Soins infirmiers individualisés à la personne soignée

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Réferences de la méthode SIIPS

SIIPS est l'acronyme de Soins Infirmiers Individualisés à la Personne Soignée.

Les SIIPS représentent un ensemble d'outils statistiques et une méthode d'évaluation et de gestion de l'activité de dispensation des soins infirmiers.

Objectifs[modifier | modifier le code]

La méthode des SIIPS permet d'élaborer une mesure tant qualitative que quantitative, reproductible selon des paramètres courants, de la charge en soins d’une personne soignée durant une période donnée.

Le résultat de cet audit est exprimé sous forme d'un indicateur en soins infirmiers, dont l'analyse permet de mesurer qualitativement et/ou quantitativement un changement dans une situation de soins infirmiers[1].

Les SIIPS n'évaluent pas l'ensemble de l'activité du professionnel de santé.

Historique[modifier | modifier le code]

La méthode des SIIPS est issue d'une étude menée a l'Hôtel-Dieu de l'assistance publique des hôpitaux de paris, par Marie-Claude Beaughon infirmière générale. A l'époque l'évaluation des soins reposait sur le dénombrement des actes de soins qui étaient ensuite valorisés (PRN). Parallèlement des grilles d'évaluation de la dépendance se sont développé (géronte). L'innovation fut d'utiliser une grille de score en lieu et place du dénombrement des soins et d'utiliser la chrono-analyse pour les valoriser (Christophe Saint-Aubert). Cette approche a été publiée par le Ministère des Affaires Sociales, de la Santé et de la Ville (Bulletin Officiel n°16 ici et n°94-8 bis ici). Cette publication a officialisé et initié de nombreux travaux dans les hôpitaux. En 1992 Marie Claude Beaughon et Maryse Jouanaud ont validé la méthode dans le service du professeur Montariol du Centre Hospitalier de Saint-Germain-en-Laye un traitement automatisé des données SIIPS (Stratégies Santé n°43 de juin 1993), et une première description complète (RSI déc 1994). A partir de 1994 de nombreux articles relatant des mises en œuvres de l'indicateur dans les hôpitaux sont publiés:

En février 1995 la Direction des Hôpitaux, Sous-Direction des Personnels de la Fonction Publique Hospitalière - Bureau Infirmier Réalise une Méthode pour mesurer les autres activités afférentes aux soins. Ce travail ne sera jamais terminé, mais la méthodologie sera utilisée en complément des SIIPS pour rendre compte de la totalité des soins.

La Méthode SIIPS fait l'objet dès 1997 d'un dépôt à INPI (Institut National de la Proriétés Industrielle) par Marie Claude Beaughon, ce dépôt sera ensuite transmis à Christophe Saint-Aubert en 2012 numéro national 12 3 912 716 à l'INPI. BOPI du 12 avril 2012.

Méthode[modifier | modifier le code]

La mesure se réalise en deux étapes.

Étape 1 : élaboration des référentiels de mesure[modifier | modifier le code]

Dans une unité de soins, on mesure, sur un échantillon de personnes soignées, le temps consacré aux soins individualisés, soins de base, soins techniques et soins relationnels et éducatifs.

La première transformation réalisée calcule les temps de soins individualisés à la personne soignée en intensité de soins sur 24 heures. Enfin sur chaque groupe de soins, on classe les dossiers du moins intense au plus intense.

  • Classement en soins de bases par ordre croissant
  • Classement en soins techniques par ordre croissant
  • Classement en soins relationnels et éducatifs par ordre croissant

Les dossiers classés sont divisés en 4 groupes contenant chacun un quart des dossiers. Classement des dossiers de soins selon le temps de soins individualisés à la personne soignée.

Exemple :

Sur 100 dossiers classés par ordre croissant des soins de base les 25 premiers forment le groupe des autonomes. Les 25 suivants "les semis dépendants" le troisièmes "les dépendants" le dernier les "totalement dépendants".

Enfin pour chacun des groupes on calcule d’une part le temps de soins moyen/24heures, d’autre part, on étudie la nature et la typologie des soins de chacun des dossiers du groupe. Les deux grilles : le temps de soins moyen et nature/typologie sont issus d’un même groupe de dossier de soins. Elles sont donc corrélées et cette corrélation varie en fonction de :

  1. la qualité de la mesure du temps,
  2. la qualité des informations du dossier de soins,
  3. d’un type d’activité constant (médecine, chirurgie etc…).

Les référentiels bien que stables, évoluent en fonction de la variation du type d’activité, du temps, des pratiques, et de la qualité. Cette dérive bien que lente mérite d’être observée régulièrement.

Étape 2 : cotation des dossiers de soins[modifier | modifier le code]

Une fois le référentiel posé, on fait le postulat qu’un soignant peut, à partir des écrit du dossier de soins, identifier les soins individualisés de base, techniques, relationnels et éducatifs et de les classer selon les groupes (cotation SIIPS).

Ce postulat ne peut se vérifier que par la reproductibilité du classement : la relation patient ⇒ dossier de soins ⇒ classement, doit être constante quel que soit le soignant.

La recherche d’une reproductibilité avérée implique :

  1. la qualité des informations du dossier de soins,
  2. un niveau de compétence du soignant dans la méthode,
  3. la mise en œuvre d’une éthique professionnelle liée a l’information,
  4. la mise en place d’un contrôle qualité.

8 conseils pour bien utiliser les grilles de cotation :

1) Toujours avoir à l'esprit que l'on cherche à classer, pas à compter.

2) Les descriptifs sont progressifs du plus simple au plus complexe, du moins au plus fréquent, du moins au plus prégnant, et qu'au-delà de la description stricte du coefficient il donne un repère utilisable quand on n'a pas toute l'information.

