Signes (Var)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Signes.
Signes
Vue de Signes.
Vue de Signes.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Var
Arrondissement Toulon
Canton Le Beausset
Intercommunalité Communauté de communes Sud Sainte Baume
Maire
Mandat
Jean Michel
2014-2020
Code postal 83870
Code commune 83127
Démographie
Population
municipale
2 756 hab. (2011)
Densité 21 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 17′ 32″ N 5° 51′ 48″ E / 43.2922, 5.8633 ()43° 17′ 32″ Nord 5° 51′ 48″ Est / 43.2922, 5.8633 ()  
Altitude Min. 271 m – Max. 1 148 m
Superficie 133,1 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Var

Voir sur la carte administrative du Var
City locator 14.svg
Signes

Géolocalisation sur la carte : Var

Voir sur la carte topographique du Var
City locator 14.svg
Signes

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Signes

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Signes

Signes est une commune française située dans le département du Var dont elle est la commune la plus étendue, et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie[modifier | modifier le code]

Signes se situe dans une petite plaine aux riches cultures, encadrée de hautes collines et montagnes couvertes de garrigue et de forêts, et traversée par le canal de Provence. Cette plaine est une formation karstique particulière et forme avec la plaine de Chibron à l'ouest, un double poljé.

Les hauteurs principales sont : au nord-ouest, le Signal de la Sainte-Baume (1 148 m), le Mourre d'Agnis (919 m) ; au sud, le Pou de Veze (800 m) et la Limatte (811 m). Le climat est donc méditerranéen, mais peut se révéler assez rude l'hiver en raison de l'altitude (environ 350 m au village). C'est sur son territoire que l'on trouve les sources du Gapeau (second fleuve du Var), du Raby, du Latay. De nombreux sites naturels méritent une visite (cascade et vallée du Raby, Pont du Diable sur le Latay et vallée de ce même cours d'eau, vallée du Gapeau, divers gouffres et avens, site de Châteauvieux, sommet de la Sainte Baume...).

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Signes
Plan-d'Aups-Sainte-Baume Mazaugues La Roquebrussanne
Cuges-les-Pins,
Riboux
Signes Méounes-lès-Montrieux
Le Castellet Le Beausset Sollies-Toucas,
Évenos

Climat[modifier | modifier le code]

Signes n'ayant pas de station météo, la plus proche est celle d' Ollioules[1]. Cependant la plus grande prudence est de mise car l'altitude beaucoup plus élevée de Signes et sa situation au pied du massif de la Sainte-Baume rendent son climat sensiblement différent de celui de la côte, comme celui d'Ollioules, et finalement plus proche d'un climat de moyenne montagne.

Relevé météorologique d'Ollioules
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 6,3 6,2 7,8 9,7 13,4 16,6 19,4 19,4 16,6 14,5 9,8 7,6 12
Température moyenne (°C) 8,7 9,1 11,1 13,1 17 20,5 23,4 23 20,1 16,9 12,8 9,9 15,4
Température maximale moyenne (°C) 11,1 12 14,4 16,5 20,5 24,3 27,4 27,2 23,7 19,2 15,7 12,2 18,7
Précipitations (mm) 50,5 27 20,9 48,9 23,2 20,4 6,2 8,7 39,6 74,9 58,5 41,5 420,3
dont pluie (mm) 45,5 17 20,9 48,9 23,2 20,4 6,2 8,7 39,6 74,9 58,5 36,5 400,3
dont neige (cm) 0,5 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0,5 2
Source : Relevé météo d'Ollioules[2]
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
11,1
6,3
50,5
 
 
 
12
6,2
27
 
 
 
14,4
7,8
20,9
 
 
 
16,5
9,7
48,9
 
 
 
20,5
13,4
23,2
 
 
 
24,3
16,6
20,4
 
 
 
27,4
19,4
6,2
 
 
 
27,2
19,4
8,7
 
 
 
23,7
16,6
39,6
 
 
 
19,2
14,5
74,9
 
 
 
15,7
9,8
58,5
 
 
 
12,2
7,6
41,5
Moyennes : • Temp. maxi et mini °CPrécipitation mm

Toponymie[modifier | modifier le code]

Signes s'écrit Sinha en provençal classique et Signo en provençal de norme mistralienne.[réf. nécessaire]

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Les vestiges de fréquentation du territoire signois sont très anciens : chevaux paléolithiques trouvés dans la grotte de Mounoï ; fréquentation humaine remontant au néolithique (poterie, foyers, etc.) dans cette même grotte de Mounoï ; sites datant de l’âge du bronze ou de l’âge du fer (divers « oppida », dont Château-Panier, la Vaucrette ; grotte gravée de la Bergerie des Maigres, etc.). Les vestiges romains sont aussi très nombreux (monument mouluré des Maulnes, tombes et villa à l'emplacement de l'actuel village, etc.).

