Simon Gronowski

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Simon Gronowski

Alias
"Bambi" chez les scouts
Naissance 12 octobre 1931
Bruxelles
Nationalité Drapeau : Belgique Belge
Pays de résidence Belgique
Diplôme
Profession
Docteur en droit
Activité principale
Avocat au barreau de Bruxelles
Ascendants
Chana Kaplan
Léon Gronowski
Conjoint
Marie-Claire Huybrechs
Famille
Ita Gronowski

Simon Gronowski, né à Bruxelles, le 12 octobre 1931, docteur en droit, avocat au barreau de Bruxelles, pianiste de jazz, président de l'Union des déportés juifs en Belgique, filles et fils de la déportation, témoin de la shoah auprès de la jeune génération, a survécu à la déportation en s'évadant du Convoi n° 20 du 19 avril 1943 qui l'emmenait à Auschwitz. Il sera le reste de la guerre, un enfant caché[1],[2],[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Léon Gronowski, le papa de Simon, est né dans le shtetl de Radziejow en Pologne le 19 avril 1898. Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, il quitte la Pologne et ses conditions de vie difficiles. Après un bref passage en Allemagne, il parvient, fin 1921 à franchir, de nuit, la frontière belge. Il sera un temps apprenti dans une maroquinerie de Schaerbeek mais ayant perdu son emploi, il se résout à travailler pour un charbonnage dans le BorinageBray). Les conditions de travail sont pénibles. Après 4 mois, Léon Gronowski démissionne et part pour Liège où il vendra un temps du cuir sur les marchés. Il correspond toujours avec Chana Kaplan qu'il a rencontrée durant la première Guerre en Lituanie. Ils se marieront religieusement à Dantzig le 12 août 1923 et civilement à Grivegnée (Liège) le 17 mai 1924 où ils s'installent. Leur première enfant, Ita, naîtra le 24 septembre 1924. En 1929, la famille vient s'établir à Etterbeek (Bruxelles) où ils ouvrent une maroquinerie: Chez Sally. Simon naît le 12 octobre 1931. Il fera partie des Boys-scout de Belgique (145e unité), son totem était "Bambi".

La guerre[modifier | modifier le code]

En mai 1940, l'armée allemande déferle sur la Belgique. Ce sera la campagne des 18 jours au terme de laquelle la Belgique sera occupée par les troupes allemandes. Très tôt, les premières ordonnances tombent, les Allemands imposent aux juifs de s'enregistrer auprès des administrations communales. En mai 1941 un panneau est apposé sur leur magasin: Entreprise juive. Leur matériel, jusqu'à leurs meubles, sont saisis. En juin 1942, ils sont obligés de porter l'étoile juive. La famille décide de partir dans la clandestinité et se réfugie à Woluwé dans la famille Poilvache. Sept mois plus tard, ils seront dénoncés et arrêtés par la Gestapo le 17 mars 1943. Lors de l'arrestation, Léon Gronowski n'est pas là, souffrant, il a dû être hospitalisé. La maman explique qu'elle est veuve, les Allemands la croient. Ils emmènent Chana, Ita et Simon. Ils passeront une nuit dans les caves du siège de la Gestapo Avenue Louise avant d'être transférés au SS-Sammellager de Malines, la Caserne Dossin. Simon reçoit un matricule qu'il doit porter autour du cou: XX-1234, ce qui signifie qu'il sera le 1234e Juif inscrit sur la liste du vingtième convoi. Sa maman fera partie du même convoi. Ita, en revanche, était de nationalité belge depuis ses seize ans. Elle recevra alors le matricule B-274 et fera partie d'un autre convoi: le XXIIB.

Le 19 avril 1943, Simon et sa maman sont déportés. Le train quitte Malines et se met en route pour Auschwitz. Tous ignorent encore qu'à dix kilomètres de là, à Boortmeerbeek, trois résistants ont décidé d'arraisonner le train pour en libérer le plus grand nombre. Il s'agit de Youra Livchitz, Robert Maistriau et Jean Franklemon.

Article détaillé : Convoi n° 20 du 19 avril 1943.

