Simon Dansa

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Simon Dansa ou Raïs Dali, Danser ou Dancer (pour le père Dan), ou Simonsen, ou encore Dantzer, Danseker, Danziger, ou Simon le danseur (ici et là) ou Simon Raïs (pour les musulmans), né à Dordrecht (Hollande) vers 1579, mort en 1616 à Alger, pratique le corso à Alger, puis il protège les navires de la Chambre de commerce de Marseille contre les attaques barbaresques. Il a introduit, parmi les pirates barbaresques, les vaisseaux de haut bord qui permettent de naviguer en Atlantique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Simon Dansa (dans les documents marseillais le concernant) est né à Dordrecht en Hollande vers 1579, et marié à Marseille. En 1606, il se rend volontairement en Alger avec son vaisseau et son équipage. Il fait partie, pendant trois ans au moins, des plus fameux pirates de ce port, sans toutefois peut-être[1] se convertir à l'Islam.

Il est suivi et imité par plusieurs capitaines européens.

Il apporte à la Régence d'Alger la technique des voiliers de haut-bord, ce qui permet, à partir de la cité barbaresque, de s'affronter à l'Atlantique (ce qui est impossible sans gros risques avec des galères), et de s'en prendre aux galions espagnols chargés d'or au large des Açores et du Cap-Vert. Il est surnommé Dali Raïs ou Dali Capitan ("Capitaine Diable") dans la Régence. Cette maîtrise technique en fait l'un des raïs les plus importants d'Alger.

De telles proies lui assurent une fortune rapide. Les quelques années qu'il passe à Alger lui suffisent pour y avoir un palais.

Sans vouloir entrer dans les motivations de Dansa, pour lesquelles aucune source n'est disponible, on peut observer :

  • qu'en tant que Hollandais vivant à l'époque de la guerre de Quatre-Vingts Ans (guerre d'indépendance des Provinces-Unies contre l'Espagne), ses opinions politiques sont probablement anti-espagnoles, comme celles de la Régence d'Alger ;
  • qu'il fait les choix les plus rentables possibles au vu des conditions de son temps : s'attaquer aux galions espagnols qui rentrent des Amériques, et opérer à partir de l'Afrique (faute de pouvoir le faire à partir de l'Amérique ; en 1606, les terres américaines occupées par les Européens sont rares, ou alors elles appartiennent aux Espagnols) ;
  • l'aventurier et possible espion William Lithgow (en), qui l'a connu, le décrit comme un ennemi acharné des Turcs[2]. (Un ennemi auquel ils doivent pourtant les connaissances nécessaires pour construire des voiliers de haut bord et naviguer sur l'Atlantique.)

Il sympathise et s'associe avec les pirates anglais Peter Easton et surtout son ami Jack Ward.

Fortune faite, il négocie son retour en grâce auprès de la France en rachetant les dix Pères Jésuites qu'il avait précédemment capturés.

Il apporte aussi avec lui deux canons volés à l'arsenal d'Alger, qui entraîneront une longue période de tension entre la cité barbaresque et la France. Alger demande non seulement le retour des canons, ce qu'elle finira par obtenir après vingt ans de tractations, mais aussi le châtiment du coupable, qu'elle n'obtiendra pas de la France.

L'affaire des canons de Dansa a fait couler beaucoup d'encre, elle est très connue en tant que scandale diplomatique.

À Marseille, Dansa travaille pour la Chambre de commerce. Les archives de l'Amirauté[3] ont livré une convention par laquelle il s'engage à entretenir trois vaisseaux, montés de 420 hommes au maximum, et à les employer pour la protection contre les corsaires de Barbarie.

En 1616, il retourne en Alger pour le compte du Roi de France Louis XIII, avec pour mission de récupérer vingt-deux navires français capturés. Il obtient satisfaction, mais commet l'erreur d'accepter une invitation à terre au palais du Pacha, qui le fait décapiter.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Père Dan Histoire de la Barbarie et des Corsaires, 1637


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Wikipedia anglophone, dans sa notice intitulée Zymen Danseker (en) le donne comme s'étant converti temporairement ; de même qu'elle lui attribue un début de carrière barbaresque commençant vers 1600 plutôt que 1606 ; il n'est pas impossible que les sources primaires françaises, qui sont les officiels ayant négocié le retour en grâce de Simon Dansa, aient été destinataires d'une version allégée de sa biographie
  2. Wikipedia anglophone
  3. Citées par Ernest Mercier dans l'ouvrage cité en sources