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La première mention du village de « Signa » date de 984 (cartulaire de Saint Victor à Marseille). Trois villages existaient au Moyen Âge : Château-Vieux, Signe-la-Blanche et Signes-Barrarenques (« Castrum Vetus», « Signa Blancqua », « Signa de Barrarenquis »). Le village fut une seigneurie des vicomtes de Marseille, de la famille de Signes, puis des évêques de Marseille grâce à Aymard Amiel qui acheta à Bertrand de Porcelet tout ce que ce dernier possédait à Signes. Les frères Geoffroy et Guigo de Signes rapportèrent de la Croisade des reliques de Saint Jean Baptiste qui donnèrent au village et aux seigneurs de Signes un grand prestige au Moyen Âge. Sainte Delphine de Signes (Delphine de Sabran) aurait résidé dans le village, au no 28 de l'actuelle rue Louis Lumière.

La mort de la reine Jeanne Ire ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d'Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis Ier d'Anjou. La communauté de Signes avait choisi elle aussi le camp carliste, mais en 1383, le seigneur d’Ollioules et Evenos fait la conquête du village, qui se trouve de force dans le camp des Angevins[3].

Temps modernes[modifier | modifier le code]

En 1590, le château fut occupé par les troupes du duc d’Épernon, il fut rasé ensuite par les habitants. En 1603, Frédéric Ragueneau, évêque de Marseille et seigneur de Signes, fut assassiné à coups de fusil dans sa résidence de la rue Saint Jean (les habitants furent longtemps surnommés les « Estrangle évesque »).

En 1707, un bataillon de soldats austro-savoyards envoyé par le duc de Savoie essuya une cuisante défaite infligée par les habitants eux-mêmes qui firent alors preuve d'un courage « patriotique » remarquable[réf. incomplète][4].

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Signes fut un haut-lieu de la Résistance en Provence pendant l'occupation[5] comme en témoignent les stèles, plaques et tombes que l'on peut trouver alentour :

  • stèle de la ferme de la Limate rappelant les noms des 9 combattants du détachement Guy Môquet (1re compagnie FTPF de Provence) et d'un berger (qui se trouvait là par hasard) fusillés par les troupes allemandes le 2 janvier 1944 ;
  • stèle du monument du Siou Blanc indiquant les noms des 10 maquisards toulonnais fusillés le 6 juin 1944 ;
  • nécropole nationale du Charnier de Signes dont le chemin est indiqué sur la route départementale 2 par un monolithe revêtu d'une plaque commémorative sur laquelle on peut lire « Aux héros et martyrs de la Résistance, tombés pour la libération dans ce vallon en juillet-août 1944 ». La nécropole se trouve dans le Vallon des Martyrs à l'endroit où 38 résistants de Marseille, les membres du CDL des Basses-Alpes et du Var, la plupart responsables régionaux, furent fusillés par les troupes allemandes en 1944 (29 d'entre eux le 18 juillet, 9 autres le 12 août)[6]. Dans le vallon, on a érigé une croix de Lorraine et un autel sur lequel est apposée une plaque indiquant que sous l'autel « un coffre renferme les ossements des fusillés ».

L'ancien terrain militaire de Chibron accueillit un camp d'internement sous le régime de Vichy où furent enfermés des prisonniers politiques de juin 1940 à février 1941[7].

Aujourd'hui Signes est un bourg en pleine expansion démographique et économique. Une vaste « zone d'entreprise » a été créée aux abords du circuit Paul Ricard, mais sur le territoire de la commune (voir chapitre #Économie).

Blasonnement[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Signes (Var).svg

Les armoiries de Signes se blasonnent ainsi :

 : De gueules au cygne d'argent.


Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires depuis la Libération
Période Identité Étiquette Qualité
1944 1945 Alphonse Rousset    
1945 1953 Adrien Béringuier    
1953 1971 Alphonse Rousset    
1971 1972 Yves Le Coz    
1972 1980 Paul Ricard    
1980 1983 Jacques Traversa    
1983   Jean-Mathieu Michel    

source : mairie de Signes[réf. incomplète]

Les registres de délibérations municipales de Signes, conservés aux Archives départementales du Var, sont parmi les plus anciens de France. Ils datent de 1420. Les registres d'état civil sont eux aussi parmi les plus anciens que l'on connaisse, datés de bien avant l'ordonnance de Villers-Cotterêts (1539), puisqu'ils commencent en 1500.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 756 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 400 2 353 2 143 2 282 2 182 2 029 1 961 1 843 1 851
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 809 1 789 1 743 1 690 1 638 1 517 1 353 1 239 1 264
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 213 1 119 1 214 1 144 1 248 1 217 1 397 845 637
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
519 656 922 1 078 1 340 2 045 2 688 2 756 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2004[9].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture-Sylviculture[modifier | modifier le code]

Industrie[modifier | modifier le code]

De grandes entreprises se sont installées sur la zone d’activités : Coca-Cola, Orangina, nombreuses entreprises de pharmacie, cosmétique comme Yves Rocher ou haute technologie mécanique, dont Oreca, la marque de textile American Vintage.

