, avec Jean-Pierre Drischel, La Nuée bleue, 1994, (ISBN 2-7165-0332-X).
  • Les meilleurs desserts d’Alsace, avec Christophe Meyer, La Nuée bleue, 1993, (ISBN 2-7165-0294-3)
Publication en allemand sous le titre Die besten Desserts aus dem Elsass, La Nuée bleue, (ISBN 978-2-7165-0295-5).
  • Les meilleures recettes d’Alsace, avec Ernest Wieser et Louis Fortmann, La Nuée bleue, 1992, (ISBN 2-7165-0142-4).
Publication en version allemande sous le titre Die besten Rezepte aus dem Elsass, La Nuée bleue (ISBN 2-7165-0230-7).
  • Histoire d’un hibou perdu, Le Verger éditeur, 1989.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]