Simon Vollant

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Simon Vollant, avec son compas d'architecte, probablement devant un de ses projets pour la Porte de Paris.
« Simon Vollant l'édifia » : Plaque sur la citadelle de Lille.

Simon Vollant, né à Lille le 1er février 1622, mort en 1694, est un ingénieur, entrepreneur et architecte français anobli en 1685.

Il construit la citadelle de Lille et devient le constructeur de fortifications le plus réputé auprès de Vauban, Louvois et Louis XIV. Il dirige ou contrôle les principaux travaux de fortification des villes, inspecte les différentes places fortes du nord du pays et conseille les généraux.

Comme architecte civil, il érige à Lille, la Porte de Paris, considérée par certains comme un chef-d'œuvre. Il dessine les plans du nouveau quartier Saint-André de Lille. Ses avis sont sollicités et suivis pour les travaux de canalisation de la Deûle et pour amener les eaux de l'Eure à Versailles. Il conçoit et construit également des hôtels particuliers, des maisons, divers immeubles et des places.

Biographie[modifier | modifier le code]

Simon Vollant est issu d'une ancienne famille lilloise d'entrepreneurs et architectes, alors désignés comme maîtres-maçons. Né en 1622, il est le fils de Jean Vollant, maître maçon (architecte), et de Jeanne Pronier[P 1], et le frère de François Vollant, architecte de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Lille[1].

En 1646, Simon Vollant est indiqué comme « maître maçon » (architecte) ayant plusieurs apprentis. Il est doyen des maîtres maçons chaque année de 1648 à 1659, année où son frère François lui succède à ce titre[P 1].

Citadelles et places fortes[modifier | modifier le code]

Lille fortifié par Vauban et Simon Vollant.

En 1667, Simon Vollant dirige le chantier de la construction de la citadelle de Lille selon les plans de Vauban. La collaboration entre les deux hommes se révèle exemplaire[2].

La ville doit être agrandie, et Vauban imagine de financer une partie des travaux de fortification par la plus-value réalisée sur les terrains du nouveau quartier. Vollant estime ce gain à plus de 800 000 livres, estimation confirmée par l'intendant[3]. Pour la construction de la citadelle, il emploie 6 000 ouvriers et rend compte à Vauban et à Louvois. Sur la recommandation du maréchal d'Humières, Simon Vollant est nommé ingénieur du roi et architecte ordinaire de ses armées, en récompense de ses services, selon une lettre de Louvois d'avril 1668[P 2],[2].

Simon Vollant dessine les plans du nouveau quartier Saint-André, de façon très régulière, autour de deux rues principales, les autres rues étant perpendiculaires[4]. Ce quartier, en construction à partir de 1670, devient le « Saint-Germain » lillois, avec de nombreux hôtels particuliers[4]. Il est en même temps chargé de construire la nouvelle enceinte de Lille, de 1671 à 1676, de nouveau sur les plans de Vauban[P 3].

Pendant la Guerre de Hollande, les avis de Vollant sont sollicités lors des conseils de guerre préparant les attaques des places, et « ses avis écoutés favorablement ne contribuèrent pas peu à la prise de ces places », selon Louis XIV[P 3].

Le roi choisit ensuite Simon Vollant pour contrôler les travaux sur les villes fortes de Courtrai, Ath et Bergues, et inspecter les villes et les places de Douai, du fort de l'Escarpe, d'Audenarde, de Halle, de Tournai, d'Arras et d'Ypres[P 4].

Puis Vollant dirige les travaux des fortifications de Menin, en liaison avec Louvois, et à la satisfaction du roi[P 3].

La Porte de Paris[modifier | modifier le code]

Simon Vollant est aussi sollicité pour l'architecture civile. Il détermine le moyen de percement du canal de la Deûle à la Scarpe, et donne ses avis « approuvés comme nécessaires » pour amener les eaux de l'Eure dans le château de Versailles[P 5].

Porte de Paris, côté nord.

Pour célébrer le retour à la France de Lille et de la Flandre wallonne, sur ordre de Louvois et de Louis XIV, Simon Vollant transforme de 1685 à 1694 la Porte de Paris (alors appelée la Porte des malades), à Lille, en arc de triomphe.

Article connexe : Porte de Paris (Lille).

Le plan qu'il en fait est approuvé en septembre 1684 par Louis XIV et Louvois. Les travaux de l'arc de triomphe sont exécutés par tranches, selon les possibilités financières, et ne seront terminés que vers 1695, un an après la mort de Vollant[P 6].