3) Un coefficient doit toujours pouvoir être argumenté pas un contenu du dossier de soins.

4) Ne cotez pas seul surtout au début, le consensus de l'équipe fourni un meilleur résultats.

5) La prise en charge individuelle et globale du patient sont à la base de la méthode, il faut éviter les cotations systématiques (alité permanent=20).

6) On peut avoir à transgresser la grille de cotations, car les descriptifs aussi précis soient-il ne peuvent couvrir l'ensemble des cas rencontrés. On attribue le coefficient par assimilation d'une situation (il faut évidemment trouver les informations dans le dossier).

7) Éviter de se poser des questions genre soins requis soins faits ? Patient demandant beaucoup de temps de soins ou non ? Se réduire à l'analyse des informations.

8) Usez de votre rôle propre en particulier en relationnel et éducatif et de votre rôle prescriptif.


Dotée de la reproductibilité, la cotation SIIPS devient le certificat de prise en charge globale qui se traduit en Groupe Homogène de Soins. 3421 patients à dominante de soins relationnels et éducatifs de dépendance totale, ayant des soins de base modérés, autonomes en soins technique.

La valeur obtenue caractérise l’intensité du séjour/24h. Pour obtenir la charge en soins :

  • il faut multiplier cette valeur par le nombre de jours d’hospitalisation,
  • faire une évaluation quotidienne et les additionner,
  • une solution élégante consiste à utiliser la symétrie des séjours autour de la Durée Moyenne de Séjour. Une seule évaluation pour les séjours plus courts que la DMS, deux cotations entre une et deux DMS, trois cotations entre deux et trois DMS et ainsi de suite. Cela permet de connaître la charge en soins sans connaître les durées de séjours de façon individuelles.

La DMS était à l’origine autour de 7 jours, d’où une cotation tous les 7 jours et/ou le jour de la sortie. Cela permet également de profiter de la coïncidence avec la durée de la semaine pour faciliter le repérage dans le temps des équipes soignantes.

Généralement les établissements réalisent directement l’étape 2 et utilisent un référentiel déjà élaboré dans la littérature (grille de cotations et valeurs des coefficients).

Remarque sur les évolutions[modifier | modifier le code]

Certains établissements utilisent de nouveaux coefficients SIIPS (par ex. : 45 ou 70 en réanimation) de façon empirique au lieu de procéder à l’élaboration d’un référentiel SIIPS (étape 1). Le nombre de certificats de prise en charge utilisés représente la production de soins d’un service.

Les calculs, jusque là conforme à la méthode S.I.I.P.S. publiée au Bulletin officiel (Bulletin Officiel n°94-8 bis page 214).

L’intensité est alors rattachée aux « soins intenses » c’est-à-dire la quantité de soins sur un laps de temps plus ou moins court. Cette notion se distingue de la quantité totale de soins qui ne dépend pas du temps d’hospitalisation. Les soins très intensifs se définissent par une grande quantité de soins par jour.

Un nouveau document collectif, publié aux éditions Lamarre, a repris la méthode : « La méthode S.I.I.P.S. – Indicateurs d’activités en soins infirmiers », document dans lequel une erreur est commise. En effet, dans la formule de calcul des intensités de soins, le signe « : » a été interprété comme un signe de ponctuation au lieu du signe de la division. Ainsi, l’intensité de soins (dérivé de la quantité de soins par le temps) est devenue le S.I.I.P.S.. Inversement, la quantité totale de soins pour un séjour (nombre de points) est devenue l’intensité.

Cette erreur a pour conséquence qu’un patient « A » coté 20 sur un séjour de 2 jours en réanimation (40 au total) et un patient « B » coté 1 sur 80 jours (80 au total). le patient « B » bien qu’autonome est deux fois plus intense que le patient « A » de dépendance totale.

Ainsi le terme « intensité », défini comme une quantité pendant l’unité de temps (quantité qui ne dépend pas de la durée) est utilisé en total contre sens par rapport à sa définition usuelle et scientifique.

Ressources complémentaires[modifier | modifier le code]

Site de la méthode des SIIPS

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Les soins infirmiers et la charge de travail, in Guide du service infirmier, B. 0. N°87-29 bis, p. 147.

2. AMALBERTI F. : Durée moyenne de séjour et évolution de la charge de travail du personnel infirmier en maison de retraite médicalisée - Gestions Hospitalières n°341 -déc1994

3. BASELLS J., DAURES JP., GAUZES C., SAC-EPEE JP. : Mise en place des SIIPS au CHRU de Nîmes - Gestions Hospitalières n°341 -déc1994

4. BEAUGHON M-C. : Les S.I.I.P.S., une méthode validée et reproductible - Objectif Soins n° 24 de juin-juillet 1994

5. BERNARD N., BERNARD L. MADDALEN L. : Evaluation de la charge en soins : guide d'utilisation à l'usage des infirmières - Objectif Soins n°48 de déc 1996

6. CHANET P. et PAILLARD-BRUNET A-M. : Quand les S.I.I.P.S. favorisent le raisonnement diagnostique auprès de malades diabétiques - Objectif Soins n° 20 de février 1994 - DUBOYS-FRESNEY C. : Analyse quantitative et évaluation qualitative des soins infirmiers - Objectif Soins n° 24 de juin-juillet 1994

7. FIMA O. : Des indicateurs pour mesurer les soins infirmiers - Objectif Soins n° 24 de juin-juillet 1994

8. PARMANTIER C., MONNET E. et DEVAUX V. : Evaluation de la charge en soins indirects - Objectif Soins n° 24 de juin-juillet 1994

9. RIFFART Y. et LAUBIN C. : Calcul de la charge en soins avec la méthode des S.I.I.P.S. - Objectif Soins n° 24 de juin-juillet 1994

Articles connexes[modifier | modifier le code]