Sihem Bensedrine
| Sihem Bensedrine | |
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Sihem Bensedrine s'exprimant durant un colloque sur la Tunisie le 12 janvier 2012.
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| Naissance | 28 octobre 1950 La Marsa, Tunisie |
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| Nationalité | tunisienne |
| Profession | Journaliste |
| Autres activités | Défenseuse des droits de l'homme |
| Années d'activité | 1980- |
| Récompenses | International Press Freedom Award |
| Médias | |
| Pays | |
| Radio | Radio Kalima |
| Fonction | Rédactrice en chef[1] |
| Autres médias | Le Phare, Réalités, Al Mawkif |
Sihem Bensedrine (سهام بن سدرين), née le 28 octobre 1950 à La Marsa[2], est une journaliste tunisienne et défenseuse des droits de l'homme.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Formation [modifier]
Elle naît dans la banlieue tunisoise de La Marsa. La jeune Sihem part en France pour étudier à l'Université de Toulouse[3] où elle obtient un diplôme en philosophie.
Journaliste [modifier]
En 1980, elle devient reporter pour le journal indépendant Le Phare[4]. Lorsque le journal cesse d'être publié, elle devient chef du service politique à Maghreb et Réalités. Lorsque Maghreb cesse d'être publié en raison des « émeutes du pain », fin 1983, elle devient rédactrice en chef de La Gazette touristique et fonde L'Hebdo touristique.
En même temps, elle supervise le journal d'opposition Al Mawkif[3]. En 2000, elle co-fonde le journal indépendant Kalima[3] (« parole ») avec Naziha Réjiba. Ne parvenant pas à obtenir une autorisation pour sa parution, elle lance une version sur Internet en octobre 2004, le site étant toutefois bloqué par les autorités sous le régime de Zine el-Abidine Ben Ali[3]. En 2008[4], elle lance une radio indépendante, Radio Kalima, émettant sur Internet et par satellite ; elle dispose après la révolution de 2011 d'un studio offert par France Inter[5] et obtient finalement une fréquence FM.
Militante des droits de l'homme [modifier]
En 1979, elle adhère à la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH) puis est élue au bureau directeur en 1985[4] ; elle adhère également à l'Association des journalistes tunisiens en 1980 et devient responsable des relations extérieures en 1987. Après avoir la dissolution de la LTDH en 1992, elle co-fonde le 10 décembre 1998, avec 34 autres personnes, le Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) dont elle devient la principale porte-parole (2001-2003) ; l'organisation est interdite par les autorités de 1999 au 28 février 2011[5].
À partir de 1999, elle est victime de nombreuses actions policières et juridiques, telles que la confiscation de son passeport (1994-2000), la destruction de ses affaires ainsi qu'une campagne de diffamation dans laquelle elle est décrite comme une prostituée, en raison de ses activités en faveur des droits de l'homme et de la liberté de la presse[3]. Le 26 juin 2001, elle est arrêtée à l'aéroport de Tunis pour « diffamation du corps judiciaire »[6] et « diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler l'ordre public »[7] ; elle est emprisonnée durant sept semaines en représailles à une interview télévisée donnée à une chaîne de télévision arabophone de Londres dans laquelle elle dénonce l'absence d'indépendance de la justice tunisienne et la corruption au sein du clan Trabelsi[8]. Défendue par Me Radhia Nasraoui, elle est libérée grâce à une campagne de soutien : plusieurs officiels de l'ONU expriment ainsi « leur grande préoccupation concernant la situation des droits de l'homme en Tunisie, notamment après l'arrestation de Sihem Bensedrine »[6].
En 2004, Bensedrine est honorée par l'organisation Canadian Journalists for Free Expression qui lui remet un International Press Freedom Award en reconnaissance de son courage dans la défense et la promotion de la liberté de la presse[3]. En 2008, elle reçoit le Danish Peace Fund Prize pour son engagement en faveur de la démocratie et de l'état de droit et ses efforts en faveur des droits de l'homme dans le monde arabe[3].
En 2011, Sihem Bensedrine se voit décerner par Human Rights Watch le Prix Alison Des Forges pour son engagement exceptionnel en faveur des droits humains[9].
Éditrice [modifier]
Elle fonde la maison d'édition Arcs en 1988 mais dépose le bilan en 1994. En 1998, elle devient directrice de de la maison d'édition Noir sur Blanc mais est licenciée suite à des pressions de pouvoir en 1999 ; elle fonde alors la maison d'édition Aloès qui est fermée en 2000[5].
Vie privée [modifier]
Sihem Bensedrine est mariée au journaliste et militant des droits de l'homme Omar Mestiri et mère de trois enfants[5]. Elle est la petite-fille du juriste tunisien Mohammed Ben Ammar et la nièce du militant Ridha Ben Ammar.
Publications [modifier]
- Lettre à une amie irakienne (disparue), coll. Cahiers libres, éd. La Découverte, Paris, 2003 (ISBN 9782707141910)
- L'Europe et ses despotes avec Omar Mestiri, coll. Cahiers libres, éd. La Découverte, Paris, 2004 (ISBN 9782707144362)
Références [modifier]
- (fr) « Tunisie : Sihem Ben Sedrine réclame les ondes FM pour Radio Kalima », Espace Manager, 21 avril 2011
- (fr) [PDF] Sihem Bensedrine (Ibn Rushd Fund for Freedom of Thought)
- (en) Portrait de Sihem Bensedrine (PEN club)
- (fr) « Tunisie/Sihem Ben Sédrine : "Nous avons une liste des criminels acquittés" », GlobalNet, 5 avril 2011
- (fr) Marie Verdier, Nina Hubinet et Charlotte Velut, « Des « femmes courage » en première ligne au Moyen-Orient », La Croix, 7 mars 2011
- (fr) « Le sort de Sihem Bensedrine inquiète l'ONU », Le Nouvel Observateur, 4 juillet 2001
- (fr) Taoufik Ben Brik, « Kalamity Sihem », L'Humanité, 6 août 2001
- (fr) « Sihem Bensédrine sort des geôles tunisiennes », Libération, 13 août 2001
- (fr) Prix Alison Des Forges pour l'engagement exceptionnel en faveur des droits humains 2011 (Human Rights Watch)