La Porte de Paris répond ainsi plus à des impératifs de prestige qu'à un souci militaire. Elle est décorée de grandes colonnes doriques, de trophées et de statues. Mais la porte proprement dite n'est qu'une petite ouverture à la suite du pont-levis, ce qui donne encore à l'ensemble un rôle défensif, et le fait considérer comme « l'un des derniers chefs d'œuvre de l'histoire militaire »[5].

Autres travaux[modifier | modifier le code]

Les façades du Beau regard (1687).

On doit également à Vollant la conception et la construction en 1687 des maisons du « Rang de Beau regard » (ou Rang de Beauregard) sur la place du Théâtre à Lille. L'harmonisation imposée par la ville comprend des règles d'alignement, un plan à trois étages avec un grenier mansardé et une grande cave, le tout construit uniquement en pierre et briques. Vollant repecte ces règles et réalise une synthèse entre l'architecture classique française de l'époque et l'architecture flamande locale[6].

Il dessine aussi les plans de l'hôtel de Métilly, rue du Gros-Gérard, qui est achevé en 1695, un an après sa mort[1].

Il est par ailleurs nommé grand argentier (trésorier) de Lille à partir de 1671, ce qui mécontente les Lillois qui jugent anormal que leur trésorier soit en même temps, par son état de directeur des fortifications ou d'entrepreneur, un des principaux dépensiers[P 5]. Il est ensuite procureur du Magistrat de Lille, à partir de 1684[1].

Quelques auteurs attribuent aussi à Vollant le Pont-Neuf de Lille achevé en 1701 et divers ouvrages ultérieurs, l'hôpital général, le Palais de justice et les Archives, qui seraient plutôt à attribuer à ses fils, ayant été construits et achevés après sa mort[7],[8].

Armes[modifier | modifier le code]

Armes de Simon Vollant

Il est anobli en 1685. Le règlement d'armoiries accompagnant ses lettres de noblesse lui attribue les armes « d'azur à un chevron d'or, accompagné en chef de demi-vols d'argent, et en pointe de trèfle du même ». Ce sont des armes parlantes avec les demi-vols pour « Vollant »[P 7].

Famille[modifier | modifier le code]

Simon Vollant épouse Marie Villain, originaire de Tournai, fille d'André Villain, doyen des maîtres maçons (architectes) de Tournai.

  • Ils ont comme enfants[P 2] :
    • François Pasquier Vollant, reçu maître maçon (architecte) en 1656.
    • Jean François Vollant, reçu comme son frère maître maçon en 1656.
    • Jean Vollant.
    • Marie-Catherine Vollant, épouse de Charles de Valori (1658-1734), lieutenant général et ingénieur militaire.
    • Marie-Jeanne Vollant.

Simon Vollant épouse en secondes noces Marguerite-Félicité Haccou.

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • L. Quarré-Reybourbon, La porte de Paris, à Lille, et Simon Vollant son architecte, Paris, Plon, 1891 [lire en ligne]
  1. a et b p. 16.
  2. a et b p. 17.
  3. a, b et c p. 18.
  4. p. 19.
  5. a et b p. 20.
  6. p. 10-16.
  7. p. 21.
  • Autres références et notes
  1. a, b et c Site structurae, page sur Simon Vollant.
  2. a et b Michèle Virol, Vauban : de la gloire du roi au service de l'État, éd. Champ Vallon, 2003, p. 59.
  3. Michèle Virol, Vauban : de la gloire du roi au service de l'État, éd. Champ Vallon, 2003, p. 200.
  4. a et b Philippe Marchand, Histoire de Lille, volume 5, éditions Jean-Paul Gisserot, 2003, p. 41-42.
  5. Jacques Thuillier, Histoire de l'art, Paris, Flammarion, 2009, p. 338-339.
  6. Site structurae, page sur le Rang de Beauregard.
  7. Francastel 1959, p. 272.
  8. « Voland ou Vollant », dans Charles Bauchal, Nouveau dictionnaire biographique et critique des architectes français, Paris, Daly fils et Cie, 1887, p. 593.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L. Quarré-Reybourbon, La porte de Paris, à Lille, et Simon Vollant son architecte, Paris, Plon, 1891 [lire en ligne].
  • « Vollant, Simon (1622-1694) », dans Pierre Francastel (dir.), Les architectes célèbres, t. 2, Paris, Lucien Mazenod,‎ 1959, p. 272.
  • « Voland ou Vollant », dans Charles Bauchal, Nouveau dictionnaire biographique et critique des architectes français, Paris, Librairie générale de l'architecture André et Daly fils,‎ 1887 (lire en ligne), p. 593.
  • « Vollant (Simon) », dans Réunion des sociétés des beaux-arts des départements, vol. 27, Paris, Ministère de l'éducation nationale, Direction générale des beaux-arts,‎ 1903, p. 305 [extraits en ligne].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]