Lorsque Chana réveille son fils, la porte du wagon est déjà ouverte, le train n'est pas encore tout à fait arrêté, Robert Maistriau dit aux occupants du wagon de sortir et de s'échapper. Chana dit à son fils de s'enfuir, il saute et fonce vers les bosquets. Autour du train, une fusillade fait rage. Simon s'enfuit dans la campagne, il est couvert de boue. Au hasard, il s'adresse à une personne qui se trouve être le garde-champêtre qui l'emmène à son tour chez Jean Aerts, gendarme de son état. Ce dernier et sa femme, n'ignorant rien de sa situation de déporté juif, décident néanmoins de l'aider et le conduisent à Bruxelles où Simon retrouve son papa. Pris en charge par le réseau du Comité de défense des Juifs, ils seront séparés et ne se verront que trois fois en 17 mois. Ils s'écrivent cependant tout comme ils écrivent à Ita toujours détenue à la Caserne Dossin à Malines. Le 19 septembre 1943, Ita monte à bord du convoi XXIIB ("B" parce qu'il contient des juifs "belges") qui l'emmène à Auschwitz. Le 4 septembre 1944, la Belgique est libérée et Simon et son papa peuvent enfin se retrouver et sortir de la clandestinité. Ils espèreront un temps voir revenir la maman, Chana, et Ita… En vain, elles avaient toutes deux été tuées dès leur arrivée à Auschwitz par la barbarie nazie. Léon ne s'en remettra jamais. Il mourut de chagrin le 9 juillet 1945. Simon est orphelin.

Après la Guerre[modifier | modifier le code]

Léon Gronowski avait demandé à son beau-frère de s'occuper de Simon s'il lui arrivait quelque chose. Après le décès de son papa, Simon est inscrit au pensionnat de l’Athénée de Tournai. En 1946, il est accueilli par la famille Brycman, des amis de Léon et de Chana. Simon y habite jusqu'en 1948. À seize ans, il obtient l'autorisation d'aller habiter dans la mansarde de leur maison à Etterbeek. Il interrompt un temps ses études en latin-grec mais présentera un Jury central qu'il réussira. En 1949, il s'inscrit à la faculté de droit de l'Université libre de Bruxelles, il décrochera son doctorat en 1954. À partir de cette date, il travaillera au barreau de Bruxelles. En 1963, il épouse Marie-Claire Huybrechs issue d'une famille catholique belge. Ils auront deux enfants et de nombreux petits-enfants. Simon pendant longtemps ne parlera pas de ce qu'il a vécu durant la guerre, jusqu'au jour où Maxime Steinberg et Foulek Ringelheim lui expliquèrent qu'ils souhaitaient faire un ouvrage où il serait question de son histoire. À partir de cette date, Simon Gronowski ne refusera jamais de témoigner, surtout auprès des plus jeunes, dans les écoles primaires. Il accompagnera plusieurs fois des jeunes se rendant à Auschwitz, accomplissant par là son « devoir de mise en garde des jeunes contre le mépris, la haine et l'exclusion. Plus positivement, je veux leur transmettre mon amour de la tolérance... »[2].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Simon Gronowski, l'Enfant du XXe convoi, éditions Luc Pire, 2002, 192 p.
  • Simon Gronowski, Koen Tinel, David Van Reybrouck. Ni victime, ni coupable. Enfin libérés. (Renaissance du Livre)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marion Schreiber, Rebelles silencieux, éditions Lannoo, 2000 - 316 pages
  • Simon Gronowski, l'Enfant du XXe convoi, éditions Luc Pire, 2002, 192 p.
  • Maxime Steinberg, Laurence Schram, Transport XX Malines-Auschwitz, Musée Juif de la Déportation et de la Résistance, 2008, 63 p. (ISBN 9789054874775)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Caserne Dossin, Simon Gronowski, L’enfant évadé du transport XX, [PDF]
  2. a et b La Libre, Christian Laporte, Simon Gronowski, la victoire de la vie, 22 septembre 2005
  3. Centre Communautaire Laïc Juif, Simon Gronowski, [PDF]