Une source située au bout de la plaine de Signes, fort abondante, permet la mise en bouteille et la commercialisation sous le nom de « Source Beaupré » d'une eau réputée depuis 1257, mais probablement connue depuis les temps les plus reculés comme l'indiquent la présence de sites de hauteur protohistoriques et la découverte de vestiges gallo-romains à proximité.

Activités de services[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Sur la colline de Châteauvieux, on trouve des traces d'un château et de l'ancien village (datant du XIIe siècle) avec la chapelle Notre-Dame-l'Eloignée (XIIIe siècle).

L'église paroissiale Saint-Pierre romano-gothique date du XIIIe, avec des vestiges du XIe siècle (inscrites aux monuments historiques), elle a été reconstruite au XVIIe siècle (gothique provençal) : elle est composée de trois nefs à voûtes gothiques, d'un robuste clocher à bossages et gargouilles. À remarquer : de belles boiseries du chœur, des tableaux des XVIIe-XVIIIe siècles (l'un d'entre eux pourrait être attribué à Parrocel), de belles orgues.

Au centre du village s'élève la chapelle médiévale Saint-Jean, construite pour abriter les reliques de Saint-Jean rapportées de la première croisade. On y trouve de nombreux et pittoresques ex-voto, des objets de culte ou curieux (un fusil miraculeusement explosé, des enseignes de processions...).

La place du marché est dominée par la tour de l'horloge, un campanile datant de 1444 avec de belles ferronneries. On trouve aussi sur cette place une fontaine de 1555 (inscrites aux monuments historiques) censée protéger des sorcières (bassin octogonal, colonne centrale, sculptures symboliques...). C'est également dans une maison bordant cette place que le matériel cinématographique des frères Auguste et Louis Lumière fut caché à l'arrivée de la Seconde Guerre mondiale.

Dans le village, on trouve :

  • fontaines (certaines du XVIIe siècle) et lavoirs ;
  • rues anciennes : rue Droite (qui est l'ancienne rue des Juifs), rue Rompicul, rue des Fours, rue du Portail, traverse du Tombadou avec porches, passages voûtés...
  • sur la place Saint-Jean, s'élève un énorme platane datant de 1767[10] ;
  • de nombreux oratoires jalonnent les chemins autour de Signes, dont certains seraient du XVIIe siècle ;
  • de vieux moulins sur le Raby sur le Latay et le Gapeau ;
  • le château de la Lauzière (XVIIIe siècle), sur la rive gauche du Latay, avec une petite chapelle à clocheton ;
  • la chapelle Saint-Clair, au sud du village ;
  • le charnier des résistants à Mounoï (1944) ;
  • le Circuit Paul Ricard dont l'enceinte empiète sur le territoire communal.
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Paul Ricard, à l'origine du célèbre pastis et du non moins célèbre circuit, amoureux du village, fut maire de la commune de 1972 à 1980.
  • Signes est le lieu de naissance de quatre grands militaires :
    • le baron Jean Baptiste Joseph Sourd (héros de l'Empire, félicité et décoré par l'Empereur) ;
    • le général d'Espinassy de Fontanelle ;
    • le général d'Espinassy ;
    • le général d'Espinassy de Venel.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Peu d'ouvrages concernent spécifiquement la commune, mais le principal reste l'ancien et un peu subjectif :

  • La commune de Signes, Victor Saglietto, Cannes, 1935, rééd. 1986

On pourra aussi feuilleter :

  • Signes ses traditions et ses coutumes, éd. Bendor, s.d., s.l.

Et il est indispensable de consulter :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Station météo la plus proche : Ollioules », MSN Météo
  2. « Relevé météo d'Ollioules », MSN Météo
  3. Geneviève Xhayet, « Partisans et adversaires de Louis d'Anjou pendant la guerre de l'Union d'Aix », Provence historique, Fédération historique de Provence, volume 40, no 162, « Autour de la guerre de l'Union d'Aix », 1990, p. 412.
  4. voir les archives départementales à Draguignan
  5. voir siteVar39-45
  6. voir article la Provence du 26 août 2008
  7. Jean-Marie Guillon, « Le camp de Chibron juin 1940-février 1941 », in Jean-Pierre Azéma, Antoine Prost et Jean-Pierre Rioux (directeurs de publication), Les communistes français de Munich à Châteaubriand (1938-1941), Presses de la FNSP, 1987, p. 166-169
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  10. Signes ses traditions et ses coutumes, éd. Bendor, s.d., s.l., p. 8.