Simon Baron-Cohen

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Simon Baron-Cohen

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Simon Baron-Cohen devant l'université de Cambridge

Naissance 15 août 1958 (55 ans)
Londres (Angleterre)
Nationalité Britannique et canadienne
Champs Psychologie
Institutions Université de Cambridge
Diplôme New College (Oxford)
King's College de Londres
University College de Londres
Directeur de thèse Uta Frith
Renommé pour Recherche sur l'autisme

Simon Baron-Cohen, né le 15 août 1958 à Londres, est un professeur de psychopathologie du développement dans les départements de psychiatrie et de psychologie expérimentale à l'université de Cambridge au Royaume-Uni. Dans cette université, il est directeur du Centre de recherche sur l'autisme. Il est également fellow au Trinity College et membre de la British Academy.

Simon Baron-Cohen est surtout connu pour ses travaux sur l'autisme, notamment sa première théorie que l'autisme comporte à divers degrés une cécité ou un retard dans le développement de la théorie de l'esprit, et sa théorie ultérieure que l'autisme est une forme extrême du « cerveau masculin », qui entraîne une re-conceptualisation des différences psychologiques entre les sexes en termes d'empathie et de systématisation.

Recherches[modifier | modifier le code]

Travaux fondateurs[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de la fin de ses études au University College London sous la supervision de Uta Frith, Simon Baron-Cohen est coauteur de la première étude démontrant que les enfants atteints d'autisme ont des retards dans le développement de la théorie de l'esprit[1].

Ses recherches au cours des dix années suivantes ont ajouté de nombreux éléments de preuve à cette théorie, qui se traduisent dans deux ouvrages (Understanding Other Minds, 1993, et 2000). Son groupe de recherche a lié l'origine du déficit à un trouble de l'attention conjointe (Brit J. Psychol Dev, 1987) et a démontré que l'absence d'attention conjointe à l'âge de dix-huit mois est un prédicteur de l'autisme (Brit. J. Psychiatry, 1992, 1996) . En se fondant sur ces constatations et d'autres, il a proposé un modèle de développement de la « cognition sociale » dans sa monographie Mindblindness (1995), ouvrage largement cité. Baron-Cohen a également effectué des travaux d'imagerie cérébrale sur les cerveaux des autistes. Ces études ont fait ressortir des différences entre les participants typiques et les autistes dans le cortex orbito-frontal[2] et l'amygdale (Euro. J. Neuroscience, 1999), ce qui a conduit à la théorie amygdalienne de l'autisme (Neurosci. Behav. Rev. 2000).

Théorie de l'empathisation-systémisation[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1990, Simon Baron-Cohen a formulé l'hypothèse que les différences de sexe peuvent fournir une compréhension neurobiologique et psychologique de l'autisme (théorie empathisation-systémisation). La théorie propose que l'autisme est un cas extrême du cerveau masculin (J. Neurosci Cog, 1997;. TICS, 2002). Cela a conduit à situer la théorie de l'esprit dans le domaine plus large de l'empathie et à l'élaboration d'une nouvelle construction, la notion de systémisation. La théorie du cerveau hypermasculin (extreme male brain, EMB) conçoit l'autisme comme s'inscrivant dans un continuum au sein de la population générale. Baron-Cohen propose que la cause de l'autisme au niveau biologique serait une hyper-masculinisation. Cette hypothèse postule que certaines caractéristiques de l'autisme (« obsessions », comportements répétitifs, auparavant considérées comme « sans objet ») sont téléologiques : ce sont des signes d'une hyper-systémisation -- d'une autre manière de penser. Il a écrit un livre pour le public sur le sujet des différences de sexe et leur lien avec l'autisme (The Essential Difference, 2003).

Simon Baron-Cohen a lancé le Cambridge Longitudinal Foetal Testosterone (FT) Project, un programme de recherche suivant des enfants de mères qui avaient subi une amniocentèse. Cette approche visait à étudier les effets des différences individuelles de testostérone dans le développement de l'enfant[3]. Cette analyse a montré que la testostérone fœtale est corrélée négativement avec le développement social et la langue et est positivement corrélée avec le souci du détail et un certain nombre de traits autistiques[4]. Son travail l'a conduit à tester l'hyper-masculinisation dans l'autisme au niveau psychométrique et dans la neurobiologie du développement (Science, 2005). Le rôle de la testostérone fœtale dans l'autisme reste encore à déterminer dans les cas cliniques, mais a reçu un certain appui de la découverte récente par le laboratoire de Baron-Cohen de gènes liés aux androgènes associés à des traits autistiques, à l'empathie et au syndrome d'Asperger[4].

Simon Baron-Cohen a développé un logiciel pour l'éducation à la théorie de l'esprit[5] et une série d'animation visant à enseigner aux enfants autistes à reconnaître et à comprendre les émotions (The transporters)[6] qui ont été validés scientifiquement comme favorisant l'apprentissage émotionnel et social dans l'autisme. Le travail de Baron-Cohen a été adapté à l'intervention clinique dans l'ouvrage Teaching Children With Autism To Mind-Read[7].

Synesthésie[modifier | modifier le code]

Simon Baron-Cohen a travaillé dans un autre domaine de recherche : la synesthésie, un phénomène neurologique dans laquelle une sensation au travers d'une modalité (par exemple, de l'ouïe) déclenche une perception via une autre modalité (par exemple, la vue). Ses collègues et lui ont été les premiers à développer le test de l'authenticité (Perception, 1987) et suggèrent que la synesthésie est le résultat d'une rupture de la modularité (Perception, 1993). D'autres travaux ont confirmé l'existence de la synesthésie en utilisant la neuro-imagerie (Brain, 1995) et ont établi qu'il s'agit d'une condition héréditaire[8].

Simon Baron-Cohen est corédacteur en chef du journal Molecular Autism[9].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Baron-Cohen S, Leslie AM, Frith U, « Does the autistic child have a "theory of mind"? », Cognition, vol. 21, no 1,‎ octobre 1985, p. 37–46 (PMID 2934210)
  2. (en) Baron-Cohen S, Ring H, Moriarty J, Schmitz B, Costa D, Ell P, « Recognition of mental state terms. Clinical findings in children with autism and a functional neuroimaging study of normal adults », Br J Psychiatry, vol. 165, no 5,‎ novembre 1994, p. 640–9 (PMID 7866679)
  3. Prenatal Testosterone in Mind, 2004
  4. a et b (en) Auyeung B, Baron-Cohen S, Ashwin E, Knickmeyer R, Taylor K, Hackett G, « Fetal testosterone and autistic traits. », Br J Psychol, vol. 100, no Pt 1,‎ 2009, p. 1-22 (PMID 18547459, DOI 10.1348/000712608X311731, lire en ligne)
  5. Mind Reading. Jessica Kingsley Publishers. Consulté le 16/02/2008.
  6. page d'accueil. Consulté le 16/02/2008.
  7. Teaching Children With Autism to Mind-Read : A Practical Guide for Teachers and Parents, par Patricia Howlin, Simon Baron-Cohen, Julie A. Hadwin, Wiley (1998), (ISBN 978-0-471-97623-3)
  8. Perception, 1996; American Journal of Human Genetics, 2009
  9. Molecular Autism

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]