Simon de Rojas

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Saint Simon de Rojas
Naissance 28 octobre 1552
Valladolid, Espagne
Décès 29 septembre 1624 
Madrid
Nationalité espagnole
Béatification 19 mars 1766
par Clément XIII
Canonisation 3 juilletl 1988
par Jean-Paul II
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 28 septembre

Saint Simón de Rojas est un saint espagnol né le 28 octobre 1552 et mort le 29 septembre 1624. Il fut religieux de l'ordre des Trinitaires et fut canonisé en 1988. Il est connu comme Apôtre de l' "Ave Maria" par son dévouement à la Vierge Marie[1]. Doué de nombreuses capacités, Simon fut un théologien et un auteur spirituel ainsi qu'un bienfaiteur des pauvres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le 28 octobre 1552, à Valladolid, Espagne, il vit une enfance imprégnée de piété. Sa maman, Constance, priait continuellement Sainte Marie avec son mari Grégoire et on dit que les premiers mots que prononça Simon à l'âge de 14 mois furent: "Ave Maria"; il ne faisait que répéter la prière que ses parents récitaient si fréquemment[2]. À l'âge de douze ans, il entra au couvent trinitaire de Valladolid et il y fit sa profession religieuse le 28 octobre 1572, le jour de ses 20 ans. Il a ensuite fait des études à l'Université de Salamanque de 1573 à 1579, période durant laquelle il a été ordonné prêtre en 1577.

Vie religieuse[modifier | modifier le code]

Le père Simon a enseigné la philosophie et la théologie à Tolède de 1581 à 1587. À partir de 1588 jusqu'à sa mort, il s'est acquitté de la charge de supérieur dans divers monastères de sa province et fut envoyé comme visiteur apostolique à deux reprises pour sa propre province de Castille, et une fois à celle d'Andalousie. En 1621, il est élu Provincial de Castille de l'ordre des Trinitaires.

Sa plus grande joie était de visiter les sanctuaires mariaux, pour prier Marie et imiter ses vertus, chanter ses louanges, reconnaître son importance dans le mystère de Dieu et de l'Église. Il vécut ses vœux religieux dans l'imitation de Marie. Il a conclu que, pour être entièrement à Dieu, comme Marie l'avait été, il a été nécessaire de devenir ses esclaves, ou mieux, les esclaves de Dieu en Marie, et c'est pour cette raison qu'il a créé la Congrégation des Esclaves de Marie pour la plus grande gloire de la Trinité, à la louange de la Vierge, au service des pauvres. Pour lui, être esclave de Marie signifiait appartenant totalement à elle: «Totus tuus» afin de s'unir plus intimement au Christ et en Lui par l'Esprit, au Père.

Fidèle au charisme trinitaire, il promut la rédemption des esclaves, assista tous les pauvres qu'il rencontrait, réconforta infirmes, prisonniers et marginaux de tous genres.

Quand on lui proposa des fonctions à la Cour, il n'accepta qu'à la condition de pouvoir continuer à se consacrer à "ses" pauvres, qu'il secourait à n'importe quelle heure du jour et de la nuit.

Pendant cette période, le père Simon a commencé à servir la reine d'Espagne, Marguerite d'Autriche, comme confesseur.

Le 14 avril 1612, il fonde donc la Congrégation des Esclaves du Doux Nom de Marie; cette congrégation était laïque et ouverte à toutes les catégories sociales. Les inscrits, parmi lesquels figuraient même le roi et ses enfants, s'engageaient à glorifier Marie, en aidant les pauvres, ses fils de prédilection[3]. Cette congrégation existe encore en Espagne.

En 1619, il est nommé précepteur des infants d’Espagne ; mais la charité envers les pauvres reste sa priorité. Un jour, une épidémie se déclare dans une ville où réside la cour. Simon vole au secours des malheureux ; alors le roi, craignant qu’il n’attrape la contagion, lui défend d’aller aux hôpitaux, mais le saint lui fait dire qu’il préfère les malades à la cour. Et tout le monde de l’approuver. De même, quand il est nommé confesseur de la reine Isabelle en 1622, il tient à ce que sa place ne lui procure aucun profit matériel : « Je ne veux absolument ni carrosse, ni rétribution ».

Tout en travaillant à la cour le père Simon avait fait imprimer des milliers d'images de la Sainte Vierge avec l'inscription: "Ave Maria", qu'il a également envoyé à l'étranger. Il avait fait faire des chapelets avec soixante-douze perles bleues sur un cordon blanc, symboles de l'Assomption et l'Immaculée Conception, et aussi un rappel que Marie, selon la croyance de l'époque, a vécu jusqu'à l'âge de 72 ans. Il a envoyé ces chapelets partout, même à Angleterre. Grâce à son influence à la cour, il fit graver "Ave Maria" en lettres d'or sur la façade du palais royal de Madrid.

Plus tard, le 1er janvier 1622, il a été choisi comme confesseur par la reine Isabelle de Bourbon.

Le 5 juin 1622, il demande au Saint-Siège l'approbation de son texte liturgique composé en l'honneur du Doux Nom de Marie, que, plus tard, le pape Innocent XI a étendu à l'Église universelle. Il est mort à Madrid, le 29 septembre 1624.

Après sa mort[modifier | modifier le code]

À sa mort, le 29 septembre 1624, les honneurs qu'on lui donna à ses funérailles ont pris l'aspect d'une canonisation anticipée. Pendant douze jours, des prédicateurs parmi les plus reconnus de Madrid ont exalté ses vertus et sa sainteté. Impressionné par cette vénération unanime, le 8 octobre 1624 le nonce apostolique a ordonné le début du processus menant à sa béatification par l'Eglise. Ses vertus héroïques ont été reconnus par le pape Clément XII, le 25 mars 1735. Le père Simon a été béatifié par le pape Clément XIII le 19 mars 1766. Le 3 juillet 1988, juste avant la clôture de l'Année mariale, il a finalement été canonisée par Jean-Paul II.

Saint Simon est souvent représenté par les peintres, avec le salut "Ave Maria" sur ses lèvres. Il est comparé par Lope de Vega à Saint Bernard de Clairvaux et à Saint Ildephonse de Tolède.

Considéré comme un des plus grands contemplatifs de son époque, saint Simon de Rojas soutient dans son ouvrage "La prière et ses grandeurs" que la dimension contemplative doit aller de pair avec la vie active et se réaliser par les œuvres de miséricorde.

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Saint-Simon de Rojas
  2. Vie de St Simon de Rojas sur le site du Vatican
  3. Simón de Rojas